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Inclusion dans la tech : ce que les femmes disent de leurs parcours

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Inclusion dans la tech : ce que les femmes disent de leurs parcours

En plein raidissement politique contre les logiques d’inclusion, des professionnelles de la tech témoignent de leur expérience, entre persistance de stéréotypes et amélioration de leurs conditions de travail.

L’industrie de la tech manque-t-elle « d’énergie masculine », comme le laissait entendre Mark Zuckerberg début 2025, au micro du podcasteur Joe Rogan ? À l’époque, déjà, l’affirmation laissait dubitatif, dans la mesure où les effectifs de Meta n’avaient jamais dépassé un ratio de 37,1 % de femmes pour 62,9 % d’hommes (en 2022).

Mais Wired est allé plus loin en sondant 634 femmes employées à des postes d’ingénierie (à 38 %), de stratégie ou de conformité (25%), spécialisées dans la donnée (14 %) ou d’autres postes de l’industrie numérique sur divers éléments de leur vie professionnelle. De la femme de trente ans d’expérience qui rapporte subir encore des collègues qui lui « parlent comme si [elle était] une idiote » à celle soupçonnée de coucher pour obtenir certaines tâches, leurs récits ressemblent à ceux de nombre de femmes employées dans des secteurs masculins. 47 % des professionnelles de la tech interrogées déclarent même que leur industrie n’a pas changé ou est devenue pire pour les femmes.

10 ans après la vague #MeToo, 15 ans après la publication de l’essai Lean In, de l’ex-numéro 2 de Meta Sheryl Sandberg, qui appelait les femmes « s’affirmer » et simplement « se saisir » du pouvoir dans leur environnement professionnel, le constat est amer. Il varie néanmoins selon le niveau de granularité analysé : dans le détail, 70 % des femmes interrogées s’estiment payées de manière équitable, une sur deux (64 %) sont satisfaites de leurs carrières et trois sur quatre (76 %) considèrent que leur employeur prend les sujets de harcèlement et de discriminations sérieusement.

Satisfaction moins forte dans les plus grandes entreprises

Mais derrière ces chiffres aux apparences plus positives, plus d’un tiers des femmes interrogées rapportent des faits de harcèlement ou de biais fondés sur le genre dans le traitement qu’elles reçoivent au travail. Ainsi de celle qui se rappelle d’un de ses patrons, « qui insistait pour que je marche devant lui pour " améliorer la vue " », ou de celle qui a appris qu’un « groupe d’hommes classait régulièrement les détails anatomiques des femmes sur Slack », l’application de messagerie largement utilisée dans les entreprises.

Le sentiment de satisfaction exprimé par les femmes interrogées varie beaucoup selon la taille de l’entreprise : faible chez celles qui travaillent seules ou en freelance, il grimpe dans les sociétés de moins de 50 à moins de 500 employés, pour baisser de nouveau chez celles de 500 à 5000 employés, et dégringoler dans les plus grandes. Outre les questions purement liées au genre, cette insatisfaction est aussi liée à une ambiance de travail généralisée : une designeuse de la tranche d’âge 25 - 34 ans raconte ainsi avoir eu de multiples collègues lui dire « je ne sais pas qui je suis en dehors de mon travail » ou « mon travail est si prenant qu’il constitue l’intégralité de mon identité ». « J’ai perdu le compte du nombre de personnes qui m’ont dit ça, en particulier quand ils travaillent dans l’une des cinq plus grandes », autrement dit chez Alphabet, Apple, Meta, Amazon ou Microsoft.

Plusieurs sont satisfaites, sans nier les difficultés qui subsistent. « Mes collègues préférés sont des hommes, mais certains estimeront toujours par défaut qu’une opinion des femmes est nécessairement moins utile », raconte l’une d’elles. Et de préciser que « cette attitude n’a pas évolué sur les 10 à 15 dernières années ». Une de ses collègues de la tranche d’âge 55 - 64 ans, qui travaille depuis plus de 20 ans aux opérations d’une grande société de l’industrie, estime que l’environnement a globalement évolué positivement. Principal indicateur mentionné : elle se retrouve beaucoup plus rarement à être la seule femme présente qu’il y a une à deux décennies.

