Scaleway remporte l’hébergement des données de santé à la place de Microsoft
Pas mal non ?
Illustration : Flock
Le 23 avril à 09h05
La ministre de la Santé a annoncé jeudi matin la sélection de Scaleway, filiale du groupe iliad, par la Plateforme des données de santé. Ce fameux « Health Data Hub », qui doit notamment faciliter l’accès aux données de santé à des fins de recherche, était précédemment hébergé par Microsoft.
Scaleway remporte l’hébergement des données de santé à la place de Microsoft
Pas mal non ?
Illustration : Flock
La ministre de la Santé a annoncé jeudi matin la sélection de Scaleway, filiale du groupe iliad, par la Plateforme des données de santé. Ce fameux « Health Data Hub », qui doit notamment faciliter l’accès aux données de santé à des fins de recherche, était précédemment hébergé par Microsoft.
Société numérique
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4 min
C’est finalement Scaleway, entité du groupe iliad, qui va reprendre l’hébergement de la Plateforme des données de santé, ou Health Data Hub, qui fonctionnait jusqu’ici sur des infrastructures opérées par Microsoft Azure. L’information a été révélée mercredi dans la soirée par Emile Marzolf de Politico, puis confirmée jeudi 23 avril via un communiqué du HDH et un message de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist :
« Avec le choix de Scaleway par la Plateforme des données de santé, nous faisons le choix d’un cloud souverain pour héberger nos données de santé. Un choix stratégique pour renforcer la sécurité, la confiance et notre indépendance technologique ».
Deux mois et demi de sélection
Les modalités exactes de la migration et le montant du contrat associé n’ont pour l’instant pas été communiqués, mais la Plateforme de santé (PDS) affiche son ambition de pouvoir « gérer en autonomie une copie de la base principale du SNDS [Système national des données de santé] entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027 ».
Le Health Data Hub affirme que le processus de sélection a duré deux mois et demi, sous contrôle de l’UGAP et des pouvoirs publics. « Ce travail a permis de partager et de clarifier la spécificité des besoins de la PDS avec plus de 350 exigences techniques », indique-t-il.
Le HDH confirme par ailleurs que plusieurs « offreurs » se sont positionnés sur le dossier, intéressant à la fois par sa surface financière et par la notoriété qu’il renvoie, associée à l’image de souveraineté numérique. Au terme du processus, c’est donc finalement Scaleway, qui n’est pas encore arrivé au terme de la certification SecNumCloud, qui a remporté le morceau.
L’hébergeur s’est lancé dans le processus en janvier 2025, peu de temps après l’obtention de son agrément HDS (Hébergeur de données de santé). Jeudi, il estime par voie de communiqué que le choix de la PDS démontre « la crédibilité de sa trajectoire de qualification SecNumCloud » et confirme que cette dernière est bien indispensable dans le cadre de ce contrat.
OVHcloud allié à Docaposte, Cloud Temple ou Atos faisaient partie des candidats potentiels dont les noms ont circulé dans la presse en début d’année. « La société Bleu, qui réunit Capgemini et Orange pour continuer de vendre en France les services de Microsoft aux administrations de l’Etat grâce au tampon SecNumCloud, n’avait pas candidaté, et n’avait pas même été sollicitée par l’équipe du Health Data Hub », affirme Emile Marzolf.
Épilogue d’une longue polémique ?
Le gouvernement a régulièrement été interpellé sur la décision, formalisée dans la loi en 2019, de confier l’hébergement de la Plateforme de santé à un acteur états-unien. Début février 2026, il s’était engagé à initier une migration vers un hébergeur répondant aux exigences de la certification SecNumCloud avant la fin de l’année, après avoir envisagé une solution intercalaire finalement jugée peu satisfaisante.
L’autorisation donnée par la Cnil avait quant à elle fait l’objet d’une procédure devant le Conseil d’État. Fin mars, ce dernier avait reconnu l’existence d’un risque lié à la portée extraterritoriale des lois états-uniennes, tout en estimant que les garanties apportées par le Health Data Hub étaient suffisantes.
Rappelons que le Health Data Hub prend la forme d’une structure publique, chargée de concevoir et d’opérer la Plateforme des données de santé, un guichet unique permettant aux acteurs de la santé publique, de la recherche ou de l’innovation, d’accéder à des données de santé non nominatives dans un environnement censé bénéficier d’un niveau de contrôle et de sécurité adéquat.
