[Màj] Meta a retiré le système de reconnaissance faciale de ses lunettes connectées
Harcèlement de rue connecté
Le 09 juin à 09h02
L’intégration de la fonction Name Tag est déjà en cours dans l’application Meta AI. Celle-ci doit permettre la reconnaissance faciale via les lunettes connectées de l’entreprise. La communication de l’entreprise vis-à-vis de la fonctionnalité intrusive reste ambivalente.
[Màj] Meta a retiré le système de reconnaissance faciale de ses lunettes connectées
Harcèlement de rue connecté
L’intégration de la fonction Name Tag est déjà en cours dans l’application Meta AI. Celle-ci doit permettre la reconnaissance faciale via les lunettes connectées de l’entreprise. La communication de l’entreprise vis-à-vis de la fonctionnalité intrusive reste ambivalente.
Société numérique
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6 min
Mise à jour le mardi 9 juin, 8h25 : Lors de la dernière mise à jour de son application Meta AI, l’entreprise de Mark Zuckerberg a supprimé les lignes de code correspondant à la fonctionnalité « Name Tag » qu’elle envisageait de mettre en place pour doter ses lunettes de la reconnaissance faciale. En analysant le code de l’application, nos confrères de Wired avaient pu remarquer que Meta avait déployé discrètement du code de cette fonctionnalité sans pour autant qu’elle soit activée ni même finalisée. Après la publication de leur article, l’entreprise a fait machine arrière dans la mise à jour suivante, ont-ils constaté. « Aucune décision définitive n’a encore été prise quant à la marche à suivre, si tant est qu’il y en ait une », a réagi Andy Stone, le vice-président de la communication de Meta.
Article original publié le 5 juin à 16h33 :
Meta a discrètement intégré du code dans son application Meta AI pour activer la reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées, dont les modèles créés en collaboration avec Ray-Ban et Oakley.
En février, on apprenait que l’entreprise de Mark Zuckerberg réfléchissait à une fonctionnalité de ce genre baptisée « Name Tag ». Un mémo datant de janvier 2025 analysait de façon assez cynique que le lancement pourrait bénéficier « d’une période de contexte politique dynamique » dans laquelle les personnes critiques envers ce genre de fonctionnalités « auront concentré leurs ressources sur d’autres préoccupations ».
Du code déjà bien intégré dans l’app Meta AI
Mais Wired a pu découvrir que, depuis janvier dernier, plusieurs mises à jour de l’application Meta AI ont permis à l’entreprise d’y ajouter du code implémentant « Name Tag » petit à petit. Nos confrères affirment que des « composants essentiels du système » ont été intégrés dans l’application distribuée à des millions de personnes qui est nécessaire à l’utilisation des lunettes connectées de Meta.
Dès qu’elle sera activée, la fonction « Name Tag » pourra comparer tous les visages passant devant les lunettes à une base de données d’ « empreintes faciales » qui sera stockée sur le téléphone de l’utilisateur. La reconnaissance d’un visage entrainera des notifications à l’utilisateur tandis qu’un nouveau visage sera automatiquement indexé dans cette base dans un dossier « en attente ».
Le code du système « Name Tag » qu’a pu analyser Wired peut aussi récupérer des empreintes faciales depuis les serveurs de Meta et les stocker sur les appareils des utilisateurs afin d’alimenter cette base d’empreintes faciales.
Une empreinte biométrique représentée par une série de 2 048 nombres
Selon l’analyse du code, Meta a découpé la fonctionnalité « Name Tag » en trois : un modèle détecte les visages, une autre partie du code les recadre et enfin une troisième permet de les convertir en données biométriques. Les premières esquisses de l’interface graphique baptiseraient la fonction du nom « Connections » et proposeraient aux utilisateurs des lunettes Meta de « se souvenir des personnes qu’ils ont rencontrées ».
L’Electronic Frontier Foundation (EFF) confirme l’analyse de nos confrères. L’ONG ajoute que la fonctionnalité mise en place par Meta « enregistre les empreintes faciales sous la forme d’une série de 2 048 nombres représentant de manière unique la disposition des traits du visage d’une personne ». « Lorsque cette fonctionnalité est activée, elle convertit chaque nouveau visage capté par les lunettes de surveillance en une série de nombres, puis la compare à toutes les empreintes faciales existantes dans la base de données de l’utilisateur », explique-t-elle.
L’EFF déplore que « malgré les innombrables raisons de ne pas le faire, Meta semble avoir mis en place les moyens de transformer ses clients en une machine de surveillance décentralisée ». Elle ajoute que « c’est une raison de plus de bien réfléchir avant d’acheter ou d’utiliser les lunettes de surveillance de Meta ».
