La justice rejette les demandes de suspension de Shein et Kick formulées par l’État
Bis repetita
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Le 19 décembre 2025 à 17h04
Deux dossiers très différents mais une issue commune : le tribunal judiciaire de Paris a rejeté vendredi les demandes de blocage provisoire formulées par l’État. Dans les deux cas, la justice a estimé que la mesure envisagée porterait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression dans le cas de Kick, et à la liberté d’entreprendre dans l’affaire Shein. L’État interjette appel de ces deux décisions.
La justice rejette les demandes de suspension de Shein et Kick formulées par l’État
Bis repetita
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Deux dossiers très différents mais une issue commune : le tribunal judiciaire de Paris a rejeté vendredi les demandes de blocage provisoire formulées par l’État. Dans les deux cas, la justice a estimé que la mesure envisagée porterait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression dans le cas de Kick, et à la liberté d’entreprendre dans l’affaire Shein. L’État interjette appel de ces deux décisions.
Droit
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5 min
Mise à jour, 20 décembre, 13h45 :
Le gouvernement a réagi vendredi en fin d’après-midi à ces deux décisions. Dans un communiqué, diffusé par l’intermédiaire de Bercy, il se dit convaincu du risque systémique du modèle lié à Shein, et annonce qu’il « fera appel de cette décision dans les prochains jours » à la demande du Premier ministre.
Publication initiale, 19 décembre à 17h04 :
La mesure serait « disproportionnée » au regard de ventes problématiques qui restent « ponctuelles » chez Shein et contre lesquelles la plateforme chinoise aurait déjà pris des mesures, a estimé le tribunal judiciaire de Paris.
Suite à une audience organisée le 5 décembre dernier, il a de ce fait rejeté, dans une décision communiquée vendredi à l’AFP et partagée par notre confrère Marc Rees sur LinkedIn, la demande de suspension pour trois mois des activités de Shein en France, réclamée par le gouvernement.
Dans le même temps, il a tout de même fait injonction à Shein de ne pas reprendre la vente de « produits sexuels pouvant caractériser un contenu à caractère pornographique » avant la mise en place d’un dispositif de contrôle de l’âge.
Shein a déjà pris les mesures qui s’imposaient
Rappelons que suite au scandale des poupées enfantines à caractère sexuel référencées sur sa plateforme, Shein a pris la décision, début novembre, de suspendre les activités de sa marketplace en France. « Cette suspension nous permet de renforcer nos mécanismes de responsabilité et de garantir que chaque produit proposé respecte nos standards et nos obligations légales », avait déclaré un porte-parole.
Le géant chinois argue par ailleurs qu’il n’a pas vendu directement les produits concernés, puisque ces derniers passaient par sa place de marché, et qu’il est directement intervenu dès que le problème lui a été signalé.
Une défense jugée un peu légère par l’État français, qui a donc lancé plusieurs offensives, notamment judiciaires, à l’encontre de Shein. « Au regard des risques systémiques du fonctionnement et du modèle de Shein, l’État confirme sa demande de blocage du site pour une durée de 3 mois, ou a minima le maintien de la suspension de sa marketplace », résumait-il le 5 décembre dernier suite à l’audience.
Le ministère public avait de son côté prévenu fin novembre que la suspension pour trois mois risquait d’être considérée comme une mesure disproportionnée si aucune preuve de nouveau manquement n’était apportée.
Un avis suivi par la cour. Dans sa décision, le juge estime en effet que le blocage « porterait une atteinte injustifiée au droit à la liberté d’entreprendre », dans la mesure où « seuls certains produits de la marketplace » ont été identifiés comme illicites, sur un catalogue de plusieurs centaines de milliers d’articles.
« Si l’État français soutient que la mise en vente de ces produits est révélatrice d’un défaut systémique de contrôle, de surveillance et de régulation des produits proposés à la vente sur la plateforme, il échoue à en rapporter la preuve », note le tribunal.
Il profite enfin de sa décision pour affirmer, comme l’a souligné l’avocat Alexandre Archambault, que l’État fait fausse route en saisissant le tribunal judiciaire sur le fondement de la LCEN française, alors qu’il cherche à faire sanctionner de supposés manquements au DSA européen.