Un contexte (géo)politique qui freine les progrès

Au fil de la dernière décennie, les principales sociétés de la tech se sont mises à publier des données sur la diversité de leurs effectifs, et la part de femmes et de minorités relevée a peu à peu augmenté, sans atteindre la parité. Mais le retour de Donald Trump au pouvoir, soutenu, cette fois-ci, par l’essentiel des patrons de l’industrie, a acté un changement d’ambiance très net. Tout projet dédié à améliorer la diversité, l’équité et l’inclusion (réunis sous le sigle DEI) s’est vu frapper du sceau de l’infamie. Juridiquement parlant, les entreprises installées aux États-Unis ont craint d’être poursuivies sur la même base que l’université Harvard, dont la Cour suprême avait qualifié la politique d’admission de « discrimination positive raciale », décrétée en violation du 14ᵉ amendement de la Constitution américaine.

Meta, Microsoft et Alphabet ont cessé de partager les données relatives à la diversité de leurs effectifs. Parmi celles qui le font, la part de femmes à des postes techniques reste terriblement basse (17,4 % chez Nvidia). En parallèle de ce vent contraire sensible jusqu’en Europe – on se rappelle de l’allemand SAP, qui a mis fin à ses objectifs généraux d’atteindre 40 % d’effectifs féminins pour plaire aux requêtes américaines –, le déploiement de l’IA générative modifie les tâches de tous les travailleurs de la tech, travailleuses comprises.

Parmi celles interrogées par Wired, le recours à l’IA est perçu comme pratique, utile, ou inquiétant dans la mesure où il pourrait remplacer certains emplois ou les vider de sens. Alors que 86% des professionnelles interrogées déclarent l’utiliser au moins quelques fois par semaine, 51 % se déclarent relativement inquiètes et 27 % plutôt inquiètes de voir ce type de technologie renforcer les biais de l’industrie. En cela, elles participent aux questionnements qui agitent toute l’industrie.

Aux entreprises de s’adapter

Sur la question générale de la diversité dans la tech, en revanche, certaines des promotrices de l’approche consistant à former les femmes et à renforcer leur confiance en elles pour espérer équilibrer les effectifs changent de discours. Ainsi de Sheryl Sandberg, qui estime désormais que si plus de femmes quittent les entreprises avant d’atteindre des postes à responsabilités, ce n’est pas par manque d’ambition, mais parce que les entreprises ne se préoccupent pas de leurs besoins. « Lorsque les entreprises ont plus de femmes parmi leurs cadres, les performances sont meilleures, déclare-t-elle à Business Insider. Nous savons aussi qu’elles promeuvent de meilleures politiques, un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, un plus grand soin de leurs employés. »

Ces propos prolongent ceux d’autres spécialistes des questions de diversité dans le recrutement. Ainsi de Caroline Ramade, qui soulignait auprès de Next les biais visibles de promotion des femmes dans les industries françaises et européennes de la tech à mesure que les carrières progressent. Ou encore des travaux menés à toutes les étapes de la filière, des collèges et lycées aux formations supérieures comme celles de l’école 42, puis à certaines cultures d’entreprise, pour tenter de favoriser la diversité en adaptant les conditions de travail pour tout le monde. 


Commentaires (18)

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L'entreprise cet univers non démocratique où le pouvoir et la connivence permettent de tout se permettre sans craindre grand-chose.
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En entreprise, je n'ai pour ma part jamais vu une femme victime d'un lourdingue ne pas réussir à se faire entendre, allant parfois jusqu'à voir virer le second... et à mon sens, le problème posé dépasse ce cadre quand la démocratie en arrive à se faire recadrer comme le mentionne l'article:

"la Cour suprême avait qualifié la politique d’admission de « discrimination positive raciale », décrétée en violation du 14ᵉ amendement de la Constitution américaine."

Désolé, mais on n'a pas non plus à baisser le niveau d'admissibilité de certains pour satisfaire un DEI aux forceps... au détriment de ceux qui l'ont, le niveau.

Pour en revenir à l'entreprise, si on veut par exemple plus de femmes ingé il en faut avant tout plus dans les écoles d'ingé et c'est en amont des concours que cela se traite: Avec des parents qui les soutiennent aussi bien que le frangin pour leurs études, des profs qui n'envoient pas les filles préférentiellement en lettres ou dans des filières biologie si elles ne voulaient pas en entendre parler et rester en sciences!

