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Le parquet de Paris ouvre une enquête sur Kick après la mort de Jean Pormanove

Le 26 août à 16h22

Ce mardi 26 aout, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les pratiques de Kick après la mort du streamer Jean Pormanove en direct sur cette plateforme.

Selon l'AFP, cette enquête, qui s'ajoute à celle déjà ouverte par le parquet de Nice après les révélations de Médiapart, est ouverte « du chef de fourniture en bande organisée de plateforme en ligne illicite ». La procureure de Paris, Laure Beccuau, veut déterminer si Kick a diffusé « en connaissance de cause » des « vidéos d’atteinte volontaires à l’intégrité de la personne ».

La ministre déléguée au Numérique, Clara Chappaz, a annoncé juste avant sa volonté de lancer une action en justice contre la plateforme.

Clara Chappaz estime que « Kick n'a pas fait tout ce qui était possible pour pouvoir mettre fin à la diffusion de contenu qui était dangereux ». « Nous allons assigner Kick devant le tribunal judiciaire sur le fondement de l’article 6.3 de la loi sur la confiance dans l’économie numérique » a affirmé l'entourage de la ministre à l'AFP.

Sur X, Maitre Alexandre Archambault relève qu' « à ce jour ce délit franco-français (pour lequel les autorités sont assez réservées) n'a débouché sur aucune condamnation d'un intermédiaire technique non établis en France », que les affaires Coco & Telegram sont toujours à l'instruction, et que Twitter a été relaxée à 2 reprises.

Rappelons que, mi-décembre 2024, Médiapart signalait les pratiques de la chaine de streaming de deux Français qui diffusaient leurs vidéos sur la plateforme Kick. Suite à cette enquête journalistique, deux influenceurs niçois, présents sur la chaine sous les pseudos Naruto et Safine, ont été mis en garde à vue pour des violences physiques et psychologiques.

Dès décembre, Médiapart avait interrogé Clara Chappaz sur le sujet. La ministre n'avait pas répondu aux questions de nos confrères et n'avait ni saisi l'Arcom ni la plateforme Pharos, expliquait Médiapart la semaine dernière. Nos confrères révèlent en outre aujourd'hui que le ministère de l’intérieur a reçu 80 signalements sur la plateforme Pharos avant la mort du streamer, les gendarmes se déplaçant cinq fois sur le lieu de tournage pendant le mois précédent.

L’Arcom s’est, elle, rapprochée de ses homologues européens la semaine dernière pour demander des comptes à la plateforme.

Le 26 août à 16h22

Commentaires (30)

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Clara Chappaz ne pourrait-elle pas être poursuivie elle-même, au titre que prévenue depuis de nombreux mois, elle "n'a pas fait tout ce qui était possible pour pouvoir mettre fin à la diffusion de contenu qui était dangereux"?

Elles sont bien gentilles les autorités de s'émouvoir après coup, mais dans ce cas précis, elles étaient au courant bien avant.
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Un(e) ministre avec une affaire judiciaire aux miches. Rhoooo :non:
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C'est un critère de sélection visiblement, si tu n'as pas ton petit procès en cours, tu n'es pas un très bon ministre.

Mais en même temps, elle risque de ne plus être ministre bien longtemps…
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Un politicien sans casseroles, c’est trop dangereux.
Si chacun a le cul sale, ça permet de garder la pression « si je tombe, tu tombes avec moi ».
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La procureure de Paris, Laure Beccuau, veut déterminer si Kick a diffusé « en connaissance de cause » des « vidéos d’atteinte volontaires à l’intégrité de la personne ».
RMC sport fait cela très régulièrement.

