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Epson vs HOP : un premier procès pour obsolescence programmée

De l'obsolescence programmée dans les imprimantes ? Étonnant

Epson vs HOP : un premier procès pour obsolescence programmée

Illustration : Flock

Plus de 10 ans après le vote de la loi contre l’obsolescence programmée, un premier procès va s’ouvrir cet été suite à la plainte de l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) déposée en 2017. Une première audience doit avoir lieu le 2 juillet prochain.

11 ans après l’instauration d’un délit d’obsolescence programmée dans la loi, un procès va avoir lieu sur le sujet. À l’époque, nous nous demandions si ce nouveau délit n’était qu’un coup d’épée dans l’eau.

Un an après, il y avait de quoi rester dubitatif : alors que le sujet avait été très médiatisé, personne ne s’était encore saisi de cette nouveauté juridique dans la loi française. En 2016, l’association UFC-Que Choisir jugeait « pas du tout surprenant » qu’aucune action n’ait été alors engagée pour sanctionner ce délit « vu la difficulté à démontrer qu’il y a une intention de raccourcir la durée de vie ».

Un premier procès 9 ans après la première plainte

Mais en 2017, l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) déposait une première plainte pour obsolescence programmée, tromperie et « tout autre chef que l’enquête diligentée permettra d’identifier, ainsi que contre tout autre auteur ou complice de ces infractions ». Si cette plainte était déposée contre X, elle visait les fabricants d’imprimantes et notamment Epson. L’association visait notamment deux techniques qui seraient utilisées par ces entreprises :

  • Les cartouches faussement déclarées vides ;
  • La fausse fin de vie du tampon absorbeur.
Flock

L’association ne s’était pas arrêtée à l’attaque de fabricants d’imprimantes : elle avait ensuite porté plainte contre Apple. Celle-ci a finalement accepté une amende transactionnelle pour pratique commerciale trompeuse de 25 millions d’euros en 2020.

Suite à la plainte de HOP visant les fabricants d’imprimantes, le parquet de Nanterre a, quelques mois après, ouvert une enquête préliminaire à l’encontre d’Epson et confié les investigations à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Interrogé par Next (à l’époque, Next Inpact), l’avocat de l’association, Me Émile Meunier, se montrait confiant sur les suites du dossier : « Vous avez des cartouches d’encre qui vous indiquent qu’elles ne peuvent plus imprimer. Il ressort des expertises qu’elles contiennent encore un fort pourcentage d’encre. La question est de savoir pourquoi ? Si le fabricant n’est pas capable d’apporter une explication convaincante, il n’y aura pas d’autre voie possible. Le mobile sera déduit des faits. »

« Une étape historique »

Concernant le procès qui va s’ouvrir donc le 2 juillet prochain, l’association estime, dans un communiqué, que « c’est une étape historique vers la première condamnation potentielle d’une entreprise pour obsolescence programmée. Les consommateur·ices ont été entendu·es, les imprimantes sont devenues le symbole de l’obsolescence programmée entraînant un gaspillage immense d’argent et de ressources. Il est temps que cela cesse et que les acteurs qui ne respectent pas la loi soient condamnés. »

Elle ajoute que « le déclenchement des poursuites par le Parquet est un signal fort pour l’association. La lutte contre l’obsolescence programmée n’est plus cantonnée au rang de vœux pieux, et le texte du délit devient un véritable outil de droit. »

Epson plaide la sécurité de l’imprimante

Mais le procès n’a pas encore eu lieu et Epson n’est pour l’instant pas condamnée. En 2018, le directeur marketing de l’antenne française de l’entreprise, Thierry Bagnaschino, assurait au Monde qu’Epson souhaite « pouvoir démontrer qu’il n’a jamais eu l’intention de voler [ses] clients ». L’entreprise admettait qu’il pouvait rester une certaine quantité d’encre dans les cartouches, mais donnait une excuse : ça serait une mesure de sécurité pour préserver la tête d’impression.

« Pour bien fonctionner, celle-ci doit toujours être baignée dans du liquide, de telle sorte qu’il n’y ait pas d’air qui rentre dedans. Sinon l’impression commence à se dégrader et, à la fin, la tête d’impression est irrécupérable. Or, remplacer cette pièce, avec le coût de la main-d’œuvre, peut coûter plus cher que racheter une imprimante d’entrée de gamme », déclarait Thierry Bagnaschino à nos confrères. De la même façon, concernant le tampon absorbeur, la mesure serait mise en place pour éviter que l’encre se déverse en dehors de l’imprimante.

En 2024, HOP a visé une autre marque d’imprimante : HP. En cause, cette fois-ci, des techniques qui rendraient les clients « captifs » de la marque, via des « stratégies logicielles ».

