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[FAQ] Rachat de SFR : toutes les réponses à vos questions et inquiétudes

S'en Fout Royalement

[FAQ] Rachat de SFR : toutes les réponses à vos questions et inquiétudes

Illustration : Flock

SFR devrait, sauf revirement de situation, être vendu à la découpe à Bouygues Telecom, Free et Orange. Cette opération soulève de nombreuses questions, aussi bien réglementaires que pratiques. Les clients SFR vont-ils par exemple devoir changer de forfait ? Les tarifs vont-ils augmenter avec le passage de quatre à trois opérateurs ? Nous avons des réponses.

La France pourrait revenir à trois opérateurs dans les prochains mois, c’est en tout cas le sens de l’annonce faite par un consortium composé de Bouygues Telecom, Free-iliad et Orange pour racheter SFR à Altice. Cette opération de concentration soulève de nombreuses questions, aussi bien pour les particuliers que les professionnels et l’ensemble des acteurs du marché.

SFR est en effet le second opérateur national et revendique plus de 25 millions de clients : un peu moins de 20 millions sur le mobile et 6 millions sur le fixe. En cas de finalisation de l’accord, ils seront répartis entre les trois opérateurs restants.

C’est fait, SFR a été racheté ?

Non, ce week-end c’est « la signature d’un protocole d’accord avec Altice France en vue de l’acquisition de SFR » qui a été annoncée. Un accord a été trouvé, mais il faut le mener à terme. Cela prendra encore des mois avant d’être finalisé… si tout se passe comme prévu. Une des parties peut en effet se rétracter, mais elle aurait alors de lourdes pénalités à payer.

Cette étape importante est faite suite à plusieurs mois de négociations. Officiellement, une offre de rachat de SFR avait été déposée par les trois partenaires mi-octobre 2025, pour 17 milliards d’euros. C’était déjà un secret de polichinelle : la vente de SFR était sur toutes les lèvres depuis des mois. Altice avait rapidement répondu « non » à cette proposition, mais il s’agissait de faire monter les enchères, pas de fermer la porte.

Mi-avril, une nouvelle offre à 20,35 milliards d’euros était déposée. Altice, Bouygues Telecom, iliad et Orange sont alors entrés en négociations exclusives pour finaliser les termes du rachat. Désormais, l’accord est signé, mais la vente est loin d’être finalisée. Rappel utile du communiqué : « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée ».

Des obstacles réglementaires à prévoir en cours de route ?

Oui, au nom de la « concurrence », comme l’explique le régulateur des télécoms (Arcep) dans son communiqué suite à la signature de cet accord : « L’Autorité de la concurrence ou la Commission européenne [notez le « ou » et pas « et », ndlr] seront en charge d’examiner le projet de fusion et de l’autoriser ou non. Dans un cas comme dans l’autre, l’Arcep pourra être saisie par l’une de ces autorités et sera alors amenée à rendre un avis sur le projet de fusion ».

Qui de l’Autorité de la concurrence ou de la Commission européenne va devoir trancher ? Ce sera l’un ou l’autre, pas les deux. La question reste en suspens et ne sera pas simple à trancher. Nul doute qu’une armée de juristes et d’experts se penche sur la question.

L’Autorité de la concurrence explique que « lorsque l’opération concerne le territoire de plusieurs États membres et que les chiffres d’affaires des entreprises concernées sont très importants (notamment lorsque le chiffre d’affaires mondial dépasse 5 milliards d’euros pour l’ensemble des parties à l’opération et 250 millions d’euros réalisés par au moins deux des sociétés dans l’Union européenne), la Commission européenne est compétente ».

« Elle peut cependant décider d’en renvoyer l’examen à l’Autorité de la concurrence si elle l’estime mieux placée pour examiner l’affaire. Tel est le cas lorsque les effets de l’opération interviennent principalement sur le territoire français ». L’Autorité de la concurrence, par le biais de son président, avait déjà annoncé que, « si cette opération devait être notifiée, nous la regarderions sans camper sur nos positions d’il y a neuf ans ». Elle se tient donc prête à enquêter.

Orange et iliad sont présentes dans plusieurs pays d’Europe, la dimension européenne est une réalité. Dans le même temps, cette vente concerne au premier plan le marché français avec un passage de quatre à trois opérateurs. D’ailleurs, est-ce une ou trois ventes (une à chaque opérateur) ? Tous les scénarios semblent ouverts à ce stade, y compris celui d’une notification devant la Commission européenne qui déciderait de renvoyer l’affaire à l’Autorité de la concurrence.

