Altman, Cook et d’autres condamnent les actions de l’ICE alors que leurs sociétés y participent
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Quand bien même beaucoup d’entre eux vendent leurs services au ministère de l'Intérieur américain et au service de l’immigration et des douanes, quelques dirigeants de l’industrie numérique américaine ont pris la parole pour condamner les actions de l’ICE.
Le 29 janvier à 10h40
6 min
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« Ce qui arrive avec l’ICE va trop loin. » Dans un Slack interne d’OpenAI, Sam Altman a pris la parole sur les actions du service de l’immigration et des douanes (ICE) et la situation politique aux États-Unis. « J’aime les États-Unis et ses valeurs de démocratie et de liberté et je soutiendrai le pays par tous les moyens que j’ai ; OpenAI le fera aussi. Mais un élément de l'amour de notre pays est le devoir Américain de se battre contre les abus de pouvoir. »
Alors que le silence des dirigeants de la tech commençait à devenir audible, par contraste avec les appels à mobilisation de leurs employés, quelques-uns d’entre eux ont commencé à prendre la parole. Dans sa publication obtenue par le New-York Times, Sam Altman a continué en qualifiant Donald Trump de « leader très solide », dont il espère qu’il « saura se montrer à la hauteur de la situation et unir le pays ».
Directeur général d’Apple, Tim Cook a lui aussi publié un message dans lequel il appelle à « la désescalade » sur les canaux internes d’Apple. Et d’affirmer : « Je crois que l’Amérique est la plus forte lorsque nous sommes à la hauteur de nos idéaux, lorsque nous traitons chaque personne avec dignité et respect, peu importe qui elle est ou d’où elle vient. » Critiqué par ses employés et des clients pour avoir assisté à une projection du documentaire Melania le soir même de la mort d’Alex Pretti, Tim Cook a précisé avoir abordé le sujet avec Donald Trump plus tôt dans la semaine.
Des enjeux différents de l’époque Trump I
Sous le premier mandat de Donald Trump, les salariés de la Silicon Valley s’étaient mobilisés à plusieurs reprises pour critiquer les politiques du président. Cette fois-ci, après le rapprochement évident d’acteurs comme Marc Andreessen ou Elon Musk de la présidence, « ils se doutent qu’ils pourraient en perdre leur emploi », déclare l’ancien dirigeant de Block Mike Brock au magazine Time.
Pour autant, depuis les assassinats de Renée Good et d’Alex Pretti, un nombre croissant d’employés d’entreprises installées comme de start-up appellent à la mobilisation. Le 24 janvier, l'employé d'Open AI James Dyett lançait sur X : « Les dirigeants du secteur technologique sont bien plus indignés par un impôt sur la fortune que par les agents masqués de l'ICE qui terrorisent les communautés et exécutent des civils dans les rues ». Depuis, certains d'entre eux se sont peu à peu fait entendre, donnant aux critiques une nouvelle ampleur.
Connu pour son positionnement plus démocrate que le reste de la « mafia Paypal » (constituée de proches de Peter Thiel), le fondateur de LinkedIn Reid Hoffman a appelé ce dimanche à ce que « tous les américains » s’opposent à l’ICE, tandis que le directeur scientifique de Google Deepmind qualifiait la mort d’Alex Pretti de « totalement honteuse ». Alors qu’il promouvait son récent essai Machines of Loving Graces, le patron d’Anthropic Dario Amodei s’est exprimé en ligne pour qualifier les actions de l’ICE d’« horreur ».
Une tech intégrée à l’architecture gouvernementale
L’éléphant dans la pièce concerne néanmoins le rôle de diverses sociétés technologiques dans les actions du gouvernement américain en général et de l’ICE en particulier.
Palantir a par exemple obtenu dès 2022 un contrat de 139,3 millions de dollars pour aider le ministère de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) dans la « gestion des enquêtes », des opérations de maintenance et des « améliorations ciblées ». Deloitte doit assurer un « soutien à la modernisation des données » jusqu’à 2027 pour 24 millions de dollars. Dell a signé en avril 2025 un contrat de 18,8 millions de dollars avec le bureau du directeur des systèmes d’information de l’ICE, impliquant par ailleurs l’achat de 38 millions de dollars de licences logicielles Microsoft et 39 millions de dollars de services chez AWS (Amazon). Motorola Solutions doit « déployer et maintenir » l’infrastructure de communications tactiques de l’ICE selon un contrat de 16,6 millions de dollars obtenu en septembre 2023, etc.
Pour se construire son infrastructure d’« autoritarisme automatisé », comme le qualifie l’activiste Irna Landrum, l’ICE a surtout commencé par se constituer un vaste jeu de données publiques et privées, achetées aussi bien auprès des géants numériques, de courtiers comme Thomson Reuters ou LexisNexis, que du gouvernement américain. L’entité a aussi été aidée par l’action de l’éphémère ministère de l’efficacité gouvernementale (DOGE) lorsque ce dernier a entrepris de centraliser des jeux de données des services de santé, des impôts ou d’autres domaines de l’administration.
Quelques jours avant que son patron ne prenne la parole en interne, OpenAI signait par ailleurs un contrat avec le sous-traitant gouvernemental Leidos pour déployer les outils du spécialiste de l’intelligence artificielle dans les outils de travail des employés travaillant à la sécurité nationale, à la défense ou encore aux infrastructures de l’administration des États-Unis.