Pour moi il faudrait surtout concentrer les efforts sur le fait que JP étais non-concentant ou sous emprise/vulnérabilité. Parce que, dans le cas contraire, ca va être compliqué d'interdire des streams de baffes parce que c'est dangereux tout en ayant légalisé les sports de combat MMA.
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Tout à fait concernant JP.
D'ailleurs, il y a une enquête ouverte en cours sur les personnes de son "entourage" ?
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A priori, le consentement n'a aucune valeur juridique dans un cas de maltraitance, et ne peut alors pas être invoqué pour la défense.
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J'avais aussi pensé au MMA et à la boxe mais la différence, c'est qu'il y a un arbitre qui arrête le combat si besoin ainsi qu'un médecin qui peut juger si le combat peut continuer.

Cela réduit largement les risques de décès.

De ce que j'ai compris de cette affaire, ce n'était pas juste des baffes.
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De ce que j'ai compris de cette affaire, ce n'était pas juste des baffes.
Est-on d'accord pour dire que savoir si "Kick a diffusé en connaissance de cause des vidéos d’atteinte volontaires à l’intégrité de la personne" n'est pas vraiment la question importante de cette affaire ?

Et d'ailleurs, qu'une vidéo soit tournée et diffusée n'est pas non plus la question importante. Je ne pense pas que JP soit mort suite à la diffusion d'images violentes.
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Non, je ne suis pas d'accord. Si Kick savait, ils n'auraient pas dû laisser diffuser.
Par contre, je pense que le parquet n'a aucune chance de faire condamner Kick sur un tel chef d'accusation si comme le dit Archambault, c'est une infraction purement française. Le parquet n'aura aucune aide de la justice australienne ou même de Malte pour un délit qui n'existe pas chez eux et ne pourra donc pas avoir de preuve qu'ils savaient. En plus, je doute qu'ils lisent Médiapart et donc qu'ils aient été au courant du contenu de ce stream.
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Il n'est pas mort suite à la diffusion d'images violentes, mais en revanche, s'il n'y avait pas eu de diffusion, il n'y aurait pas eu de sévices.
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Il n'est pas mort suite à la diffusion d'images violentes, mais en revanche, s'il n'y avait pas eu de diffusion, il n'y aurait pas eu de sévices.
C'est la version moderne de "sans le Heavy-Metal il n'y aurait pas de fusillades dans les écoles" ?
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Si tu le dis, les crimes n'existaient pas avant Kick... et le mieux sinon pour ne pas mourir, c'est carrément de ne pas naître (Coluche, "avec la capote Nestor, je suis pas né, je suis pas mort"). :D

Bon après, ce que je voulais dire surtout, c'est que quelle que soit notre morale, on ne peut pas agir judiciairement contre Kick depuis la France hormis le bloquer dans nos DNS, c'est juste comme ça.
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Dans ce cas précis, les vidéos étaient monétisées. Les mecs (y compris la victime, d'ailleurs, il semblerait) en profitaient grassement et l'argent était très probablement la principale motivation des deux mis en cause. Il est donc raisonnable de supposer que sans diffusion, les sévices n'auraient pas eu lieu.
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Aujourd'hui, rien ne dit que sa mort ait été causée par des sévices.

J'ai raté un épisode, il y a des mis en cause ?
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"rien ne dit que sa mort ait été causée par des sévices" mais des sévices ont bien eu lieu.

Et pour les deux streamers, il s'agit de GAV, pas de mise en cause, mes excuses.
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Il existe plein d'autres manières illégales et préjuciables pour les autres de gagner pas mal d'argent si on est dans cet état d'esprit. Et tu as sauté la 2ème partie de ma réponse.
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Le lancer de nain a été interdit par la jurisprudence (l'un des plus fameux arrêts du Conseil d'Etat en 1995) au titre de la dignité humaine. On n'a pas le droit de nier la personne humaine (réification) quand bien même une personne est d'accord pour qu'on la transforme en boulet de canon, en punchingball, en objet sexuel,…
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Clara Chappaz estime que « Kick n'a pas fait tout ce qui était possible pour pouvoir mettre fin à la diffusion de contenu qui était dangereux ». « Nous allons assigner Kick devant le tribunal judiciaire sur le fondement de l’article 6.3 de la loi sur la confiance dans l’économie numérique » a affirmé l'entourage de la ministre à l'AFP.
Cet article dispose que :
Le président du tribunal judiciaire, statuant selon la procédure accélérée au fond, peut prescrire à toute personne susceptible d'y contribuer toutes les mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d'un service de communication au public en ligne.
Il détermine les personnes ou les catégories de personnes auxquelles une demande peut être adressée par l'autorité administrative dans les conditions prévues à l'article 6-4.
J'ai du mal à comprendre ce qu'ils veulent faire cesser maintenant que la victime est morte.

