Le secrétaire général de l’ONU veut interdire les « robots IA tueurs »
Judgment day
Illustration : Flock
Le 08 juillet à 09h47
« Certaines décisions doivent rester à jamais humaines — en particulier quand il s’agit de prendre une vie humaine », a affirmé António Guterres. Le secrétaire général de l’ONU a pris position sur cette question brûlante, à l’heure où les armées du monde entier accélèrent l’intégration de l’IA dans leurs opérations militaires.
Le secrétaire général de l’ONU veut interdire les « robots IA tueurs »
Judgment day
Illustration : Flock
« Certaines décisions doivent rester à jamais humaines — en particulier quand il s’agit de prendre une vie humaine », a affirmé António Guterres. Le secrétaire général de l’ONU a pris position sur cette question brûlante, à l’heure où les armées du monde entier accélèrent l’intégration de l’IA dans leurs opérations militaires.
IA et algorithmes
IA
4 min
Les « robots tueurs » qui se donnent le droit de vie ou de mort sur les champs de bataille sont « moralement répugnants », a déclaré sans ambages António Guterres durant le discours inaugural du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA à Genève, repris par le Wall Street Journal. Il évoquait ces « machines qui sélectionnent et attaquent leur cible, jusqu’à ôter une vie, sans contrôle ni jugement humains ».
Le secrétaire général de l’ONU milite pour une interdiction des armes autonomes létales, qui soit inscrite dans le droit international. Il prend de fait une position bien tranchée dans le débat sur la place de l’IA au sein des forces militaires.
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Vendredi 03 juillet 2026 à 09h50 03/07/2026 09h50
L’IA générative déjà utilisée au sein des armées
Le Pentagone s’appuie de plus en plus sur cette technologie dans ses opérations ; les modèles d’Anthropic, utilisés depuis deux ans, ont ainsi servi pour la capture du président du Venezuela, Nicolas Maduro, et durant la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran. Les relations se sont ensuite fortement dégradées entre le département de la Défense et l’entreprise, dont les conditions d’utilisation interdisent de « développer ou concevoir des armes ».
Dario Amodei, le CEO d’Anthropic, avait expliqué que l’entreprise n’avait jamais soulevé d’objections à l’égard d’opérations militaires, mais a rappelé que l’IA pouvait nuire aux valeurs démocratiques en facilitant la surveillance de masse aux États-Unis, ou encore le développement d’armes autonomes.
Le DoD a depuis désigné Anthropic comme « fournisseur à risque », et changé de crémerie IA. L’affaire est toujours entre les mains de la justice, mais de l’eau a coulé sous les ponts depuis et le lancement de Mythos a rebattu les cartes au sein de l’administration Trump.
Les armées d’autres pays s’y intéressent également. Un rapport d’information de l’Assemblée nationale publié début 2025 rapportait déjà que les drones de combat « reposent de plus en plus sur l’intelligence artificielle et offrent de nouvelles stratégies opérationnelles ».
L’IA est aussi utilisée dans les processus d’aide à la décision militaire. Un outil qui « s’introduit désormais dans des sphères hautement stratégiques et décisionnelles », rappelait Bernard Benhamou, secrétaire général de l’Institut de la souveraineté numérique.
Sur la même longueur d’onde que le pape
Le discours d’António Guterres ne tombe pas par hasard. Le mois dernier, Donald Trump signait un mémorandum sur la sécurité nationale appelant à accélérer l’utilisation de l’IA « dans les domaines du renseignement et de la conduite de la guerre, conformément aux valeurs américaines » et « de manière responsable ».
Le secrétaire générale de l’ONU rejoint d’autres critiques de l’IA militaire, à commencer par celle du pape Léon XIV et de son encyclique Magnifica Humanitas. La décision de tuer ne doit jamais avoir pour « critères suprêmes » la rapidité et l’efficacité, affirme la bulle. « L’IA ne soustrait pas le conflit à son inhumanité intrinsèque : elle ne peut que le rendre plus rapide et impersonnel, en abaissant le seuil du recours à la violence et en transformant la défense en prévision opérationnelle, les victimes étant réduites à de simples données », indique le texte qui appelle à « désarmer l’IA ».
Ces appels seront-ils entendus ? L’opacité avec laquelle l’administration Trump régule les modèles IA les plus ambitieux, alors que la Chine trace sa propre route, laisse planer le doute sur un accord au niveau mondial.
