Utiq, l’identifiant publicitaire des telcos que vous allez adorer détester
Un cookie ubiquitaire pas franchement digeste
Illustration : Flock
Le 29 mai à 09h32
Conçue comme un identifiant publicitaire alternatif aux cookies tiers, la technologie Utiq apparait aujourd’hui au niveau des bandeaux de consentement de nombreux médias et sites de marque. Bien qu’elle soit présentée comme un « simple » identifiant, son fonctionnement diffère radicalement de celui des cookies, notamment parce qu’elle crée un identifiant unique associé à la connexion à Internet. Quels sont les enjeux techniques et réglementaires associés à son fonctionnement, et comment se protéger d’éventuelles dérives ? Next fait le point.
Utiq, l’identifiant publicitaire des telcos que vous allez adorer détester
Un cookie ubiquitaire pas franchement digeste
Illustration : Flock
Conçue comme un identifiant publicitaire alternatif aux cookies tiers, la technologie Utiq apparait aujourd’hui au niveau des bandeaux de consentement de nombreux médias et sites de marque. Bien qu’elle soit présentée comme un « simple » identifiant, son fonctionnement diffère radicalement de celui des cookies, notamment parce qu’elle crée un identifiant unique associé à la connexion à Internet. Quels sont les enjeux techniques et réglementaires associés à son fonctionnement, et comment se protéger d’éventuelles dérives ? Next fait le point.
Internet
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16 min
Longtemps considérés comme l’outil de référence pour assurer le suivi publicitaire d’un internaute entre différents sites, les cookies tiers sont fragilisés depuis plusieurs années par la multiplication des outils et mesures de blocage, déployées soit par les utilisateurs, soit par les éditeurs de navigateurs et d’OS. En réaction, l’industrie de la publicité planche depuis plusieurs années sur des mécaniques alternatives permettant de croiser les informations de navigation pour afficher à l’internaute des publicités ciblées en fonction de son comportement.
En 2023, plusieurs grands opérateurs européens, dont Orange, Deutsche Telekom ou Vodafone se sont associés au travers d’une coentreprise pour élaborer une solution dédiée, capable de concurrencer les GAFAM sur le terrain de la publicité. Leur grande idée ? Plutôt que d’identifier les internautes par l’intermédiaire de leur navigateur, d’essayer de prolonger la durée de vie des cookies tiers en passant par des redirections, ou d’explorer des méthodes basées sur l’email ou le numéro de téléphone, les FAI se proposent d’exploiter une information exclusive : la connexion à Internet, qu’elle soit fixe ou mobile.
Pour ce faire, ils ont élaboré une série de « différents identifiants marketing sécurisés », capables d’exploiter des informations en lien avec la connexion à Internet utilisée pour « représenter un individu ou un foyer ».
« Pour une connexion internet fixe (ex : Wi-Fi) les identifiants seront assignés au foyer (tous les membres du foyer ayant consentis se verront attribuer les mêmes identifiants) », explique Utiq. Sur mobile, le ciblage gagne en précision puisque les activités marketing seront le plus souvent « basées sur la navigation d’un seul individu ».
Sur AuFeminin, qui exploite Utiq, la technologie est présentée de la façon suivante sur le bandeau de consentement :
« Si vous acceptez et utilisez une connexion internet compatible (mobile ou fixe), nous, Reworld Media, utilisons des identifiants marketing fournis par Utiq pour nos activités numériques, telles que la personnalisation des publicités et du contenu, ainsi que pour l’analyse. Pour créer ces identifiants, Utiq travaille avec votre opérateur télécom. Ce dernier utilise pour cela votre adresse IP, ainsi que des données internes (ex. numéro téléphone), sans jamais les divulguer à Utiq. »
L’activation de cet identifiant est bien sûr conditionnée au consentement de l’utilisateur, comme l’exige le cadre réglementaire.
