Cloud : Infomaniak se place sous le contrôle d’une fondation
Garde suisse
Illustration : Flock
Le 20 mai à 09h51
L’hébergeur suisse Infomaniak fait évoluer sa gouvernance en transférant la majorité de ses droits de vote à une fondation d’utilité publique. Le mouvement est présenté comme une façon de garantir l’indépendance de l’entreprise tout en lui donnant les moyens de se développer, y compris en accueillant de nouveaux investisseurs.
Cloud : Infomaniak se place sous le contrôle d’une fondation
Garde suisse
Illustration : Flock
L’hébergeur suisse Infomaniak fait évoluer sa gouvernance en transférant la majorité de ses droits de vote à une fondation d’utilité publique. Le mouvement est présenté comme une façon de garantir l’indépendance de l’entreprise tout en lui donnant les moyens de se développer, y compris en accueillant de nouveaux investisseurs.
Économie
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3 min
Actionnaire majoritaire historique d’Infomaniak, son fondateur Boris Siegenthaler a transféré le 13 mai dernier une part significative de ses droits de vote à une nouvelle instance : une fondation d’utilité publique à but non lucratif (statuts en PDF).
En pratique, la nouvelle fondation détient désormais 65 % des droits de vote liés à la gouvernance de l’entreprise, tandis que les 35 % restants sont conservés par le fondateur et 36 salariés actionnaires. La répartition précédente était de 75 % de droits de vote pour Boris Siegenthaler, et de 25 % pour les salariés.
Accueillir des investisseurs sans compromettre l’indépendance
« Avec la majorité des droits de vote, on contrôle une société. On peut tout changer. Tout défaire. Il fallait un point d’ancrage qui ne dépende plus d’une seule personne », explique l’entreprise dans un billet de blog dédié. Les droits de vote en question sont transférés sous la forme d’actions spéciales, non cessibles. Elles ne donnent en revanche aucun contrôle direct sur la marche opérationnelle de l’entreprise, qui reste pilotée par son équipe dirigeante actuelle.
Elles garantissent par ailleurs que la fondation reste majoritaire même en cas d’entrée de nouveaux investisseurs au capital. « Aucun investisseur, présent ou futur, ne pourra altérer l’ADN, la mission ou l’indépendance de l’entreprise. L’entreprise peut accélérer son développement et accueillir, en toute sécurité, les ressources nécessaires à sa croissance, sans jamais compromettre les engagements pris envers ses clients », affirme à ce niveau Infomaniak. La société annonce à ce niveau l’arrivée d’investisseurs « alignés sur ses valeurs » dans les prochains mois, « pour développer un cloud souverain à l’échelle européenne, dans un contexte où la souveraineté numérique est un enjeu stratégique ».
La fondation, qui bénéficie de certains avantages fiscaux selon le droit suisse, se finance quant à elle grâce à une participation susceptible de monter à 5 % des bénéfices de l’entreprise. Ses statuts prévoient qu’elle utilise ses moyens pour des projets de soutien au numérique éthique, à l’éducation, à la transition énergétique et à la protection de l’environnement.
Infomaniak présente cette évolution comme « un geste irrévocable et rare en Europe, qui place l’entreprise hors de portée de tout rachat et qui grave son ADN dans le marbre ». Son compatriote Proton avait défriché le sujet pour ses dix ans en 2024. En France, le groupe Pierre Fabre est l’un des pionniers de ce modèle de transmission vers une fondation actionnaire, également étudié par le rochelais Lea Nature. La démarche est en revanche inédite dans le monde du cloud.
Commentaires (24)
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Abonnez-vousLe 20 mai à 10h09
Le 20 mai à 11h43
Droits de vote confié à la tête du client et périmètre contrôlé sans empiété sur la direction actuelle.
L'intérêt de la fondation permet de défiscaliser les investissements et lui laisser les sujets déficitaires/philantropiques…
En tout cas ça fait son effet ;)
C'est aussi l'occasion de rappeler la culture citoyenne helvète qui est regulièrement solliciter pour voter sur divers sujets.
Le 20 mai à 11h43
Le 20 mai à 10h36
Le 20 mai à 10h56
Le 20 mai à 10h56
Le 20 mai à 13h45
Le 20 mai à 11h40
Le 20 mai à 11h48
Le 20 mai à 14h20
Infomaniak m'inspire confiance et me rassure dans ce monde de plus en plus flippant.
