Omarchy : une distribution qui séduit, un créateur et une fondation qui divisent
Un système, des moutons, des millions
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Le 04 septembre à 12h01
La distribution Linux Omarchy attire un nombre croissant de regards. Bâtie sur Arch Linux, elle se distingue notamment par un parti pris graphique tranché et une esthétique soignée, en plus d’être très orientée vers le développement agentique. En arrière-plan cependant, son créateur est contesté pour ses positions sociales tranchées, tout comme le financement de la fondation qui accompagne Omarchy.
Omarchy : une distribution qui séduit, un créateur et une fondation qui divisent
Un système, des moutons, des millions
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La distribution Linux Omarchy attire un nombre croissant de regards. Bâtie sur Arch Linux, elle se distingue notamment par un parti pris graphique tranché et une esthétique soignée, en plus d’être très orientée vers le développement agentique. En arrière-plan cependant, son créateur est contesté pour ses positions sociales tranchées, tout comme le financement de la fondation qui accompagne Omarchy.
Logiciel
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14 min
Omarchy est une distribution Linux créée par le Danois David Heinemeier Hansson, le plus souvent surnommé « DHH ». Créateur du célèbre framework de développement Ruby on Rails, il est également le directeur technique de 37signals, l’éditeur de Basecamp et HEY). Nous reviendrons sur DHH plus loin.
L’objectif d’Omarchy est de transformer une installation Arch Linux vierge en un système entièrement configuré, moderne et esthétique, fondé sur le compositeur Wayland Hyprland. Le projet a un prédécesseur, Omakub, qui avait la même logique mais était basé sur Ubuntu. Cette distribution se réclame de la philosophie « omakase » : le système impose des choix tranchés et s’adresse surtout à des personnes « capables » de l’apprécier.
Concrètement, cette philosophie s’illustre par des choix très marqués sur les thèmes ou encore les applications embarquées (comme Neovim, Alacritty et Chromium), ainsi qu’une interface globalement pensée pour un pilotage au clavier plutôt qu’à la souris. Comme certaines autres distributions Linux, les mises à jour passent par un système de snapshots (instantanés) au lieu d’un gestionnaire plus classique de paquets.

De la technique et des agents
Omarchy se destine largement aux développeurs et utilisateurs techniques. Cette orientation se reflète dans le choix des applications embarquées et dans la configuration de l’environnement. Le choix d’Hyprland est par exemple marquant, car ce compositeur a été créé avec le « tiling » en tête, c’est-à-dire l’organisation automatique des fenêtres. Le clavier est alors utilisé pour passer de l’une à l’autre, changer leur taille ou encore les déplacer vers d’autres espaces de travail. Le tout s’accompagne de nombreux visuels appréciés aujourd’hui : animations, coins arrondis, ombres, etc.
Si Hyprland s’occupe des fenêtres et de leur gestion, les éléments graphiques sont construits avec Quickshell. Ce framework (cadriciel) permet de développer des éléments graphiques, en l’occurrence la barre de menu, les widgets, le menu de lancement, les notifications, l’écran de verrouillage, les contrôles audio et ainsi de suite. Omarchy a donc une identité visuelle forte, sans passer par KDE ou GNOME. La distribution se sert d’Hyprland et Quickshell pour aboutir au résultat voulu.

Cette identité visuelle et ce maniement peuvent rebuter les nouveaux venus, mais ils peuvent s’apprendre, même pour les personnes n’ayant pas d’expérience de ce type d’interface. Omarchy affiche un positionnement différent de la plupart des distributions qui sont initialement « génériques » et doivent souvent être personnalisées pour correspondre aux usages. L’environnement d’Omarchy est pensé comme un tout, le système trahissant l’idée de ce que doit être un « bon environnement », avec les avantages et inconvénients que cela comporte. La distribution est d’ailleurs souvent qualifiée d’« opiniated », c’est-à-dire avec une position assumée.
« Moins de configuration et plus d’utilisation » pourrait être la devise d’Omarchy, mais une utilisation basée sur le clavier et le terminal.
Avec la version 4.0 du système, nommée Quatro, Omarchy a d’ailleurs fait un pas supplémentaire vers les développeurs. Le système se fait plus agentique, avec un shell de bureau réécrit en un seul processus, des mises à jour maintenant basées sur pacman et un agent maintenant aux premières loges, avec une place fixe. Il dispose d’un panneau de quota et intègre un diagnostic automatique des plantages, ainsi qu’une compétence (skill) dédiée pour reconfigurer la machine. On peut choisir parmi neuf agents par défaut, dont Claude, Codex, Gemini, Grok et Copilot (aucun n’est présélectionné). Il vous faut un module particulier sur le bureau ? Demandez à l’agent.
