IA dans l’emploi : même quand ils travaillent dans la tech, les français restent inquiets
AnxIAté
Illustration : Flock
Mathilde Saliou
Le 19 mai à 18h17
Interrogés sur les effets de l’IA sur l’emploi, la majorité des cadres craignent que celle-ci ne les remplace. Même chez les professionnels du numérique, l’inquiétude subsiste.
IA dans l’emploi : même quand ils travaillent dans la tech, les français restent inquiets
AnxIAté
Illustration : Flock
Interrogés sur les effets de l’IA sur l’emploi, la majorité des cadres craignent que celle-ci ne les remplace. Même chez les professionnels du numérique, l’inquiétude subsiste.
Société numérique
Société
4 min
Les effets de l’intelligence artificielle continuent de susciter les craintes, et ce jusque chez les cadres du numérique. Parmi ces derniers, si 88 % voient dans l’IA le moteur d’une révolution, près d’un sur cinq (17 %) estiment que l’accompagnement de leurs entreprises est insuffisant. Plus largement, au sein de la population française, 61 % des cadres craignent d’être remplacés par l’IA.
Tels sont quelques-uns des constats dressés par un sondage d’Odoxa pour l’Observatoire des nouveaux usages de Saegus. Mené auprès d’un échantillon de 1005 Français représentatifs de la population française majeure, et 101 professionnels de l’industrie numérique, ce dernier relève tout de même que la moitié des salariés, près de deux tiers des cadres (63 %) et 73 % des spécialistes du numérique se déclarent à l’aise avec les outils d’IA.
Des Français convaincus d’une destruction d’emplois
Pour l’immense majorité des sondés (plus des deux tiers de chaque tranche d’âge, près des trois quarts de la population selon sa profession), c’est certain : le déploiement de l’IA va se traduire par davantage de destruction d’emplois que de création. Dans le lot, les spécialistes du numérique sont un peu plus optimistes que les autres : 30 % d’entre eux envisagent que plus d’emplois ne soient créés, à termes, que détruits.
En fonction de l’âge, ce sont les plus âgés (65 ans et +) les plus inquiets. 86 % estiment en effet que l’IA détruira plus d’emplois qu’elle n’en créera. Même dans la génération qui entre actuellement sur le marché du travail, cela dit, plus des deux tiers des répondants s’alignent sur cette idée.
Le rapport s’inverse quelque peu lorsqu’on se penche sur ce que les travailleurs envisagent en termes de tâches. Pour 67 % des professionnels du numérique, en effet, l’IA remplacera « une partie » de leurs tâches, et pour 5 % d’entre eux, « l’intégralité de [leur] métier ». À l’inverse, dans la population générale, seulement 35 % des interrogés estiment que l’IA remplacera « une partie de [leurs] tâches » et 10 % qu’elle remplacera « l’intégralité de [leur] métier ».
Réduction du temps de travail et dépendance
Interrogé sur les effets du déploiement de ces technologies dans leur vie professionnelle, la grande majorité des professionnels du numérique (85 %) et 72 % des salariés en général estiment que celle-ci créera une dépendance de l’IA au travail. Pour la moitié des salariés, ce n’est pas forcément négatif : cela pourrait permettre une réduction du temps de travail (une perspective envisagée par 44 % des professionnels de la tech).
38 % des salariés pris en général et 49 % de ceux de la tech estiment que cela permettra de « consacrer davantage de temps aux relations avec leurs collègues », et 36 % des salariés (49 % dans la tech) que cela rendre leur travail « plus intéressant ». Travailler dans les technologies donne un sentiment nettement plus important de confort dans l’interaction avec l’IA.
Malgré tout, la demande d’accompagnement est forte, quelle que soit la spécialité. Pour 82 % des professionnels du numérique et 78 % des salariés pris en général, les entreprises françaises ne forment pas suffisamment leurs employés à l’IA. En même temps, le sentiment de retard est relativement fort : seulement 34 % des employés du numérique et 42 % des salariés au sens large estiment que les entreprises hexagonales « s’adaptent rapidement et intègrent suffisamment cette technologie ».
Commentaires (27)
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Abonnez-vousLe 19 mai à 18h25
Le 19 mai à 19h22
Rooh, laissez-moi rêver :p
Le 19 mai à 19h53
Le 20 mai à 07h34
Le 20 mai à 12h39
Modifié le 20 mai à 14h25
Le 20 mai à 17h01
Le 19 mai à 23h04
Le 20 mai à 10h59
Mais il y a un fond de vérité : si l'IA est capable de remplacer 1/4 des tâches d'une équipe, alors il est plus souhaitable socialement de réduire le temps de travail des membres de cette équipe d'1/4 et non de supprimer 1/4 des effectifs de l'équipe.
Dans le premier cas, toute l'équipe a une meilleure qualité de vie. Dans l'autre, 1/4 est au chômage (baisse de qualité de vie) et 3/4 ont gardé la même.
