Affaire Jean Pormanove : prison avec sursis et bannissement de Kick pendant 6 mois
Snuff streaming condamné
Illustration : Flock
Le 07 août à 10h52
Après la mort de Raphaël Graven en direct sur la chaine Kick nommée Jean Pormanove, le tribunal correctionnel de Nice a condamné les responsables de la chaine pour des violences et humiliations en ligne. Les peines contiennent notamment de la prison avec sursis et six mois de bannissement numérique applicable seulement sur la plateforme de streaming concernée.
Affaire Jean Pormanove : prison avec sursis et bannissement de Kick pendant 6 mois
Snuff streaming condamné
Illustration : Flock
Après la mort de Raphaël Graven en direct sur la chaine Kick nommée Jean Pormanove, le tribunal correctionnel de Nice a condamné les responsables de la chaine pour des violences et humiliations en ligne. Les peines contiennent notamment de la prison avec sursis et six mois de bannissement numérique applicable seulement sur la plateforme de streaming concernée.
Droit
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4 min
Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son jugement ce mercredi 5 aout au soir concernant les deux responsables de la chaine Kick nommée Jean Pormanove, Owen C. (aussi connu sous le pseudo Naruto) et Safine H., les condamnant pour violence et provocation à la haine mais les relaxant des chefs d’abus de faiblesse et diffusion, comme le relève France 3.
Les deux vidéastes avaient été mis en garde à vue pour des violences physiques et psychologiques en janvier 2025 suite à un article de Médiapart et à une enquête ouverte par le parquet de Nice, ce qui n’avait pas arrêté leur projet de diffusion en direct de scènes de violences sur leur chaine Kick. La mort en direct du souffre-douleur Raphaël Graven y a même été diffusée.
Des peines en deçà des réquisitions de la procureure
Ils ont été entendus ce lundi 6 juillet pour « violences en réunion sans ITT, violences en réunion avec arme sans ITT, violences en réunion avec arme sans ITT sur mineurs de 15 ans, violences sur mineur de 15 ans sans ITT, abus de faiblesse, provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap, provocation à la haine et à la discrimination en raison de l’orientation sexuelle, enregistrement et diffusion d’images de violences ».
Lors de l’audience, la procureure, Maud Marty, avait affirmé que « jamais une juridiction n’a eu à connaître avec une telle ampleur un système qui associe l’exploitation de personnes en situation de faiblesse, leur humiliation devant des milliers de spectateurs et la rémunération de ces diffusions qui ne tiennent qu’à la souffrance », rapporte Médiapart.
Elle avait dénoncé, selon France 3, un « système de maltraitance humaine, pas un dérapage ou une provocation » et avait requis 30 mois de prison dont 12 mois ferme (avec bracelet électronique) et 30 000 euros d’amende pour le principal accusé, 18 mois avec sursis et 15 000 euros d’amende pour le second, ainsi qu’un « bannissement numérique » pour les deux.
Un mois après, le tribunal a donc condamné les deux streamers à des peines un peu plus clémentes : 2 ans de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour Owen C, 8 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende pour Safine H. Les deux accusés ont aussi été condamnés à une peine de six mois de bannissement de la plateforme sur laquelle était diffusée leur chaine.
Un bannissement de Kick
Cette nouvelle peine, souvent appelée « bannissement numérique » et utilisée pour la première fois par la justice, a été introduite par la loi SREN (visant à sécuriser et réguler l’espace numérique) de 2024. Contrairement à ce que pourrait faire penser son appellation commune, elle ne prévoit pas l’interdiction de l’usage d’Internet en général ou de tous les réseaux sociaux.
En effet, l’article 16 de la loi prévoit que « le tribunal peut ordonner à titre de peine complémentaire la suspension des comptes d’accès à des services en ligne ayant été utilisés pour commettre l’infraction ». Il interdit aussi aux personnes condamnées de « créer de nouveaux comptes d’accès à ces mêmes services ». Selon ce texte, la durée maximum de cette suspension est de six mois (un an en récidive). Ainsi, en bannissant de Kick pendant 6 mois les deux streamers, le tribunal a pris la mesure la plus forte que le législateur lui a donnée sur le sujet.
Le bannissement est signalé par le tribunal à la plateforme concernée. Ainsi, Kick est responsable du blocage des comptes visés, « de procéder au blocage des autres comptes d’accès à leur service éventuellement détenus par la personne condamnée et d’empêcher la création de nouveaux comptes par la même personne ». La plateforme s’expose à une amende de 75 000 euros si elle ne suit pas cette demande.
Rappelons qu’une autre enquête est toujours ouverte concernant la plateforme elle-même.
