Epson vs HOP : un premier procès pour obsolescence programmée
De l'obsolescence programmée dans les imprimantes ? Étonnant
Illustration : Flock
Le 04 juin à 16h29
Plus de 10 ans après le vote de la loi contre l’obsolescence programmée, un premier procès va s’ouvrir cet été suite à la plainte de l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) déposée en 2017. Une première audience doit avoir lieu le 2 juillet prochain.
Epson vs HOP : un premier procès pour obsolescence programmée
De l'obsolescence programmée dans les imprimantes ? Étonnant
Illustration : Flock
Plus de 10 ans après le vote de la loi contre l’obsolescence programmée, un premier procès va s’ouvrir cet été suite à la plainte de l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) déposée en 2017. Une première audience doit avoir lieu le 2 juillet prochain.
Droit
Droit
4 min
11 ans après l’instauration d’un délit d’obsolescence programmée dans la loi, un procès va avoir lieu sur le sujet. À l’époque, nous nous demandions si ce nouveau délit n’était qu’un coup d’épée dans l’eau.
Un an après, il y avait de quoi rester dubitatif : alors que le sujet avait été très médiatisé, personne ne s’était encore saisi de cette nouveauté juridique dans la loi française. En 2016, l’association UFC-Que Choisir jugeait « pas du tout surprenant » qu’aucune action n’ait été alors engagée pour sanctionner ce délit « vu la difficulté à démontrer qu’il y a une intention de raccourcir la durée de vie ».
Un premier procès 9 ans après la première plainte
Mais en 2017, l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) déposait une première plainte pour obsolescence programmée, tromperie et « tout autre chef que l’enquête diligentée permettra d’identifier, ainsi que contre tout autre auteur ou complice de ces infractions ». Si cette plainte était déposée contre X, elle visait les fabricants d’imprimantes et notamment Epson. L’association visait notamment deux techniques qui seraient utilisées par ces entreprises :
- Les cartouches faussement déclarées vides ;
- La fausse fin de vie du tampon absorbeur.
L’association ne s’était pas arrêtée à l’attaque de fabricants d’imprimantes : elle avait ensuite porté plainte contre Apple. Celle-ci a finalement accepté une amende transactionnelle pour pratique commerciale trompeuse de 25 millions d’euros en 2020.
Suite à la plainte de HOP visant les fabricants d’imprimantes, le parquet de Nanterre a, quelques mois après, ouvert une enquête préliminaire à l’encontre d’Epson et confié les investigations à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Interrogé par Next (à l’époque, Next Inpact), l’avocat de l’association, Me Émile Meunier, se montrait confiant sur les suites du dossier : « Vous avez des cartouches d’encre qui vous indiquent qu’elles ne peuvent plus imprimer. Il ressort des expertises qu’elles contiennent encore un fort pourcentage d’encre. La question est de savoir pourquoi ? Si le fabricant n’est pas capable d’apporter une explication convaincante, il n’y aura pas d’autre voie possible. Le mobile sera déduit des faits. »
« Une étape historique »
Concernant le procès qui va s’ouvrir donc le 2 juillet prochain, l’association estime, dans un communiqué, que « c’est une étape historique vers la première condamnation potentielle d’une entreprise pour obsolescence programmée. Les consommateur·ices ont été entendu·es, les imprimantes sont devenues le symbole de l’obsolescence programmée entraînant un gaspillage immense d’argent et de ressources. Il est temps que cela cesse et que les acteurs qui ne respectent pas la loi soient condamnés. »
Elle ajoute que « le déclenchement des poursuites par le Parquet est un signal fort pour l’association. La lutte contre l’obsolescence programmée n’est plus cantonnée au rang de vœux pieux, et le texte du délit devient un véritable outil de droit. »
Epson plaide la sécurité de l’imprimante
Mais le procès n’a pas encore eu lieu et Epson n’est pour l’instant pas condamnée. En 2018, le directeur marketing de l’antenne française de l’entreprise, Thierry Bagnaschino, assurait au Monde qu’Epson souhaite « pouvoir démontrer qu’il n’a jamais eu l’intention de voler [ses] clients ». L’entreprise admettait qu’il pouvait rester une certaine quantité d’encre dans les cartouches, mais donnait une excuse : ça serait une mesure de sécurité pour préserver la tête d’impression.
« Pour bien fonctionner, celle-ci doit toujours être baignée dans du liquide, de telle sorte qu’il n’y ait pas d’air qui rentre dedans. Sinon l’impression commence à se dégrader et, à la fin, la tête d’impression est irrécupérable. Or, remplacer cette pièce, avec le coût de la main-d’œuvre, peut coûter plus cher que racheter une imprimante d’entrée de gamme », déclarait Thierry Bagnaschino à nos confrères. De la même façon, concernant le tampon absorbeur, la mesure serait mise en place pour éviter que l’encre se déverse en dehors de l’imprimante.
En 2024, HOP a visé une autre marque d’imprimante : HP. En cause, cette fois-ci, des techniques qui rendraient les clients « captifs » de la marque, via des « stratégies logicielles ».
Commentaires (22)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousModifié le 4 juin à 16h39
Oui, tout comme de remplacer la cartouche!!! (sans la main-d'oeuve)
Le 4 juin à 17h57
Le 4 juin à 19h19
Si les constructeurs pouvait faire pareil pour le toner...
Bref c'est un vieux problème que personne ne comprend pourquoi les constructeurs ne se sont pas fait shooté avant.