Commentaires (30)
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Abonnez-vousLe 8 juillet à 09h57
Le 8 juillet à 10h45
Modifié le 8 juillet à 11h15
Quant à la Morale, elle n'a strictement aucun iNpact dans la guerre : le but étant de vaincre, d'aucuns utiliseront toujours tous les moyens à leur disposition. Nier la réalité ne nous conduira qu'à l'affaiblissement et à la défaite.
Vae Victis à dit Brennos aux Romains.
Le 8 juillet à 12h43
Le 8 juillet à 13h43
Oui, dans la guerre tous les coups peuvent êtres permis, l'Histoire le prouve allégrement. Retenir ses coups dépend de l'état moral de la société qui fait la guerre, de l'application de garde-fous et de l'application de la justice.
Oui, j'ai une notion de ce qu'est un crime de guerre, j'ai aussi une notion des moyens à employer pour les empêcher et pour les sanctionner après coup. La leçon à retenir là est qu'il faut toujours une force conséquente et supérieure pour punir les auteurs de crimes de guerre et que l'angélisme des déclarations d'intention n'ont aucun effet si on y adjoint pas des moyens de rétorsion puissants.
Le 8 juillet à 19h07
Modifié le 8 juillet à 20h41
Modifié le 8 juillet à 10h59
Le 8 juillet à 11h02
Le 8 juillet à 12h23
Donc je dirais que oui, l'ONU a eu un impact réel, mais comme dans un pays, si des forces armée puissantes décident de ne pas supporter le gouvernement, ça part en sucette (voir Haïti, le Soudan…)
Le 8 juillet à 19h09
Le 9 juillet à 08h44
Le 8 juillet à 20h45
Le 9 juillet à 13h52
Je pense même que cette impuissance par nature a plutôt desservi l'ONU.
Le 9 juillet à 10h15
Dans le premier cas, les morts potentiels sont décidés et assumés par un humain qui a pleinement conscience de leur existance. Je rappelle que les Urkrainiens s'arrangent pour minimiser les mirts civils russes en choisissant les heures des attaques.
Dans le cas des attaques Israéliennes, rien n'est fait pour s'assurer de minimiser les morts civils.
Brefs, deux usages très différents de l'IA.
Il faut donc se garder de porter des jugements à l'emporte pièce.
Le 9 juillet à 13h54
Le 8 juillet à 10h13
Le 8 juillet à 12h30
Le 8 juillet à 12h49
Modifié le 8 juillet à 13h23
J'en déduis que prendre une vie humaine est OK.
Le 8 juillet à 13h25
Le 8 juillet à 13h55
Le 8 juillet à 19h10
Le 8 juillet à 14h00
Le 8 juillet à 14h37
Tuer n'est pas anodin, mais tolérable jusqu'à un certain point par les sociétés quand c'est ritualisé d'une façon ou d'un autre, certes, c'est un vernis, on dira, mais c'est comme ça. Il y a souvent eu des sortes de règles implicites sur ce qui est ou pas admis dans la guerre.
Par contre, l'idée d'être tué dans un processus "industriel" ou personne n'a appuyé sur la détente, c'est tout l'inverse.
Ce n'est pas pour rien que l'élevage industriel nous met souvent collectivement bien moins à l'aise que l'idée de la chasse "traditionnelle".
Le 8 juillet à 15h02
Donc bon... le côté traditionnel... voilà.
La formulation reste maladroite en ce qui me concerne.
Le 8 juillet à 19h11
Modifié le 8 juillet à 20h22
Et n'oublions pas les pluies de drones aussi en Iran.
Le 9 juillet à 13h43
L'Ukraine repose surtout sur des missiles à longue portée (le flamingo de la société Fire Point) qui paralysent la logistique russe et ses capacités à financer sa guerre (12 pétroliers touchés rien que la nuit dernière, sans compter les raffineries en feu dans toute la Russie). Les drones sur le front sont avant tout une façon (d'un côté comme de l'autre) de compenser le manque de munitions lourdes. Et ils ne sont pas opérés loin du front, leurs opérateurs sont dans la zone grise. Ils sont utiles car il rendent la manœuvre très complexe, surtout en rendant la zone de front totalement transparente, mais le fait que les équipements lourds restent des cibles de choix montre bien que ces derniers sont importants.
L'Iran a aussi pas mal de missiles balistiques, qui font bien plus de dégâts que les Shahed, et sont bien plus durs à intercepter. De plus, la ligne est quand même assez ténue entre drone et missile (un shahed, c'est pas piloté à distance, ça a une coordonnée cible, et ça y va tout droit ou en passant par des points intermédiaires, dans le principe, c'est plus comme un missile de croisière).
Le 8 juillet à 18h06
Tellement réel...
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