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IA dans l’emploi : même quand ils travaillent dans la tech, les français restent inquiets

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IA dans l’emploi : même quand ils travaillent dans la tech, les français restent inquiets

Illustration : Flock

Interrogés sur les effets de l’IA sur l’emploi, la majorité des cadres craignent que celle-ci ne les remplace. Même chez les professionnels du numérique, l’inquiétude subsiste.

Les effets de l’intelligence artificielle continuent de susciter les craintes, et ce jusque chez les cadres du numérique. Parmi ces derniers, si 88 % voient dans l’IA le moteur d’une révolution, près d’un sur cinq (17 %) estiment que l’accompagnement de leurs entreprises est insuffisant. Plus largement, au sein de la population française, 61 % des cadres craignent d’être remplacés par l’IA.

Tels sont quelques-uns des constats dressés par un sondage d’Odoxa pour l’Observatoire des nouveaux usages de Saegus. Mené auprès d’un échantillon de 1005 Français représentatifs de la population française majeure, et 101 professionnels de l’industrie numérique, ce dernier relève tout de même que la moitié des salariés, près de deux tiers des cadres (63 %) et 73 % des spécialistes du numérique se déclarent à l’aise avec les outils d’IA.

Des Français convaincus d’une destruction d’emplois

Pour l’immense majorité des sondés (plus des deux tiers de chaque tranche d’âge, près des trois quarts de la population selon sa profession), c’est certain : le déploiement de l’IA va se traduire par davantage de destruction d’emplois que de création. Dans le lot, les spécialistes du numérique sont un peu plus optimistes que les autres : 30 % d’entre eux envisagent que plus d’emplois ne soient créés, à termes, que détruits.

En fonction de l’âge, ce sont les plus âgés (65 ans et +) les plus inquiets. 86 % estiment en effet que l’IA détruira plus d’emplois qu’elle n’en créera. Même dans la génération qui entre actuellement sur le marché du travail, cela dit, plus des deux tiers des répondants s’alignent sur cette idée.

Observatoire des Nouveaux Usages / Saegus – Odoxa, mai 2026

Le rapport s’inverse quelque peu lorsqu’on se penche sur ce que les travailleurs envisagent en termes de tâches. Pour 67 % des professionnels du numérique, en effet, l’IA remplacera « une partie » de leurs tâches, et pour 5 % d’entre eux, « l’intégralité de [leur] métier ». À l’inverse, dans la population générale, seulement 35 % des interrogés estiment que l’IA remplacera « une partie de [leurs] tâches » et 10 % qu’elle remplacera « l’intégralité de [leur] métier ».

Réduction du temps de travail et dépendance

Interrogé sur les effets du déploiement de ces technologies dans leur vie professionnelle, la grande majorité des professionnels du numérique (85 %) et 72 % des salariés en général estiment que celle-ci créera une dépendance de l’IA au travail. Pour la moitié des salariés, ce n’est pas forcément négatif : cela pourrait permettre une réduction du temps de travail (une perspective envisagée par 44 % des professionnels de la tech).

38 % des salariés pris en général et 49 % de ceux de la tech estiment que cela permettra de « consacrer davantage de temps aux relations avec leurs collègues », et 36 % des salariés (49 % dans la tech) que cela rendre leur travail « plus intéressant ». Travailler dans les technologies donne un sentiment nettement plus important de confort dans l’interaction avec l’IA.

Observatoire des Nouveaux Usages / Saegus – Odoxa, mai 2026

Malgré tout, la demande d’accompagnement est forte, quelle que soit la spécialité. Pour 82 % des professionnels du numérique et 78 % des salariés pris en général, les entreprises françaises ne forment pas suffisamment leurs employés à l’IA. En même temps, le sentiment de retard est relativement fort : seulement 34 % des employés du numérique et 42 % des salariés au sens large estiment que les entreprises hexagonales « s’adaptent rapidement et intègrent suffisamment cette technologie ».

