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Livreurs à vélo : une santé qui se dégrade pour un revenu net moyen de 880 euros

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Livreurs à vélo : une santé qui se dégrade pour un revenu net moyen de 880 euros

Illustration : Flock

Menée à Paris et Bordeaux, une étude inédite par son ampleur détaille les conditions de travail et les effets sur la santé de la livraison à vélo, effectuée en grande majorité par des hommes en situation irrégulière.

Le 01 avril à 12h14

85 % des livreurs en fatigue chronique, 45 % en détresse psychologique, 36 % touchés par des douleurs « intenses et régulières » au bas du dos, 32 % qui subissent des troubles urinaires récurrents. Inédite par son ampleur, l’étude Santé-Course s’est penchée sur les conditions de travail de 1 004 livreurs à vélo (dont 485 en activité à Bordeaux et 519 à Paris) et sur les conséquences de ces activités sur leur santé.

Sur les deux plans, les résultats de ce travail réalisé en 2025 par Médecins du Monde, l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques (Ined) sont inquiétants. En moyenne, ces travailleurs gagnent en effet 1 480 euros brut par mois pour une amplitude hebdomadaire de 63 heures de travail. Les trois quarts indiquent par ailleurs devoir passer par un loueur de compte, qui leur ponctionne en moyenne 528 euros de « loyer » chaque mois.

3 euros par heure

Qui sont les livreurs à deux roues ? 99 % des enquêtés sont des hommes, nés à l’étranger. Ils sont jeunes : quatre sur cinq (81 %) ont moins de 35 ans. Et l’essentiel vit dans une situation très précaire : 64 % n’ont pas de titres de séjour, plus de deux sur cinq (42 %) ont connu au moins une journée sans repas dans les douze mois précédant l’entretien.

À Paris, ils sont plus âgés qu’à Bordeaux, ont plus régulièrement eu accès aux études supérieures, mais manquent aussi plus généralement de titre de séjour. Plus de 30 % viennent de pays d’Asie, contre moins de 1 % côté Bordeaux. Dans la ville de la côte Atlantique, l’ancienne coordinatrice du programme Travailleurs et travailleuses précarisés de Médecins du monde Claire Dugleux indiquait en 2024 que de nombreux livreurs sont originaires d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb ou d’Afghanistan.

Extrait de l’enquête SANTE-COURSE (.pdf)

La précarité de la situation des livreurs explique en partie leur dépendance aux activités de livraison, et surtout aux locataires de compte. Si 91 % des enquêtés déclarent que ces activités génèrent « l’essentiel de leurs revenus », 91 % de ceux sans titre de séjour indiquent aussi qu’ils ne souhaiteraient pas continuer ce type de travail s’ils obtenaient une régularisation.

D’autant qu’aux faibles revenus collectés, il faut encore retrancher les frais (loyer ou cotisations à l’URSSAF, mais aussi équipement et entretien), estimés en moyenne à 597 euros par mois. En définitive, cela les conduit à gagner de 840 à 880 euros nets par mois, soit à peine plus de 3 euros par heure (le smic horaire net s’élève à 9,52 euros).

Extrait de l’enquête SANTE-COURSE (.pdf)

Pour les auteurs de l’étude, la livraison de repas repose même sur « une main-d’œuvre économiquement dépendante des plateformes numériques de travail. Les résultats suggèrent un degré élevé de subordination des livreurs envers les plateformes, associé à un contrôle algorithmique perçu comme important, ce qui contraste avec leur statut juridique de travailleurs indépendants. »

6 à 7 jours sur 7 d’activités parsemées de contrôles et de discriminations

Car outre travailler « en moyenne plus de 6 heures par jour », entre 6 et 7 jours sur 7 pour 81 % d’entre eux, les livreurs le font aussi sous le contrôle des applications qui leur attribuent les plats à aller chercher et les adresses où livrer. Auprès de Rue89 Bordeaux, le médiateur en santé de Médecin du Monde Martin Toraille explique que « le fonctionnement algorithmique et arbitraire des plateformes a pour effet d’isoler les personnes qui travaillent pour elles tout en exacerbant un sentiment d’assujettissement et d’insécurité permanent ».