Commentaires (46)
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Abonnez-vousLe 7 août à 11h06
Le 7 août à 12h23
Modifié le 7 août à 13h56
Peu importe l'amende si leur métier c'est l'humiliation, la maltraitance et l'exploitation et s'il n'ont pas de chemin de reconversion ils vont recommencer, non ?
Ce que j'aimerais aussi bien savoir c'est si les signalements d'exploitation ou de harcèlement en ligne sont mieux traitées maintenant, parce que mettre des peines après coup c'est normal mais ça ne va pas prévenir ce genre d'affaires où peu à peu la maltraitance s'intensifie (pour faire plus de vues), si ?
Le 8 août à 11h30
Le 8 août à 11h46
ne recommencez pas tout de suite sinon vous devrez effectuer de la prison pour cette première condamnation et vous serez aussi sanctionnés sans sursis pour la seconde infraction.
Les condamnations à de la prison pour des délits pour une première condamnation sont rarement fermes pour les courtes peines et la Cour de cassation peut les annuler si elle juge qu'elle est injustifiée (Cf Fillion)
Le 8 août à 18h16
La prison ferme était pourtant la proposition de la procureure.
Désolé mais AMHA quand on se rend manifestement coupable de
et repartir libre du tribunal, c'est... comment dire... je n'aimerais pas être à la place de la partie civile; ou tout du moins à la place de la famille du défunt.
Après, encore une fois, si il existe un texte ou une jurisprudence qui limite au strict minimum les risques d'incarcération en primo condamnation... ma foi... on ne peut pas aller à leur encontre.
Modifié le 8 août à 19h21
La prison ferme n'a rien de dissuasif, c'est une punition ou une mesure de sureté à l'égard de la société en isolant une personne dangereuse et irrécupérable.
Sinon, on peut rétablir le bagne, rétablir les châtiments corporels et la torture comme dans la justice du Moyen-âge : ça permet de divertir les foules (ça crée surtout des fous et des souffreteux).
Le 8 août à 19h54
Quant aux procureurs, ils demandent souvent des peines plus lourdes que ce que les juges donnent finalement : chacun est dans son rôle.
Et sur votre énumération :
Le 10 août à 10h51
Le 7 août à 14h54
Modifié le 10 août à 10h01
Je ne suis ni juge, ni avocat, ni juriste, mais cela ne m'a pas l'air déconnant par rapport à un meurtre (et non un assassinat).
Quelqu'un sait quelles sont les durées habituelles dans pareil cas ?
Qu'attendais-tu ? Par émotion ou par lecture légale ?
Quelqu'un se fait tuer, et c'est la monétisation qui attire ton attention. Je frissonne.
Modifié le 10 août à 10h55
Le 7 août à 11h38
Question complémentaire : est-ce qu'il y avait déjà un bannissement ou une interdiction d'accès précédant le procès. Et est-ce que, dans ce cas, comme pour Marine Lepen, la période précédant le procès est soustraite de la peine infligée au verdict du procès ?
Le 7 août à 12h13
Modifié le 7 août à 11h53
C'est combien pour un meurtre ? 3 ans de bannissement numérique ? Pour terrorisme ? 10 ans ?
Non c'est juste pour savoir, je ne planifie absolument rien, vraiment
Forcément les réseaux sociaux se lâchent car quelques jours avant un youtuber qui faisait aussi de la violence en réunion, contre des pédophiles (du moins d'après lui), s'est pris 5 ans ferme.
J'imagine qu'il y a la bonne violence en réunion et la mauvaise violence en réunion
Le 7 août à 13h16
Le 7 août à 13h31
Le 7 août à 14h19
On peut (limite ?) torturer quelqu'un en vidéo ça passe crème et on envoie le message au peuple que ce n'est pas si grave, mais au grand dieu ne touchons pas au privilège des juges car ils ne montreront aucune pitié.
J'aurai accepté la sanction s'il n'y avait pas eu de surcis. Maintenant je me demande si les juges ne devraient pas être nommés par le peuple.
Modifié le 7 août à 14h34
Je vis dans un coin où peu importe ce qui se passe, la police ne se déplace pas, et même nous engueule au téléphone de les appeler (puis nous menace si on insiste). Le village est rempli de ce genre de témoignages. C'est une démission totale des services de l'état. Malgré ça, nous n'avons pas le droit d'essayer de régler un problème par nous-mêmes. Là il n'y aura pas défaillance de l'état qui saura venir nous chercher pour nous dire qu'il ne fallait pas agir.
