Inclusion dans la tech : ce que les femmes disent de leurs parcours
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Le 23 septembre à 15h13
En plein raidissement politique contre les logiques d’inclusion, des professionnelles de la tech témoignent de leur expérience, entre persistance de stéréotypes et amélioration de leurs conditions de travail.
Inclusion dans la tech : ce que les femmes disent de leurs parcours
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En plein raidissement politique contre les logiques d’inclusion, des professionnelles de la tech témoignent de leur expérience, entre persistance de stéréotypes et amélioration de leurs conditions de travail.
Droit
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7 min
L’industrie de la tech manque-t-elle « d’énergie masculine », comme le laissait entendre Mark Zuckerberg début 2025, au micro du podcasteur Joe Rogan ? À l’époque, déjà, l’affirmation laissait dubitatif, dans la mesure où les effectifs de Meta n’avaient jamais dépassé un ratio de 37,1 % de femmes pour 62,9 % d’hommes (en 2022).
Mais Wired est allé plus loin en sondant 634 femmes employées à des postes d’ingénierie (à 38 %), de stratégie ou de conformité (25%), spécialisées dans la donnée (14 %) ou d’autres postes de l’industrie numérique sur divers éléments de leur vie professionnelle. De la femme de trente ans d’expérience qui rapporte subir encore des collègues qui lui « parlent comme si [elle était] une idiote » à celle soupçonnée de coucher pour obtenir certaines tâches, leurs récits ressemblent à ceux de nombre de femmes employées dans des secteurs masculins. 47 % des professionnelles de la tech interrogées déclarent même que leur industrie n’a pas changé ou est devenue pire pour les femmes.
10 ans après la vague #MeToo, 15 ans après la publication de l’essai Lean In, de l’ex-numéro 2 de Meta Sheryl Sandberg, qui appelait les femmes « s’affirmer » et simplement « se saisir » du pouvoir dans leur environnement professionnel, le constat est amer. Il varie néanmoins selon le niveau de granularité analysé : dans le détail, 70 % des femmes interrogées s’estiment payées de manière équitable, une sur deux (64 %) sont satisfaites de leurs carrières et trois sur quatre (76 %) considèrent que leur employeur prend les sujets de harcèlement et de discriminations sérieusement.
Satisfaction moins forte dans les plus grandes entreprises
Mais derrière ces chiffres aux apparences plus positives, plus d’un tiers des femmes interrogées rapportent des faits de harcèlement ou de biais fondés sur le genre dans le traitement qu’elles reçoivent au travail. Ainsi de celle qui se rappelle d’un de ses patrons, « qui insistait pour que je marche devant lui pour " améliorer la vue " », ou de celle qui a appris qu’un « groupe d’hommes classait régulièrement les détails anatomiques des femmes sur Slack », l’application de messagerie largement utilisée dans les entreprises.
Le sentiment de satisfaction exprimé par les femmes interrogées varie beaucoup selon la taille de l’entreprise : faible chez celles qui travaillent seules ou en freelance, il grimpe dans les sociétés de moins de 50 à moins de 500 employés, pour baisser de nouveau chez celles de 500 à 5000 employés, et dégringoler dans les plus grandes. Outre les questions purement liées au genre, cette insatisfaction est aussi liée à une ambiance de travail généralisée : une designeuse de la tranche d’âge 25 - 34 ans raconte ainsi avoir eu de multiples collègues lui dire « je ne sais pas qui je suis en dehors de mon travail » ou « mon travail est si prenant qu’il constitue l’intégralité de mon identité ». « J’ai perdu le compte du nombre de personnes qui m’ont dit ça, en particulier quand ils travaillent dans l’une des cinq plus grandes », autrement dit chez Alphabet, Apple, Meta, Amazon ou Microsoft.