L’Arcep garde la main sur les fréquences et devra donner son accord pour « autoriser les cessions d’autorisations d’utilisation de fréquences (AUF Autorisation d’utilisation de fréquences) entre opérateurs mobiles ». Il y a plus de 150 MHz de spectre à se répartir.

Laure de la Raudière, présidente de l’Arcep en profite pour adresser un message à SFR sur le respect de ses obligations sur les déploiements et la qualité de ses réseaux : elles « demeurent bien évidemment en vigueur : continuité de service, couverture du territoire, qualité de service doivent être maintenues au profit de l’expérience des utilisateurs ».

20 milliards d’euros… pour quoi exactement ?

La signature de l’accord prévoit une valorisation des actifs d’Altice France à hauteur de 20,35 milliards d’euros « en valeur d’entreprise ». La répartition actuelle est la suivante : 42 % pour Bouygues Telecom (8,55 milliards d’euros), 31 % pour Free-iliad (6,2 milliards d’euros) et 27 % pour Orange (5,6 milliards d’euros). Elle pourra « varier d’ici au closing en fonction de l’évolution des bases clients ».

L’accord prévoit que certains actifs ne sont pas dans l’accord signé. Sont ainsi « exclues les participations dans les sociétés XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services ainsi que les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d’outre-mer ». C’est la même liste qu’en octobre dernier, pas de surprise sur ce point.

UltraEdge est une entreprise de datacenters de proximité en France. XP Fibre, anciennement SFR FTTH, est un opérateur d’infrastructure (OI) qui déploie la fibre en France, créé après l’acquisition de Covage par SFR FTTH. Altice en détient 50,01 %, un consortium de trois investisseurs (Allianz, Axa et Omers) a les 49,99 % restant. Enfin, ATS (Altice Technical Services) développe, exploite et assure la maintenance d’infrastructures réseaux.

Il y a bien Intelcia qui a disparu entre-temps, mais c’est logique puisque l’entreprise marocaine spécialisée dans les centres d’appels a été vendue en novembre 2025. La principale différence visible de l’extérieur est donc la hausse de 3 milliards d’euros.

Le consortium explique que les actifs non repris (notamment les réseaux Fixe et Mobile hors Crozon, une partie du réseau de distribution et l’IT hors B2B) « resteraient gérés pendant une phase transitoire de minimum 30 mois au sein de SFR SA, qui sera détenue à parts égales par les trois membres du Consortium afin d’assurer la continuité des opérations pendant la période de transition ».

Crozon est, pour rappel, une mutualisation, depuis 2014, des réseaux de SFR et Bouygues Telecom pour la fourniture de services 2G, 3G et 4G sur une partie du territoire. Il s’est étendu en 2023 à la 5G, sous la surveillance de l’Arcep.

Une découpe en trois parts égales ? (Non, à la Obélix)

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Commentaires (5)

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La problématique qu'Orange évoque c'est l'effet de taille des opérateurs Européens versus américains et chinois.

Perso je suis comptant que pour mon portefeuille qu'il y a eu cette concurrence qui permet en France d'avoir les meilleurs (?) offres au monde (tarif fixe et illimités + roaming etc.)
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Personnellement, je suis beaucoup moins optimiste sur cette partie :
À court et moyen termes, la réponse est probablement non. Le marché est certes concurrentiel, mais aussi arrivé à maturité et il s’est relativement stabilisé depuis quelques années.
Tout comme beaucoup d'analystes. Après, on verra bien...
Ca fait bien longtemps que Free ne tire plus les forfaits vers le bas sur les offres "sans pleins de trucs inutiles". Orange généralement ne fait que s'aligner.

Même si on ne peut pas être affirmatif sur ce qu'il va arriver aux boutiques, je suppose que je ne suis pas le seul qui de tête, peux citer plusieurs zones commerciales avec une boutique SFR et BT ou Orange face à face ou à proximité. je ne vois pas bien par quel miracle, en 2029, les deux resteraient ouvertes dans ces cas.
Clairement, je comprends la fébrilité des employés.
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C'est clair. Les tarifs sont tirés vers le bas par B&You et Red qui se tirent la bourre (et Sosh qui regarde). Sans savoir ce que Free fera de Red, difficile de voir comment le prix des forfaits minis évoluera.
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Expérience pro: Coriolis dans les 2 semaines de son rachat par SFR est passé de "MVNO tout à fait correct" à "l'enfer sur terre".

Espérons pour eux que le rapatriement chez Orange leur fera du bien.
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Quand ça sera fait, je me barre de Prixtel.
Pas moyen que je donne de l'argent à Bouygues.