Extrait de l’enquête SANTE-COURSE (.pdf)

En plus d’accentuer leur isolement, ces outils participent à accentuer la pression ressentie, dans la mesure où les livreurs craignent constamment être déconnectés de leurs comptes. Les trois quarts estiment ainsi « devoir suivre strictement les instructions par peur d’être déconnectés », logique qui conduit une proportion égale d’entre eux à se sentir « surveillés en permanence ».

Auprès du Monde, Deliveroo et Uber Eats contestent la méthodologie de l’étude et la part élevée de personnes sans papiers citées. Deliveroo « condamne sans réserve la sous-location illicite de comptes » et précise mettre fin à une centaine de contrats par mois pour détection de ce type de sous-location, notamment via ses outils de reconnaissance faciale. Uber Eats indique de son côté que le rapport « méconnait » la réalité du travail de livraison, « une activité complémentaire qui ne s’exerce que lorsque les clients passent à table ». L’étude comptabilise en effet dans le temps de travail des livreurs « le temps passé en course, mais aussi le temps d’attente et le temps de trajet retour vers un lieu d’attente ».

Extrait de l’enquête SANTE-COURSE (.pdf)

Outre la pression que leurs outils peuvent faire ressentir à leurs utilisateurs – livreurs, ces derniers évoquent d’autres types de problématiques inhérentes à leur précarité et leur mode de travail : au fil des douze mois précédant l’étude, près des deux tiers ont vu leur identité contrôlée par la police. 40 % déclarent aussi avoir subi « parfois » des discriminations au travail, et 18 % les avoir subies « souvent ». Quatre livreurs rapportant des discriminations sur cinq indiquent que celles-ci venaient des clients. Ces risques peuvent aussi consister en des agressions physiques, plus fréquemment de la part d’employés de restaurant, « parfois » pour 22 % d’entre eux, « souvent » pour 2 %.

Ces éléments pèsent directement sur la santé. Près des deux tiers (58,7 %) déclarent avoir déjà eu au moins un accident au gré de leurs journées de travail, sachant qu’un tiers (32 %) n’a aucune couverture santé. Mais outre les atteintes physiques, l’étude met au jour un état de santé mentale alarmant : près d’un livreur interrogé sur deux présente des symptômes de dépression, et 45 % sont en « situation de détresse psychologique modérée à sévère », des enjeux plus particulièrement marqués chez les locataires de compte.

L’étude est publiée alors que la France doit transposer courant 2026 la directive européenne dédiée à la régularisation du travail de plateformes. Ses auteurs rappellent que le texte « impose aux États membres de mieux prendre compte les enjeux du management algorithmique et d’instaurer un type de présomption de salariat pour les travailleurs de plateformes. » Étant donné la situation de l’essentiel des livreurs interrogés, ils soulignent qu’une telle adaptation resterait vaine si la question « de la régularisation de leur situation administrative » n’était pas abordée « au préalable ».

Commentaires (51)

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Ah zut, je croyais que cet article était un poisson d'avril. Malheureusement c'est la réalité :pleure::frown:
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C'est comme beaucoup de chose : pas de clients pas de problème
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Au détail près qu'il n'y a rien d'illégal à se faire livrer, contrairement à la consommation de drogues. Le soucis est plutôt du coté de la mise en place de ces emplois précaires : il est bien plus facile de prendre la place du titulaire d'un compte que de se présenter à un employeur physique tous les jours à la place de qq'un d'autre. Il n'y a donc rien d'étonnant que de nombreuses personnes en situation irrégulière se "jettent" sur ce genre de jobs et que d'autres (les loueurs de comptes) en profitent.

C'est donc là dessus qu'il faut agir.
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Agissons aussi sur la feignasserie de la clientèle !
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Oui, il y a une mauvaise repartition du coût des services entre eux (Frais de "service de mise en relation" > au frais de transport !?!).