Commentaires (27)

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Pour 82 % des professionnels du numérique et 78 % des salariés pris en général, les entreprises françaises ne forment pas suffisamment leurs employés à l’IA.
Faut dire aussi que les formations pertinentes courent pas forcément les rues, surtout quand l'outil must have change tous les six mois...
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Le gouvernement a prévu de déposer un projet de loi pour passer aux 32 heures dès janvier 2027, avec comme objectif les 28 heures d'ici 2030.

Rooh, laissez-moi rêver :p
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En contrepartie, la retraite à 74 ans.
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30% des ouvriers seront déjà morts
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Ça fera moins de retraites à payer.
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Parmi les plus basses, mauvais calcul :D
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Pas forcément, comme les cadres et professions intellectuelles auront été remplacés par de l'IA, ils retourneront aux travaux d'ouvriers ;)
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Ça n'aurait aucun sens d'augmenter encore le coût du travail. À moins que la volonté soit d'augmenter encore plus le chomage.
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C'est une blague.

Mais il y a un fond de vérité : si l'IA est capable de remplacer 1/4 des tâches d'une équipe, alors il est plus souhaitable socialement de réduire le temps de travail des membres de cette équipe d'1/4 et non de supprimer 1/4 des effectifs de l'équipe.
Dans le premier cas, toute l'équipe a une meilleure qualité de vie. Dans l'autre, 1/4 est au chômage (baisse de qualité de vie) et 3/4 ont gardé la même.
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Non, tu supposes que la quantité de travail est fixe, une erreur logique courante chez les socialiste. Si l'IA augmente la productivité, il n'y a pas moins de travail, il y a plus de valeur ajouté par unité de travail, donc plus d'intérêt à travailler dans le secteur qui bénéficie de cette productivité. Le temps de travail diminuera à terme, comme à chaque fois.

C'est d'ailleurs ce qu'on observe, encore une fois avec l'IA : https://theconversation.com/industries-most-exposed-to-ai-are-not-only-seeing-productivity-gains-but-jobs-and-wage-growth-too-224487
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Message un peu provocateur, je le reconnais, mais là, peu de risques avec l'IA :

Les 15 métiers les plus recherchés dans le Grand Est en 2026
Viticulteurs arboriculteurs : 20 646 projets de recrutement
Employés de libre-service : 5 811
Aides de cuisine et employés polyvalents de la restauration : 5 764
Aides à domicile et auxiliaires de vie : 5 720
Professionnels de l’animation socioculturelle : 5 542
Agents d’entretien de locaux : 5 411
Agriculteurs : 4 636
Serveurs de cafés-restaurants : 4 430
Aides-soignants : 4 334
Personnels de ménage chez des particuliers : 3 271
Cuisiniers : 3 208
Jardiniers des espaces verts et naturels : 2 542
Infirmiers et sages-femmes : 2 536
Caissiers : 2 536
Employés de l’hôtellerie : 1 977
Source
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Dans ta liste, il y a essentiellement des métiers "manuels", ce n'est pas (encore) la cible de l'IA, mais ce ne sont pas les métiers à plus forte "plus-value".

Il y a aussi une question basique d'économie : si je peux faire le même boulot avec 5 personnes "augmentés" (à l'IA) qu'avant avec 10, et à supposer que l'IA est moins chère que les 5 personnes (sinon aucun intérêt), comment se partage le gâteau, que font les 5 personnes qui ne sont plus sur le job (comment subsistent-t-elles à leurs besoins), etc...
Je sens que c'est encore nos "amis" américains qui vont aspirer une grosse partie de la plus-value !..
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Les 5 personnes n'avaient qu'à bien s'orienter ... fallait faire un master nettoyage de surface
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Si l'IA gen a les mêmes effets sur le travail que ce que décrit la traductrice interviewée pour un épisode du podcast de ce site, il y aura probablement une augmentation des cadences et une baisse des rémunérations dans tous les métiers touchés (techs compris). Pas sûr qu'on puisse vraiment parler de révolution dans ces conditions.