Commentaires (22)

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"Or, remplacer cette pièce, avec le coût de la main-d’œuvre, peut coûter plus cher que racheter une imprimante d’entrée de gamme"
Oui, tout comme de remplacer la cartouche!!! (sans la main-d'oeuve)
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Ça donne un peu d'espoir, mais pas trop. Bravo quand même, pour le principe !
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C'est pas Epson qui produit justement des imprimantes rechargeable (pas les gammes photo pro) ? Les EcoTank ?
Si les constructeurs pouvait faire pareil pour le toner...


Bref c'est un vieux problème que personne ne comprend pourquoi les constructeurs ne se sont pas fait shooté avant.
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Et si on pouvait en profiter pour résoudre le problème du "nettoyage des têtes" qui bouffe la moitié des 4 cartouches CYMN :censored:

Je ne demande pas forcément que ce soit moins consommateur, encore que, un flux de purge dans toutes les buses d'une tête pouvant consommer.
Si on commençait déjà par pouvoir choisir quelle tête on nettoie, ce serait un bon début.
Généralement, il y a 1 couleur qui marche mal, pas toutes.

Et au passage ça rallongerait la "durée de vie" du tampon.
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La principale raison qui m'a fait passer au laser il y a un an... Plus cher à l'achat mais [en théorie] plus de soucis
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La principale raison qui m'a fait passer au laser il y a un an... Plus cher à l'achat mais [en théorie] plus de soucis
En ce qui me concerne :

Une Canon n&b achetée en 2008, revendue vers 2019 ou 2020 je dirais, avec le toner d'origine.

Revendue parce que remplacée en 2016 par une Brother laser couleur multifonction. J'ai racheté un toner noir l'année dernière.

Sauf à l'utiliser très régulièrement, le jet d'encre est une arnaque.
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Je suis passé sur une imprimante à réservoirs il y a 3 ou 4 ans, marre de payer la moitié du prix de l'imprimante tous les 6 mois pour imprimer quelques pages par an. Résultat : des recharges à 15€ max, mais je n'ai pas encore eu besoin d'en acheter. Alors oui, j'ai quand-même un peu perdu : la qualité d'impression est un peu moins bonne, mon imprimante précédente était "haut de gamme". Et je n'ai plus le recto/verso automatique. Mais le gain financier est énorme, malgré un prix d'achat plus élevé.
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Il y a de la mauvaise fois dans l'air. On sait très bien qu'une imprimante à cartouche n'est pas vendu à son prix et que le fabricant se rattrape sures cartouches. C'est un prix d'appel. On a comme tu le dis des imprimantes à réservoir beaucoup plus chères. On a ce choix. C'est justement Epson qui avait lancé le concept. Les autres ont suivi. Pour la tête d'impression qui sèche, il faut toujours laisser son imprimante allumée. Elle passe en veille. Sa consommation électrique est alors d'un watt. Bien sûr cela consomme un peu d'encre. C'est le prix à payer mais on a le choix vu qu'il y a des imprimantes à réservoir. Mon seul regret, c'est qu'on en trouve pas qui scanne en recto verso.

Bref, pour moi, il y a de la mauvaise foi dans l'air. On veut le beurre et l'argent du beurre.

Au passage, ma jet d'encre est une HP ( bien mieux accepter sous linux), elle doit avoir plus de 15 ans et je la laisse constamment sous tension. Elle utilise 5 cartouches. Ma prochaine sera une à réservoir.
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Sur l'encre oui. Les autres pièces ça dépend. J'ai eu droit au gnon sur les rouleaux de charge, aux roues du bac usées étonnament vite, et le DAA est mort alors qu'il n'a presque jamais été utilisé.

Après, mon pseudo veut ça.
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Attention, avec une imprimante laser couleurs, les économies peuvent ne pas arriver.
Les imprimantes couleurs doivent aligner leurs toners, c'est le calibrage. Sans cela, les couleurs bavent.
Pour calibrer, elles consomment du toner.
Chez moi qui imprime peu, cela divise la durée de vie du toner par 2. Les toners sont vides, alors que j'ai "peu" imprimé.
Donc, cela multiplie le coût par 2.
Il n'y a aucune option pour désactiver ce calibrage, qui se produit après chaque allumage, même si je n'imprime qu'en noir et blanc.

Après, j'ai les autres avantages d'une imprimante laser couleurs, mais le coût à la page indiqué par le fabriquant est sérieusement sous estimé dans mon cas.
Quand j'ai acheté ma laser couleurs, j'avais le souvenir d'imprimantes laser noir et blanc à la durée de vie énorme, qui ne vidaient que si l'on s'en servait, et bien en laser couleurs ce n'est pas vraiment le cas. Chaque fois que tu l'allumes, quelques minutes plus tard, elle se vide en calibrant.
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C'est que c'est mal fichu alors. La mienne ne fait ce calibrage qu'au moment d'imprimer une page couleur, et seulement si elle n'en a pas fait récemment ou après un certain nombre de pages couleurs depuis le précédent. Donc jamais sur des pages noir et blanc.