J'ai l'impression que l'on gesticule tant du côté du parquet que du gouvernement.
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Il y a sans doute aussi mieux à faire à s'occuper de gens qui ne soient pas largement responsables de leurs malheurs, niveau priorités...
Le mec gagnait 6k€/mois dans les excès du web, mais c'était clairement pas utile de cotiser à une caisse de retraite.
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5 déplacements de gendarmes et pas de garde à vue lorsqu'ils voient tout ce binz de "torture pour le fun", même à titre preventif ?
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Il y a eu une garde à vue en janvier de mémoire suite à un (au moins) article de Médiapart mais il n'y a rien eu ensuite les 2 "victimes" disant qu'ils étaient consentants et que c'étaient des mises en scène.

À l'époque, c'était la police qui s'en étaient chargé, mais la gendarmerie a dû avoir les mêmes réponses et a dû avoir les infos sur la première garde à vue. Donc, ils est assez logique qu'il n'y ait pas eu plus de suites.

Quant à la garde à vue à titre préventif, c'est quoi le concept ?
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"Quant à la garde à vue à titre préventif, c'est quoi le concept ?"
Le temps de démêler ce bazar et éviter les fuites.
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Ca n'existe pas une garde à vue préventive, et une garde à vue est limitée de base à 24h. Je doute que ce soit suffisant pour démêler le bazar, et sans victime se déclarant clairement je pense qu'on est loin des conditions requises pour la prolonger jusqu'à 72h. Ne parlons alors même pas de détention préventive.

C'est le problème quand les victimes ne veulent pas admettre qu'elles le sont, par peur, sympathie, ou autre. Là en plus il y avait un intérêt financier donc ça n'a pas du être difficile d'être convaincant.

Par contre maintenant la situation a changée car il n'est pas possible de consentir de mourir, et devrait justifier l'ouverture d'une nouvelle enquête avec convocation des personnes impliquées pour établir le niveau de lien entre les agissements et le résultat, d'autant plus qu'il y a une autre victime potentielle.

C'est surtout ça qui est important, on s'en fiche de Kick qui ne sera jamais condamné. C'est une affaire franco-française qui n'est que du ressort de la police et la justice locales. L'ARCOM et la ministre se sentent obligés de réagir et de montrer leurs muscles mais ne pourront rien faire de concret.
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Clara va ester en justice tous ceux qui font du BDSM aussi ?
J'aime pas 2025....
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Si ce n'est pas en ligne, elle s'en fout : ce n'est pas de son incompétence.
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Le BDSM est un jeu de pouvoir et de relations avec l'objectif de rechercher et trouver le plaisir. Tous les participants gardent le contrôle sur leurs sensations et leurs émotions.

Je pense que vous faites un amalgame pernicieux et confusionnant.
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Bahh... avec tous les coincés du fiac qu'on croise en 2025... Regardez Chiappa comment elle en a fait rougir des gens :)
Et puis de plus, c'est aussi mon métier :win:
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Si c'est vraiment votre métier, c'est grave de confondre plaisirs et violences. Rougir quand on parle de relations affectives et sexuelles, c'est plutôt sain dans une certaine mesure. Je suis loin d'être un expert mais ça me semble la base.

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