« La PDS et Scaleway s’engagent donc aujourd’hui pour mettre à disposition des acteurs de la recherche et de l’innovation en santé un espace sécurisé capable d’héberger les données de remboursement de l’Assurance maladie et d’autres bases de données de santé d’intérêt », promet le Health Data Hub.
Commentaires (49)
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Le 23 avril à 09h59
Bon, et maintenant quand boutera-t-on la "vermine" hors de l’Éducation Nationale ?
Le 23 avril à 10h59
Le 23 avril à 11h12
Modifié le 23 avril à 10h06
Le 23 avril à 10h14
Le 23 avril à 10h57
Modifié le 23 avril à 14h36
(expérience personnelle : c'est bien le binz administrativement... Dans le cas de ma boite, l'UGAP a un marché cadre pour les prestations informatiques avec un titulaire, SCC, qui nous sous-traite le contrat. Dans la plupart des cas, le client nous a déjà choisi, demande à l'UGAP qu'on fasse un devis, qui demande à SCC, qui nous demande à nous. On envoie le devis à SCC, qui en envoie un à l'UGAP, qui en envoie un au client. Bref, si ça simplifie le process pour la puissance publique, ça le complique pour le fournisseur : )
[ajoutons qu'il y a d'autres centrales d'achat public que l'UGAP, souvent spécialisées. Par exemple caih pour l'informatique de santé]
Le 23 avril à 16h07
Et en fait, tu peux contacter un presta avec lequel tu bosses déjà et le faire très facilement passer dans un marché CANUT, UGAP & co. Cela te permet ensuite de ne pas faire de mise en concurrence, la seule "contrepartie" c'est que c'est facturé entre 10 et 30 % plus cher pour la même chose.
Il y a clairement un gros gaspillage d'argent public lié à ces centrales d'achats.
Le 23 avril à 17h32
(Concernant la CANUT = on y est aussi, c'est tellement le binz qu'on songe à en partir)
Le 23 avril à 17h00
Le 23 avril à 10h19
Mais en ce qui concerne les pharmacies, les medecins, les cliniques... qui t'envoient ou te demandent de leur transmettre, ordonnances, resultats sainguin... via une boîte mail gmail... C'est quand qu'on leurs dit stop ?
Le 23 avril à 10h31
Car au delà de gmail, c'est bien la réception et l'envoi par email directement en tant que pièce jointe (quel que soit le prestataire) qui est problématique...
Le 23 avril à 12h15
Modifié le 23 avril à 14h09
Dans ce cas GPG agit à l'image d'un VPN sur une connexion non sécurisée : ça n'a plus aucune importance que le prestataire de mail puisse lire la correspondance chiffrée !
Le 23 avril à 16h11
Modifié le 23 avril à 16h21
Bon, c'est plus ou moins user-friendly, par contre, mais déjà beaucoup plus que du PGP.
(* pas les mails de FAI, quoi
Le 23 avril à 16h29
Pour moi, ce n'est plus du mail, même si ça reste un système de messagerie...
Modifié le 23 avril à 18h16
Par exemple, chez Microsoft, ça envoie la clé à la demande par mail (pas top top non plus, mais bon).
Chez Infomaniak, par contre, c'est plus complexe car ça demande de communiquer la clé par un autre canal pour les destinataires en dehors de la suite (ils proposent évidemment leur outil kPaste).
On est d'accord cela dit que ça reste des solutions proprio plutôt fermées.
Mais ça reste plus utilisable que du PGP dont personne n'a entendu parler.
(même en entreprise mettre en place du PGP pour chiffrer des flux fichier, c'est comme dire qu'on va construire Ariane 7
Le 24 avril à 13h11
Son usage actuellement c'est plus pour afficher le logo de l'entreprise dans Gmail et Outlook plutôt que pour l'authentification ou le chiffrement :/
Le 23 avril à 10h36
Modifié le 23 avril à 11h07
Le 23 avril à 14h37
Le 23 avril à 10h48
ça évolue doucement avec l'adoption de MonEspaceSanté mais dans les faits, y'a toujours des petites étiquettes avec un @gmail au comptoir des deux pharmacies que je fréquente près de chez moi...
