Les États-Unis bannissent les nouveaux routeurs fabriqués à l’étranger
Je root, tu root, il root…
Illustration : Flock
Le 24 mars à 15h26
Au nom de la sécurité nationale, les États-Unis imposent désormais que les routeurs soient fabriqués sur leur sol, peu importe la nationalité du constructeur. Pour les millions de routeurs en place cela ne change rien, mais les nouveaux modèles devront se conformer au règlement ou obtenir une autorisation.
Les États-Unis bannissent les nouveaux routeurs fabriqués à l’étranger
Je root, tu root, il root…
Illustration : Flock
Au nom de la sécurité nationale, les États-Unis imposent désormais que les routeurs soient fabriqués sur leur sol, peu importe la nationalité du constructeur. Pour les millions de routeurs en place cela ne change rien, mais les nouveaux modèles devront se conformer au règlement ou obtenir une autorisation.
Droit
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6 min
Cette liste noire des États-Unis remonte à début 2021, avec les équipementiers chinois Huawei et ZTE Corporation. D’autres moins connus du grand public y figurent aussi depuis cinq ans : Hytera, Hangzhou Hikvision et Dahua.
Les routeurs fabriqués à l’étranger sur la liste noire des États-Unis
Par la suite, d’autres ont été ajoutés, notamment Kaspersky Lab, China Mobile et Telecom. Les drones produits à l’étranger sont arrivés fin 2025, avec de premières exceptions pour des modèles de drones en ce mois de mars. Dans les entreprises concernées – SiFly Aviation, Mobilicom, ScoutDI et Verge –, aucune n’est chinoise.
Aujourd’hui, c’est au tour des routeurs fabriqués à l’étranger, explique la FCC (régulateur des télécoms étasunien), « à l’exception des routeurs ayant reçu une dérogation du DoW ou du DHS », c’est-à-dire du Département de la Guerre ou de la Sécurité intérieure des États-Unis. Actuellement, les routeurs installés aux États-Unis sont (très) très majoritairement fabriqués à l’étranger, pour ne pas dire quasi-exclusivement.
La FCC explique dans sa foire aux questions que la définition de la production, dans le cas présent, « inclut généralement toute étape majeure du processus par lequel l’appareil est fabriqué, y compris la fabrication, l’assemblage, la conception et le développement ». Elle ajoute que « la nationalité de l’entité ou des entités produisant les routeurs n’est pas pertinente pour savoir si ces routeurs sont considérés comme produits dans un pays étranger ».
« Pratiquement tous les routeurs sont fabriqués en dehors des États-Unis, y compris ceux produits par des entreprises américaines comme TP-Link, qui fabrique ses produits au Vietnam », reconnait en effet un porte-parole de TP-Link à The Verge. C’est certainement la même chose pour Netgear, ASUS… Selon la BBC, il y aurait une exception : le récent routeur Wi-Fi Starlink qui, selon l’entreprise, serait fabriqué au Texas.
Des risques sur… l’économie, les infrastructures et la sécurité nationale
D’après la Maison-Blanche (National Security Strategy de 2025), « les États-Unis ne doivent jamais
dépendre d’une quelconque puissance extérieure pour les composants essentiels – matières premières, pièces détachées et produits finis – nécessaires à la défense ou à l’économie du pays. Nous devons rétablir notre accès indépendant et fiable aux biens dont nous avons besoin pour nous défendre et préserver notre mode de vie ». Cette annonce de la FCC s’inscrit dans cette ligne.
Pour les États-Unis, les routeurs fabriqués en dehors du pays représenteraient « une vulnérabilité sur la chaîne d’approvisionnement qui pourrait perturber l’économie américaine, les infrastructures critiques et la défense nationale ». En guise de justification, l’exécutif américain affirme que « ces derniers temps, des cyberattaquants malveillants, soutenus ou non par des États, exploitent de plus en plus les failles de sécurité des routeurs destinés aux petites entreprises et aux particuliers, fabriqués à l’étranger ».
Selon les États-Unis, il en va de la sécurité nationale. « Compte tenu du rôle crucial des routeurs pour le bon fonctionnement de l’économie et de la défense des États-Unis, ils ne peuvent plus dépendre des pays étrangers pour leur fabrication ».
La rumeur d’un possible bannissement de TP-Link des États-Unis enflait depuis quelques semaines, au point que le porte-parole de l’entreprise était sorti du bois. Il affirmait que « toute mesure défavorable prise à l’encontre de TP-Link n’aurait aucun impact sur la Chine, mais nuirait à une entreprise américaine ». Android Authority rappelait que « TP-Link Systems, basée à Irvine, en Californie, est une scission de TP-Link Technologies, une entreprise chinoise, mais conserve encore une partie de ses actifs en Chine », dont elle se débarrasse au fur et à mesure.