J'espère juste que ce n'est pas de la naïveté de ma part, mais je ne pense pas :)
Le 20 mai à 14h53
J'ai pas à me plaindre, ça fait bien le taff et ça évolue à un rythme correct alors que ça reste une petite structure (de mémoire c'est quelques 200 employés).
Et si demain tu veux une adresse avec ton nom de domaine, sache que l'email est inclus avec l'achat d'un DNS chez eux. Plus limité en offre que via le service dédié, mais largement suffisant pour un besoin ordinaire.
Le 20 mai à 16h22
Donc bravo à eux, c'est la preuve que c'est possible d'y arriver.
Le 20 mai à 18h09
J'ai pas spécialement à me plaindre mais par contre, on voit bien que l'offre Mail a été taillé pour les entreprises (fonctionnement en organisation, etc ...).
Mais en terme de praticité, c'est l'équivalent de Google Mail.
Le 20 mai à 18h44
D'ailleurs, leur webmail et celui de Proton se ressemblent beaucoup. J'avais cherché un peu, mais je ne sais pas si c'est une base d'un webmail open source commune qu'ils ont étendu chacun dans leur coin.
Le client de synchro Linux kDrive est, quant à lui, un fork de celui d'ownCloud. M'est avis que leur backend repose en grande partie sur cette techno aussi.
Le 22 mai à 11h03
Pas mal de bugs quand on part sur des conf pro, poussées. Plusieurs comptes kSuite pro en parallèle c'est galère, ergonomie de l'admin parfois très confuse, nombreux petits bugs (le plus gênant a été corrigé 15 jours après que je l'ai déclaré), pas de notif navigateur (de leur propre aveu, il faut passer par leur app standalone pour que ce soit fiable). Mais le réel problème est kDrive. Avec un usage intensif (pas en volume mais en nombre de modifs et nombre de fichiers), c'est la cata tout le temps avec des erreurs de sync constantes et des sync qui freezent. J'accompagne une autre personne qui vient de Zimbra et se retrouve avec les mêmes problèmes.
Quoiqu'il en soit, je reste chez eux parce qu'il n'y a pas des tonnes d'alternatives et cette décision sur la gouvernance me rassure.
Modifié le 22 mai à 17h37
Mais depuis quelques versions, ça a disparu en ce qui me concerne. J'ai récemment refait une maquette sous LaTeX à coup de compilation toutes les 10 secondes (changement => run, en boucle comme mon réflexe du ctrl+s à chaque virgule
Je gère aussi du multi orga avec plusieurs kSuite (ma perso et ma pro, en gros). C'est encore poussif et je te rejoins sur le manager "peut mieux faire".
Les autres outils évoluent bien aussi. Le site creator est d'enfer (j'ai fait ma boutique en ligne en 10 min là où Prestashop après 5 jours et deux tickets support j'ai jamais réussi à faire marcher l'intégration Stripe...) et la newsletter a reçu un sacré lifting apprécié pour la mise en page. J'aimerais un équivalent natif chez eux de Google Forms, mais en attendant je compose avec LimeSurvey qu'ils proposent en application sur leur place de marché Web.
Bref, y'a toujours des irritants (et les pages feedback c'est rageland vu les fonctionnalités promises depuis X années qui n'arrivent pas), mais ça évolue quand même dans le bon sens en ce qui me concerne.
Edit : ah oui, un truc qui m'est revenu des séances de debug de kDrive. Eux, au moins, reconnaissent les défauts de leurs outils et les bugs. Parce que chez d'autres éditeurs, on m'aurait assuré mordicus que tout était de ma faute à cause de mon OS de communiste ou parce que j'ai pas le bon thème visuel.
Le 20 mai à 16h40
Le 20 mai à 17h54
Je tiens à signaler que leur interface est excellente que ce soit pour la gestion de l'hébergement que pour celle des mails.
À noter que les applications mobiles de mail et de drive sont disponibles sur F-Droid.
Le 20 mai à 19h43
Le 20 mai à 21h50
Le 21 mai à 10h15
Le 23 mai à 10h17
Le 26 mai à 13h45
Le 28 mai à 12h47
De ce que j'ai lu vite fait, le statut d'utilité publique en Suisse se déclare à la création grâce à des conditions particulières. Un peu comme en France, donc, sauf que dans notre cas il faut demander la reconnaissance.
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