Une fondation, des millions de dollars
La sortie de Quatro le 14 aout a été suivie une semaine plus tard d’une annonce importante pour la distribution : le lancement de la fondation Omacom. Les fondations sont des outils courants dans le monde de l’open source, car elles permettent de gérer l’avenir d’un projet de manière collégiale ou non, ainsi que d’engranger des donations. En lançant la fondation, David Heinemeier Hansson a indiqué vouloir concrétiser cette fois la « prophétie de l’année de Linux ». Il estime que « toutes les pièces sont en place ».
Douze membres fondateurs sont nommés : Tobi Lütke (Shopify), Patrick Collison (Stripe), Michael Dell (Dell Technologies), Jack Dorsey (Block), Matthew Prince (Cloudflare), Brendan Iribe (Sesame, ancien cofondateur d’Oculus), Jason Fried (37signals), Drew Houston (Dropbox), Peter Steinberger (créateur de l’outil d’IA OpenClaw), Brian Armstrong (Coinbase), Yunjie Dai (TapTap) et DHH lui-même. Chaque membre a apporté un million de dollars sur la table.
La somme, déjà conséquente, a été encore augmentée par l’arrivée de plusieurs autres personnes, avec chacune 100 000 dollars : Ryan R. Hughes (Oodle), Ed Huang (PingCAP), Adrien Treccani (Metaco/Ripple) et Max Schoening (Notion). Deux entreprises, 1Password et 37signals, participent également en leur nom propre, avec un budget de 100 000 dollars par an pendant trois ans.
Depuis, les critiques fusent de toute part.
Un créateur très contesté
Si Omarchy semble actuellement la star des réseaux sociaux avec son esthétique et son environnement pensé pour les développeurs, les discussions autour de la distribution ne sont pas que techniques. La figure de DHH est très contestée.
En 2021, il s’était déjà illustré chez Basecamp, dont il était le créateur et patron. Il avait alors interdit toutes les discussions politiques et sociales au sein de l’entreprise, y compris sur les outils utilisés. À l’époque, cette seule mesure avait provoqué le départ d’environ un tiers des effectifs en quelques semaines, dont la responsable design et la responsable marketing. À l’extérieur, beaucoup s’étaient également dit déçus.
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Commentaires (52)
Le 4 septembre à 12h56
Ayant grandi dans l'environnement MS, je ne conteste pas les avantages de Linux (et surtout les inconvénients de MS).
Mais à chaque fois que j'entends un/des collègue(s) dire "pour faire ça, utilise Linux, c'est mieux", je leur demande "Oui, mais lequel?" et là, je peux sortir le pop-corn pendant qu'ils s'écharpent...
Le 4 septembre à 14h13
Le 4 septembre à 15h09
Trop de choix, tue le choix des fois mais ca c'est surement parce que je suis formaté comme bon nombre à du Windows sur lequel tu as une base et tu bricoles
Le 4 septembre à 15h16
Le 4 septembre à 16h27
Perso, je préfère garder une machine dans un état stable en longue durée d'un point de vue interface/habitudes d'utilisation, que de changer d'OS dès qu'une nouvelle version sort.
Ou alors, il me faudrait une machine rien que pour ça.
Le 4 septembre à 21h17
Modifié le 5 septembre à 08h00
Mardi à 02h07
En général Linux Mint revient beaucoup comme suggestion pour les débutants, même par des gens qui ne l’utilisent pas personnellement, par exemple.
Par le passé c’était Ubuntu.
Si un jour tu deviens curieux et veux tester autre chose, tu le feras, si tu veux juste que ça marche, tu resteras dessus… (perso j’ai commencé sur Ubuntu parce que je connaissais littéralement rien d’autre, je savais même pas ce qu’était Linux. Aujourd’hui après un bref passage sur Manjaro, je suis stabilisé sur Arch depuis des années, et j’ai un système qui n’évolue quasiment plus (je touche plus à la personnalisation, et je réutilise la même conf partout)).
Le 4 septembre à 16h55
Y'avait bien un choix côté Windows et on faisait pareil 😁😁
Le 4 septembre à 14h31
Le 4 septembre à 16h22
Le 5 septembre à 00h13
Bon après pour bosser pour de vrai (boulot), je peux pas faire sans un vrai OS de production (donc pas windows quoi
Le 6 septembre à 22h49
Modifié le 4 septembre à 16h37
Dans les faits, même si y'a trouze mille distributions Linux, il n'en ressort qu'une dizaine grand max.
