Uber : cinq chauffeurs de VTC déposent plainte pour traite d’êtres humains
Service sous contrainte
Alexander Torrenegra from Secaucus, NJ (New York Metro), United States, CC BY 2.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/2.0>, via Wikimedia Commons
Le 02 juillet à 12h13
Cinq chauffeurs de VTC ont déposé plainte pour traite d’êtres humains contre Uber, une action qui vient s’ajouter à celle de quatre livreurs contre Uber Eats et Deliveroo.
Uber : cinq chauffeurs de VTC déposent plainte pour traite d’êtres humains
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Alexander Torrenegra from Secaucus, NJ (New York Metro), United States, CC BY 2.0
Cinq chauffeurs de VTC ont déposé plainte pour traite d’êtres humains contre Uber, une action qui vient s’ajouter à celle de quatre livreurs contre Uber Eats et Deliveroo.
Droit
Droit
5 min
Cinq chauffeurs de VTC ont déposé plainte au pénal contre Uber. D’après les informations de Libération, ils accusent la société de « traite d’êtres humains ». Au dossier sont versés les éléments collectés au gré de plus de 300 procédures lancées aux prud’hommes et soutenues par le syndicat FO-INV, qui aide les plaignants à demander la requalification de leurs contrats de travail.
La plainte est déposée quelques jours à peine après le reflux d’une vague caniculaire pendant laquelle les conditions de travail de certains de leurs collègues, livreurs de repas à domicile, se sont elles aussi dégradées. Auprès de Politis, nombre d’entre eux décrivent un surplus de commandes alors même que les trajets à vélo ou à scooter sont rendus d’autant plus épuisants par la chaleur.
Travailler sans pouvoir payer son loyer
La plainte pour traite d’êtres humains, elle, ne concerne pour le moment que des cas de chauffeurs VTC. Le membre de l’INV Brahim Ben Ali détaille à Libération les cas de chauffeurs « décédés de crises cardiaques ou d’AVC alors qu’ils conduisaient » (au moins huit en un an), les situations de « travailleurs sans-papiers », de « vulnérabilité », de « surendettement ». Chauffeur depuis 2019, plaignant dans l’affaire, Mohammed, 50 ans, se décrit comme « prisonnier » d’un système sur lequel il n’a pas de prise : nombreux sont ceux qui, comme lui, enchaînent les heures de travail sans parvenir pour autant à assumer le poids de leur loyer et autres charges.
Couplé à la recherche permanente d’augmentation des profits de la part des plateformes, le conseil d’INV maître Samir Kahoul estime que ces éléments, dont le « recrutement massif et organisé » d’une catégorie précise de la population, à l’aide d’outils numériques, permettent de caractériser la traite d’êtres humains. À ses côtés, Brahim Ben Ali appelle à ne plus simplement discuter d’« indépendance » et de « salariat », mais bien à ouvrir le débat sur l’esclavage moderne.
Un enjeu qu’Uber, dans son cas, rejette clairement, qualifiant les prises de position de Brahim Ben Ali de diffamation.
Un enjeu qui relie divers types de travail des plateformes
Difficile, néanmoins, de ne pas faire le lien avec une autre plainte, déposée fin avril, contre Deliveroo et Uber Eats. Cette fois-ci, ce sont quatre livreurs qui ont accusé les deux plateformes de traite d’êtres humains, critiquant non seulement la baisse régulière des rémunérations, mais aussi le recours important à des travailleurs sans papiers et une organisation « violente » recourant de manière « systématique » à la discrimination.
En mars 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publiait un long avis détaillant l’ampleur des risques psychosociaux auxquels est exposée cette catégorie de travailleurs. Un an plus tard, un autre travail réalisé par Médecins du Monde, l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques (Ined) constatait que que 85 % des livreurs souffraient de fatigue chronique, 45 % étaient en détresse psychologique, 36 % touchés par des douleurs « intenses et régulières » au bas du dos, pour un revenu net moyen de 880 euros, soit bien en-dessous du smic.
Leur plainte prend une nouvelle couleur alors que le mois de juin 2026 a enregistré des records de chaleur. Auprès de Politis, le coordinateur de la Maison des livreurs de Bordeaux Jonathan L’Utile Chevallier constate que « notre société est en train de s’habituer à ce que des personnes essentiellement étrangères et racisées nous servent », sans préoccupation pour la complexité accrue de leur activité lors des épisodes climatiques extrêmes (grand froid ou canicule).
Hors de France, des discussions sont déjà ouvertes pour d’autres types de travail des plateformes. C’est notamment le cas d’entraîneurs de données kényans, qui adressaient en 2024 une lettre ouverte au président des États-Unis, Joe Biden, l’appelant à mettre fin aux modèles déployés par les géants du numérique, qui les maintiennent, eux, dans des « conditions de travail relevant de l’esclavage moderne ».
Commentaires (18)
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Abonnez-vousModifié le 2 juillet à 13h12
edit : comparé au pillage du droit d'auteur massif pour les IA, justifié par le fair use.
Certains estiment-ils que le fair use peut-être étendu à l'esclavage ?
