L’industrie du jeu vidéo regarde du côté de la publicité face à l’explosion des coûts
Le temps de cerveau disponible des joueurs
Image : EA
Le 16 juin à 11h01
Des budgets toujours plus énormes, des temps de développement toujours plus longs, mais un nombre de joueurs qui augmente peu sans que ces derniers ne dépensent plus : pour les éditeurs de jeux, notamment les AAA, c’est la quadrature du cercle. Augmenter les prix des jeux n’est guère populaire, alors quoi ? Une des solutions envisagées par l’industrie ne plaira pas à tout le monde : plus de pub.
L’industrie du jeu vidéo regarde du côté de la publicité face à l’explosion des coûts
Le temps de cerveau disponible des joueurs
Image : EA
Des budgets toujours plus énormes, des temps de développement toujours plus longs, mais un nombre de joueurs qui augmente peu sans que ces derniers ne dépensent plus : pour les éditeurs de jeux, notamment les AAA, c’est la quadrature du cercle. Augmenter les prix des jeux n’est guère populaire, alors quoi ? Une des solutions envisagées par l’industrie ne plaira pas à tout le monde : plus de pub.
Économie
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4 min
De la pub dans les jeux vidéo, ce n’est vraiment pas inédit. Les liens entre ces deux activités sont anciens : Adventureland, un jeu d’aventure textuel de 1978 (!), créé par Scott Adams, contient un message à la fin qui fait la promotion d’un livre de l’auteur. En 1983, le jeu Tapper était entièrement habillé aux couleurs d’une célèbre marque de bière américaine. Mais sans remonter si loin, les simulations sportives, notamment de course et de foot, multiplient les espaces de pub, comme à la télé.
À la fin, c’est toujours la pub qui gagne
Electronic Arts, géant états-unien du jeu vidéo, n’est jamais en panne d’idées pour rentabiliser ses lucratives franchises. Le groupe a en effet largement contribué à populariser et normaliser certaines formes de microtransactions, comme les fameux modes Ultimate Team inaugurés en 2009 dans les jeux FIFA (des packs virtuels de cartes de joueurs). EA a aussi multiplié les « loot boxes » qui, dans certains pays comme la Belgique, s’apparentent à des jeux de hasard.
Le groupe a lancé une nouvelle plateforme publicitaire, EA Advertising, pour faciliter la présence de marques dans ses jeux sportifs. Il y a du potentiel : « Les fans interagissent avec EA SPORTS à une échelle considérable : chaque jour, ils jouent l’équivalent de 23 000 saisons de NFL dans Madden NFL et disputent plus d’un milliard de matchs par mois dans EA SPORTS FC », s’enorgueillit l’entreprise. La publicité est déjà largement présente dans ces jeux, mais cette initiative vise à en afficher encore plus, et pas uniquement dans les panneaux autour du terrain.
Les marques vont ainsi pouvoir « s’intégrer directement au gameplay grâce à des placements dynamiques mis à jour en temps réel » : non seulement des panneaux de pub dans les stades virtuels, mais aussi avec des contenus personnalisés. Une boisson a ainsi habillé de ses couleurs un stade de College Football 26, en y ajoutant sa propre mascotte et des récompenses spécifiques.
EA a fait appel à d’autres annonceurs pour apparaitre ici et là dans les simulations de sport de l’éditeur. Il s’agit de formaliser ces initiatives au travers d’une filiale dédiée, ce qui signifie aussi que les joueurs vont subir davantage de pubs dans leurs jeux préférés.
La pub au secours de Xbox
Pousser la publicité dans les jeux vidéo n’est pas limité à EA. Matthew Ball, le nouveau directeur de la stratégie de Xbox, a fait le parallèle entre le marché du jeu mobile, où la publicité a fait son nid, et celui des PC et consoles. Car au bout du compte, « la publicité finit toujours par occuper tous les espaces disponibles », explique-t-il chez The Game Business. On voit de la pub même pendant les pauses sur Disney+ ou Netflix… « La même logique arrivera probablement, sous une forme ou une autre, sur PC et consoles ».