Kick maintenu, mais la chaîne de Jean Pormanove reste suspendue
Également diffusée par Marc Rees, la décision relative à la plateforme de streaming Kick suit sans surprise une logique similaire, même si cette fois c’est l’absence de modération de contenus considérés comme illicites qui est dénoncée.
Faute de preuve relative à de nouveaux manquements et compte tenu des mesures mises en place par la plateforme australienne, le tribunal rejette la demande principale de suspension de l’accès à Kick en France :
« Il n’est pas démontré que la plateforme opérée par la société Kick, qui n’est pas elle-même éditrice ou créatrice des contenus, serait dans son ensemble, par sa structure même et sa ligne éditoriale, porteuse, de manière systémique, de contenus dommageables ».
La donne est en revanche différente concernant le retour en ligne du canal par lequel diffusait le streamer décédé. « S’agissant de la salle officielle « Jean Pormanove », les éléments déjà énoncés quant aux contenus qui y ont été diffusés démontrent un dommage grave, qui serait nécessairement réactivé, si la réouverture de la salle permettait la rediffusion des anciens contenus », estime la cour.
La justice s’est en revanche prononcée ce même jour en faveur du blocage dans le cas du site Watchpeopledie.
Commentaires (24)
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Abonnez-vousLe 19/12/2025 à 18h00
Le 19/12/2025 à 19h00
Une première fessée ne suffit pas ?
Le 19/12/2025 à 19h54
Le 19/12/2025 à 20h12
La plainte initiale venait de Nünez, Papin et de Montchalin.
Je l'ai entendu aujourd'hui aux 4V donc avant le jugement et il n'a pas l'air de connaître la loi. Par contre, il a bien un discours de "ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat". Enfin, il a l'air d'avoir oublié le pouvoir d'achat...
Le 20/12/2025 à 13h50
Modifié le 19/12/2025 à 19h35
Modifié le 20/12/2025 à 15h31
Modifié le 20/12/2025 à 01h40
Modifié le 20/12/2025 à 10h20
Le 20/12/2025 à 14h45
Le 20/12/2025 à 15h36
Plus sérieusement, si vous voulez discuter de ce qui peut se passer en appel, lisez au minimum la décision du juge, ça vous évitera de me prêter bêtement un amour pour Shein.
Et éviter de croire sur parole le gouvernement qui utilise la justice pour communiquer dans cette affaire.
Le 21/12/2025 à 11h25
Ça donne vraiment envie d'en savoir un peu plus sur vous. Que faîtes-vous mercredi soir?
Le 21/12/2025 à 11h41
Si vous aviez vu mon profil, vous auriez su que le 42 ne correspond pas à mon département.
Le 21/12/2025 à 00h14
Ça peut, éventuellement, s'il y a un préjudice pour autrui, être un motif valable pour écrire une loi interdisant quelque chose. Mais en l'absence de lois, ce n'est pas aux juges de suppléer le législateur. Et il n'est certainement pas acceptable que le gouvernement essaye d'obtenir de manière détournée par la justice ce qu'il est infoutu d'obtenir par le parlement.
Le 21/12/2025 à 09h04
Remarque, si on devait interdire tout ce qui a un moment est "j'aime pas", il n'y aurait plus grand chose d'autorisé
Le 19/12/2025 à 22h16
On interdit bien les voitures non homologuées à l'importation : pourquoi on ne le fait pas sur le reste ???
Le 20/12/2025 à 10h09
Modifié le 20/12/2025 à 16h08
Lactalis nestle creusot shein etc autocontrole.
Le 20/12/2025 à 04h17
Le 20/12/2025 à 08h09
Le 20/12/2025 à 10h20
Le tribunal les a plutôt suivi.
Réponse aussi à @Arkeen : ces cas là n'ont pas été invoqués dans les demandes du gouvernement.
Le 20/12/2025 à 13h55
Le 21/12/2025 à 00h21
Le 21/12/2025 à 13h58
Après, la norme ça commence par la procédure d'importation, ça doit être la seule chose qu'ils peuvent contrôler.
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