En gros c'est "subis, ferme la, et n'oublie surtout pas de voter pour toute la ribambelle d'imposteurs qui tiennent des discours sécuritaires H24 mais qui au pouvoir pourrissent toujours plus les choses". (C'est le coup de "ça fait 25 ans que le Texas est Républicain mais à chaque campagne ils continuent de dire qu'il faut faire quelque chose contre l'insécurité grandissante ; celle-là même qu'ils entretiennent délibérément depuis 25 ans", ou "ça fait 50 ans que les chasseurs sont censés s'occuper du problème des sangliers mais le problème empire, entre autre parce qu'ils les nourrissent, ce qui ne les empêche pas de dire "sans nous, ce sera la catastrophe" ; vous voyez la logique ? On appelle ça des pompiers pyromanes.)
Le 7 août à 21h20
Il explique aux flics ses doutes et que si rien de bouge rapidement il risque de peter un plomb car il est sanguin (casier++)
Le voisin est ... un pedophile déjà condamné (dont "ne pas avoir de contact avec des mineurs"), y a déjà une plainte récente ouverte, il est en violation de sa conditionnelle etc
Mais les flics ont juste attendu que le mec se fasse justice lui même
Le 8 août à 14h19
Modifié le 7 août à 15h01
Je suis bien d'accord que ce qu'il subissait est problématique (d'où la présente décision de justice justement). Cela-dit libre à vous d'en faire un sujet politique et de justifier vos opinions à travers ce fait judiciaire.
Le 7 août à 18h22
Qui plus est, c'était une affaire qui avait dépassé les frontières. Quelle belle image laisse-t-on...
Le 10 août à 11h06
2 ans, c'est un peu en dessous de la moitié de la peine maximale, pour une première commission (pas récidive) c'est déjà une peine assez forte. Le sursis peut poser débat, mais on a absolument aucun détail sur le déroulé des débats : contrairement à Le Pen ça ne semble pas avoir été médiatisé.
On peut discuter de la peine, mais on manque de la moitié des éléments : ceux de la défense. On sais à peu près ce qu'à dis le procureur, pas ce qu'a dis l'avocat des accusés.
Le 7 août à 12h35
Du coup, et même s'il a clairement subis des sévices inacceptables en ligne/direct, on ne peut pas crier au meurtre (malgré que je serais bien aise que ses bourreaux soient plus inquiétés que ça).
Modifié le 7 août à 13h41
C´est chouette, dans 6 mois il pourra revenir avec un concept perfectionné qu´il aura eu le temps de mûrir d´ici là. En espérant que personne ne lui ait pris sa place d´ici là: on sait qu´en ligne les choses vont très vite, et vu que c´est manifestement plutôt okay de faire ce qu´il fait, les éventuels émules savent maintenant qu´ils peuvent se lancer dans le business.
(Et merci au législateur d´être aussi léger sur les peines encourues. J´imagine que du grouillot qui se fait du beurre en torturant du bouseux, ça ne le concerne pas des masses, voire c´est divertissant...)
Le 10 août à 11h07
Le 7 août à 15h37
Modifié le 7 août à 15h52
Modifié le 7 août à 20h48
Le 7 août à 15h53
Modifié le 7 août à 20h49
Le 8 août à 00h21
Le 8 août à 00h54
Le 8 août à 12h43
Le 8 août à 13h01
Le 8 août à 20h11
Un locataire n'a jamais pu devenir d'office propriétaire. Cette loi vise seulement à lutter contre les squatteurs (occupants sans droit ni titre) qui, auparavant, pouvaient facilement devenir les occupants légitimes (typiquement, en prenant un abonnement EDF à leur nom et en s'en servant comme justificatif de domicile). Mais aucune loi n'a jamais permis à quiconque de devenir propriétaire d'un logement sans l'acheter (à part l'usucapion, mais il faut un peu plus que "quelques jours"... mais alors vraiment un peu plus)
Le 10 août à 10h06
Histoire de savoir ce qu'il faut remplir dans un dépôt de plainte.
On appréciera le terme "sauvagerie", vocabulaire d'extrême-droite.
L'"ensauvagement", c'était Zemmour, non ?
Le 7 août à 16h27
C'est pourtant ça qui est le plus choquant pour moi. Je le regarde de ma petite fenêtre des articles et enquête que j'ai lu ; mais la victime semblait être une personnalité vulnérable. Au delà de la maltraitance physique, il y a tout un aspect psychologique qui n'est pas suffisamment pris en compte dans son rapport avec avec ses "compères". Mais aussi avec son besoin de subsistance ou de reconnaissance à l'existence...