Indépendamment, est-ce vraiment une surprise qu'un metier de forçat, plus que précaire faite par une population hautement défavorisée et en souffrance soit en mauvaise santé ?
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C'est selon moi une façon libérale individualiste de résoudre un problème causé par l'individualisme libéral. Faire peser la responsabilité sur l'individu est selon moi le problème, pas la solution.

La solution doit à mon avis venir de la société (le legislateur ?).
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Le problème ne vient pas des clients, mais de "l'employeur" qui t'apporte son american dream : les salariés sont en réalité auto-entrepreneurs, pilotés par des boîtes américaines qui ont l'habitude que le salaire des serveurs soit 2$/h + tip. Tu m'étonnes que ce modèle à la con détonne face au droit du travail en France.

Avant Uber, Deliveroo & co., les livreurs de pizzas existaient déjà depuis au moins les années 1980 ; ils étaient salariés, avec de vrais horaires définis, et un vrai SMIC. Ce n'était pas le job de rêve, mais pas forcément pire que n'importe quel job non-qualifié. C'est le cassage du marché en mode startup par les boîtes américaines qui a mené à la situation actuelle, de la même façon qu'Airbnb a dynamité le marché de l'hôtellerie (même philosophie : uberisation, non-respect de la législation, etc.)

edit : le salaire des serveurs américains est de 2.13$/h, pas 2$/h ; ça change tout.
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Bien évidemment que Deliveroo et Uber Eats pour ne citer qu'eux vont contester l'étude. Ils ont mis en place cette esclavagisme moderne et en vivent. Si demain ils fallaient embaucher et payer au SMIC horaire chaque livreur, la marge ne suffirait peut être même pas à financer l'explosion de la masse salariale ou alors faudrait la répercuter aux clients finaux qui soudainement retrouveraient leurs jambes pour aller chercher leurs plats à emporter.
Et encore ça ce serait dans un monde idyllique où ils trouveraient des salariés prêt à supporter ce taf pour un smic horaire. Dans les faits tout les sans papier seraient de facto écartés car inembauchable.
Et à nouveau on en revient au final sur le vaste débat à propos de l'immigration illégale et incontrôlé.
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Oui enfin en attendant il y a des clients et des gens prêts à travailler à ce tarif, je rappelle qu'avant ces plates-formes le marché n’existait tout simplement pas, en outre personne ne force qui que ce soit à faire ce genre de boulot
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Si le marché existait, il était juste morcelé.
C'est chaque pizzeria, chaque "resto" etc. qui s'en occupait.
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Faux, il y a quelques pizzerias qui avaient (et qui ont toujours) un service de livraison mais la très large majorité des restaurants n'ont jamais rien offert d'autre que du prêt à emporter, j'insiste : ce marché n'existait pas
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Sérieux ? Il y a 20 ans, il n’y avait pas dans ton coin de pizzeria avec la flotte d’une dizaine de scooters garés devant ? Il y a 20 ans, j’en avais déjà un certain nombre qui couvraient mon secteur.
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Relis mon message
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Bah écoute, il y a 20 ans, j’avais régulièrement dans ma boîte aux lettres des prospectus pour 5 pizzerias, au moins 3 burgers, et autant de sushis. J’insiste : ce marché existait.
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Tu fais semblant de ne pas comprendre, la quantité d'enseignes n'a juste rien à voir avec les quelques pizzerias du quartier. Aujourd'hui dans tous les grandes villes on ne fait pas 5min de route même le dimanche sans croiser un livreur alors qu'avant c'était quand même assez rare. D'ailleurs grâce à ces services de livraison il existe maintenant des restos qui ne font QUE de la livraison. Ca n'a plus rien à voir avec le passé.
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Je suis désolé mais des franchises comme Domino's pizza avaient déjà 250 points de vente en France avant même qu'Uber Eats ne sache qu'il allait exister, et c'était déjà dédié majoritairement à la livraison, et un peu à emporter (même s'ils avaient 2 tables, je n'ai jamais vu personne manger sur place au Domino's pizza). Et il y avait plein d'autres enseignes sur le même principe, déjà à l'époque (Domino's, La Boîte à Pizza, Speed Rabbit Pizza, Speed Burger, Sushi Shop, et des dizaines d'autres), toutes apparues bien avant l'émergence des livreurs uberisés, et qui disposaient de leur propre flotte de scooters et de leur escouade de livreurs salariés. Ça n'était pas marginal du tout. Peut-être que toi tu as découvert ça récemment ; il y a 40 ans c'était émergent, mais il y a 25 ans, c'était déjà florissant.

