Une gardienne de la paix arrêtée pour avoir vendu des fichiers policiers sur Snapchat
Le 22 décembre 2025 à 13h37
3 min
Droit
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Une gardienne de la paix de 25 ans et son « petit ami » de 31 ans ont été arrêtés la semaine passée pour avoir vendu via Snapchat des informations émanant de fichiers policiers.
L'enquête aurait débuté en mai dernier, après que des enquêteurs de l’Office anti-cybercriminalité (OFAC) ont eu découvert une « story » Snapchat proposant d'acheter des accès à des fichiers policiers, rapportent BFMTV et Le Figaro.
Les investigations téléphoniques ont permis de remonter à une policière « affectée à la garde bâtimentaire et donc pas en charge d’enquêtes », précise le parquet de Paris. Depuis début 2024, elle aurait néanmoins effectué 94 consultations frauduleuses du fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) et 169 du fichier des personnes recherchées (FPR).
Son compte bancaire a par ailleurs permis d'identifier des virements de 15 à 5 000 euros émanant des personnes concernées, pour un bénéfice estimé à 12 000 euros.
Son petit ami, « très défavorablement connu des services de police » (expression désignant généralement le fait d'avoir été plusieurs fois « mis en cause » – MEC – dans le TAJ), se chargeait de trouver des clients. Les tarifs allaient de 30 euros pour une consultation du système d’immatriculation des véhicules (SIV), 150 euros pour le FPR, jusqu'à 250 euros pour une levée d'immobilisation d'un véhicule.
Les suspects ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d'entrer en contact et de quitter le territoire, et interdiction d'exercer toute fonction publique pour la policière, d'ici leur procès prévu pour le 15 juin 2026.

Le Figaro souligne par ailleurs que les affaires relatives aux « atteintes à la probité » dans la police nationale ont « pratiquement doublé en cinq ans », passant de 137 à 234 entre 2020 et l’année dernière. Cette « démocratisation » de la consultation des fichiers policiers résulterait du fait qu'ils sont accessibles à un plus grand nombre de fonctionnaires, ainsi qu'à la numérisation des procédures.
Le dernier rapport de l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN, la « police des polices »), révèle que 93 enquêtes ont été ouvertes en 2024 pour « violation du secret professionnel » (soit le même nombre qu’en 2023), et 75 autres pour « détournement de fichiers » (93 en 2023). Ces violations ont donné lieu à 24 enquêtes ouvertes pour « corruption active » et 42 pour corruption passive, soit le double qu’en 2023.
L'IGPN avait alors annoncé vouloir renforcer le contrôle d'accès aux fichiers policiers, précisant qu'un chef de projet et deux « data scientists » travaillaient au développement d’un algorithme capable de détecter les usages « anormaux ».
Le 22 décembre 2025 à 13h37
Commentaires (37)
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Abonnez-vousLe 22/12/2025 à 13h58
Et il y en a encore qui doutent de la nécessiter de ne pas donner autant d’info aux forces de l’ordre via des mégas fichiers !
Le 22/12/2025 à 14h09
Ceux qui taffent en cyber connaissent bien les soucis des faux positifs.
Le 23/12/2025 à 17h45
Le 22/12/2025 à 14h13
Par contre, elle utilisait l'accès de qui pour récupérer les infos ?
Modifié le 22/12/2025 à 14h34
Cette « démocratisation » de la consultation des fichiers policiers résulterait du fait qu'ils sont accessibles à un plus grand nombre de fonctionnaires, ainsi qu'à la numérisation des procédures.
Accès plus facile à trop de gens - bien connu des gens dans l'IT qui doivent protéger des données. Mais c'est pour votre protection M'sieur Dame, dormez sur vos deux oreilles.
Le 22/12/2025 à 14h43
Le 22/12/2025 à 14h46
Le 22/12/2025 à 15h52
Ils l'ont retrouvée à partir du compte Snapchat, d'où :Mais à la lecture des articles de BFM et du Figaro, j'en reste à ma question : rien n'est dit sur le fait qu'elle ait utilisé son compte ou un autre.