Un identifiant déterministe particulièrement résistant
Testée au travers de premières campagnes publicitaires courant 2024, la technologie qui en découle a depuis fait l’objet d’une adoption massive. Le consortium Utiq (opéré via une entreprise immatriculée en Belgique) revendiquait ainsi, en juin 2025, 26 opérateurs partenaires et, déjà, 55 millions d’identifiants uniques collectés. La dynamique semble s’accélérer : en février dernier, Utiq parlait de 36 opérateurs partenaires (dont les quatre principaux français), 330 éditeurs (voir la liste, qui réunit de nombreux groupes média français de premier plan), et 75 millions d’identifiants créés sur ses différents marchés, dont 40 millions en France.
Du point de vue des acteurs de la publicité, cet identifiant ne manque pas d’intérêt, au moins sur le papier. Un identifiant lié à la connexion à Internet, validé par l’opérateur qui la délivre (sur fixe comme sur mobile) constitue en effet un identifiant déterministe particulièrement solide.
Si un ordinateur exploite ma connexion à Internet résidentielle pour consulter un site, on sait avec un niveau de certitude élevé que la visite est réalisée par moi ou par l’un des membres de mon foyer. Bien sûr, je peux laisser un tiers se connecter à mon Wi-Fi, mais dans les faits, les visites comptabilisées depuis mon IP peuvent être attribuées à ma cellule familiale.
L’autre avantage, particulièrement par rapport aux cookies, réside dans la capacité à consolider les visites émanant de plusieurs appareils distincts. Téléphone, tablette, ordinateur pro ou perso, TV connectée, console de jeux… tous sont associés à la même adresse de connexion, alors que chacun d’entre eux génère ses propres cookies lors des sessions individuelles.
Enfin, cet identifiant « opérateur » résiste aux protections habituelles. Je peux vider le cache de mon navigateur, activer ses protections contre le pistage (régulièrement renforcées sur Firefox ou sur iOS), passer en navigation privée, ou utiliser un logiciel différent pour certaines recherches afin de camoufler mes traces, mais à moins que j’utilise des mécanismes dédiés (proxy ou VPN par exemple), mon adresse IP me suit tout au long de mes usages.
Pour garantir son efficacité, Utiq demande aux sites qui implémentent sa technologie de créer un sous-domaine (sous la forme utiq.marque.com) qui résout vers ses propres serveurs. De cette façon (on parle de CNAME cloaking), le navigateur perçoit une requête émise par le site cible et non par un domaine tierce partie, ce qui contourne les protections du navigateur.
À quoi ça sert ?
Pour illustrer l’intérêt de la démarche, disons que je cherche à acheter une voiture électrique. Pour ce faire, je me suis informé, depuis mon domicile, sur des médias spécialisés qui distribuent Utiq depuis mon téléphone, et j’ai regardé une émission auto via une application de ma TV exploitant elle aussi Utiq.
Quand le lendemain, j’utilise mon ordinateur pour me rendre sur le site de Renault (l’un des premiers annonceurs à avoir exploité la techno Utiq), ses outils marketing sont capables d’identifier que je suis un acheteur en puissance. Le constructeur va donc pouvoir affiner les messages commerciaux qu’il m’affiche, pour essayer de générer une vente.
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Commentaires (51)
Aujourd'hui à 09h41
Aujourd'hui à 09h47
Aujourd'hui à 10h11
Aujourd'hui à 09h53
Modifié aujourd'hui à 09h54
Je préférerais encore du "compute donation" modéré utilisant genre 5% du cpu, avec consentement, pour financer et répartir automatiquement au prorata selon les sites visités/choisis... En alternative au modèle économique de la publicité, et des dons.
Aujourd'hui à 10h56
Aujourd'hui à 11h21
Modifié aujourd'hui à 09h55
Je suis surpris de n'avoir aucun consentement sur ma connexion à domicile.
Aujourd'hui à 10h06
Modifié aujourd'hui à 10h11
Pour le coup, un VPN sert à quelque chose
Pour voir, j'ai essayé sans VPN sur ma connexion mobile et je me prends une erreur due à un "problème temporaire". Ça marche bien leur truc...