Après je ne sais pas comment tu déduis que ça te consomme une moitié de toner. Avec la mienne, rien ne se vide tant que ne n'imprime pas, mais je n'atteinds pas pour autant le nombre de pages indiqué sur les toners. Il faudrait voir aussi où irait une telle quantité de toner.

Par contre j'ai du changer une pièce qui est pourtant donnée pour 120 000 pages, mais qui s'use peut-être aussi avec l'âge (ou alors elle avait un défaut). Ça provoquait justement un décalage vertical entre les couleurs. J'ai du changer ça à 5 ou 6 ans, et aujourd'hui la machine en a plus de 15 et ça tient.
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Ton imprimante a un meilleur comportement que la mienne sur les calibrage.
Par contre, je ne pense pas que ce soit mal fichu, je pense que c'est volontaire. Mais j'espère que c'est terminé avec les imprimantes récentes, comme la tienne. Cependant, je n'arrive pas à trouver cette information.

Sur le nombre de pages, mes cartouches sont vendues pour 1200, elles expirent bien avant aujour des 600 dans mon souvenir, parfois plus. Maintenant quand je n'imprime qu'une seule page, j'éteins l'imprimante avant qu'elle ne calibre (elle laisse passer une page sans calibrer), donc je repousse cette limite.
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Tu as quoi comme imprimante? J'ai une Samsung C480FW et ce calibrage ne s'effectue qu'au remplacement du toner. 4 cartouches (compatibles) qui coûtent 10 Euros pièce sur Ali, et tu peux override quand l'imprimante dit que la cartouche est vide (elle peut encore imprimer plus d'une centaine de pages...). J'ai remplacé l'unité d'imagerie en fin de vie pour 20 Euros. C'est increvable et plus de problème de têtes qui se bouchent...
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Je suis content de voir que cela a évolué.
Je changerai ma Canon 5050N, quand les toners seront "vides", ou déclarés vides par l'imprimante. Elle est sortie en 2011, j'ai oublié quand je l'ai achetée.
De mon côté, la seule façon de forcer (càd imprimer sans calibrage), c'est la "première" page qui est "rapide" sans calibrage. Ensuite, elle calibre de force vers la 4ème page. Si je veux forcer, je dois l'éteindre après "chaque" page.
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avant de passer à une imprimante à réservoirs, j'avais une HP qui passait plus de temps à se nettoyer que mon chat.
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L’éponge de récupération d'encre est une vraie obsolescence programmée.
Mon ancienne imprimante jet d'encre multifonctions a tout bonnement cessé de fonctionner pour cela.
Même le scanner ne fonctionnait plus :mad2:

Il faudrait permettre le remplacement facile de cette éponge.
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Même le scanner ne fonctionnait plus :mad2:
Ce serait donc une éponge multifonction ? :mad2:
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Oui, c'est l'éponge qui salit la vitre du scanner pour ajouter des traits :D
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L’association ne s’était pas arrêtée à l’attaque de fabricants d’imprimantes : elle avait ensuite porté plainte contre Apple. Celle-ci a finalement accepté une amende transactionnelle pour pratique commerciale trompeuse de 25 millions d’euros en 2020.
Quand c'est comme ça, le fabricant, en plus de payer l'amende, est quand même contraint de revoir ses pratiques ? Ou c'est juste pour éviter le procès et indemniser les victimes ? (Ou les deux)
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Non, quand tu paye une indemnité transactionnelle, c'est surtout pour protéger ton image de marque :
Tu n'as pas dans ton historique un "jugement" disant que tu as fraudé/trompé/triché, juste que un as effectué une "transaction", souvent avec un montant non-divulgué, et le défendant signe souvent aussi un NDA indiquant qu'il n'a plus le droit d'en parler ni d'en faire mention :)

D'ailleurs si il y a tant de transactionelle maintenant, c'est surtout parce que la justice est tellement lente et aléatoire qu'aller au bout c'est le parcours d'une vie.
Il faut imaginer que la plainte qui va être "jugé" là (en gros RDV dans 3-5ans...) date de 2017...10ans pour "commencer à juger" cette affaire, et après on s'étonne que tout le monde fraude dans tous les sens, bientôt mourir en l'attente d'un jugement deviendra banal :D
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bientôt mourir en l'attente d'un jugement deviendra banal :D
Zut, tu as dévoilé la startégie des Balkany!!
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Leurs avocats utilisent des Lexmark avant d'imprimer et se rendre au procès (on sait jamais).