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Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

Caméra cachée (sur le nez)

Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

Les lunettes connectées présentent des risques majeurs pour la vie privée, alerte la CNIL qui lance un plan d’action pour répondre à ce « nouveau défi ».

La CNIL s’inquiète des risques que font peser les lunettes connectées pour la vie privée. Leur utilisation est bien sûr soumise au règlement général sur la protection des données (RGPD) et à la loi Informatique et Libertés, mais ces appareils dépassent le cadre juridique actuel. La commission relève ainsi que les lunettes peuvent capter des sons, des images et des vidéos de personnes sans que celles-ci en aient nécessairement conscience.

Le risque de la surveillance généralisée

Les modèles Ray-Ban de Meta intègrent une loupiote qui s’allume dès que le propriétaire prend une photo ou enregistre une vidéo. Mais cet indicateur a une « portée limitée » et il est absent pour certains usages. Contrairement aux smartphones qu’il est impossible de ne pas voir quand quelqu’un filme avec, les lunettes sont un objet du quotidien qui n’a habituellement pas cette finalité ; il existe donc un risque « important » que les lunettes ne soient pas identifiées comme un appareil connecté par les personnes se trouvant dans le champ de captation. Ces montures présentent donc « un caractère particulièrement intrusif ».

La CNIL s’inquiète du risque important de surveillance généralisée et une forme de banalité induite : n’importe qui est en mesure de filmer n’importe quoi n’importe où, aussi bien en privé qu’en public. Voilà qui pourrait avoir des conséquences importantes dans les interactions sociales entre citoyens, et même conduire à des dérives.

« Toute personne pourrait ainsi douter de manière constante d’un enregistrement potentiel de ses moindres faits et gestes et de ses échanges, créant un sentiment d’être constamment observée, voire surveillée, et engendrant peu à peu une forme d’autocensure. L’exercice des libertés individuelles (libertés d’expression, de réunion, de manifestation) s’en trouverait directement menacé. »

La CNIL cite l’article 9 du Code civil, qui garantit le droit au respect de la vie privée de chacun dans tous les lieux privés comme publics, et n’oublie pas de rappeler les sanctions en cas de violation de l’article 226 - 1 du Code pénal : jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour le fait de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé sans son consentement.

Les enjeux liés aux lunettes connectées dépassant le cadre d’intervention de la CNIL, le régulateur lance donc des travaux sur la conformité de ces appareils en matière de protection des données personnelles. D’abord en engageant une discussion avec ses homologues européens au sein du CEPD (Comité européen de la protection des données), puisque cette problématique ne concerne pas que la France. Les autres autorités publiques compétentes sur ces questions vont aussi être approchées car les enjeux vont plus loin que la seule question de la protection des données.

En attendant, la commission liste les bonnes pratiques à destination des porteurs de lunettes connectées, avec des conseils de bon sens comme prévenir les personnes à proximité quand on utilise ces montures, désactiver les fonctions de captation quand elles ne sont plus utiles, éteindre les fonctions connectées des lunettes quand il est demandé d’éteindre le téléphone et, moins évident, éviter d’utiliser ces lunettes dans les lieux où les personnes ne s’y attendent pas.

Dans tous les cas, la CNIL demande d’obtenir le consentement des personnes pour utiliser des photos ou des vidéos où elles apparaissent (le droit à l’image s’applique), et pour finir de réfléchir avant de partager quoi que ce soit : « une publication, même anodine, peut avoir des effets durables pour les personnes ».

Peu d’enthousiasme pour les lunettes connectées

Un sondage réalisé fin janvier par le laboratoire d’innovation numérique de la CNIL, avec Harris Interactive – Toluna indique que 57 % des personnes interrogées s’inquiètent du droit à l’image et du consentement des personnes. L’utilisation de l’IA à des fin de détournement ou de deepfakes vient ensuite (37 %), puis le vol ou la fuite de données collectées par les lunettes (34 %).

«  D’après ce que vous en savez ou l’idée que vous vous en faites, diriez-vous que les lunettes connectées peuvent être utiles ou pas utiles au quotidien ? ». Image : LINC

L’enquête révèle également que 87 % des sondés ont entendu parler des lunettes connectées, mais 9 % seulement ont eu l’occasion d’en tester, en particulier dans la catégorie 18 - 25 ans (25 %), et plus généralement chez les férus de technologies (29 %). 22 % des personnes interrogées ont de ce produit une vision plutôt négative, contre 20 % qui en ont une perception positive.

« De manière générale, êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec chacune des affirmations suivantes concernant les lunettes connectées ? » Image : LINC

En termes d’utilisation, près de 8 personnes sur 10 (78 %) perçoivent les lunettes connectées comme une aide potentielle pour les personnes en situation de handicap visuel ou auditif. En revanche, 67 % trouvent qu’elles posent un problème d’atteinte à la vie privée, et 55 % un danger tout simplement (distraction, visibilité réduite). Enfin, et cela montre que les constructeurs ont encore du chemin à faire pour convaincre, 62 % des sondés ne veulent pas acquérir ce type d’appareil, contre 36 % d’enthousiastes. 1 % ont déclaré en posséder une paire.

Des dizaines d’associations de défense des libertés numériques ont publié une lettre ouverte mi-avril à destination de Mark Zuckerberg. Le texte souligne les risques que feraient peser les lunettes connectées sur « les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleur, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ». Les signataires demandent à Meta de renoncer au déploiement de la reconnaissance faciale dans ces appareils.