« Nous ne voulons pas de licenciements. Nous ne voulons pas moins de jeux. Nous ne voulons pas toujours les mêmes jeux. Nous ne voulons pas non plus de hausse des prix. L’argent doit bien venir d’une manière ou d’une autre », ajoute-t-il en rappelant que les joueurs ne dépensent pas davantage. Est-ce à dire que de la publicité va apparaitre dans les jeux Xbox ? La division de Microsoft n’est pas au mieux de sa forme et tire le diable par la queue elle aussi.
Matthew Ball a cependant tenu à démentir les spéculations. Il rappelle d’abord n’avoir pas fait mention de publicité « in game » dans la précédente interview. « Je suis convaincu que les publicités qui interrompent directement le gameplay seraient mal perçues », affirme-t-il au soulagement, sans doute, de nombreux joueurs.
Ce qu’il a dit en revanche, c’est que « la publicité pourrait servir à proposer des alternatives moins coûteuses aux expériences actuelles sans publicité, avec l’espoir que davantage de personnes puissent ainsi jouer ». De la même manière que Netflix ou Disney+ qui proposent des abonnements plus abordables, financés par la publicité. Une rumeur court selon laquelle Xbox pourrait effectivement lancer prochainement une telle formule.
Commentaires (17)
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Abonnez-vousAujourd'hui à 11h38
Modifié aujourd'hui à 11h43
En revanche dans tous les autres types de jeux auxquels je peux penser, c'est rédhibitoire pour moi. Pour 3 raisons : d'une, il est hors de question que je paie un produit pour qu'il m'inonde de pub indésirable, de deux, je ne veux pas qu'on me profile quand je joue, de trois, cela impliquera une connexion Internet obligatoire y compris pour des jeux solos. C'est déjà parfois le cas, je n'ai pas envie qu'un argument supplémentaire qui bouffe de la bande passante pour de la m*rde s'ajoute à cela. Et j'imagine déjà le jeu qui refuse de se lancer si le serveur qui héberge les PNG des pubs est inaccessible...
Qu'il y ait de la pub dans un free-to-play, je n'ai aucun problème avec ça. Dans un jeu payant c'est absolument hors de question.
L'industrie se trompe : les joueurs veulent plus de surprises, plus de créativité, et les éditeurs continuent à ne pas prendre de risque, essorer les sagas AAA, et augmenter leurs profits. Faut pas se laisser berner par les pleurnicheries "nous ne voulons pas de licenciements", c'est un homme de paille.
Ils se contrefichent depuis toujours de la santé des salariés, -presque- tous dans des emplois ou des situations précaires, dans des modes de management délétères. Ils se contrefichent des licenciements, la seule chose qui compte c'est la logique de marché : dépenser le moins possible, multiplier les rentrées d'argent, et vendre le plus possible et le plus cher possible.
Aujourd'hui à 12h15
Aujourd'hui à 12h28
Aujourd'hui à 12h58
On a baissé le salaire des devs, des artistes et augmenté leur temps de travail, plus ca créerait trop de problèmes.
On a poncé, dérivé, recopié, faite des suites et des origines sur tout ce qu'on pouvais, on arrive au bout et ca se sent.
On a fait des DLC payants, crées les lootboxs, utilisés des logiques de casinos, des darks patterns et autres, on a fait en sorte que les jeux n'appartiennent pas vraiment a ceux qui les ont acheté, on a retiré des jeux encore joués pour faire des suites sans changements réels, ca gueule et ca deviens problématique au point qu'il y a des lois qui sont faites pour encadrer tout ca.
On est la plus grosse industrie de loisir du monde, on a largué le cinéma loin derrière mais on a peur d'avoir atteint un point ou ca ne progressera plus assez.
Mais on en veux encore plus !
Alors on fait comme si on avais du mal a joindre les deux bouts pour préparer les esprits a l'arrivée de la pub dans les jeux vidéos.