Seuls les nouveaux modèles sont concernés, pour les actuels rien ne change
Une question primordiale reste en suspens : en quoi le simple fait de transférer la production des routeurs aux États-Unis les rendrait plus sûrs ? Aucune réponse n’est apportée. Les failles sont bien souvent logicielles, soit car des mises à jour n’ont pas été installées, soit car le matériel n’est plus supporté par le fabricant. Changer le pays de fabrication ne changera rien sur ce point.
La FCC précise que cette mesure ne concerne pas les routeurs que les consommateurs ont déjà achetés et qu’‘ils utilisent. « Elle n’empêche pas non plus les revendeurs de continuer à les proposer, d’importer ou de commercialiser les modèles de routeurs précédemment approuvés par la FCC […] Les restrictions imposées aujourd’hui s’appliquent aux nouveaux modèles ». Des millions de modèles restent donc en place, sans aucun changement, et ils pourront continuer à recevoir des mises à jour.
Tous les moyens sont bons pour produire aux États-Unis ?
C’est par contre un bon moyen pour l’administration de pousser des fabricants à déplacer leur production aux États-Unis, puisque cette localisation leur permet de ne pas avoir à demander d’autorisation (dont les conditions d’obtention ne sont pas connues).
Ce n’est pas la première fois que les États-Unis agissent ainsi, même avant le retour de Donald Trump au pouvoir. On peut notamment penser au Chips Act de 2022 pour rapatrier la production de puces aux États-Unis, qui a conduit Intel à proposer, avec les Core Ultra Series 3, sa première plateforme Core Ultra Series 3 « construite sur la technologie de processus Intel 18A conçue et fabriquée aux États-Unis ». Sans oublier la récente annonce d’Elon Musk avec Terafab.
Commentaires (28)
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Abonnez-vousLe 24 mars à 15h53
Modifié le 24 mars à 15h57
Le 24 mars à 15h56
Le 24 mars à 16h58
(Mikrotik est très poussé, mais son interface est pour les initiés)
Le 24 mars à 19h48
/api/), le custom branding, le "layer7 protocols" du firewall (pour stocker des variables/json et pouvoir les récup au reboot), les scripts, et du js pour se faire une interface custom comme nous...... bon, ok, dit comme ça, y'a un peu de taff
Le 26 mars à 10h41
Le 26 mars à 22h48
Le 27 mars à 07h55
Le 27 mars à 18h14
Le 25 mars à 00h29
Le 25 mars à 22h26
Le 24 mars à 15h55
On dispose de la conception de puces sur place (Intel, AMD, nVidia, Qualcomm, ...)
D'abord ont force la fabrication de puces sur place
Ensuite on force l'assemblage sur place, ce qui est en train d'arriver
Après il sera question de faire main basse sur les composants naturels et énergétique (bien que ce dernier axe soit déjà entamé au Venezuela et soit en cours au Iran).
Les frictions avec la Chine vont s'intensifier de plus en plus vue la main mise de la chine sur les "terre rares" et sur les procédés de transformation associés.
Modifié le 24 mars à 18h42
Le 24 mars à 17h59
On s'en fout du logiciel sur le routeur ? Il ne faut pas qu'il soit audité par l'
ANSSIson équivalent US ?Le 24 mars à 18h55
Plus sérieusement la FCC exige que même en remplaçant le firmware on ne puisse pas, aux USA, émettre sur des canaux interdit ou émettre avec trop de puissance. C'est un vrai casse-tête car les chipset wifi maintenant sont de vrai petit SDR et donc tout ce setup est réalisé logiciellement.
Or comment tu fais lorsque le matériel est vendu dans le monde entier, donc avec des règles différentes ?
Il est "simple" d'avoir un code dans la flash qui indique le pays, puis de s'arranger pour que le driver obéisse à ce code, mais comment faire lorsque le soft est open-source , basé sur Linux ?
C'est là qu'on recommence à voir arriver des drivers wifi closed-source même de la part de chinois... ou des firmwares closed-source qui ouvrent la porte à des hacks ensuite car bien sur des gens vont faire de la rétro-ingénierie sur ce binaire et publier leurs trouvailles...
Le 24 mars à 19h53
Modifié le 25 mars à 12h02
Donc, les excuses de piratage à 2 balles franchement, ça va 2 secondes.
Le 24 mars à 18h48
Et si les composants qui sont dedans sont fabriqués ailleurs, ils n'auront pas éliminé le problème.
Le 24 mars à 19h55
Le 24 mars à 21h09
Le 24 mars à 23h51
La faille de sécurité aura toujours pour origine les USA
Ce n'est pas en installant un logiciel sur un produit que l'on ajoute la faille mais en l'écrivant.
Le 25 mars à 12h14
waves flag
Le 25 mars à 10h49
Modifié le 25 mars à 13h34
Et par ce point se 'BTC" des conventions internationales sur le commerce.
tout en étant les premiers à mettre la pression si une sorte de réciprocité sur le modus operendi s'appliquait...
Le 25 mars à 23h24
Le 25 mars à 22h26
Le 25 mars à 22h46
Le 26 mars à 22h35
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