« En intégrant la technologie dans l’écosystème, on établit des normes et des standards », explique l’ancien responsable de l’encadrement des pratiques chez Meta Reality Labs, Joseph Jerome. « Je ne vois pas comment Meta pourrait déployer une technologie comme celle-ci de manière responsable », ajoute-t-il.
L’ambivalente communication de Meta
En avril dernier, plus de soixante-dix associations dédiées à la défense des libertés numériques ou à la lutte pour les droits des femmes et des minorités signaient une lettre ouverte contre l’intégration de la reconnaissance faciale dans les lunettes connectées de Meta à destination de Mark Zuckerberg. À l’époque, l’entreprise assurait :« Nos concurrents proposent ce type de produit de reconnaissance faciale, ce qui n’est pas notre cas. Si nous devions lancer une telle fonctionnalité, nous adopterions une approche très réfléchie avant de la déployer ».
Face aux révélations de nos confrères, Meta assure maintenant : « les faits sont simples : nous avons déjà indiqué que nous étudiions ce type de fonctionnalités, et ce que vous voyez n’est que la preuve de cette exploration ». L’entreprise ajoute : « rien n’a encore été mis à la disposition des utilisateurs et aucune décision définitive n’a été prise quant à la suite à donner, le cas échéant. Si nous décidons de déployer une telle fonctionnalité, nous adopterons une approche réfléchie et le ferons en toute transparence. Une chose est sûre : nous ne sommes pas en train de créer une base de données centrale de visages ».
Rappelons qu’en 2021, Meta avait annoncé l’abandon de la reconnaissance faciale. Elle expliquait à l’époque devoir « peser l’utilisation positive de la reconnaissance faciale par rapport aux préoccupations sociétales croissantes, d’autant plus que les régulateurs n’ont pas encore défini de règles claires ».
En France, la CNIL faisait encore part récemment de ses craintes sur l’utilisation des lunettes connectées et les risques majeurs qu’elles présentent pour la vie privée.
Commentaires (38)
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Abonnez-vousLe 5 juin à 16h48
La CNIL a donné son point de vue, le législateur attend quoi pour s'en saisir ?
Ils vont encore vouloir intervenir trop tard, lorsque ce type de lunette sera trop répandue pour faire une marche arrière facilement ?
Comme s'il n'y avait pas assez de harcèlement...
Sans parler de toutes les autres problématiques que ces lunettes soulèvent.
Le 5 juin à 19h38
Le 5 juin à 16h56
En plus, le fait que Meta introduise la fonctionnalité comme ça, ça fait penser que la fonctionnalité pourrait très bien être déjà active au seul profit de Meta.
Le 5 juin à 17h28
Par contre, victimiser les abrutis qui utilisent ces machins, non. on va pas aller jusque là.
Le 5 juin à 19h47
Le 5 juin à 20h52
Là, n'importe quel type dans la rue avec des lunettes sera potentiellement en train de te filmer, sans que tu le saches.
Modifié le 5 juin à 21h02
Quand vous voyez un smartphone se lever devant vous, vous vous adressez systématiquement à la personne qui a le téléphone en main pour lui demander un accès à l'enregistrement ou pour savoir sur quelle plateforme vous allez vous retrouver ?
Moi, je n'ai jamais vu ce genre de civilité dans l'espace public.
Le 5 juin à 21h17
Le 6 juin à 00h05
J’avoue ne pas comprendre cette renonciation qui se cache derrière un soit disant « socialement c’est accepté ».
Ben non. Dans ma ville je ne connais personne qui trouve ça acceptable, même avec un smartphone.
Si c’est le cas dans ta ville et que ça ne te va pas, te laisse pas faire.
Modifié le 6 juin à 09h57
Je rappelle qu'on a le droit, en France et ailleurs, de filmer des gens dans l'espace public sinon les dashcam et les daily obs publiées sur YouTube n'existeraient pas.
Le 6 juin à 12h46
Le 6 juin à 16h06
Le 5 juin à 23h26
Modifié le 6 juin à 10h04
Et si j'elargis à la vidéosurveillance, aujourd'hui, on est factuellement constamment filmé dans quasiment tous les magasins et dans tous les centres-villes.
Le 6 juin à 11h24
Évitons les hommes de paille ou de danser sur un autre sujet : Je n'ai jamais prétendu être en vigilance constante, et je n'ai jamais parlé non plus des caméras de surveillance.
Personne dans ce flux n'a non plus dit que ça lui posait un problème, smartphone ou lunette, d'apparaitre en arrière plan au milieu d'une foule.