Plusieurs sont satisfaites, sans nier les difficultés qui subsistent. « Mes collègues préférés sont des hommes, mais certains estimeront toujours par défaut qu’une opinion des femmes est nécessairement moins utile », raconte l’une d’elles. Et de préciser que « cette attitude n’a pas évolué sur les 10 à 15 dernières années ». Une de ses collègues de la tranche d’âge 55 - 64 ans, qui travaille depuis plus de 20 ans aux opérations d’une grande société de l’industrie, estime que l’environnement a globalement évolué positivement. Principal indicateur mentionné : elle se retrouve beaucoup plus rarement à être la seule femme présente qu’il y a une à deux décennies.
Un contexte (géo)politique qui freine les progrès
Au fil de la dernière décennie, les principales sociétés de la tech se sont mises à publier des données sur la diversité de leurs effectifs, et la part de femmes et de minorités relevée a peu à peu augmenté, sans atteindre la parité. Mais le retour de Donald Trump au pouvoir, soutenu, cette fois-ci, par l’essentiel des patrons de l’industrie, a acté un changement d’ambiance très net. Tout projet dédié à améliorer la diversité, l’équité et l’inclusion (réunis sous le sigle DEI) s’est vu frapper du sceau de l’infamie. Juridiquement parlant, les entreprises installées aux États-Unis ont craint d’être poursuivies sur la même base que l’université Harvard, dont la Cour suprême avait qualifié la politique d’admission de « discrimination positive raciale », décrétée en violation du 14ᵉ amendement de la Constitution américaine.
Meta, Microsoft et Alphabet ont cessé de partager les données relatives à la diversité de leurs effectifs. Parmi celles qui le font, la part de femmes à des postes techniques reste terriblement basse (17,4 % chez Nvidia). En parallèle de ce vent contraire sensible jusqu’en Europe – on se rappelle de l’allemand SAP, qui a mis fin à ses objectifs généraux d’atteindre 40 % d’effectifs féminins pour plaire aux requêtes américaines –, le déploiement de l’IA générative modifie les tâches de tous les travailleurs de la tech, travailleuses comprises.
Parmi celles interrogées par Wired, le recours à l’IA est perçu comme pratique, utile, ou inquiétant dans la mesure où il pourrait remplacer certains emplois ou les vider de sens. Alors que 86% des professionnelles interrogées déclarent l’utiliser au moins quelques fois par semaine, 51 % se déclarent relativement inquiètes et 27 % plutôt inquiètes de voir ce type de technologie renforcer les biais de l’industrie. En cela, elles participent aux questionnements qui agitent toute l’industrie.
Aux entreprises de s’adapter
Sur la question générale de la diversité dans la tech, en revanche, certaines des promotrices de l’approche consistant à former les femmes et à renforcer leur confiance en elles pour espérer équilibrer les effectifs changent de discours. Ainsi de Sheryl Sandberg, qui estime désormais que si plus de femmes quittent les entreprises avant d’atteindre des postes à responsabilités, ce n’est pas par manque d’ambition, mais parce que les entreprises ne se préoccupent pas de leurs besoins. « Lorsque les entreprises ont plus de femmes parmi leurs cadres, les performances sont meilleures, déclare-t-elle à Business Insider. Nous savons aussi qu’elles promeuvent de meilleures politiques, un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, un plus grand soin de leurs employés. »
Ces propos prolongent ceux d’autres spécialistes des questions de diversité dans le recrutement. Ainsi de Caroline Ramade, qui soulignait auprès de Next les biais visibles de promotion des femmes dans les industries françaises et européennes de la tech à mesure que les carrières progressent. Ou encore des travaux menés à toutes les étapes de la filière, des collèges et lycées aux formations supérieures comme celles de l’école 42, puis à certaines cultures d’entreprise, pour tenter de favoriser la diversité en adaptant les conditions de travail pour tout le monde.
Commentaires (18)
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Abonnez-vousLe 23 septembre à 15h17
Le 23 septembre à 16h54
"la Cour suprême avait qualifié la politique d’admission de « discrimination positive raciale », décrétée en violation du 14ᵉ amendement de la Constitution américaine."
Désolé, mais on n'a pas non plus à baisser le niveau d'admissibilité de certains pour satisfaire un DEI aux forceps... au détriment de ceux qui l'ont, le niveau.