Alors certes, ça s'est massifié avec les startups américaines, mais le marché existait avant, de la même façon qu'Airbnb a atomisé la location de gîtes, mais le marché existait déjà auparavant depuis 50 ans avec les Gîtes de France.
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Sans vouloir prendre partie, je comprends que son message c’est de dire que le phénomène de la livraison à domicile était avant cantoné aux pizzerias et restos japonnais. Ils étaient nombreux mais cela restait principalement sur ces quelques types de fast-foods. Des restos (des vrais restos, pas des fast foods avec 3 tables max pour manger sur place) indiens et marocains à côté de chez moi font de la livraison en passant pas des plates-formes tierces, Mc Donalds le fait aussi seulement depuis qques années (pendant longtemps, la seule alternative à manger sur place était le drive). Ces types de restos ne le faisaient pas, disons, 10-15 ans en arrière car cela nécessitait soit des infras (drive) soit un investissement (scooter, personnel) qui ne sont pas amorties si tu n’as pas un minimum de commandes par ce biais.
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Histoire d'appuyer, la livraison de pizzas, ça date des années 1980 (peut-être même bien avant, y'en a parlent des années 1960) avec la commande par téléphone.

Clairement pas un marché nouveau, en effet. Il s'est juste massifié à un grand nombre d'enseignes, là où avant il était porté par les grandes chaînes de restauration. Et, depuis, externalisé via les services de livraison comme Uber Eats, Deliveroo et compagnie.
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VRAI, des coursiers motos faisaient des livraisons des restaurants entre 2 courses plus classiques.
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On parle essentiellement de personnes précaires placées dans une situation de subordination, pas d'ados de bonne famille qui cherchent à faire un peu d'argent de poche...
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Ca ne rime à rien, donc on préfère qu'ils soient sans emploi chez eux au rsa ?
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si tu parles des travailleurs sans papiers, ils n’auront de toute façon jamais le droit de toucher le RSA.

De plus le RSA ne peut se demander qu’à partir de 25ans
cf service-public.gouv.fr République Française

Vous pouvez demander le RSA si vous êtes âgé d'au moins 25 ans et que vous résidez en France de manière stable et effective.

Vous devez également remplir au moins l'une des conditions de séjour suivantes :

Avoir depuis au moins 5 ans un titre de séjour permettant de travailler en France (cette condition n'est pas applicable aux personnes de nationalité algérienne)
Avoir la carte de résident ou un titre de séjour équivalent
Avoir le statut de réfugié
Être reconnu apatride
Être bénéficiaire de la protection subsidiaire
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C'est bien connu, ce sont Uber et Deliveroo qui ont inventé la livraison de repas à domicile :neutral:

Au fil des années, j'ai vu mes livreurs changer de statut. Il y a 7 ou 8 ans, j'étais livré par des salariés en CDI, avec le matériel (scooter ou voiture) à la marque de la société. On revoyait les mêmes visages au fil du temps. Pareil pour les courses en ligne.

Désormais ce ne sont que des auto-entrepreneurs. L'article parle des livreurs à vélo, mais dans tout le secteur de la livraison les CDI sont rompus pour être remplacés par des auto-entrepreneurs.