Aujourd'hui à 10h23
Aujourd'hui à 10h24
Aujourd'hui à 10h40
ça peut aussi varier selon le navigateur que tu utilises, et bien sûr selon les éventuels bloqueurs installés. uBlock origin bloque par exemple très bien Utiq.
En vrai, ceux qui surfent déjà "couverts" ont pas grand chose de particulier à faire : refusez le consentement, bloquez le truc tant qu'à faire pour un an, et continuez comme avant
Aujourd'hui à 10h13
Rendez-vous dans 10 ans!! 😭
Modifié aujourd'hui à 10h15
(et si c'est trop compliqué à refuser, c'est que le site n'en vaut pas la peine)
Toutefois, j'ai noté que le bloqueur de trackers Vivaldi fait planter le site lorsqu'on cherche les trackers "souscrits". J'en déduis qu'ils sont bloqués à la source
Aujourd'hui à 10h21
Aujourd'hui à 10h30
Aujourd'hui à 10h31
Aujourd'hui à 10h32
Aujourd'hui à 10h38
Aujourd'hui à 10h42
Aujourd'hui à 13h11
Aujourd'hui à 10h46
Aujourd'hui à 11h24
Aujourd'hui à 10h38
Aujourd'hui à 10h40
https://www.fierce-network.com/wireless/verizon-to-pay-1-35m-to-settle-fcc-investigation-over-super-cookies
https://www.fcc.gov/document/fcc-settles-verizon-supercookie-probe
Aujourd'hui à 10h41
Aujourd'hui à 10h46
Aujourd'hui à 15h03
Aujourd'hui à 10h52
Du coup ce que j'en comprends c'est que c'est pas certain qu'un VPN sur mobile suffise, si ?
Sur ligne fixe je pense que si , sauf si le navigateur "trahi" (mais ça c'est commun à toute techno basé dessus).
En tous cas j'avoue que je remarquait depuis un moment qu'une recherche effectuée sur téléphone se retrouvait quasi immédiatement avec des produits "mis en avant" sur le pc sur les différents sites de vente en ligne.
Je comprends mieux.
Aujourd'hui à 10h54
Modifié aujourd'hui à 11h03
Tu peux faire cela (et cela se fait depuis fooooort longtemps) avec ton serveur configuré en mandataire inverse pour cacher la remontée de données à des prestataires externes.
Pas besoin de sous-domaine dédié, cela peut se faire sur un chemin HTTP, et c'est beaucoup plus subtil à identifier/bloquer encore qu'un sous-domaine… en étant plus simple à mettre en place.
La réelle solution n'est pas le blocage, mais de la régulation avec interdiction, contrôle, sanction & dissuasion.
Aujourd'hui à 11h22
Aujourd'hui à 11h31
Aujourd'hui à 11h38
Aujourd'hui à 11h50
Aujourd'hui à 12h10
Je me demande si ça n'est pas là un angle d'attaque possible : Mes données personnelles sont... personnelles. Ainsi un consentement donné par un tiers ne devrait pas être valable. Mais je ne suis pas juriste.
à priori le blocage DNS ne servirait pas non plus à grand chose. Il semblerait qu'on en soit donc réduit à utiliser en permanence un VPN.... -_-'
Aujourd'hui à 12h43
Bon après pour l’instant, avec mon FAI associatif, je suis tranquille.
Aujourd'hui à 12h25
Aujourd'hui à 12h45
Aujourd'hui à 14h40
Aujourd'hui à 13h45
Aujourd'hui à 12h30
Aujourd'hui à 12h44
Aujourd'hui à 12h59
Aujourd'hui à 14h34
Aujourd'hui à 15h07
Aujourd'hui à 14h05
Aujourd'hui à 14h41
Aujourd'hui à 15h08
Aujourd'hui à 14h48
Les connexions Orange pro sont également concernées j'avais 2 consentements.
La gestion des consentement ne fonctionnent pas avec UblockOrigin.
J'ai clairement l'impression d'être trahit par mon opérateur.
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