Airbus A320 cloués au sol : après l’alerte, les avions reprennent du service
Alerte rouge sur un vendredi noir
Airbus avait alerté vendredi soir d'une défaillance de sécurité impliquant une intervention immédiate sur les 6 000 avions A320 en circulation dans le monde, en raison d'un logiciel de commande vulnérable aux radiations solaires. Lundi matin, la situation semble revenue à la normale au terme d'un week-end perturbé : seule une centaine d'appareils restent en attente de modifications, affirme l'avionneur.
Le 01 décembre à 12h45
5 min
Logiciel
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L'alerte, émise vendredi en fin de journée par l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), laissait redouter un week-end d'intenses perturbations chez les compagnies aériennes du monde entier.
Suite à un incident relevé le 30 octobre dernier à bord d'un Airbus A320 opéré par Jetblue, l'autorité a en effet déclenché une consigne d'urgence imposant une intervention immédiate sur l'ensemble des appareils de la famille Airbus A320, l'avion mono-couloir le plus vendu au monde, avec environ 6 000 exemplaires en exploitation commerciale dans le monde.
Un calculateur perturbé par une éruption solaire
Dans son alerte, immédiatement répercutée par son homologue américaine la FAA, l'EASA indiquait agir sur la base d'une alerte transmise par l'avionneur Airbus, qui a lui-même communiqué publiquement sur le sujet vendredi.
« L'analyse d'un incident récent impliquant un appareil de la famille A320 a révélé qu'un rayonnement solaire intense peut corrompre des données essentielles au fonctionnement des commandes de vol. Airbus a par conséquent identifié un nombre important d'appareils de la famille A320 actuellement en service qui pourraient être concernés ».
La note d'information de l'EASA décrit plus en détails le phénomène rencontré.
« Un Airbus A320 a récemment subi une brève descente en piqué non sollicitée. Le pilote automatique est resté engagé durant tout l'incident, entraînant une perte d'altitude brève et limitée. Le reste du vol s'est déroulé sans incident ».
L'incident en question s'est produit le 30 octobre dernier. Il concernait un A320-200 opéré par Jetblue sur son vol 1230, reliant Cancun, au Mexique, à Newark, dans le New Jersey. L'avion avait connu une perte subite d'altitude, avant que le vol reprenne son cours. Par précaution, les pilotes avaient alors décidé de se dérouter vers l'aéroport de Tampa, en Floride, où une quinzaine de personnes ont été examinées pour d'éventuelles blessures, rapportait Reuters le 31 octobre dernier.
Il aura a priori fallu près d'un mois pour que l'enquête associée livre ses conclusions. En l'occurrence, l'EASA parle d'une « vulnérabilité introduite par une mise à jour logicielle » au sein de l'un des composants de l'avion, le calculateur de gouverne de profondeur (ELAC).
En cause : une mise à jour logicielle
La note diffusée par Airbus aux compagnies aériennes le 28 novembre confirme : « L'enquête ultérieure a identifié une vulnérabilité du matériel ELAC B équipé du logiciel L104 en cas d'exposition aux éruptions solaires », indique l'avionneur, qui ordonne donc la restauration sans délai à la version précédente du logiciel, la L103+.
Airbus n'a pas précisé qui était le fournisseur de l'ELAC concerné, mais Thales, qui revendique sur son site fournir le calculateur de gouverne de la famille A320, semble un candidat tout indiqué. Le groupe français a cependant décliné toute responsabilité. « La fonctionnalité dont il est question est portée par un logiciel qui n'est pas de responsabilité Thales », a indiqué vendredi l'un de ses porte-paroles à l'AFP.
Comment une mise à jour logicielle a-t-elle pu rendre sensible un calculateur aux radiations solaires ? En attendant l'éventuelle divulgation des détails techniques, il est permis de supposer que la mise à jour a altéré le fonctionnement d'un mécanisme de contrôle de l'intégrité des données, qui aurait sans doute pu, et dû, détecter la survenue d'une anomalie.