Le 4 juin à 20h08
Je ne demande pas forcément que ce soit moins consommateur, encore que, un flux de purge dans toutes les buses d'une tête pouvant consommer.
Si on commençait déjà par pouvoir choisir quelle tête on nettoie, ce serait un bon début.
Généralement, il y a 1 couleur qui marche mal, pas toutes.
Et au passage ça rallongerait la "durée de vie" du tampon.
Le 4 juin à 20h12
Modifié le 4 juin à 20h33
Une Canon n&b achetée en 2008, revendue vers 2019 ou 2020 je dirais, avec le toner d'origine.
Revendue parce que remplacée en 2016 par une Brother laser couleur multifonction. J'ai racheté un toner noir l'année dernière.
Sauf à l'utiliser très régulièrement, le jet d'encre est une arnaque.
Le 5 juin à 09h51
Modifié le 6 juin à 23h03
Bref, pour moi, il y a de la mauvaise foi dans l'air. On veut le beurre et l'argent du beurre.
Au passage, ma jet d'encre est une HP ( bien mieux accepter sous linux), elle doit avoir plus de 15 ans et je la laisse constamment sous tension. Elle utilise 5 cartouches. Ma prochaine sera une à réservoir.
Le 5 juin à 15h46
Après, mon pseudo veut ça.
Le 5 juin à 17h11
Les imprimantes couleurs doivent aligner leurs toners, c'est le calibrage. Sans cela, les couleurs bavent.
Pour calibrer, elles consomment du toner.
Chez moi qui imprime peu, cela divise la durée de vie du toner par 2. Les toners sont vides, alors que j'ai "peu" imprimé.
Donc, cela multiplie le coût par 2.
Il n'y a aucune option pour désactiver ce calibrage, qui se produit après chaque allumage, même si je n'imprime qu'en noir et blanc.
Après, j'ai les autres avantages d'une imprimante laser couleurs, mais le coût à la page indiqué par le fabriquant est sérieusement sous estimé dans mon cas.
Quand j'ai acheté ma laser couleurs, j'avais le souvenir d'imprimantes laser noir et blanc à la durée de vie énorme, qui ne vidaient que si l'on s'en servait, et bien en laser couleurs ce n'est pas vraiment le cas. Chaque fois que tu l'allumes, quelques minutes plus tard, elle se vide en calibrant.
Modifié le 5 juin à 20h59
Après je ne sais pas comment tu déduis que ça te consomme une moitié de toner. Avec la mienne, rien ne se vide tant que ne n'imprime pas, mais je n'atteinds pas pour autant le nombre de pages indiqué sur les toners. Il faudrait voir aussi où irait une telle quantité de toner.
Par contre j'ai du changer une pièce qui est pourtant donnée pour 120 000 pages, mais qui s'use peut-être aussi avec l'âge (ou alors elle avait un défaut). Ça provoquait justement un décalage vertical entre les couleurs. J'ai du changer ça à 5 ou 6 ans, et aujourd'hui la machine en a plus de 15 et ça tient.
Le 5 juin à 23h09
Par contre, je ne pense pas que ce soit mal fichu, je pense que c'est volontaire. Mais j'espère que c'est terminé avec les imprimantes récentes, comme la tienne. Cependant, je n'arrive pas à trouver cette information.
Sur le nombre de pages, mes cartouches sont vendues pour 1200, elles expirent bien avant aujour des 600 dans mon souvenir, parfois plus. Maintenant quand je n'imprime qu'une seule page, j'éteins l'imprimante avant qu'elle ne calibre (elle laisse passer une page sans calibrer), donc je repousse cette limite.
Modifié le 8 juin à 16h57
Le 8 juin à 17h45
Je changerai ma Canon 5050N, quand les toners seront "vides", ou déclarés vides par l'imprimante. Elle est sortie en 2011, j'ai oublié quand je l'ai achetée.
De mon côté, la seule façon de forcer (càd imprimer sans calibrage), c'est la "première" page qui est "rapide" sans calibrage. Ensuite, elle calibre de force vers la 4ème page. Si je veux forcer, je dois l'éteindre après "chaque" page.
Le 4 juin à 22h55
Le 4 juin à 21h17
Mon ancienne imprimante jet d'encre multifonctions a tout bonnement cessé de fonctionner pour cela.
Même le scanner ne fonctionnait plus
Il faudrait permettre le remplacement facile de cette éponge.
Le 4 juin à 23h22
Le 5 juin à 08h28
Modifié le 5 juin à 08h25
Le 5 juin à 10h43
Tu n'as pas dans ton historique un "jugement" disant que tu as fraudé/trompé/triché, juste que un as effectué une "transaction", souvent avec un montant non-divulgué, et le défendant signe souvent aussi un NDA indiquant qu'il n'a plus le droit d'en parler ni d'en faire mention :)
D'ailleurs si il y a tant de transactionelle maintenant, c'est surtout parce que la justice est tellement lente et aléatoire qu'aller au bout c'est le parcours d'une vie.
Il faut imaginer que la plainte qui va être "jugé" là (en gros RDV dans 3-5ans...) date de 2017...10ans pour "commencer à juger" cette affaire, et après on s'étonne que tout le monde fraude dans tous les sens, bientôt mourir en l'attente d'un jugement deviendra banal
Le 5 juin à 11h19
Le 5 juin à 09h02
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?