#Le brief du 12 août 2026

Apple prépare un système pour prouver qu’une photo vient bien d’un iPhone

Progrès de l’IA générative aidant, il est bien difficile désormais de distinguer à coup sûr une photo réelle d’une image photoréaliste générée par intelligence artificielle. Et même le vieux truc de compter les doigts ne marche plus : les IA ne font en effet (presque) plus d’erreurs anatomiques.

Les acteurs de l’IA ont mis au point des systèmes permettant à des outils de repérer une image générée ou modifiée par IA. Plusieurs technologies sont disponibles, comme le filigrane SynthID de Google DeepMind, les Content Credentials de la coalition C2PA, Meta a mis en place ses propres étiquettes « AI info »… Tout cela ressemble un peu au fameux strip de xkcd sur les standards. Pourquoi ne pas en ajouter un autre ? Apple y travaille ! Mais cette fois, pour authentifier une vraie photo.

Dans le code de la bêta 5 d’iOS 27, 9to5Mac a déniché des références à une nouveauté en développement : Apple Reference Image. Cette fonction devrait servir à authentifier la source d’une photo en utilisant des données liées aux capteurs photo de l’iPhone qui a servi à l’enregistrer.

Ce panneau de confidentialité apparaitra lors de l’activation de la fonction Apple Reference Image. L’option sera disponible dans les réglages Appareil photo d’iOS. Image : 9to5Mac

Apple Reference Image n’est pas activée par défaut. Il revient à l’utilisateur de le faire dans l’application Appareil photo. Il faut ensuite demander à authentifier la photo prise, ce qui nécessite l’envoi des données brutes de l’image, les métadonnées et des informations matérielles au Private Cloud Compute (PCC) d’Apple.

Cette architecture serveur a été mise en place par le constructeur pour les fonctions d’Apple Intelligence à traiter en ligne, un système censé protéger la confidentialité des utilisateurs. De la sorte, Apple affirme ne pas pouvoir accéder à l’image en elle-même. Durant cette phase d’authentification, un identifiant unique est attaché à la photo.

Si Apple détermine que le capteur photo a été compromis, elle peut révoquer les précédentes authentifications associées avec ce composant. Les photos authentifiées par le système Apple Reference Image peuvent ensuite être partagées ; les iPhone destinataires (on imagine que ça fonctionnera aussi avec les iPad et les Mac) pourront vérifier l’authenticité des documents en local, sans avoir à communiquer avec Apple.

En fonction de la méthode de partage utilisée (via iMessage, AirDrop, etc.), les informations pourraient varier et indiquer si l’image est une version originale, modifiée ou authentifiée. Si l’utilisateur choisit de partager « toutes les données des photos », le transfert pourrait inclure des identifiants matériels uniques.

9to5Mac ajoute une autre découverte : une option « Transfer with Provenance » pour les transferts USB de photos authentifiées vers un Mac ou un PC. Les images en question embarqueront les données Apple Reference. Au vu des efforts à déployer pour authentifier une image (choisir un mode spécifique et transférer des données à Apple), ce système devrait rester cantonné à une poignée d’usages restreints.

Flockerie d’été 🎵🚌 : pas facile de se comprendre avec le choc des générations

Addiction aux réseaux sociaux : Meta et TikTok sous la menace de milliers de plaintes

Meta, TikTok, mais aussi Google et Snap devront faire face aux nombreuses plaintes qui visent leurs plateformes et l’addiction qu’elles provoquent chez les plus jeunes. Une cour d’appel a en effet rejeté les arguments de Meta et de TikTok qui ne voulaient pas attendre les jugements des procès avant de faire appel.

Plus de 3 000 plaintes déposées aux États-Unis contre le caractère addictif supposé des réseaux sociaux peuvent poursuivre leur chemin judiciaire. Meta et TikTok avaient essayé d’obtenir de la cour d’appel fédérale du 9e circuit, basée à San Francisco, qu’elle examine dès à présent leur argument fondé sur la fameuse Section 230 du Communications Decency Act, une loi américaine qui protège les plateformes contre les actions à leur encontre basées sur les contenus publiés par leurs utilisateurs.