Le 20 mai à 11h19
C'est d'ailleurs ce qu'on observe, encore une fois avec l'IA : https://theconversation.com/industries-most-exposed-to-ai-are-not-only-seeing-productivity-gains-but-jobs-and-wage-growth-too-224487
Le 19 mai à 20h14
Les 15 métiers les plus recherchés dans le Grand Est en 2026
Viticulteurs arboriculteurs : 20 646 projets de recrutement
Employés de libre-service : 5 811
Aides de cuisine et employés polyvalents de la restauration : 5 764
Aides à domicile et auxiliaires de vie : 5 720
Professionnels de l’animation socioculturelle : 5 542
Agents d’entretien de locaux : 5 411
Agriculteurs : 4 636
Serveurs de cafés-restaurants : 4 430
Aides-soignants : 4 334
Personnels de ménage chez des particuliers : 3 271
Cuisiniers : 3 208
Jardiniers des espaces verts et naturels : 2 542
Infirmiers et sages-femmes : 2 536
Caissiers : 2 536
Employés de l’hôtellerie : 1 977
Source
Modifié le 19 mai à 22h56
Il y a aussi une question basique d'économie : si je peux faire le même boulot avec 5 personnes "augmentés" (à l'IA) qu'avant avec 10, et à supposer que l'IA est moins chère que les 5 personnes (sinon aucun intérêt), comment se partage le gâteau, que font les 5 personnes qui ne sont plus sur le job (comment subsistent-t-elles à leurs besoins), etc...
Je sens que c'est encore nos "amis" américains qui vont aspirer une grosse partie de la plus-value !..
Le 20 mai à 15h50
Modifié le 19 mai à 20h48
J'espère que ça poussera enfin les professionnel-les de la tech à réfléchir d'avantage aux conséquences de leur travail sur celui des autres et qu'ils et elles commenceront à s'organiser pour être en mesure de défendre leurs conditions de travail, plutôt que de rester enfermés dans des débats sans fin sur l'utilité des LLMs.
Le 19 mai à 21h22
Faut dire que le travail est de plus en plus divisé et qu’on ne demande plus à un développeur que passer un ticket de Ready à Done donc déjà que ça réfléchissait pas trop à la spec avant, c’est pire maintenant.
Perso c’est bon j’ai déjà fait mon burn-out et j’en ai absolument plus rien à faire de ce métier, ce que j’aimais c’était résoudre les problèmes des gens en leur pondant des produits sympa mais c’est plus le métier de développeur depuis longtemps. Je me demande bien comment les autres arrivent encore à tenir.
Le 20 mai à 00h06
Le 20 mai à 10h33
Et sur le plan perso ça m'aide clairement à faire des trucs que j'aurai mis de côté éternellement sans. Je m'amuse beaucoup avec mon pi.dev customizé aux petits oignons associé à soit des modèles locaux, soit à Deepseek 4 Pro ou GLM/Kimi/Qwen etc .... sur Ollama Cloud à 20 balles par mois.
J'essaie de pas jeter bébé avec l'eau du bain : l'utilisation pro de l'outil me déprime mais l'outil en lui même est incroyable.
Un truc tout bête par exemple, j'ai une grosse partition de quelques To avec des fichiers qui trainent dans tous les sens depuis des années, un vrai foutoir. J'ai demandé à un LLM local (Gemma 4 en l’occurrence) de tout bien organiser, et au prix d'un peu de bruits de ventilateurs de mon GPU, tout est bien rangé maintenant.
Si t'as un peu d'imagination tu fais des trucs de fou avec tout ça. Mais au taf on ne me demande plus d'avoir de l'imagination depuis longtemps.
Le 20 mai à 11h03
Le 21 mai à 17h15
Le 20 mai à 10h37
Problème : du coup, on ne prend plus de juniors. Qui ne deviendront donc pas senior. C'est ballot, dans quelques années, il risque d'y avoir un gros problème...
Le 22 mai à 13h09
Le 22 mai à 13h29
Si ces dév n'ont aucune chance de gagner de l'expérience, dans 20 ans, ils ne pourront pas se former au Cobol pour maintenir les systèmes critiques qui en auront encore besoin.
Le 19 mai à 22h13
Modifié le 19 mai à 22h50
Réponse : "Non, parce que je n'ai pas encore identifié d'où vient le bug. Dès que j'ai trouvé, là je pourrais éventuellement te dire. Mais si tu veux que ça aille plus vite, viens m'aider !"
Vous savez quoi... ben il est remonté dans son bureau !
On n'avait pas d'IA, mais on se marrait déjà bien, c'était le bon temps où on faisait vraiment de l'informatique et pas juste signer des contrats et gérer des plannings.
Modifié le 23 mai à 18h06
Le tout alors que ces compagnies engrangent des dizaines de milliards de profits et ont déjà annoncé plus de 700 milliards de dollars d'investissement dans le secteur de l'IA, sur les quatre mois et demi de l'année 2026. Amazon par exemple s'attend à doubler son chiffre d'affaire d'ici 2033 et a investit massivement dans la robotique pour éviter d'embaucher plus d'un demi million d'employés américains. Selon des documents internes dont se font l'echo le NYT.
Le 20 mai à 09h53
À l'inverse, un profil junior demande du temps, de l'encadrement et de l'investissement avant d'être pleinement autonome. Un profil senior, lui, peut être perçu comme trop coûteux, malgré la valeur de son expérience.
Reste que si l'on forme moins de juniors et que l'on écarte les seniors, on fragilise toute la chaîne de transmission. Aussi on sous-estime encore largement la perte de connaissances liée au départ ou au remplacement des profils expérimentés (qui plus est par une IA...).
Modifié le 20 mai à 13h56
Edit : sous réserve que l'IA tienne toutes ses promesses, les services d'IA externalisés sont un moyen colossal de perte de valeur ajoutée (parce qu'on va pas se mentir, une boîte qui repose à 100% sur une IA tierce pour sa production, sa valeur ajoutée est assez proche de zéro).
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