Production de puces : l’Europe est largement dépassée, sa réponse est « éclatée »
Chips Act arrête de chiper
Illustration : Flock
Le 21 avril à 18h29
La Cour des comptes vient de mettre en ligne un rapport sur la filière des semi-conducteurs en France, en Europe et dans le monde. L’enjeu est important dans un monde où les enjeux géopolitiques et numériques ne cessent de s’entrechoquer, de plus en plus violemment. Si on parle régulièrement de souveraineté sur les données, la question se pose aussi sur le matériel et la fabrication des puces.
Production de puces : l’Europe est largement dépassée, sa réponse est « éclatée »
Chips Act arrête de chiper
Illustration : Flock
La Cour des comptes vient de mettre en ligne un rapport sur la filière des semi-conducteurs en France, en Europe et dans le monde. L’enjeu est important dans un monde où les enjeux géopolitiques et numériques ne cessent de s’entrechoquer, de plus en plus violemment. Si on parle régulièrement de souveraineté sur les données, la question se pose aussi sur le matériel et la fabrication des puces.
Hardware
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8 min
La Cour des comptes commence par rappeler une réalité : les puces électroniques sont partout. Elle donne quelques indicateurs : en moyenne une vingtaine dans une machine à laver, un millier dans une voiture et plusieurs milliers dans un avion.
La microélectronique « joue aujourd’hui un rôle clé dans les transitions numérique et environnementale et conditionne toute innovation industrielle stratégique, notamment dans les domaines de la défense, de l’intelligence artificielle et du quantique ».
Des investissements records dans la microélectronique
Alors que le budget de la recherche du CNRS est en baisse en France avec un risque de rupture, qu’en est-il de la filière industrielle française et de sa place dans le monde ?
Sans être le seul nerf de la guerre, l’argent est une des principales artères du développement des puces et des usines de fabrication, les fameuses « fabs ». La microélectronique présente « le ratio d’investissement rapporté au chiffre d’affaires le plus élevé (ce ratio est en moyenne de 7 % pour l’industrie, il est de 20 % pour la microélectronique) », note le rapport.
La fabrication des puces repose « sur une chaîne de valeur mondialisée et très éclatée, à tel point qu’aucun pays au monde n’est à ce jour en mesure de fabriquer à lui seul la totalité d’une puce ». Ce secteur n’est plus depuis longtemps seulement un enjeu technique, mais très fortement géopolitique, avec deux blocs en opposition : les États-Unis et la Chine, sans oublier Taïwan et ses usines de fabrication.
L’Europe et la France entre le marteau américain et l’enclume asiatique
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Commentaires (15)
Le 21 avril à 19h18
Modifié le 21 avril à 19h32
Sans compter que la France ait laissé toute innovation se faire bouffer, phagocyter, ou voler, par des entreprises étrangères.
Nous ne remercierons jamais assez nos politiciens boomers d'avoir rejeté la modernité par pur principe, ou d'avoir soutenu des chemins qui n'allaient que vers toujours plus de contrôle. (Le minitel est un superbe exemple en la matière)
Résultat, le retard pris est irrattrapable sauf à aller débaucher et mettre les moyens sur la table. Ce qui n'arrivera pas.
Bon en même temps, soyons honnêtes, quel politicien en Europe n'est pas à vendre ? Il n'y en a pas des masses.
Le 22 avril à 17h54
Le numérique s'est démocratisé en Europe pendant que tous les industriels européens délocalisaient, essentiellement en Chine. Alors effectivement, ils n'ont pas lancé de "nouvelle" filière industrielle dans ce contexte. Et maintenant, on en paie les frais, dans ce secteur comme dans les autres.
Le 22 avril à 20h06
La délocalisation fait partie du rejet ou de l'inaction politique. Ce n'est évidement pas complet. On forme des ingénieurs, des tronches... mais ils ont la vie dure à subir la connerie de ces comportements.
Le 23 avril à 15h09
Le 23 avril à 15h11
Le 21 avril à 19h57
Après ya pas que les puces : si tu sais pas fabriquer une carte mère avec tous les autres composants dessus ça te fera une belle jambe d'avoir les puces... et oui c'est sur que les résistances & condo en CMS ça va pas être rentable à fabriquer en Europe (ou alors là aussi faut stocker énormément)
Le 21 avril à 21h34
Modifié le 22 avril à 09h16
Cette pauvre logique n'emmène que vers une conclusion unique : la qualité la plus basse produite dans les conditions les plus horribles, compétition dans laquelle les pires endroits au monde sortent gagnant pour vendre des étrons.
Assurer le contrôle sur ses approvisionnements (dans l'industrie ou les services, on parle de "verticalité") apporte d'autres intérêts comme sa maitrise, par exemples la prévisibilité des stocks et/ou de la capacité de production, ou la garantie de sa qualité.
À l'échelle d'un pays, cela fait partie de la souveraineté.
Tout n'est pas qu'économie, ou (quand on ne considère celle-ci que par le petit bout de la lorgnette) prix, dans la vie.
Le 23 avril à 06h07
Le 23 avril à 08h19
Par contre, ST par exemple est leader dans le domaine des microcontrôleurs, cad les puces qui gèrent tout le reste (électroménager, électronique grand public, IOT, etc. ...) et dans d'autres domaines requis par les datacenters (alimentations, communication optique) donc tout n'est pas perdu.
Pour donner une idée, dans un smartphone, pour un processeur 'performant' on as une dizaines de petites puces qui s'occupent du reste (batterie, éclairage, clavier, BT, NFC, SIM, etc. ...). C'est la même chose dans un serveur.
Enfin, il existe à Grenoble (il me semble), une entreprise qui possède une machine ASML dernière génération en 'libre service' pour les petites entreprises qui ne peuvent pas s'en acheter mais désirent produire des puces en petites quantités.
Le 21 avril à 23h32
Le 21 avril à 23h45
Le 22 avril à 13h54
Le 21 avril à 23h56
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