En France, Capgemini se retrouve aussi sous le feu des critiques après la révélation par l'Observatoire des multinationales d'un contrat susceptible de grimper à 365 millions de dollars pour fournir à l'ICE « des services de recherches de personnes (skip tracing) à l’échelle nationale ». Après plusieurs jours, la direction de la société du CAC 40 a finalement déclaré : « La nature et le périmètre du contrat qui ont été portés à notre connaissance par la presse ne correspondent pas à ce que nous faisons habituellement en tant qu'entreprise ». Auprès des Jours, un ancien cadre des services de l'immigration décrit le caractère essentiel des services de l'entreprises : « Si on vire Capgemini, l’ICE est paralysé ».
Altman, Cook et d’autres condamnent les actions de l’ICE alors que leurs sociétés y participent
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Une tech intégrée à l’architecture gouvernementale
Commentaires (17)
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Abonnez-vousLe 29/01/2026 à 10h46
Le 29/01/2026 à 11h01
Mais CapGemini, c'est non seulement des commerciaux et des dirigeants qui signent des chèques et font des powerpoints, mais à un moment il y a aussi des équipes de consultant qui réalisent des applis, installent et maintiennent les bases de données, développent le front et le back de tout ce système pour traquer des gens.
Du coup je me demande comment ils font ?
Il prennent eux-même d'autres SSII ? Ils embauchent que des consultants de droite qui sont content et fier de se lever le matin avec la conviction que grâce à eux des gens dormiront en prison ce soir (comme un flic, un peu) ?
Le 29/01/2026 à 11h15
Le 29/01/2026 à 11h27
Moi j'ai jamais eu de telles questions. Ils amènent ça sur le terrain du cas de conscience ? Car je ne crois pas qu'ils aient le droit de te demander de but en blanc tes opinions politiques.
Le 29/01/2026 à 11h34
Le 29/01/2026 à 12h43
Le 29/01/2026 à 14h03
Le 29/01/2026 à 14h37
Modifié le 30/01/2026 à 14h11
Les contrats commerciaux sont plébiscités par les entreprises par leur
violencesouplesse, notamment en remplacement de salariés avec contrats de travail par de la prestation.CapGemini connait très bien ce système.
Ces contrats commerciaux sont arrêtés en un clin d’œil, pour de multiples raisons, dont parfois la rétorsion. Il n'y a aucune longévité dans ce modèle, si ce que le contrat implique ne nous convient pas.
Le fait que CapGemini continue ce contrat confirme donc que le pognon est la seule réalité des entreprises : il n'y a pas de morale, et encore moins dans ce genre de structures. C'est une évidence pour qui est éveillé, mais clairement pas pour tout le monde, il est ainsi nécessaire de le rappeler.
Bien s'en souvenir quand le monde de l'entreprise s'invente des valeurs ou pire, cherche à imposer ses supposées valeurs à ses employés.
En l'occurrence, CapGemini ne trouve rien à redire à ce qui se passe avec l'ICE. En revanche, nous pourrions, par la voix de nos institutions publiques, avoir quelque chose à dire à CapGemini.
Modifié le 30/01/2026 à 23h17
Le 29/01/2026 à 10h57
Mais dans le fond, peut importe la parole ce sont les actes qui comptent, et les actes de certaines entreprises valent tous les mensonges ou les faux repentir que leurs dirigeants pourront anonner.
Le 29/01/2026 à 11h55
La situation est la même qu'avant, à un détail près : avant, ils ne s'attaquaient pas aux personnes blanches.
Le 29/01/2026 à 12h32
Il serait temps que les utilisateurs s'en rendent compte. Car au final ce sont eux qui donnent autant de pouvoir à ces multi-nationales. Un boycott massif serait bien plus efficace que des manifestations (où ils se font réprimer avec les outils qu'ils combattent...).
Pour en prendre consience, il faudrait que l'information soit diffusée. Mais les mêmes actionnaires possèdent aussi les media de masse, ainsi ils peuvent taire les abus de leurs sociétés.
Le 29/01/2026 à 11h23
Le 29/01/2026 à 11h53
Mais non, la Tech n'est pas neutre politiquement parlant car les individus composant le milieu ne le sont pas.
Le 29/01/2026 à 11h52
Scène 001 : L'interrogatoire de Mark dit "la mousse"
- Aller avoue la mousse !
- Hey mais je savais pas qu'il allait utiliser les données pour virer les chicanos, les chinois et les bamboulas. Même ceux en règle. C'est pas de ma faute s'ils jouent aux cowboys. Qui je suis moi dans cette histoire. Je suis rien.
- Me raconte pas de salades "la mousse"! T'es le mec qui collectionne tout un tas de données scrutées par des logiciels de prédiction, et qui les revends au plus offrant.
- Ouais mais je savais pas qu'il allait faire un carton avec. J'aime les gens...
- Te fous pas de ma gueule la mousse ! Je ne suis pas Frank Drebin, mais j'ai faire un et un.
- Ça fait combien ?
- La mouuusse joue pas !
...
On pourrait en faire une série d'ailleurs.
Le 29/01/2026 à 17h10
Comme cap Gemini, conspuons aussi Ford, qui leur livre des véhicules.
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