Peine perdue : la cour d’appel estime dans son jugement (PDF) que la Section 230 offre seulement une défense contre une éventuelle responsabilité, et non une immunité contre les poursuites elles-mêmes ; elle n’a donc pas compétence pour examiner l’appel à ce stade. Cela ne veut pas dire que les plateformes ne pourront pas invoquer la Section 230 durant les procès.

Meta ne peut pas non plus échapper au procès qui débutera ce mercredi 12 août à Oakland, en Californie (avec la sélection des jurés). La cour d’appel a rejeté la demande de l’entreprise de suspendre le procès durant la procédure d’appel, relève Reuters.

Une coalition de procureurs généraux d’États américains accuse Meta d’avoir conçu Facebook et Instagram pour favoriser l’addiction chez les utilisateurs mineurs et d’enfreindre la loi fédérale sur la protection des données des enfants.

Le tout intervient quelques jours après une nouvelle condamnation de Meta par un tribunal du Nouveau-Mexique. En tout, le groupe est sanctionné à hauteur de 942 millions de dollars, avec plusieurs obligations pour améliorer les outils de protection des plus jeunes.

Le mois dernier, Meta indiquait au tribunal d’Oakland que la procédure engagée par les procureurs généraux pourrait représenter jusqu’à 1 400 milliards de dollars en réparations financières potentielles. Ces mêmes procureurs affirment (PDF) que les inquiétudes du géant des réseaux sociaux « sonnent creux » au regard des preuves qu’ils entendent présenter au procès. Ils veulent démontrer que Meta a trompé le public sur la sécurité de Facebook et Instagram, tout en développant des plateformes pour provoquer un usage compulsif et ainsi augmenter les revenus publicitaires.

Une décision de la cour d’appel en faveur de Meta et de TikTok aurait probablement aussi aidé Google et Snap, qui font partie des défendeurs dans cette vaste procédure.

Gemini dans le club très fermé des services Google au milliard d’utilisateurs

Google peut s’enorgueillir de compter dans son catalogue 14 services et produits qui dépassent le milliard d’utilisateurs : Gemini fait désormais partie de ce club, comme s’en réjouit Sundar Pichai, le directeur général d’Alphabet et de Google. Le dirigeant parle de l’application Gemini, ce qui exclut les utilisateurs qui se servent de cette IA ailleurs (Google a pris l’habitude d’insérer Gemini partout où c’est possible, parfois au chausse-pied).

La performance est quand même à relativiser, sachant que l’app Gemini est préinstallée sur les smartphones Android. Évidemment, c’est un sérieux avantage qui aide à recruter des utilisateurs. Josh Woodward, le chef de Gemini, confirme qu’Android est la plateforme dominante et de loin, puisque Gemini compte plus de 100 millions d’utilisateurs sur iOS.

Il donne aussi quelques précisions et statistiques d’usage sur Gemini. En vrac : les utilisateurs avancés sur macOS envoient des requêtes deux fois plus souvent que les utilisateurs d’autres plateformes, 63 % des utilisateurs parlent à Gemini, l’IA génère plus de 150 millions d’images chaque jour, elle peut automatiser des actions dans une quarantaine d’apps.

Image : Google

En ce qui concerne les 13 autres produits qui dépassent le milliard d’utilisateurs, ils avaient été révélés durant l’édition 2026 de la Google I/O en mai dernier. Il s’agit de la recherche Google, Gmail, Google Drive, Chrome, Google Maps, Google Play, Google Calendar, Google Photos, Android, Google Discover, Google Lens, YouTube et Google Messages.

Gemini n’est pas la seule application IA qui ait atteint ce seuil psychologique. OpenAI a révélé au détour d’un billet de blog posté le 6 août que ChatGPT dépassait également le milliard d’utilisateurs. Comme l’indique The Verge, le chatbot aurait en fait franchi cette étape dès le mois de juin.