Je veux bien admettre que la pizzeria du coin peine à maintenir un CDI (encore que je suis prêt à payer plus cher pour la livraison, sinon je bouge mon cul), mais pour les gros groupes comme Auchan ou Intermarché, c'est irresponsable. Ils ont largement de quoi entretenir une "flotte" de livreurs, en leur payant leurs congés payés, mutuelles et autres. Mais non, ils préfèrent embaucher des chômeurs de longue durée, 55/60 ans, qui n'ont aucune chance de retrouver du boulot, et qui prennent ces jobs précaires faute de mieux (et avec l'âge de la retraite qui s'éloigne). Ils livrent avec leurs propres véhicules, une fois j'ai eu quelqu'un qui a fait 1h de route (le magasin est à 4 km de chez moi, mais lui vivait loin).

Depuis j'ai fait une croix sur toutes les livraisons. Pour les repas je me déplace, et pour les courses je fais en drive (j'espère qu'au moins la personne qui prépare les sacs est bien en CDI, ou a minima en CDD, mais pas auto-entrepreneur, esclave des temps modernes, merci Sarkozy).
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Ils ont inventé la uberisation des livraisons. Bien sûr qu'avant ça existait déjà mais ça se payait en supplément, la commande en livraion était identique à celle à emporter ou prise sur place et ne concernait principalement que certains services de repas (pizzeria entre autres).

Et l'excuse du si ça existe c'est qu'il y a un besoin. On est en 2026, ça fait des années qu'on apprend dans les bonnes écoles de commerce et de marketing à créer le besoin plutôt qu'à chercher à remplir un besoin déjà existant généralement déjà comblé par quelqu'un.

Les livraisons Uber et Deliveroo au final je trouve pas ça ouf, c'est souvent froid car le livreur essai tant bien que mal de gagner sa vie et fait donc plusieurs restau et client sur le trajet et les portions sont souvent réduites par les restaurateurs qui versent des commissions énormes au plateforme.
Sans compter le matraquage publicitaire des plateformes qui ne vous lachent plus une fois inscrit.
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C'est des commentaires comme ça qui font regretter l'absence de bouton "downvote" ici.
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Il y a heureusement des initiatives de livraison en vélo qui se veulent plus éthiques, telles que le réseau coopératif CoopCycle, et notamment Kooglof qui se veut être une alternative éthique à UberEats/Deliveroo à Strasbourg.
Ça reste une toute minuscule goutte d'eau, mais l'espoir fait vivre.
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Merci de mentionner les alternatives éthiques ❤️ je repose donc ma question, que j'avais posée il y a quelques : quelles sont les alternatives éthiques, notamment sur Lyon ? Il y a Fissa, une structure montée début 2026, mais qui n'affiche pour le moment aucun restaurant sur sa page. En connaissez-vous d'autres ? À Grenoble, il y a Sicklo.

C'est bien de fustiger les vilains clients "feignasses" et à deux doigts d'être des esclavagistes à en lire certains pisse-froids (et mes félicitations à ceux qui ont en permanence l'énergie, le temps et l'argent de soit aller au restaurant, soit cuisiner lorsqu'ils accueillent des gens, si tant est qu'ils invitent des gens chez eux) ou les vilaines entreprises américaines, mais si elles se sont développées, c'est qu'il y avait un besoin. Le besoin ne va pas s'envoler tout seul, à moins que quelqu'un ait une idée pour avoir temps, argent, et motivation en permanence. Ce qui n'empêche pas de remettre en question les solutions actuelles. Donc, qu'est-ce qu'on fait pour que le besoin soit rempli de la meilleure des manières, avec dignité et respect pour les livreurs ?

CoopCycle est très bien je trouve, mais peut-être qu'il y a des projets qui ne sont pas liés à cette plateforme.
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Arrête de fustiger les fustigeurs. Et pas besoin de grands moyens pour se faire à bouffer soit même, c'est même moins cher.
Quant 'au besoin' j'en rigole encore. T'as besoin de manger et envie de te faire livrer ... ça va pas plus loin.
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Delicity se présente comme une alternative plus éthique, mais à voir si c'est réellement le cas.
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Content que quelqu'un les ai mentionné. C'est une super initiative. Les rares fois où je commande, Sicklo est très bien.