Le 2 juillet à 12h44
Modifié le 2 juillet à 13h31
Et pour ceux qui veulent quand-même continuer, il y a ce site qui permet de calculer le pourboire à donner au livreur pour que sa rémunération et sa protection sociale s'approchent de celles d’un salarié : https://fais-voir-le-pourboire.fr
Le 2 juillet à 14h15
Le silence devient assourdissant.
Évitons d'utiliser les services de livraison à domicile quand il ne sont pas effectué par des salariés (Ubert Eats, Deliveroo, Courses Carrefour)… ils pullulent !
Évitons les services de VTC passant par des plateformes prédatrices (Uber Eats)
Propageons un discours de défense des droits des travailleurs (que l'on célèbre les 1er mai), à commencer lorsqu'il s'agit d'emploi par une base de contrats CDI.
Encourageons les regroupement de travailleurs employés pour qu'ils puissent défendre collectivement leurs droits face à leurs employeurs. On pourrait même trouver un nom pour cela : que pensez-vous de "syndicat" ?
Le 2 juillet à 14h54
L'action est tuée dans l’œuf à cause des bouches (souvent payées) qui font le travail inverse. jusqu'à entendre des horreurs comme : Hannn tu vas priver quelqu'un de revenus. Et c'est un mec de gauche (supposément) qui lance ça. Ce qui devient complètement risible (mais jaune en fait).
C'est cette façon de couper le débat qui empêche de mettre le doigt sur le problème et ensuite d'en chercher les causes... Et ça fait mouche. Bien malheureusement trop souvent.
Ensuite il y le fait que personne n'arrive à proposer d'alternative (les plus petites entreprises surtout). Les gros inondent le marché. Même à perte et ça finit toujours pareil. Avec le concours plus ou moins complice des élites / représentants. C'est pas comme si c'était la première affaire...
Le 3 juillet à 00h38
Quand un concurrent éthique peut très difficilement émerger parce que ça coûte moins cher et rapporte plus de ne pas être éthique, c'est le rôle de la réglementation de forcer un minimum d'éthique.
Évidemment que les alternatives à Uber Eats ne le surpasseront pas seules. Il faut que les politiques aident, au niveau européen ça passe par la présomption de salariat, et au niveau français ça va finir par bouger aussi.
Le 3 juillet à 13h48
On peut détailler à ce sujet avec les Uber Files.
Uber -> Lobying/influence -> réglementation pas en défaveur au moins -> Uber wins.
Si on inverse la vapeur :
Réglementation en faveur du travailleur -> contrôle (surtout contrôle) et amendes du responsable et pas du travailleur (en bout de chaine) -> travailleur un peu plus content (ça reste des métiers pas facile).
A moins d'avoir mal compris.
Le 2 juillet à 12h47
Quand l'entre-soi te vide de toute empathie, incapable de penser l'autre, ses difficultés, etc ...
A mais oui, il est resté dans le hall de gare.
Le 2 juillet à 13h10
Et puis faut voir le long terme, tout ceci n'est que transitoire, ils seront bientôt tous remplacés par des systèmes automatisés.
Le 2 juillet à 14h40
Le 3 juillet à 18h04
Modifié le 4 juillet à 09h30
C'est beau la crédulité ...
Il a "vendu" Alstom en pensant à ses élections futures et uniquement ça. 👍
Le 2 juillet à 14h03
Modifié le 2 juillet à 14h41
Le 2 juillet à 13h20
...
Ces emplois ne peuvent exister que par l'exploitation honteuse de ces personnes, au bénéfice de nos nouveaux citadins bourgeois votant pourtant "correctement" paraît-il.
Le 2 juillet à 15h10
Il manque juste une ambition politique pour que ces "emplois" ne soient pas de l'auto-entreprenariat. Comment on faisait avant ? On payait déjà son taxi, ou sa livraison. Il faut imposer que ces travailleurs aient un vrai contrat de travail (CDD puis CDI).
Et si cela coûte plus cher, ce n'est pas grave, c'est le prix à payer pour qu'un travailleur vive de son travail. C'est le cas de tout le monde non, on veut avoir une rémunération à la hauteur du travail, et qui nous permette de vivre ? Pourquoi cela excluerait ces métiers préciaires, pénibles, où on exploite juste de gens qui font le boulot qu'on ne veut pas faire nous-même ? Si le vrai tarif est affiché "0€ si vous bougez votre cul du canapé, +5€ si quelqu'un le fait à votre place", les clients réfléchiront.
De plus les livreurs devraient aussi noter les clients. Celui qui râle parce que son livreur s'est arrêté 5mn pour boire un coup pendant la canicule : rayé à jamais des clients. Tiens pour une fois, je suis pour le croisement des fichiers, pour que tous les services excluent de genre de "personnes".
Perso je n'ai jamais fait appel à ces livreurs précaires. Et j'ai renoncé à une excellente pizzeria qui a viré ses livreurs en CDI pour prendre des auto-entrepreneurs.
Le 2 juillet à 19h35
Le 6 juillet à 12h31
note quand même: la livraison des courses c'est 12.9€ pas 5€ que choisis quand même parce que c'est un fort que je peux et veux me payer (suis plus tout jeune ;) et je bois de l'eau en pack (je sais que c'est mal..).
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