Soyons sérieux.
Nous parlons de nous filmer clairement, de manière identifiable, voulue par l'utilisateur, et à l'insu de notre plein gré. Nous parlons du fait que cette situation peut relativement aisément être détectée lorsque quelqu'un le fait avec un smartphone, pas avec des lunettes.
Revenons donc -enfin- au sujet.
Comment je m'y prend concrètement, ainsi que la majorité de mes concitoyens dans ma ville pour m'opposer ?
Et bien je m'y oppose.
Je vais voir la personne, je lui parle, lui rappelle mes droits.
Il n'y a rien de compliqué.
Rappeler la règle à quelqu'un qui est trop certain de ses droits, ça le calme directement. Souvent il abuse de ses droits uniquement par ignorance. La pédagogie ça fonctionne, et les humains sont des êtres sociaux.
C'est un petit litige, on fait une petite mise au point. C'est tout.
Les gens vous voient faire, adopte le même comportement. Ça va vite. Quand la mode chez les touristes a été de filmer les autochtones que nous sommes ou de filmer les conneries des gens dans la rue est arrivée, les gens se sont opposés.
De la même façon, on a lancé la mode de dire merci à chaque automobiliste qui s’arrête au passage piéton. En 6 ans les accidents de cette nature ont baissé de moitié.
On a rappelé nos règles aux touristes et à nos conducteurs imprudents. Dans une ville l'effet de mimétisme marche très bien.
J'avoue regretter ce fatalisme : "de toute façon on nous filme en entrant au magasin alors laissons les gens avoir de la reconnaissance faciale dans des caméras cachées dans des lunettes" est du même ressort que "s'opposer ? ah ben non enfin comment ou pourrais faire ça ?".
Je n'y vois qu'une tentative de justifier sa soumission, ou une approbation qui ne s'assume pas.
Mais j'espère me tromper dans mon jugement.
Le 8 juin à 01h12
Le 6 juin à 13h02
Le 5 juin à 18h22
Le 6 juin à 08h32
Modifié le 5 juin à 19h48
https://www.essilorluxottica.com/fr/media/communiques-de-presse/ray-ban-et-meta-nouvelle-g%C3%A9n%C3%A9ration-de-lunettes-connect%C3%A9es/
https://www.ray-ban.com/france/ray-ban-meta-ai-glasses
Le 5 juin à 21h42
Sinon, je sais pas si c'est moi qui devient parano mais la réponse de Meta ressemble à un truc qu'aurait écrit un agent conversationnel...
J'ai l'impression de devenir fou
Le 6 juin à 21h00
Le 6 juin à 08h53
Et donc en tant que lambda de base je le demande a quoi ca me servirait cette fonctionnalité pour dépenser des sous la dedans et donc pour metta pour investir de la r&d si ca n'est pas vendable
Le 6 juin à 10h07
Le 9 juin à 10h07
Ceci c'est pour dire pourquoi c'est réellement utile au pékin moyen.
Ce qui n'altère en rien l'aspect délétère du fichage et du risque que sa base de données personnelle (ce qui ne me choquerait pas) soit comme par hasard accessible à voire partagée avec une "communauté" ou stockée dans un nuage (ce qui me choquerait mais ne m'étonnerait pas).
Le 6 juin à 16h04
Le 6 juin à 16h14
Le 6 juin à 17h22
Le 6 juin à 18h46
Qui peut imaginer que ce soit autorisé chez France travail, dans un hôpital, dans une banque, dans des bureaux, dans/autour des écoles, dans des salles de spectacle, dans des bars, etc.
Au final on verra bien mais clairement si qqn pointe des lunettes avec caméra vers moi, je vais sûrement vite abandonner mon pacifisme habituel.
Le 7 juin à 09h46
Bientôt en Europe, réjouissez vous !
Modifié le 7 juin à 10h33
Le 7 juin à 13h05
Le 11 juin à 08h08
Le 7 juin à 13h02
Le 7 juin à 18h56
Ça et les tee-shirt avec le QR-code qui réinitialise les lecteurs, c'est la réponse du berger à la bergère.
Le 8 juin à 10h59
Le 8 juin à 11h04
Comment ça va finir : on va tout autoriser, comme d'hab, et il y aura un site pour s'opposer à notre captation (qui fonctionnera aussi bien que bloctel). Les IA flouteront (parfois) notre visage et voilà, tout sera parfait car les états pourront tout de même utiliser ces vidéos non floutées
Le 9 juin à 12h54
Même pas la peine de partir de zéro pour créer ça : les logiciels de CCTV l'ont déjà, la seule différence est que ces caméras-là sont fixes.
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