Le 23 avril à 12h23
Modifié le 23 avril à 11h08
Modifié le 23 avril à 12h31
As-tu questionné ton médecin, ton infirmier, ton pharmacien, ton laboratoire d'analyse pour savoir si ils reçoivent sur la Messagerie Sécurisée de Santé ??
Si il n'y a pas un peu de pression de la part des patients, la sauce ne prendra pas.
Le 23 avril à 12h53
Oui, il faut un peu de pression de la part des patients (qui ne seront pas nombreux à la mettre), mais il y a surtout un gros retard d'éducation à l'informatique et à ses enjeux, et ce, quels que soient la tranche d'age et/ou le statut social.
Le 23 avril à 13h25
J'ai systématiquement les ordonnances, notamment d'analyses, en papiers seulement, que je dois scanner pour envoyer au labo (certains via Gmail effectivement).
Par contre, tous les résultats sont sur l'Espace Santé ... et envoyé par mail au prescripteur !
Vrai question : les professionnel de santé ont une carte à puce qui les authentifient. mais la couche logicielle qui leur permet d'accéder (avec les droits accordés par le patient) à son Espace Santé est-elle à sources ouverts et libre (GPL ?), et la CPAM propose-t-elle une implémentation "de référence" elle aussi libre de droits ?
Le 23 avril à 16h27
S'il s'agit de la couche logiciel permettant l'accès aux informations de la carte elle-même, j'allais dire pas à ma connaissance. Mais en cherchant en peu... oui !
Le composant qui permet d'interroger la carte CPS s'appelle la cryptolib (ça fait très longtemps qu'elle existe, car je la connais depuis plus de 15 ans maintenant), et apparemment, il y a eu du changement de ce côté depuis quelques temps (combien, je ne saurais dire). La cryptolib est aujourd'hui en LGPL, accessible uniquement pour les titulaires d'un contrat éditeur et intégrateur.
Si c'est une implémentation de référence à la carte CPS non, ce n'est pas son rôle. La carte CPS est gérée par l'ANS.
Si c'est l'accès aux API permettant l'interrogation de Mon Espace Santé, là ici non plus. Il y a bien une API "publique" (dans le sens, dont la spécification est ouverte), mais son utilisation est très réglementée (en gros, le logiciel ET l'utilisateur doivent s'authentifier, pas uniquement l'utilisateur).
Si c'est le code côté serveur, non. Rien de se côté là.
Le 23 avril à 18h16
Je m'inquiétais de l'approche 100% mercantile des logiciels intégrés du secteur de la santé.
Reste donc à faire sauter le verrou de la qualification/certification du logiciel, ce qui est toujours le problème avec le libre
Le 23 avril à 16h39
C'est l’état qui devrait interdire que les données de santé transitent par Gmail, à tous les professionnels de la santé.
Le 23 avril à 16h41
Seule la MSS (Messagerie Sécurisée de Santé) est autorisée, et les patients peuvent (un peu) y accéder via Mon Espace Santé
Le 23 avril à 11h16
Le 23 avril à 13h43
Le 23 avril à 18h52
Le 23 avril à 19h38
Et également de fournir des méthodes de chiffrement et d'authentifications compatibles pour assurer la confidentialité des échanges et des données des citoyens.
Et puis c'est tout!
Le 23 avril à 21h10
Le 24 avril à 22h08
Le 23 avril à 22h54
Le 24 avril à 22h06
Cela devrait être une mission régalienne, c'est devenu obligatoire en 2026.
Le 30 avril à 23h48
Le 23 avril à 21h08
Scaleway est encore un "petit" avec 100 million de CA, soit 10% de OVH par ex.
https://www.scaleway.com/en/general-purpose-instances/
Les centres de données sont en France, mais aussi aux Pays-Bas et en Pologne et Milan/Italie.
Le HW va du AMD EPYC aux ARM64, notamment avec des Mac Apple Silicon.
Mais quelle est la plateforme logicielle utilisée par Scaleway?
Quelqu'un ici l a t il déjà utilisée professionnellement en alternative aux classiques AWS et Azure?
Le 23 avril à 21h20
Le 7 mai à 11h16
Est ce que Scaleway a vraiment une plateforme complètement indépendant des solutions propriétaires US?
Jeudi à 23h34
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