Quant à la réponse à la question de "quelle distrib pour tel besoin" : celle que tu maîtrises, que tu connais, et dont tu sauras te dépatouiller en cas de pépin.
Une distrib Linux, ce n'est qu'une philosophie de travail, un arrangement, ou une spécialisation (ex : ProxMox qui est une Debian pour virtualisation, Kali qui est spé sécurité, etc.). Mais dans les faits, on peut faire n'importe quoi avec n'importe quelle distrib moyennant plus ou moins d'effort. Typiquement, SteamOS est une distrib Linux pour jouer sans se prendre le chou, mais ça n'empêche pas d'installer Proton et le client Steam sur une Debian. Ça demandera juste un peu plus de taff.
Perso, j'ai plus l'habitude de la famille Red Hat (et encore, pas touché depuis la 8), et plus récemment de celle d'Arch, que de la famille Debian avec laquelle je n'ai pas travaillé depuis plus d'une décennie. Donc j'aurai tendance à éviter cette dernière si je devais me lancer dans un projet et que je devais me réhabituer à son environnement.
Le 4 septembre à 17h00
Il n'y a pas de mauvais choix pour débuter tant que tu prend un projet historique et solide :
Debian
Fedora
Ubuntu
Suze
Tout le reste n'est que des trucs spécialisé qui n'ont d’intérêt que quand on est déjà habitué ou qu'on a un besoin spécifique et dans ce cas c'est assez facile de choisir.
Le 4 septembre à 17h28
Le 11 septembre à 13h29
Le 4 septembre à 12h57
(que j'ai pas encore lu, trop empressé de poster ma connerie)
Le 4 septembre à 13h16
(Je retourne aussi lire la news)
Le 4 septembre à 13h10
L'utilisateur est réduit à un rôle de consommateur passif.
Traduction : "si vous ne l'appréciez pas, c'est que vous êtes nuls, pas que mes choix sont mauvais", équivalent de la "pédagogie" d'un gouvernement qui revient en force sur un sujet après un rejet populaire.
Modifié le 4 septembre à 14h07
(Je ne vois pas trop à mon niveau en quoi j'aurais plus de poids pour faire un bouger les choses sur Manjaro que j'utilise que sur cette distrib d'ailleurs... juste à mon humble niveau)
Je le vois juste comme des choix assumés, c'est juste un projet qui n'est pas du tout communautaire.
Ça ne veut pas dire que ceux qui n'adhèrent pas sont nuls. Ca veut juste dire qu'il est fait selon une idée et que ca plait ou pas.
Après tout, est-ce que ce n'est pas une force de l'univers Linux justement, qu'il y en ait pour tous les goûts ?
Mon commentaire ne veux pas dire que j'adhère à la disrib ou au personnage. D'ailleurs je n'en avais jamais entendu parler.
Le 4 septembre à 15h07
Le 4 septembre à 13h20
Modifié le 4 septembre à 15h51
Ruby On Rails, à son époque, a pas mal aidé à développer des applis web sans trop se prendre la tête, avec lisibilité et maintenabilité au rendez-vous.
C'est effectivement dommage qu'une des personnes à son origine soit polémique : ça dessert un chouette écosystème (bien que vieillissant, mais vieillissant assez bien).
Le 7 septembre à 19h27
Le 4 septembre à 13h29
D'ailleurs c'est assez drôle qu'il se défend d'être nazi pour avoir une opinion de nazi quelques temps après.
On sait très bien ou ses positions mènent.
Le 4 septembre à 13h44
Donc en fait bleu c'est rouge et rouge c'est bleu donc le mr il est pas nazi et t'es nazi si tu le traites de nazi voilà c'est pas compliqué
Le 4 septembre à 16h56
Le 4 septembre à 13h30
Le génie s'observe sans doute singulièrement. Pas dans l'entièreté de la complexité d'un homme.
Le 4 septembre à 14h18
Je peux reconnaître qu'Omarchy a l'air cool tout en décidant que je n'ai pas envide de donner du temps et de la visibilité aux mauvaises personnes.
C'est le même problème qu'avec Tesla, je peux reconnaître qu'elles ont probablement le meilleur rapport qualité prix du marché tout en décidant que je ne depenserai jamais 1€ pour en acheter une.
Modifié le 4 septembre à 17h47
Je ne parle pas d’un qualificatif glorieux et prétentieux dont certains abusent afin de se mettre en avant.
