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Softbank va investir 2 milliards de dollars dans Intel, l’administration Trump en embuscade

Softbank va investir 2 milliards de dollars dans Intel, l’administration Trump en embuscade

Intel et Softbank ont annoncé lundi la signature d’un accord selon lequel le géant japonais s’engage à acheter pour 2 milliards d’actions, afin de soutenir la stratégie d’investissement de la firme de Santa Clara aux États-Unis. Il se murmure dans le même temps que l’administration Trump envisage de convertir le soutien financier accordé dans le cadre du Chips Act en une prise de participation, qui lui ouvrirait jusqu’à 10 % du capital du fondeur.

Selon les termes d’un communiqué paru lundi 18 août, Softbank s’est engagé à acheter pour 2 milliards de dollars d’actions Intel à un prix unitaire de 23 dollars, très légèrement inférieur au cours du titre lundi soir à la clôture des marchés américains (23,74 dollars). La nouvelle a été saluée dans les échanges après-marché, avec une action INTC en hausse de près de 5%.

Du vent dans les voiles pour Intel

« Les semi-conducteurs sont au cœur de toute industrie. Depuis plus de 50 ans, Intel est un leader reconnu en matière d’innovation. Cet investissement stratégique témoigne de notre conviction que la fabrication et l’approvisionnement de semi-conducteurs de pointe continueront de se développer aux États-Unis, Intel y jouant un rôle essentiel », justifie Masayoshi Son, CEO de Softbank.

Le groupe japonais s’est déjà engagé aux côtés de plusieurs grands acteurs dans des projets liés aux semi-conducteurs sur le sol américain, s’inscrivant en plein dans la politique de réindustrialisation à marche forcée prônée par Donald Trump. Il figure notamment au rang des principaux soutiens financiers du projet Stargate d’OpenAI, même si ce dernier semble revu à la baisse. On prête par ailleurs à Softbank l’intention de soutenir les projets d’investissements de TSMC aux États-Unis : le Japonais aurait ainsi fait miroiter au géant taïwanais des semi-conducteurs la perspective d’un complexe industriel à 1 000 milliards de dollars dans l’Arizona.

Dans le cadre de cette politique de soutien affiché aux ambitions états-uniennes, Softbank pouvait-il manquer d’accompagner le fleuron national ? Lip-Bu Tan, CEO d’Intel, qui a siégé au conseil d’administration de Softbank en tant que personnalité extérieure entre 2020 et 2022, s’est félicité lundi de ces relations renouées. « Masa et moi travaillons en étroite collaboration depuis des décennies et j’apprécie la confiance dont il témoigne vis-à-vis d’Intel avec cet investissement ».

L’administration Trump prête à monter au capital ?

Du côté de la Maison-Blanche, Donald Trump a d’abord soufflé le froid, en accusant début août (sans preuve) Lip-Bu Tan de « conflits d’intérêts » et en exigeant sa démission. Quelques jours plus tard, le CEO d’Intel se voit encensé pour son « histoire incroyable » suite à une rencontre avec le président des États-Unis. Que s’est-il dit dans le secret du Bureau ovale pour motiver un tel revirement d’opinion ?

D’après Bloomberg, les discussions pourraient avoir porté sur une prise de participation des États-Unis au capital d’Intel. L’agence, qui invoque des sources proches du dossier, évoque le chiffre de 10 %, ce qui ferait de l’administration Trump le premier actionnaire du fondeur de Santa Clara. L’opération, qui demande évidemment à être confirmée, impliquerait notamment la conversion en actions d’une partie des subventions accordées à Intel dans le cadre du Chips Act de 2022, qui envisageait près de 11 milliards de dollars de soutiens financiers à des projets industriels réalisés sur le sol des États-Unis, avec des versements échelonnés au fil de l’avancement des usines concernées. Les efforts, importants et renouvelés, d’Intel en matière de restructuration ont cependant mis soit en pause, soit à l’arrêt complet, la plupart de ces projets.

Commentaires (11)

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Si n'importe quel autre pays faisait ça, on verrait déjà les US hurler au communisme et à la distorsion de concurrence. Mais là, puisque ce sont les US, tout va bien, c'est du pur libéralisme en action.
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Illustration du faite ce qui je dis pas ce que je fais...
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une prise de participation des États-Unis au capital d'Intel. L'agence, qui invoque des sources proches du dossier, évoque le chiffre de 10 %, ce qui ferait de l'administration Trump le premier actionnaire du fondeur
Les US passent en mode coco.
C'est raccord avec la vision du copain tsariste. Je te pique tes billes et tu la fermes.
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"Il faut sauver le soldat Intel"
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Softbank (ARM) investi dans Intel (x86) ? :D

Ironique
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N'est-ce pas ? :D

D'un point de vue stratégique, je pense que l'approche de Softbank est plus agnostique, leur vision c'est plutôt d'investir dans les boîtes qui créent ou vont créer les infras industrielles de demain, que ça sorte du x86, du ARM ou du FPGA
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Puis ils doivent se dire qu'avec le cours actuel de l'action, il y a des chances que ça remonte un jour.
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J'ai l'impression que ce soit interdit mais je ne m'y connais pas assez. C'est quoi le problème qu'un état devienne actionnaire lors qu'il lâche des milliards dans une boite?

Quand une boite veut augmenter son capital, il émet des actions. Ceux qui payent reçoivent une part de la société. En quoi quand c'est l'état, ça doit être un don?
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Un état peut tout à fais investir dans une société, la France le fait aussi avec la Bpifrance (Banque Publique d'Investissement), mais c'est clairement identifié en tant que tel.
Par contre, là où c'est un peu moins clair dans cette histoire, c'est transformer une subventions en prise de participation dans la société.
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C'est une clause du contrat que signe les sociétés quand l'Etat distribue des subventions. Mais comme n'importe quelle clause, il faut avoir ensuite la volonté politique de l'utiliser.

En France, je doute que ça existe quand on saupoudre de l'argent publique, et ce qui est certain, c'est qu'aucun politique ne va utiliser cette possibilité par manque de courage.
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Rien d'interdit, mais aux yeux d'un américain libéral standard, une nationalisation (même partielle) n'est pas loin du bolchevisme ou du collectivisme.