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Production de puces : l’Europe est largement dépassée, sa réponse est « éclatée »

Chips Act arrête de chiper

Production de puces : l’Europe est largement dépassée, sa réponse est « éclatée »

Illustration : Flock

La Cour des comptes vient de mettre en ligne un rapport sur la filière des semi-conducteurs en France, en Europe et dans le monde. L’enjeu est important dans un monde où les enjeux géopolitiques et numériques ne cessent de s’entrechoquer, de plus en plus violemment. Si on parle régulièrement de souveraineté sur les données, la question se pose aussi sur le matériel et la fabrication des puces.

La Cour des comptes commence par rappeler une réalité : les puces électroniques sont partout. Elle donne quelques indicateurs : en moyenne une vingtaine dans une machine à laver, un millier dans une voiture et plusieurs milliers dans un avion.

La microélectronique « joue aujourd’hui un rôle clé dans les transitions numérique et environnementale et conditionne toute innovation industrielle stratégique, notamment dans les domaines de la défense, de l’intelligence artificielle et du quantique ».

Des investissements records dans la microélectronique

Alors que le budget de la recherche du CNRS est en baisse en France avec un risque de rupture, qu’en est-il de la filière industrielle française et de sa place dans le monde ?

Sans être le seul nerf de la guerre, l’argent est une des principales artères du développement des puces et des usines de fabrication, les fameuses « fabs ». La microélectronique présente « le ratio d’investissement rapporté au chiffre d’affaires le plus élevé (ce ratio est en moyenne de 7 % pour l’industrie, il est de 20 % pour la microélectronique) », note le rapport.

La fabrication des puces repose « sur une chaîne de valeur mondialisée et très éclatée, à tel point qu’aucun pays au monde n’est à ce jour en mesure de fabriquer à lui seul la totalité d’une puce ». Ce secteur n’est plus depuis longtemps seulement un enjeu technique, mais très fortement géopolitique, avec deux blocs en opposition : les États-Unis et la Chine, sans oublier Taïwan et ses usines de fabrication.

L’Europe et la France entre le marteau américain et l’enclume asiatique

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Commentaires (15)

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Je pensais que les puces Rhéa étaient fabriquées en Europe, mais non, c'est TSMC.
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Tout ça ne découle que d'une chose. Le conservatisme, la méfiance et le rejet qui prévalait au tout début de l’essor de l'informatique personnelle, et le manque de soutien clair, en la matière. (Mais oui, souvenez vous de cette douce époque des années 90 et une partie de 2000, où si vous étiez geek, on vous percevait comme un déchet, fainéant perdant son temps sur un écran, et les années 80, c'était pire...)
Sans compter que la France ait laissé toute innovation se faire bouffer, phagocyter, ou voler, par des entreprises étrangères.
Nous ne remercierons jamais assez nos politiciens boomers d'avoir rejeté la modernité par pur principe, ou d'avoir soutenu des chemins qui n'allaient que vers toujours plus de contrôle. (Le minitel est un superbe exemple en la matière)
Résultat, le retard pris est irrattrapable sauf à aller débaucher et mettre les moyens sur la table. Ce qui n'arrivera pas.

Bon en même temps, soyons honnêtes, quel politicien en Europe n'est pas à vendre ? Il n'y en a pas des masses.
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Je ne partage pas du tout ce constat.
Le numérique s'est démocratisé en Europe pendant que tous les industriels européens délocalisaient, essentiellement en Chine. Alors effectivement, ils n'ont pas lancé de "nouvelle" filière industrielle dans ce contexte. Et maintenant, on en paie les frais, dans ce secteur comme dans les autres.
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En fait j'ai l'impression que tu dis la même chose que @bingo.crepuscule .