Je ne vais pas plus loin, il n'y a que des insultes qui me viennent a l'esprit ^^
Aujourd'hui à 13h10
Aujourd'hui à 13h22
Cliquez sur
[Pas de dégâts supplémentaires]
[1d6]
[2d6]
"
Il y a 18 minutes
Aujourd'hui à 14h15
(et à quand uBlock Origin sur Nexus ....
Aujourd'hui à 14h18
Les suspects habituels : Electronic Arts, FIFA, EA, EA Advertising, EA SPORTS, NFL, EA SPORTS, EA, Xbox, EA, Xbox, Disney+, Netflix, Xbox, Microsoft, Netflix, Disney+, Xbox...
« Quand on pense qu'il suffirait que les gens n'achètent pas pour que ça ne se vende pas ! »
Aujourd'hui à 14h26
Mais je partage l'idée que payer des jeux pour derrière payer des pubs c'est aussi problématique qu'un abonnement à la VOD qui ajoute aussi de la pub.
Bon, en plus là c'est spécifiquement les productions sportives annualisées... le système vache-à-lait par excellence.
Mais il y a peut être d'autres réflexions à avoir sur l'industrie et/ou notre attitude de consommateur : la course à la performance visuelle/technique est-elle pertinente ? Quid de l'évolution ou de la stagnation du gameplay ? pourquoi des youtoubeurs surfent-ils sur l'idée qu'on ne s'amusent plus sur les JV (je n'en ai regardé aucun, je ne juge pas) ? Ne dépensons-nous pas trop de l'argent dans trop de jeux que nous avons à peine le temps de toucher ? Cette dernière question est d'expérience : j'accumule plus de JV que je n'ai le temps d'en jouer. Et je finis par avoir un "backlog" à la croissance inexorable... et je ne semble pas être le seul.
Aujourd'hui à 14h29
"Alors, enfant de Calgon, des progrès dans ta quête?"
"Réveille-toi, Redbull! Nous avons une ville à brûler."
Aujourd'hui à 14h56
Par contre, l'expérience me dit que jamais les boîtes de JV ne vont s'arrêter à du placement discret, on les connait trop bien. Ils vont juste progressivement en mettre de plus en plus et à la fin ça va être des coupures pub dans les jeux, et ça c'est juste non.
Le vrai problème qui ressort du témoignage finalement c'est le capitalisme. Toujours vouloir plus d'argent. Ce qui fait que lorsque l'on atteint la saturation du marché, l'entreprise n'a plus de moyen de fonctionner puisqu'elle ne peut plus vendre plus. Pourquoi on ne se contenterait pas d'un marché qui n'augmente pas beaucoup ? L'amour de l'argent.
Il y a 44 minutes
À l'instant
Aujourd'hui à 15h02
Aujourd'hui à 15h06
Avec les AAA, on a l'impression (en tout cas, c'est comme ça que je le perçois) que ce qui fait un jeu, se sont ses graphismes....
Ben non. Ce qui fait un bon jeu, c'est avant tout son gameplay. C'est sur qu'un jeu très beau, c'est toujours un plaisir pour les yeux. Mais si c'est pour littéralement se faire chier en y jouant, cela ne sert à rien.
Prendre les joueurs pour des imbéciles, on va dire que ça n'aide pas non plus. Les DRM, les achats in-app, les extensions qui n'apportent rien, etc. tout ça rapporte peut être pour eux, mais pour des joueurs tel que moi, ça me gonfle. Je n'ai pas envie que mon jeu "hors ligne" soit injouable parce que l'éditeur a décidé de couper les serveurs.
Et si les joueurs ne dépensent peut être pas plus, certains dépensent autrement. J'ai repris du plaisir avec les jeux indé, aux graphismes parfois "minables" comparés aux AAA. Mais le gameplay... une telle réussite. Et franchement, on peut toujours trouver la perle qui va nous correspondre. Et c'est un pur bonheur.
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