Le 22/12/2025 à 15h00
Surtout quand la numérisation facilite l'accès aux fichiers.
En dehors d'une minorité de "ripoux" qui existeront toujours, le problème majeur c'est que "l'argent facile" vient combler un vide. Et je reste convaincu qu'avec des salaires décents cela ferait diminuer et la corruption et les bavures.
Le 22/12/2025 à 15h24
Toujours au doigt mouillé, avec un conjoint "très défavorablement connu", je dirais que la dame, elle naviguait dans des cercles pas bien honnêtes, du coup, le salaire des fonctionnaires n'a aucun rapport.
De manière générale, ça me semble être un raccourci un peu (euphémisme) osé, pour ne pas dire bancale, pour ne pas dire foireux.
Le 22/12/2025 à 15h57
Le 23/12/2025 à 14h50
Le 22/12/2025 à 14h31
Le 22/12/2025 à 14h41
Le 22/12/2025 à 14h47
Le 22/12/2025 à 14h50
Le 22/12/2025 à 15h12
Le 23/12/2025 à 11h14
Modifié le 23/12/2025 à 08h54
Le 22/12/2025 à 15h41
Le 22/12/2025 à 17h45
Modifié le 22/12/2025 à 17h31
Le 22/12/2025 à 17h33
Le 22/12/2025 à 17h44
Le 23/12/2025 à 10h22
je savais pas que l'on pouvait perdre une main avec une lacrymo
Modifié le 22/12/2025 à 20h34
Modifié le 22/12/2025 à 19h14
Le 22/12/2025 à 20h40
Et pardon, mais dans un cas on a des blessés graves avec des séquelles à vie et de l'autre des véhicules brûlés... J'ai tendance à penser que ce n'est juste pas comparable et que les violences policières, comme mise en lumière dans les vidéos sont indignes d'une république démocratique.
La police ce jour là, comme bcp trop d'autres, n'était pas républicaine, mais fascisante, délinquante et sadique.
Modifié le 23/12/2025 à 03h41
Le 23/12/2025 à 09h48
Le 23/12/2025 à 10h25
un arrêté prefectorale pour interdire une manif près d'un trou?
les gens de Verdun doivent immédiatement quitter la ville, elle en est remplie.
d'ailleurs, les bassines ont été déclarées illégale 1 an après.
Le 23/12/2025 à 11h19
Si c'est interdit, ben c'est interdit
si la légitimité de la loi ne dépend plus que de l'interprétation qu'en ont ceux qui doivent la respecter, alors on va direct à la foire à la saucisse.
J'ai pas volé M'sieur le juge, je me sentais en droit de m'approprier cet objet.
Le 23/12/2025 à 11h54
Donc, c'est interdit, donc on a le droit de blesser 200 personnes?
Dac
Heureusement que tout le monde n'est pas comme toi, on serait encore sous l'ancien régime.
Le 23/12/2025 à 13h01
Le 23/12/2025 à 14h04
C'est les wokes quoi.
Contrairement aux gens qui manifestent et qui ne sont pas des professionnels de la manifestation, les gendarmes et policiers sont des professionnels et doivent être exemplaires.
Donc, faire un concours pour savoir qui shoot le plus d'être humain, ce n'est pas être exemple, ça se juge au pénal.
Après, c'est sûr que quand on ne lutte pas pour ses droits ou le droit des autres, c'est difficile de comprendre ce point de vue.
Le 26/12/2025 à 23h52
Ce doit être compliqué la dissonance cognitive, lorsqu'on refuse aux gens de manifester pour préserver la ressource en eau mais qu'on est quand bien content d'avoir de l'eau courante au robinet qui ne vous tue pas instantanément après l'avoir bu...
Le 26/12/2025 à 23h45
Et cela se comprend tout à fait puisque la manifestation est très largement le fait d'exprimer son opposition au pouvoir en place, donc attendre son autorisation pour le faire est juste un pré-requis complètement stupide...
Mais bon, y'en a toujours pour prendre le parti des oppresseurs contre l'intérêt général, c'est tellement plus confortable...
https://www.amnesty.fr/focus/tout-savoir-sur-le-droit-de-manifester-en-france
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