Le 4 septembre à 14h27
Le 4 septembre à 15h31
Modifié le 4 septembre à 13h32
https://blog.happyfellow.dev/merchants-of-insecurity/
Modifié le 4 septembre à 13h52
Voir aussi : https://xn--gckvb8fzb.com/a-word-on-omarchy/
Modifié le 4 septembre à 14h47
... sont les deux qui me viennent en tête. Mais il y en a surement plein d'autres.
Le cas de neovim, le plus récent, est édifiant. ils ont "juste" posté une citation de DHH disant apprécier leur soft. Y a une issue github créée pour dire en gros "heu... vous savez qui c'est ce type ?? vous voulez pas juste retirer cette citation de votre page ?" ... et la discussion derrière montre que ou bien les types sont tenus financièrement ou bien sont ok idéologiquement.
En n'oubliant pas que la supposée troisième possibilité "nous on fait pas de politique" est bien sûr un mirage. Ne pas prendre position face au fascisme c'est de la complicité.
(l'histoire a retenu un nom pour tous les gens en Allemagne des années 1930s qui étaient pas trop d'accord avec le régime, mais que bon remettre de "l'ordre" c'est quand même bien... on les a appelé "nazis")
Le 4 septembre à 14h53
Le 4 septembre à 15h25
Le 5 septembre à 19h32
Modifié le 4 septembre à 15h41
C'est très gênant car Framework prône des valeurs totalement à l'opposé de celle de DHH.
Dans le genre autre projet soutenu par DHH, il y a le navigateur Ladybird, et pour le coup, Nextcloud a bien pris ses distances :
https://mastodon.xyz/@nextcloud/117196948006886083
à la base le sondage mentionnait ladybird et Nextcloud s'est excusé platement de la bourde suite aux réponses des mastonautes…
Modifié mardi à 02h21
Après la polémique, la promotion d’Omarchy s’est arrêtée, et ils ont pas donné d’autres PCs ou de la thune à DHH a priori (ni aux projets qui sont liés), aux dernières nouvelles (si quelqu’un a une preuve du contraire, je prends). Le seul financement qui reste est Hyprland, je sais pas trop quoi en penser pour l’instant (la décision a été prise avant, avec engagement, et Hyprland ne dépendait pas encore de DHH, maintenant qu’Omacom est son plus gros financeur, c’est une autre histoire).
Donc je reste déçu de la réaction faiblarde de Framework, mais difficile de leur reprocher d’avoir ignoré la question ou de maintenir leur soutien, pour l’instant.
Modifié mardi à 02h29
Tous les constructeurs de PC portables haut de gamme sont pires éthiquement (d’ailleurs Dell est plus impliqué ici…), et au moins les leurs sont réparables et peuvent être améliorés sans devoir tout changer…
Et même l’occasion est pas vraiment une solution (faut bien que quelqu’un ait acheté le PC neuf à un moment… et du coup la question reste entière, je préférerais voir plus de Framework (et leurs pièces, du coup) sur le marché de l’occasion…).
Reste quelques trucs comme MNT Reform, mais c’est pas du tout le même public cible déjà, c’est encore plus niche… (et je suis sûr qu’on peut reprocher quelque chose au fabricant d’une des pièces d’une façon ou d’une autre).
Non pas que le moins pire soit une solution satisfaisante, mais faut choisir son adversaire, quoi.
Le 4 septembre à 14h40
Sinon, un autre article détaillé sur cette distri : https://マリウス.com/a-word-on-omarchy/
Le 4 septembre à 15h20
Modifié le 4 septembre à 15h42
https://brennan.day/normalized-fascism-in-open-source-12-million-given-to-dhh/
Le 4 septembre à 21h49
Le 4 septembre à 21h51
https://fr.news.hada.io/topic?id=32959
https://fr.news.hada.io/topic?id=33043
Quand un simple titre de vidéo ou les notif peuvent être détournés pour lancer des commandes shell, ou que presque tous les process pouvaient passer root a cause d’une mauvaise configuration de docker … ça laisse rêveur
Modifié le 5 septembre à 08h59
"Semble repondre à un vrai besoin" vraiment ? Vous etes sûrs ?
Le 6 septembre à 16h41
En soi, c’est plutôt pas mal d’en parler en précisant justement qui est derrière.
Le 7 septembre à 18h25
J'ai vraiment du mal avec le "semble repondre à un vrai besoin", si le besoin c'est d'avoir un OS riced avec une experience out of the box ya ptetre 50 forks arch qui le proposent deja sans ouvrir la porte à un rm -rf / ou corruption des binaires systemes via docker par exemple.
Le 5 septembre à 18h39
"Alors bon, c'est vrai, Hans est un néonazi, mais il sait vous faire une de ces truites au beurre dont vous me direz des nouvelles"
Le 6 septembre à 14h35
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