Commentaires (22)

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J'ai un patient qui est venu avec ça sur le nez pendant une consultation... C'est pour le moins déstabilisant, même si théoriquement une lumière est censée être visible en cas d'enregistrement...
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Je trouve ça vraiment effrayant, je pense que je refuserai tout échange avec un personne qui porte ces lunettes. Malheureusement je suis sûr que certains porteurs de ces appareils ne voient sincèrement pas le problème et c'est moi qui passerai pour un emmerdeur...
Et si des petits malins masquent la led ?
Ça doit pas être bien compliqué à faire.
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Et si des petits malins masquent la led ?
Tu le fracasses jusqu'à ce que ça devienne des lentilles de contact connectées.

Problem solved
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Ils ne voient pas le problème tant que c'est eux qui les portent. Quand c'est les autres qui les portent, je suis sûr que ça les emmerdent également.
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J'ai perdu la source mais j'ai déjà vu une vidéo d'un gars agile de ses doigts (genre PI) qui arrivait à percer la led et à réparer la lentille ni vu ni connu.
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Celle-ci??
youtube.com YouTube
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Perso, je pense que si ça m'arrive, je sors mon portable et je me mets à filmer la personne en permanence, juste pour lui montrer ce que ça fait…
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Il faudrait généraliser cette pratique à toute personne qui n'a "rien à cacher", et en premier les politiques qui poussent les lois sécuritaires.
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Ca ne filme pas en permanence, sauf si tu vois la lumière s'allumer. Tant qu'elles sont d'origine (il y en a qui ont trouvé comment les modifier matériellement pour que la led ne s'allume plus, donc passer outre les protections prévues comme par exemple mettre une gommette sur la led)
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Perso, je propose plutôt de gifler les gens qui portent ces lunettes.
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En lisant l'article je me demandais comment je reagirai en consultation. Déjà que ce n'est pas simple quand tu dois dire à certains patients que "non ça se fait pas d'enregistrer une conversation médicale".. Bref. Monde de merde comme dirait l'autre
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Les modèles Ray-Ban de Meta intègrent une loupiote qui s’allume dès que le propriétaire prend une photo ou enregistre une vidéo.
Dispositif annoncé par Meta comme étant sécurisé mais qui fait déjà l'objet d'un marché parallèle pour désactiver la LED en question.
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La première tentative de Google a été un fiasco car il y a eu une réaction de rejet très violente de la part d'une partie de la population. J'ai par exemple souvenir de l'agression des vigiles au MacDo des Champs Elysées, et de toutes ces boutiques qui refusaient ceux qui portaient les Google glasses.

Là, contrairement à ce qui est écrit dans l'article, l'engouement est là, et il est bien là. Les lunettes sont en flux tendu, les USA pompent toute la production ce qui fait que nous avons une génération de retard (la version avec la projection des informations dans le verre n'est pas prévue en Europe pour au moins cette année). Si vous n'êtes pas convaincus, allez voir le cour de l'action de Essilor-Luxottica qui détient notamment les marques Ray-Ban et Oakley. Depuis la sortie de la Meta, les bénéfices explosent.
Ma compagne est opticienne justement pour une enseigne de ce groupe, et ils mettent le paquet pour présenter ces produits, et franchement c'est pas si mal pour des lunettes super cher (environ 1000€ tout compris).
Du coup, à la boutique on les a testé (et certaines s'en sont achetées) et la qualité est assez bluffante, avec pas mal de perspectives fonctionnelles, comme des traductions à la volée, ou la transcription de l'environnement pour les mal-voyants.
Mais... il faut évidemment un compte Meta, donc on sait ce que ça veut dire en matière de gestion de la vie privée... il n'y en n'a plus. Cf. l'affaire des sous-traitants IA en Afrique, qui ont eu accès à des images très privées comme des coordonnées bancaires (ben oui, quand on regarde son écran...) ou des ébats amoureux...
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Si vous n'êtes pas convaincus, allez voir le cour de l'action de Essilor-Luxottica qui détient notamment les marques Ray-Ban et Oakley. Depuis la sortie de la Meta, les bénéfices explosent.
Le cours d'EI est en chute libre depuis 6 mois.
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Même Afflelou s'est mis à développer les siennes sous sa marque propre, s'ils ont investi de la R&D là-dedans, c'est bien qu'ils ont identifié un marché potentiel rentable...
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Ce que je ne comprends pas c'est que toutes les critiques de l'époque des version google n'existe plus. Les lunettes de Meta sont sortie dans l’indifférence général en faisant de la pub à la télé alors que les problèmes de ce genre de dispositif n'ont pas du tout disparu ...
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Question bête mais on est censés avoir des verres correcteurs avec cette monture ? Ou c'est exclusivement pour tout filmer ?
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Oui, les verres sont à la vue. L'opticien est capable de mettre n'importe quel verre sur cette génération. Ensuite il faudra les commander pour les versions où il y aura une projection translective dans les verres.
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Ok merci. Je n'ai jamais vu ces lunettes chez mon opticien (et c'est très bien ainsi :transpi:)
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Avec ma mémoire de poisson concernant les noms, j'ai toujours rêvé de réalité augmentée dans mes lunettes pour me rappeler qui est devant moi. Donc utilité +++. Mais confier l'analyse à Meta (ou autre aspirateur à données): risque ------ !
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Ça me rend fou... C'est vraiment le caprice d'un milliardaire qui veut imposer sa vision du monde. Zuckerberg, à chaque fois qu'on entend parler de lui, on sait que ça va nous péter les couilles...
Quand la tech sera devenu inutiles, mais indispensable, on va se faire pourir de publicité à la "ready player one"