Pour en revenir à l'entreprise, si on veut par exemple plus de femmes ingé il en faut avant tout plus dans les écoles d'ingé et c'est en amont des concours que cela se traite: Avec des parents qui les soutiennent aussi bien que le frangin pour leurs études, des profs qui n'envoient pas les filles préférentiellement en lettres ou dans des filières biologie si elles ne voulaient pas en entendre parler et rester en sciences!
Si on impose des quotas de 40% de femmes dans certains secteurs alors qu'elles sont 20% dans les formations qui les alimentent, cela revient fatalement à imposer des niveaux de recrutement femmes < hommes aux entreprises et à des problèmes pires que celui à résoudre pour au final voir jeter le bébé DEI avec l'eau du bain: Exactement ce qui s'est produit aux USA, d'une manière absolument prévisible, avant de se propager partout ou le constat ci dessus existe.
Le 23 septembre à 18h03
Le 23 septembre à 20h54
Ne pas minimiser les abus, qui marchent dans les 2 sens. Et c'était bien avant le cirque "meetoo je me réveille 2 ou 3 décennies après les faits" (avec les biais éventuels liés à cette durée).
Le 24 septembre à 09h28
Le 25 septembre à 13h18
Modifié le 23 septembre à 18h26
Bref, arrêtez ces raisonnements qui en appellent à la logique et qui tricotent des fictions.
Le 23 septembre à 20h57
A la fin, quand on procède ainsi pour des minorités, faut pas s'étonner de ce que la majorité vote...
Le 24 septembre à 09h31
La majorité (qui n'en est pas encore une d'ailleurs) est un ramassis de sales racistes qui s'abritent derrière des excuses (pitoyables) pour voter pour des néonazis.
Modifié le 24 septembre à 14h44
Si on veut offrir les mêmes chances à tous, comme je l'ai déjà dit, c'est en amont d'un examen/concours que cela se joue. Pas en baissant la barre à la couleur de peau et/ou au genre.
Je te laisse à ton syndrome d'autoflagellation de l'homme blanc (face a l'homme noir pour qui la "dette coloniale" justifie de foutre notre système de santé/éducatif par terre... alors qu'il n'a pas été fichu de se prendre en main, pour ne pas dire se sortir ses doigts du cul, à domicile 70 ans après le gros de la vague des indépendances?), c'est pas la peine d'essayer d'être un peu logique avec qqun pour qui c'est déjà trop abstrait comme concept.
Le 25 septembre à 11h07
On n'a pas prétendu baisser la barre, si on recrute un ingé en informatique, on se met pas pour autant à recruter des gens qui n'ont pas la qualification. Faire le parallèle recruter une femme ou un racisé = baisser la barre, excuse moi mais c'est extrêmement violent comme propos.
Merci pour ce bingo du RN. C'est sûr que niveau médiocrité, ce sont des connaisseurs.
Le 25 septembre à 13h53
1)Faut arrêter avec les discours indigénistes à la con, tu déboulonnes des statues le WE pour faire ton petit révisionniste historique aussi? Ca fait un dénominateur commun avec le camp d'en face, mais bon des chemises rouges ayant viré brunes c'est pas comme si cela n'existait pas.
2)Des quotas sur des exams/concours, désolé mais ca revient en pratique a obligatoirement avoir plusieurs grilles de notation pour pouvoir les assurer, les quotas.
3)Bien des africains eux-mêmes ne s'en cachent pas et le terme vient d'eux. Faut juste très bien en connaitre pour que ce soit dit en ta présence (ou que qqun s'oublie!)... cela au milieu des discussions sur la dernière desesperate-housewife que son mari ne regarde plus, malgré sa quarantaine entretenue qui en fait 15 de moins et qui a payé l'hotel puis le restau pour faire entrée et, ca creuse, dessert!
Le 25 septembre à 14h25
Le 28 septembre à 13h14
Le 23 septembre à 15h54
Le 23 septembre à 16h43
Le 23 septembre à 17h54
(Et faudrait peut-être ajouter Nvidia, non?)
Le 24 septembre à 11h04
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