Cela dit, ça ne résout que le problème des travailleurs légaux. Les sans-papiers ne pourront pas accéder à ces structures et ils seront toujours dépendants des plateformes pourries et des loueurs infames qui les esclavagisent.
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Bah c'est pas bientot que Musk va nous sauver en remplaçant tout ce monde par des robots/drones ? Ah mais non, on va alors gueuler que les robots volent le taff des humains :D Bref ....
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J´aime bien lire ce qui ressemble à de la déresponsabilisation en commentaires.

"Non, non, c´est pas la faute du client. C´est la faute de tout le reste mais pas du client."

C´est mignon.

"Non la pollution automobile c´est pas la faute du conducteur ; c´est la faute des infrastructures routières, des fabricants de voitures, des organismes de prêts, des pétroliers, des publicitaires, des lois, de dieu, mais pas du conducteur (foutez-moi la paix, merde!)"

Détendez-vous, personne ne va venir vous demander de payer le cercueil de ces pauvres livreurs. Vous pouvez continuer de commander des pizzas au burger et au sushi, livrées directement sur votre table basse en face du canapé. Mais pensez bien la prochaine fois à dire à Alexa si vous voulez de l´huile piquante. Et bon appétit bien sûr.
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Pt être un sophisme, mais :
Vivre c'est polluer.

[hors sujet]
Je suis aller voir l'ethymologie de polluer.
https://www.cnrtl.fr/etymologie/polluer

Je n'en suis pas revenu de la seconde itération en version verbe réfléchi :windu: :francais:
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Est-ce que les clients qui forcent les livreurs à travailler pour ces plateformes ?
C'est très franco-français de vouloir trouver des coupables de partout et faire culpabiliser tout le monde.
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Est-ce que tu ne chercherais pas à faire culpabiliser les Français ?
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C'est très franco-français de critiquer une position qu'on aime pas en qualifiant la situation de franco-française. :prof:

Ou pas.

J'en sais rien, je suis ni sociologue, ni ethnologue. Et je n'ai pas non plus fait le tour du monde pour constater empiriquement que nous sommes les seuls à faire tant de choses (non parce que la liste de ce qui est franco-français si on écoute tous ceux qui utilisent cette expression... Y aurait de quoi compter jusqu'à l'infini, deux fois! :windu: ).

Mais si c'est authentique, il y a alors de bonnes chances que les autres nations évoquent également ces comportements en les qualifiant eux-mêmes de franco-français. Aux moins quelques uns, au moins pour quelques unes d'entre elles. Eh! Je ne sais pas pourquoi, j'ai comme un doute...

(D'ailleurs j'espère que mon message est assez franco-français, au moins sur 1 ou 2 points. :fumer: )
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Sinon, plus sérieusement, oui c'est bien, c'est très bien.

Ce n'est pas non plus nous les clients qui forçons des gamins à coudre nos chaussures ou à miner du cobalt pour nos téléphones. Comme ça on n'est jamais responsables de rien, c'est nickel. On devrait se décerner des médailles tiens! On appellerait ça La Médaille des Mains Propres.

Personne n'est responsable d'ailleurs. Après tout les employeurs peuvent dire la même chose: "c'est pas moi qui force mes employés à crever pour trois fois rien, ils sont libres." Et les marques: "c'est pas notre faute, on ne fait que répondre aux règles de l'offre et de la demande. On n'y est pour rien. Tout le monde est libre."