Si on impose des quotas de 40% de femmes dans certains secteurs alors qu'elles sont 20% dans les formations qui les alimentent, cela revient fatalement à imposer des niveaux de recrutement femmes < hommes aux entreprises et à des problèmes pires que celui à résoudre pour au final voir jeter le bébé DEI avec l'eau du bain: Exactement ce qui s'est produit aux USA, d'une manière absolument prévisible, avant de se propager partout ou le constat ci dessus existe.
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Si on impose des quotas de 40% de femmes dans certains secteurs alors qu'elles sont 20% dans les formations qui les alimentent, cela revient fatalement à imposer des niveaux de recrutement femmes En entreprise, je n'ai pour ma part jamais vu une femme victime d'un lourdingue ne pas réussir à se faire entendre, allant parfois jusqu'à voir virer le second...
Que les harceleurs se fassent lourder, c'est le strict minimum. Ce que tu appelles un lourdingue comme si c'était juste un type un peu gênant, c'est terrifiant pour beaucoup de femmes qui ne peuvent pas savoir où ça va s'arrêter.
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Le strict minimum quand ça dépasse les bornes, personne ne conteste, ça existe... Mais j'ai vu un presta lourdé qui avait a peine tâté le terrain, ce qui était clairement excessif même si pour un presta, c'était bien facile.
Ne pas minimiser les abus, qui marchent dans les 2 sens. Et c'était bien avant le cirque "meetoo je me réveille 2 ou 3 décennies après les faits" (avec les biais éventuels liés à cette durée).
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Et c'était bien avant le cirque "meetoo je me réveille 2 ou 3 décennies après les faits" (avec les biais éventuels liés à cette durée).
Tu as idée de la difficulté pour les femmes de parler de ces actes qu'elles subissent ? Sachant que dans 90% des cas c'est classé sans suite. Le metoo, ça a été une libération salutaire de la parole des femmes, et ça permet quand même de voir le niveau de dégueulasserie des hommes, surtout passé un certain niveau de pouvoir ou de richesse où ils se permettent absolument tout.
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D'accord avec toi, pour ma part, homme, j'ai eu à subir des remarques complètement lunaires, portée sur le sexe en publique, sur mon physique faite par une femme. J'ai même pas su quoi répondre, cueilli à froid dès mon entrée dans la pièce. J'étais éberlué. Alors je suis content d'avoir subi ça au moins une fois dans ma vie, ça n'était pas du harcèlement, rien, c'était "léger". C'est déjà de trop. alors quand je pense aux remarques régulières bien sexistes que se prennent certaines femme, franchement, on se rend pas compte, en tant qu'homme, comment ça peut faire chier.
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Le nombre d'imposteurs masculins qui n'ont pas spécialement de compétences vaut à coup sur le nombre de syndromes de l'imposteur que ce type de commentaires peut susciter entre autres choses. C'est le constat qui est le mien.