C'est dilué dans une espèce de responsabilité individuelle typique de la pensée libérale. On suppose le consentement et on base la morale dessus. Mais pour répondre à des besoins matériels, le besoin d'argent fausse totalement la notion de consentement. Dans le fond c'est quoi la différence entre ça et la prostitution ? L'absence de sexe. En quoi la contrainte exercée sur un corps est moins grave dans un cas que dans l'autre ? Mais visiblement, sur le plan politique, la pensée que l'on peut effectivement laisser son corps à disposition à autrui, moyennant accord pécunier, semble faire son chemin ; et certains, proches pour la première fois des portes du pouvoir, en font des proposions explicites pour normaliser ce type de rapports sociaux ; ils prétendent hypocritement sortir "les français" de la merde, mais pour protéger les pouvoirs et profits économiques, ils ne leur offriront que la fange.
Le 7 août à 18h23
Je ne suis pas d'accord avec vos affirmations même si je suis d'accord sur l'ignominie des actes qu'a pu subir la victime.
Modifié le 10 août à 10h24
Elle agit de manière contrainte relativement aux plaintes/procédures engagées d'un côte et par rapport aux latitudes que fournissent la loi de l'autre.
Blâmer une décision de Justice (et le pouvoir correspondant), c'est généralement ne pas comprendre toute cette interdépendance : peut-être les plaintes ont-elle été mal réalisées, peut-être en a-t-il manqué sur certains aspects, et/ou peut-être la loi ne permet-elle pas d'agir sur certains aspects ?
Il faut aussi faire attention à bien faire le tri dans ses émotions : on peut "comprendre" une inter-relations entre plusieurs facteurs, mais avoir toutes les peines du monde à le formuler en aspects légaux, qui doivent aussi prendre en compte un équilibre avec la défense, et ainsi éviter que les mêmes accusations et/ou textes puissent servir à injustement condamner une situation qui ne le mérite pas.
L'asservissement par besoin de subsistance n'est pas illégale.
C'est un façonnement de société par rapport aux priorités que les citoyens laisse prospérer, et dont ils se se sont saisis comme leurs propres.
Il m'est devenu clair pour ma part, durant les manifestations contre la réforme des retraites, que les priorités étaient tout d'abord l'économie, puis la sécurité, quand j'ai pu constater des policiers enfermer sur une place & gazer une expression citoyenne pacifique, ainsi qu'interdire la sortie aux citoyens tout en laissant passer les
esclaveslivreurs de nourriture à vélo.La France a toujours historiquement majoritairement collectivement décidé à droite.
Aujourd'hui, des relents d'extrême-droite des années 1930 sont revenus.
Libérer les individus passe par leur donner des moyens garantis de subsistance sans coercition.
Quelques exemples sont le salaire à la qualification personnelle était il y a quelques années revenu sur la table, ou la question de la licence globale pour déconnecter les artistes des profiteurs et des gangs exerçant du racket sur fond d'extraction de biens culturels qui se sont montés par dessus. L'extraction est une constante, et toutes les idées libératoires s'y attaquent, d'une manière ou d'une autre.
Ce n'est pas une réflexion de droite : elle ne transpire donc logiquement pas dans la société française actuelle.
Le 7 août à 17h47
Le 7 août à 19h41
Faudrait s'intéresser, apprendre, etc. du côté de la Polynésie Française et/ou autre(s) => https://www.tahiti-infos.com/%E2%80%8BLa-justice-restaurative-une-justice-parallele_a213275.html
Après même chose, tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir.
On pense, à tord, à raison, que punir exclusivement va faire avancer les choses, il suffit de voir depuis des années l'état des prisons, la sortie des prisonniers etc. Cela n'a pas, si on reste objectif en se concentrant sur peine(s), traitement/application(s) peine(s), respect du cadre, etc. etc. fait avancer les choses par le haut, au contraire.
Bien sûr tout cela est à débattre, échanger idée(s), etc. car sujet loin, très loin d'être aussi simple.
Le 8 août à 09h43
Le 8 août à 10h52
En tout cas, d'autre(s) sanction(s) applicable(s) au-delà de l'argent (qui donne l'impression qu'on fait un "chèque" puis merci au revoir)/punition (dessus on voit bien que rien de rien pédagogie/par le haut/etc.).
Le 7 août à 21h06
Je viens de tomber sur ce nouveau fil d'actualité traitant de cette personne qui ne méritait certainement pas ce genre d'exactions. Souffrant de troubles psychiatrique personnellement, je ne peux contenir ma colère devant cette justice qui banalise à nouveau des agissements intolérables. Je ne me vois personnellement pas faire face à de nouvelles humiliations de la part de tels fumiers s'il m'arrivait de croiser leurs routes car j'ai déjà été victime par le passé de ce genre de co.
Ce genre de tortionnaires ne devrait même pas avoir de clémence. Je suis désemparé de voir cette société malveillante se généraliser. Je crains pour ma personne chaque fois que je sors.
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