Retour à la normale
Du fait de sa nature logicielle, le problème a pu être corrigé rapidement sur la plupart des appareils concernés. Lundi matin, Airbus a en effet déclaré que « sur un total d'environ 6 000 avions potentiellement concernés, la grande majorité a désormais bénéficié des modifications nécessaires ». Il resterait une centaine d'appareils en attente de correction, précise l'avionneur, dont le CEO a publiquement présenté ses excuses sur LinkedIn.

Si de nombreux vols ont été retardés en Europe ce week-end et si certains passagers ont eu la surprise de voler à bord d'un Boeing 777 pour rallier Toulouse depuis Paris Charles-de-Gaulle lundi matin, l'incident ne semble pas avoir d'impact significatif en matière d'activité aérienne d'après les statistiques d'Eurocontrol. Aux États-Unis, où les festivités de Thanksgiving battent leur plein, plusieurs centaines de vols ont été annulés.
Hasard du calendrier, le parquet général a réclamé mercredi 26 novembre la condamnation d'Airbus, en tant que constructeur, et celle d'Air France, en tant qu'exploitant, dans le procès en appel qui fait suite au crash du vol AF 447 survenu le 1er juin 2009.
Airbus A320 cloués au sol : après l’alerte, les avions reprennent du service
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Un calculateur perturbé par une éruption solaire
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En cause : une mise à jour logicielle
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Retour à la normale
Commentaires (39)
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Abonnez-vousLe 01/12/2025 à 13h04
Là on a un correctif dès la première occurence et entre Octobre et Novembre il y a pas eu d'autre incidents constaté par Airbus donc tant mieux.
Dans l'aérien on sait qu'il vaut mieux ne pas transiger avec la sécurité.
Le 01/12/2025 à 13h45
Le 01/12/2025 à 13h53
Mais bon prendre les bonnes décisions dès le départ ça semble payer?!
Le 01/12/2025 à 13h10
#OnVeutDesNoms
Le 01/12/2025 à 13h30
Le 01/12/2025 à 15h01
Le 01/12/2025 à 16h17
Et Airbus sur certains aspects des commandes de vol garde aussi une maitrise du hardware (i.e. une spécification plus détaillée que "faite moi une boite qui sache calculer à telle ou telle vitesse avec telles I/Os").
Plein d'autres systèmes sont en effet plus sous-traités que ça (fonctions/spec bas niveau/code....).
Le 01/12/2025 à 16h27
Thales qui produit des calculateurs, essaye d'ailleurs de recycler au max le hardware en le vendant à d'autres avioneurs, et Airbus n'aime pas ça. Mais les normes sont tellement nombreuses et obligatoires pour tout le monde, du hardware comme ça t'envie de rentabiliser. Sans vendre du code ou savoir-faire de ton principal client. C'est sportif ^^
Le 01/12/2025 à 18h54
Le 01/12/2025 à 14h30
Thales doit fournir le calculateur sans logiciel à Airbus et c'est Airbus qui a dû choisir la société qui a développé le logiciel. C'est probablement une grosse ESN qui sait développer pour l'aviation.
Modifié le 01/12/2025 à 14h56
Mais bon, ca a p-e changé depuis 10ans.
Modifié le 01/12/2025 à 15h10
Le 02/12/2025 à 10h25
Modifié le 01/12/2025 à 14h17
Les avions sont plus sensibles que les appareils terrestres, car en haute altitude avec une atmosphère moins dense, les radiations sont plus fortes. Côté éditeur/fournisseur, ça peut être Airbus (très probable) ou Collins Aerospace (peu probable), mais sans aucune certitude (à part que ça n'est pas Thalès).
Dernière info : 900 appareils ont quand même besoin d'une mise-à-jour matérielle.
Le 01/12/2025 à 14h47
le nombre de 900 avancé au départ a été révisé à la baisse dès dimanche : probablement la centaine d'appareils qui restent à mettre à jour, même si airbus n'a pas confirmé à ce stade
Le 01/12/2025 à 14h15
Le 01/12/2025 à 14h18
Le 01/12/2025 à 15h57
Le 01/12/2025 à 16h19
"- Quelle est la meilleure façon de se construire un Boeing en kit ?"
"- Attendre que les pièces nécessaires tombent du ciel !"