J'espère que ça poussera enfin les professionnel-les de la tech à réfléchir d'avantage aux conséquences de leur travail sur celui des autres et qu'ils et elles commenceront à s'organiser pour être en mesure de défendre leurs conditions de travail, plutôt que de rester enfermés dans des débats sans fin sur l'utilité des LLMs.
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J'espère que ça poussera enfin les professionnel-les de la tech à réfléchir d'avantage aux conséquences de leur travail sur celui des autres et qu'ils et elles commenceront à s'organiser pour être en mesure de défendre leurs conditions de travail, plutôt que de rester enfermés dans des débats sans fin sur l'utilité des LLMs.
Je suis « travailleur de la tech » et … lol. C’est toujours plein de gens qui font de la sur-ingénierie sans absolument rien comprendre au métier, ni même chercher à comprendre le métier.

Faut dire que le travail est de plus en plus divisé et qu’on ne demande plus à un développeur que passer un ticket de Ready à Done donc déjà que ça réfléchissait pas trop à la spec avant, c’est pire maintenant.

Perso c’est bon j’ai déjà fait mon burn-out et j’en ai absolument plus rien à faire de ce métier, ce que j’aimais c’était résoudre les problèmes des gens en leur pondant des produits sympa mais c’est plus le métier de développeur depuis longtemps. Je me demande bien comment les autres arrivent encore à tenir.
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C'est un peu HS par rapport à l'article, mais il paraît que l'utilisation de l'IA accentue la perte de sens et le désintérêt pour le travail donc il est fort possible que de moins en moins de gens arrivent encore à tenir comme tu dis. En tous cas force à toi.
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Honnêtement je sais pas trop quoi en penser. Pour l'instant l'IA m'aide justement à faire face à la perte de sens en m'aidant à faire mon taf bon gré mal gré. Et puis ça reste un outil intéressant quand tu bricoles avec et que tu sors un peu des sentiers battus (il y a mieux et plus rigolo à faire que d'utiliser Claude avec Claude Code).

Et sur le plan perso ça m'aide clairement à faire des trucs que j'aurai mis de côté éternellement sans. Je m'amuse beaucoup avec mon pi.dev customizé aux petits oignons associé à soit des modèles locaux, soit à Deepseek 4 Pro ou GLM/Kimi/Qwen etc .... sur Ollama Cloud à 20 balles par mois.

J'essaie de pas jeter bébé avec l'eau du bain : l'utilisation pro de l'outil me déprime mais l'outil en lui même est incroyable.

Un truc tout bête par exemple, j'ai une grosse partition de quelques To avec des fichiers qui trainent dans tous les sens depuis des années, un vrai foutoir. J'ai demandé à un LLM local (Gemma 4 en l’occurrence) de tout bien organiser, et au prix d'un peu de bruits de ventilateurs de mon GPU, tout est bien rangé maintenant.

Si t'as un peu d'imagination tu fais des trucs de fou avec tout ça. Mais au taf on ne me demande plus d'avoir de l'imagination depuis longtemps.
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Disons qu'au lieu de demander à un collègue qui connait mieux un sujet précis qu'eux, les gens demandent à l'IA... Ça participe donc aussi à achever les relations sociales qui ne sont jamais remontées à leur niveau pré-covid et c'est un aspect qui me semble aussi important que peu abordé.
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Mais il suffit de revenir sur le télétravail pour contrecarrer cet effet, voyons ... :craint:
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Le problème chez les dév me semble être légèrement différent : le management veut confier aux LLM la réalisation des tâches basiques, traditionnellement dévolues aux junior. Charge aux senior de dépatouiller le truc pour en faire quelque chose de fonctionnel.
Problème : du coup, on ne prend plus de juniors. Qui ne deviendront donc pas senior. C'est ballot, dans quelques années, il risque d'y avoir un gros problème...
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Exactement le même que celui du Cobol.
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j'y avais pensé, mais je pense que pour Cobol c'est un tout petit peu différent quand-même : le langage a des usages qui sont peut-être fondamentaux, mais qui sont tout de même assez niche, et on ne forme pas vraiment de nouveaux développeur Cobol dans les écoles, c'est un langage qu'on apprend en entreprise aujourd'hui. Alors que des dév classiques, il en sort chaque année, que ce soit en Java, C#, Rust, Angular, Pyhton...