La délocalisation fait partie du rejet ou de l'inaction politique. Ce n'est évidement pas complet. On forme des ingénieurs, des tronches... mais ils ont la vie dure à subir la connerie de ces comportements.
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On forme des ingénieurs, des tronches... mais ils ont la vie dure à subir la connerie de ces comportements.
Les ingés font largement partie du problème.
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pendant que tous les industriels européens délocalisaient, essentiellement en Chine.
C'est plus compliqué que ça (les fleurons de l'électronique US produisent à peu près tous leurs composants majeurs en Asie aussi, avec TSMC, et même des produits premium comme Apple sont assemblés en Chine). Entre ASML et TSMC, les USA n'ont pas tant que ça les cartes (leur puissance dépend de la PI, qui n'existe que dans un monde régi par la loi, que l'actuel POTUS piétine allègrement)
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Un truc que je me demande: Les machines ASML sont européennes. Ne serait-il pas possible que l'EU en commande une ou deux et les installent en Europe, à disposition des entreprises européennes tel que NXP / ST et autre justement (après je suis conscient que le die ne suffit pas il faut tout un process industriel pour créer la puce autour) avec obligation faite à ces entreprises de fabriquer une (petite) part de leur production sur ces machines - non pas forcément pour le marché général mais simplement pour éprouver les process et créer du stock européen des différentes gammes de manière à savoir répondre à une crise internationale (type covid ou autre).

Après ya pas que les puces : si tu sais pas fabriquer une carte mère avec tous les autres composants dessus ça te fera une belle jambe d'avoir les puces... et oui c'est sur que les résistances & condo en CMS ça va pas être rentable à fabriquer en Europe (ou alors là aussi faut stocker énormément)
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ça va pas être rentable à fabriquer en Europe
Ça devient rentable dans un monde en conflit perpétuel où tu n'es plus sûr de tes approvisionnements.
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De plus, tout évoquer à l'aune de la rentabilité implique que le coût représente le pinacle de l'évaluation d'une décision.
Cette pauvre logique n'emmène que vers une conclusion unique : la qualité la plus basse produite dans les conditions les plus horribles, compétition dans laquelle les pires endroits au monde sortent gagnant pour vendre des étrons.

Assurer le contrôle sur ses approvisionnements (dans l'industrie ou les services, on parle de "verticalité") apporte d'autres intérêts comme sa maitrise, par exemples la prévisibilité des stocks et/ou de la capacité de production, ou la garantie de sa qualité.
À l'échelle d'un pays, cela fait partie de la souveraineté.

Tout n'est pas qu'économie, ou (quand on ne considère celle-ci que par le petit bout de la lorgnette) prix, dans la vie.
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C'est clair, ainsi que devrait faire le commissariat au Plan?
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Les entreprises européennes produisant des puces utilisent d'ores et déjà les machines ASML. Le truc c'est qu'elles ne développent pas des puces ayant besoin du maximum de précision de gravure, comme les processeurs ou puces graphiques qui servent pour l'IA.
Par contre, ST par exemple est leader dans le domaine des microcontrôleurs, cad les puces qui gèrent tout le reste (électroménager, électronique grand public, IOT, etc. ...) et dans d'autres domaines requis par les datacenters (alimentations, communication optique) donc tout n'est pas perdu.
Pour donner une idée, dans un smartphone, pour un processeur 'performant' on as une dizaines de petites puces qui s'occupent du reste (batterie, éclairage, clavier, BT, NFC, SIM, etc. ...). C'est la même chose dans un serveur.
Enfin, il existe à Grenoble (il me semble), une entreprise qui possède une machine ASML dernière génération en 'libre service' pour les petites entreprises qui ne peuvent pas s'en acheter mais désirent produire des puces en petites quantités.
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Techniquement, ça appartient au japonnais SoftBank...
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Tu parles de ARM sous la houlette du Japonais SoftBank ou de sa filliale à 49% détenue en majorité par les chinois et qui dit F*ck à son actionnaire minutaire qui fournis ses licences ?
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En plus on a des centres de recherche mondialement reconnu comme IMEC (Belgique) qui travail avec Intel TSMCn Nvidia et compagnie sur les futurs procédés de gravure de leur puce