Le 01/12/2025 à 16h45
Le 01/12/2025 à 14h30
Le 01/12/2025 à 14h36
Le 01/12/2025 à 14h37
La version suivante sera plus compliquée à faire : reprendre les améliorations de la version fautive sans les bugs introduits. J'ai l'impression que les tests vont être approfondis.
Le 01/12/2025 à 16h38
Après, si ça se trouve c'est un flag de compilateur du type "vérifie le CRC de chaque mot en mémoire à chaque fois que tu bouges le petit doigt" qui a été oublié. et que donc la correction soit à la fois évidente, immédiate, mais que ça prenne quand même 3 lurettes et demi à arriver en service.
Le 02/12/2025 à 08h09
ou une erreur de code localisé dans le module, genre l'oubli de l'appel d'une méthode spécifique de contrôle "CRC" après réception d'un message extérieur, c'est déjà plus gênant ce genre d'erreur est détectable par les outils d'audit statique de code. (donc ça veut dire qu'ils sont défaillants)
Le 02/12/2025 à 15h32
Le 02/12/2025 à 10h28
Le 01/12/2025 à 18h34
Si le correctif est de revenir à la version précédente, pourquoi il faut faire une mise a jour matérielle pour certains appareils ?
Le 01/12/2025 à 19h02
Pour certains, on ne peut pas télécharger le logiciel à distance et parmi ceux-là certainsne peuvent pas non plus être mis mettre à jour en connectant un PC (ou autre appareil, je n'ai pas le détail) pour faire la mise à jour. Il faut donc récupérer le calculateur pour le mettre à jour.
Le 01/12/2025 à 23h56
En gros certains vieux calculos ont leur mémoire morte en EPROM et autre joyeusetés et donc effaçable en retour OEM uniquement avec des appareils qui courent pas les rues. (en gros comme décrit ici .
Donc la compagnie aérienne en a 1 ou 2 qui trainent et va racker/déracker la carte mémoire à tour de bras pour faire tourner les calculos flashé et remplacer les calculos pas encore flashés. Me semble que "mise à jour matérielle" est un abus de language en tout cas dans le sens où on l'entend nous en informatique d'habitude. C'est pas un nouveau développement qui vient corriger le problème.
Les (autres) joyeusetés du dataloading et de la mise à jour centralisée apparaissent (si mes souvenirs sont corrects) avec le A380 quelques années plus tard.
Le 01/12/2025 à 14h42
Le 01/12/2025 à 16h43
cette alerte là devrait quand même faire moins de bruit
Le 01/12/2025 à 17h41
Ah, le métal des panneaux avant des A320, les moteurs (CFM ? ) pas conformes, le bug logiciel... Bon après ça arrive après le scandale de Boeing, sur la même gamme d'avions. Accessoirement les plus vendus au monde.
Je pense qu'à la FAA et AESA, il y a comme un redflag dès que c'est du A320 / B-737 ^^
Le 01/12/2025 à 15h02
Le 03/12/2025 à 00h03
Modifié le 03/12/2025 à 10h34
Bref, la cause c'est pas un calculo de commande de vol qui déconne tout seul comme un grand mais une info fondamentale qu'on lui envoie qui est fausse.
Comme y'a 2 références inertielles, ça sentait plutôt le gag de conception qui fait qu'on n'a pas coupé ces protections quand les deux ne sont pas d'accord.
Je ne sais pas si la protection facteur de charge (avoir atteint 0.8g en négatif à haut mach, c'est quand même déjà significatif) est dépendante de ces références inertielles ou indépendante. Mais si elle dysfonctionne aussi le risque supplémentaire aurait pu être des dommages structurels voir la rupture en plein vol.
Airbus avait à mon sens eu bien de la chance sur ce coup.
Ça doit être assez inconfortable pour les pilotes de se retrouver dans cette situation, surtout que ça ne semble pas avoir suffit à passer en lois directes (avec le 2nd jeu de calculateurs de commandes de vol, plus simples et indépendant du primaire) qui amènent à beaucoup moins piloter "à travers les ordinateurs".
Le 01/12/2025 à 20h12
Le 01/12/2025 à 22h43
Le 04/12/2025 à 08h46
Le BEA indique que c'est le NTSB qui est en charge, mais rien de trouvé sur le site Web de cette-dernière entité…
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