Non en vrai les seuls responsables, ce sont les exploités, manifestement.
Ça doit juste être un plaisir masochiste pour autant d'être humains de vivre misérablement.
Ou de l'altruisme. Ils aiment savoir que tous les titulaires de la Médaille des Mains Propre sont bien habillés, ont de jolis téléphones, et se font livrer leur bouffe à domicile sans avoir à lever le cul de leur fauteuil. Quelle abnégation de leur part! Trop sympas.
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C'est un peu le principe du capitalisme, ça, non ? la déculpabilisation à base de
1/ On n'oblige personne (à consommer, à accepter,...)
2/ Si c'est pas moi qui le fait, ce sera quelqu'un d'autre

L'art des élites c'est de surfer sur l'illusion du choix tout en créant ou maintenant les conditions de la servitude. Etienne de La Boétie l'avait compris en 1548, on a pas fondamentalement bougé depuis (à la même époque il y a fait les écrits du cardinal de Retz qui sont pas mal non plus).
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Petite aparté.

Non, ce n'est pas le capitalisme. C'est l'égoïsme, l'égocentrime ou à contrario l'ampathie qui.

De la même manière qu'on faire référence au communisme avec souvent ses abus, c'est la même chose.
Le capitalisme c'est pourvoir exploiter et profiter ( en un mot jouir) de ce qui nous appartiens.
Le communisme c'est la possessions aux niveaux supérieurs (l'Etat) des moyens de production.

Comme déjà dit, ces plateformes abusent et sont (en tout cas France) assez souvent condamné avec des jugements requalifiant leurs contractants en salariés.

(exemple avec Uber :
https://www.courdecassation.fr/toutes-les-actualites/2020/03/04/uber-et-requalification-de-la-prestation-dun-chauffeur-en-contrat)
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Ça me rappele cet article de l'année dernière avec mon commentaire.

Juste qu'entre temps j'ai lu d'autres articles qui traitaient de la "gauche UberEats" car ce serait les plus gros demandeurs de ce type de service... quand il s'agit d'exploitation abusive du travail, les deux camps de l'échiquier politique s'entendent parfaitement :D Enfin un consensus :mdr:
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car ce serait les plus gros demandeurs de ce type de service...
Ça a aussi un rapport avec la répartition des électeurs (plus d'électeurs de gauche dans les villes, qui ont des services de livraison que dans les campagnes, qui n'y ont pas accès). Attention aux données prises hors contexte, on peut leur faire dire bien des choses.
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Beaucoup de gens même de gauche sont ignorant de beaucoup de chose qui arrivent aux autres.
Le marketing est puissant, et le livreur à vélo va pas te dire qu'il a gagné 30c sur ta course ce soir.
Surtout que le bobo, lui , abonné à uber, il a pas payé 30c .
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Ignorants ou hypocrites, les deux existent mais je ne saurais pas évaluer le ratio.
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On a compris que la ratio tu l'as déjà calculé, fait pas semblant.
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Ouhlala, aurais-je heurté les sentiments de quelqu'un ? :D
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Ké sentiments ?
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Surtout que le bobo, lui , abonné à uber, il a pas payé 30c .
Il a quand même pas payé trop cher (si on réfléchit 30 secondes aux prix des plateformes, on devine quand même assez facilement qu'il y a un problème).
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Cela me fait penser à un dessin humoristique vu il y a peut-être 20 ans : au temps des pharaons, sur un chantier de construction d'une pyramide, un esclave dépité face à son maître/surveillant qui lui dit "Quoi ? On te donne déjà un travail et tu veux un salaire en plus ?!".
Je ne suis pas tombé de ma chaise en lisant que nos esclaves (économiques) sont malheureux et en mauvaise santé, mais au-moins là, c'est chiffré.
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Je ne juge rien ni personne, mais factuellement ça me fait mal au cœur pour eux.
On ne devrait pas laisser des gens casser leur santé sur ce type de mission à ce niveau de rémunération, qu’ils aient ou pas le choix.
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Comme quoi on nous ment. Le vélo donc le sport n'est pas bon pour la santé !
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le rapport « méconnait » la réalité du travail de livraison, « une activité complémentaire qui ne s’exerce que lorsque les clients passent à table ». L’étude comptabilise en effet dans le temps de travail des livreurs « le temps passé en course, mais aussi le temps d’attente et le temps de trajet retour vers un lieu d’attente »
Euh bah l'attente d'une course et le temps de retour est bien évidemment du temps de travail !