Si ces dév n'ont aucune chance de gagner de l'expérience, dans 20 ans, ils ne pourront pas se former au Cobol pour maintenir les systèmes critiques qui en auront encore besoin.
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Je pense qu'il y aura plutôt une augmentation des emplois surtout dans la tech. L'effet principal des LLM c'est que les dev ne savent plus coder... Il y a qu'a voir dans mon équipe aujourd'hui il y avait un bug assez simple mais long à corriger et le dev était juste à me demander "C'est bon il est fix le bug là" toutes les heures. Au bout de 3 fois, j'ai dit oui et il m'a cru... Je sais pas quoi des gens qui maintenant savent juste prompt
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Haha, ça me rappelle il y a fort longtemps (au millénaire dernier) mon chef passa me voir pour me demander : "Tu peux me donner un délai sur la correction du bug ?"

Réponse : "Non, parce que je n'ai pas encore identifié d'où vient le bug. Dès que j'ai trouvé, là je pourrais éventuellement te dire. Mais si tu veux que ça aille plus vite, viens m'aider !"

Vous savez quoi... ben il est remonté dans son bureau ! :D

On n'avait pas d'IA, mais on se marrait déjà bien, c'était le bon temps où on faisait vraiment de l'informatique et pas juste signer des contrats et gérer des plannings.
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Il y a eu plus de 150 000 personnes licenciées dans le secteur de la tech américaine depuis 2022. Rien qu'en 2026, les annonces se succèdent : 15 000 chez Amazon (le dernier plan de licenciement de 30 000 personnes, c'était il y a 6 mois), 30 000 chez Oracle, 8000 chez Meta (10% de sa masse salariale), et selon les rumeurs sur Blind, qui ont la facheuse tendance à se montrer précises, Microsoft qui a déjà débarqué 15 000 personnes l'été dernier, s'appreterait à annoncer le licenciement de 22 000 employés.

Le tout alors que ces compagnies engrangent des dizaines de milliards de profits et ont déjà annoncé plus de 700 milliards de dollars d'investissement dans le secteur de l'IA, sur les quatre mois et demi de l'année 2026. Amazon par exemple s'attend à doubler son chiffre d'affaire d'ici 2033 et a investit massivement dans la robotique pour éviter d'embaucher plus d'un demi million d'employés américains. Selon des documents internes dont se font l'echo le NYT.
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En fonction de l’âge, ce sont les plus âgés (65 ans et +) les plus inquiets. 86 % estiment en effet que l’IA détruira plus d’emplois qu’elle n’en créera. Même dans la génération qui entre actuellement sur le marché du travail, cela dit, plus des deux tiers des répondants s’alignent sur cette idée.
Le fait que la tranche d'âge intermédiaire se sente globalement moins concernée s'explique peut-être par sa position particulière : assez expérimentée pour être immédiatement opérationnelle, mais encore assez jeune pour être perçue comme moins exposée ou moins coûteuse.
À l'inverse, un profil junior demande du temps, de l'encadrement et de l'investissement avant d'être pleinement autonome. Un profil senior, lui, peut être perçu comme trop coûteux, malgré la valeur de son expérience.

Reste que si l'on forme moins de juniors et que l'on écarte les seniors, on fragilise toute la chaîne de transmission. Aussi on sous-estime encore largement la perte de connaissances liée au départ ou au remplacement des profils expérimentés (qui plus est par une IA...).
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Aussi on sous-estime encore largement la perte de connaissances liée au départ ou au remplacement des profils expérimentés (qui plus est par une IA...).
C'est balot qu'en plein dans les discours sur la souveraineté, on se mette à externaliser nos cerveaux à des sociétés bien opaques aux USA.

Edit : sous réserve que l'IA tienne toutes ses promesses, les services d'IA externalisés sont un moyen colossal de perte de valeur ajoutée (parce qu'on va pas se mentir, une boîte qui repose à 100% sur une IA tierce pour sa production, sa valeur ajoutée est assez proche de zéro).