Bref, arrêtez ces raisonnements qui en appellent à la logique et qui tricotent des fictions.
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Je parlais de "discrimination positive" dans les études supérieures... Y'a un moment, si on mets le niveau du diplôme à la couleur ou au sexe du client, y'a quand même un problème. Qui sont alors les imposteurs selon vous?
A la fin, quand on procède ainsi pour des minorités, faut pas s'étonner de ce que la majorité vote...
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Oui, donc on reste avec un système discriminatoire, et ça ne te gêne pas (probablement parce que tu es un homme blanc et/ou que tu considères que tout ce que tu as obtenu n'est que le résultat de tes efforts).
A la fin, quand on procède ainsi pour des minorités, faut pas s'étonner de ce que la majorité vote...
La majorité (qui n'en est pas encore une d'ailleurs) est un ramassis de sales racistes qui s'abritent derrière des excuses (pitoyables) pour voter pour des néonazis.
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Confondre le discriminatoire et ce qu'on a trouvé de plus égalitaire, cad mettre tout le monde devant une feuille blanche anonymisée à bosser sur le même sujet noté de la même manière... Y'a un moment ou faut arrêter de déconner quand même!
Si on veut offrir les mêmes chances à tous, comme je l'ai déjà dit, c'est en amont d'un examen/concours que cela se joue. Pas en baissant la barre à la couleur de peau et/ou au genre.
Je te laisse à ton syndrome d'autoflagellation de l'homme blanc (face a l'homme noir pour qui la "dette coloniale" justifie de foutre notre système de santé/éducatif par terre... alors qu'il n'a pas été fichu de se prendre en main, pour ne pas dire se sortir ses doigts du cul, à domicile 70 ans après le gros de la vague des indépendances?), c'est pas la peine d'essayer d'être un peu logique avec qqun pour qui c'est déjà trop abstrait comme concept.
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Si on veut offrir les mêmes chances à tous, comme je l'ai déjà dit, c'est en amont d'un examen/concours que cela se joue.
Tu ne peux pas jouer en amont si tu expose devant tout le monde que les chefs sont majoritairement des hommes blancs, ce qui est encore largement le cas. Ça a déjà été prouvé.
Pas en baissant la barre à la couleur de peau et/ou au genre.
On n'a pas prétendu baisser la barre, si on recrute un ingé en informatique, on se met pas pour autant à recruter des gens qui n'ont pas la qualification. Faire le parallèle recruter une femme ou un racisé = baisser la barre, excuse moi mais c'est extrêmement violent comme propos.
Je te laisse à ton syndrome d'autoflagellation de l'homme blanc (face a l'homme noir pour qui la "dette coloniale" justifie de foutre notre système de santé/éducatif par terre... alors qu'il n'a pas été fichu de se prendre en main, pour ne pas dire se sortir ses doigts du cul, à domicile 70 ans après le gros de la vague des indépendances?), c'est pas la peine d'essayer d'être un peu logique avec qqun pour qui c'est déjà trop abstrait comme concept.
Merci pour ce bingo du RN. C'est sûr que niveau médiocrité, ce sont des connaisseurs.
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Arf, et 2 points godwin coup sur coup!
1)Faut arrêter avec les discours indigénistes à la con, tu déboulonnes des statues le WE pour faire ton petit révisionniste historique aussi? Ca fait un dénominateur commun avec le camp d'en face, mais bon des chemises rouges ayant viré brunes c'est pas comme si cela n'existait pas.
2)Des quotas sur des exams/concours, désolé mais ca revient en pratique a obligatoirement avoir plusieurs grilles de notation pour pouvoir les assurer, les quotas.
3)Bien des africains eux-mêmes ne s'en cachent pas et le terme vient d'eux. Faut juste très bien en connaitre pour que ce soit dit en ta présence (ou que qqun s'oublie!)... cela au milieu des discussions sur la dernière desesperate-housewife que son mari ne regarde plus, malgré sa quarantaine entretenue qui en fait 15 de moins et qui a payé l'hotel puis le restau pour faire entrée et, ca creuse, dessert!
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3)Bien des africains eux-mêmes ne s'en cachent pas et le terme vient d'eux. Faut juste très bien en connaitre pour que ce soit dit en ta présence (ou que qqun s'oublie!)... cela au milieu des discussions sur la dernière desesperate-housewife que son mari ne regarde plus, malgré sa quarantaine entretenue qui en fait 15 de moins et qui a payé l'hotel puis le restau pour faire entrée et, ca creuse, dessert!
Ah mais t'es un turbo raciste en fait.
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Niet, j'illustre juste que j'ai eu qq potes assez proches pour être parfois le seul blanc dans l'assemblée pouvant être témoin de certaines discussions (et donner mon point de vue, si les africains sont globalement plus susceptibles que la moyenne la franchise est comme partout appréciée). Visiblement, cela n'a jamais été ton cas.
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C'est le thermomètre US, quid en France?
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Du mon petit bout de la lorgnette, en tout cas sur la citation « Lorsque les entreprises ont plus de femmes parmi leurs cadres, les performances sont meilleures, déclare-t-elle à Business Insider. Nous savons aussi qu’elles promeuvent de meilleures politiques, un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, un plus grand soin de leurs employés. », c´est pareil en France.
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Au fait, il ne faut plus dire GAFAM, mais un truc du genre AMAMA. :mad2:

(Et faudrait peut-être ajouter Nvidia, non?)
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MAMAN :pastaper: ?