#Le brief du 10 juin 2026

Mesure exceptionnelle de Bruxelles, qui impose à Meta de rouvrir WhatsApp aux IA concurrentes

Ça chauffe entre la Commission européenne et Meta sur le dossier de la présence des assistants IA rivaux de Meta AI dans WhatsApp. Bruxelles a ordonné au géant des réseaux sociaux de restaurer les assistants tiers dans le versant business de la messagerie. Une mesure intérimaire, le temps de l’enquête.

L’exécutif européen impose donc des mesures conservatoires à Meta, ce qui est extrêmement rare. Le régulateur considère que le marché des assistants IA est encore en phase de formation. Ces assistants ont besoin d’accéder aux utilisateurs où ils sont, et une bonne partie d’entre eux se servent de WhatsApp comme messagerie. Si Meta verrouille WhatsApp aujourd’hui, certains concurrents pourraient disparaitre avant même que l’enquête ne soit terminée.

Par conséquent, Meta doit rétablir l’accès gratuit à WhatsApp pour les assistants IA concurrents dans les cinq jours ouvrables, et maintenir cet accès le temps d’examiner si ces restrictions enfreignent les règles européennes de la concurrence. « C’est pourquoi ces mesures conservatoires resteront en vigueur pendant toute la durée de l’enquête, afin d’éviter des dommages qu’il serait presque impossible de réparer », affirme Teresa Ribera, vice-présidente en charge de la concurrence. Lors d’une conférence de presse, elle a précisé le calendrier de ces mesures : jusqu’à la fin de l’enquête donc, ou au plus tard jusqu’en juin 2029.

De quoi laisser le temps aux entreprises IA pour innover et développer leur activité, tout en donnant « la liberté de choix des citoyens européens quant à l’assistant IA qu’ils souhaitent utiliser avec WhatsApp, au lieu de laisser Meta en décider pour eux », ajoute-t-elle.

Les assistants IA tiers pouvaient utiliser l’API WhatsApp Business jusqu’en octobre 2025. Meta a ensuite modifié les conditions d’utilisation de son interface de programmation de telle manière à exclure ses rivaux et favoriser Meta AI. En mars dernier, sur pression de Bruxelles, le groupe a rouvert l’accès de WhatsApp, mais en facturant des frais considérés comme prohibitifs par le régulateur. La procédure formelle avait été ouverte début décembre 2025, la communication de griefs remontant au mois de février.

Meta, qui n’en est pas à sa première passe d’armes avec Bruxelles, va faire appel de cette décision. « La Commission européenne a décidé qu’OpenAI et certaines des plus grandes entreprises du monde peuvent utiliser gratuitement WhatsApp Business, un service normalement payant », affirme l’entreprise (pourquoi dans ce cas l’accès était-il auparavant gratuit ?). « Il s’agit d’un excès de zèle réglementaire financé par les nombreuses entreprises européennes qui, elles, paient pour ce service », se plaint-elle.

Google baisse le prix de son offre AI Plus d’entrée de gamme

Google revoit le prix de sa formule AI Plus et surprise, au lieu de monter comme c’est devenu l’habitude pour les services en ligne, le tarif baisse. Il passe de 7,99 à 4,99 euros par mois soit une baisse de quasiment 38 %. Le moteur de recherche double aussi le stockage compris avec cet abonnement, qui passe de 200 à 400 Go à partager entre Drive, Photos et Gmail. La version 2 To change de nom (elle devient « AI Plus » au lieu de Premium), mais toujours à 9,99 euros.

Capture d’écran : Google

Une offre plutôt généreuse donc, mais Google ajoute de nouvelles limites d’utilisation dans l’app Gemini, selon « la complexité des requêtes, des fonctionnalités utilisées et de la longueur des discussions », explique l’entreprise dans un courriel consulté par Next. Les limites sont actualisées toutes les cinq heures, jusqu’à l’atteinte du plafond hebdomadaire. Les abonnés AI Plus bénéficient de limites « deux fois plus élevées » que les utilisateurs non membres.

Google modifie également les plafonds dans d’autres logiciels et services IA, comme Flow (génération d’images et de vidéos) et Antigravity, la plateforme agentique. Le forfait AI Plus n’inclut plus 200 crédits mensuels, néanmoins « votre expérience ne devrait pas changer avec le nouveau modèle d’utilisation ».

L’offre Google AI Plus a été lancée en septembre 2025, d’abord en Indonésie, elle a été étendue depuis à la quasi-totalité du globe. Comparable à ChatGPT Go (mais désormais trois euros moins chère), cette formule complète l’abonnement AI Pro à 21,99 euros par mois ; celle-ci contient désormais 5 To de stockage en ligne, au lieu de 2. Pour les utilisateurs les plus gourmands, Google AI Ultra est facturé à partir de 99,99 euros (20 To).

Encore une faille dans le noyau Linux menant aux droits root

Des chercheurs ont publié les détails d’une nouvelle faille de sécurité dans le noyau Linux. De type use-after-free (utilisation de mémoire après libération) et estampillée CVE-2026-23111, elle réside dans le code de filtrage de paquets nf_tables : une simple erreur de syntaxe, en l’occurrence un caractère inversé, peut être exploitée lors d’une vérification de condition.

Avec un score CVSS de 7,8, la faille affiche une dangerosité haute, frôlant le critique. Elle permet à un attaquant local ne disposant d’aucun privilège d’élever ses droits jusqu’au niveau « root » et de s’échapper d’un conteneur pour cibler la machine hôte.

Illustration : Flock

L’exploitation nécessite l’utilisation conjointe de nf_tables et des espaces de noms utilisateurs non privilégiés, une fonctionnalité activée par défaut sur la majorité des distributions Linux pour permettre à un utilisateur standard de simuler des droits administrateur dans un bac à sable isolé. Des codes d’exploitation fonctionnels et détaillés ont déjà été publiés par les cabinets de recherche FuzzingLabs et Exodus Intelligence.

La faille a été corrigée le 5 février dernier, Exodus ayant attendu le 8 juin pour dévoiler l’ensemble des détails. Comme le signale notamment The Hacker News, cette faille n’est que la dernière en date d’une « longue série » de vulnérabilités locales dans le noyau Linux, permettant toutes une élévation de privilèges, avec à chaque fois les mêmes conséquences : l’obtention des droits root.

Dans un cadre d’utilisation personnelle, cette faille ne devrait pas poser de problèmes, les correctifs circulant pour toutes les distributions encore supportées. Dans les entreprises cependant, cela peut impliquer des machines redémarrant peu. Il faut donc s’assurer que le correctif idoine est installé. Il ne semble pas y avoir d’exploitation de cette faille à l’heure actuelle.