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Doctolib, condamnée à 4,6 millions d’euros, affirme ne pas être « en position dominante »

Doctolib, pas Doctolibre

Doctolib, condamnée à 4,6 millions d’euros, affirme ne pas être « en position dominante »

Doctolib vient d’écoper d’une amende de 4,665 millions d’euros de l’Autorité de la concurrence pour abus de position dominante. La plateforme de rendez-vous médical annonce qu’elle fera appel et tente de justifier ses actions passées.

Le 06 novembre à 15h13

L’Autorité de la concurrence rappelle le fonctionnement des plateformes de rendez-vous médicaux et l’enjeu autour du nombre d'utilisateurs des deux côtés de l’écran (professionnels de santé et patients) : « les patients sont attirés par les plateformes proposant un large choix de professionnels de santé et ces derniers ont tendance à favoriser les plateformes utilisées par un grand nombre de patients ».

L’Autorité enquête suite à une plainte de Cegedim

Le Covid-19 a entrainé une forte augmentation de l’utilisation de ces plateformes, notamment en 2021 quand certaines se sont vu confier par le gouvernement « la gestion des rendez-vous en ligne lors de la campagne de vaccination contre la Covid-19 ». C’était notamment le cas de Doctolib, Maiia (édité par Cegedim) et KelDoc. La téléconsultation s’est aussi fortement développée pendant les confinements.

La condamnation du jour fait suite à une plainte d’un de ses concurrents en 2019 : Cegedim Santé. Ce dernier avait pour rappel été condamné en 2024 à 800 000 euros d’amende pour avoir traité des données de santé sans autorisation. Concernant Doctolib, l’enquête a pris du retard à cause de la pandémie, mais elle a entrainé une visite et une saisie dans les locaux en 2021.

Pour l’AdlC pas de doute : Doctolib « est en position dominante »

L’Autorité de la concurrence explique que « Doctolib, compte tenu de ses parts de marché et de celles, beaucoup plus faibles, de ses concurrents, de leur évolution, des barrières à l’entrée sur le marché et de l’absence de puissance d’achat compensatrice, est en position dominante sur le marché français des services de prise de rendez-vous médicaux en ligne, au moins depuis 2017 ».

Que ce soit en nombre de clients ou en chiffre d’affaires, les parts de marché de Doctolib « sont de manière constante supérieures à 50 % entre 2017 et 2022 et dépassent certaines années 90 % ». Même position dominante pour les téléconsultations, avec des parts de marché « supérieures à 40 % » aussi bien sur le nombre de clients que de téléconsultations.

Problème pour l’Autorité, « Doctolib a délibérément mis en œuvre plusieurs pratiques anticoncurrentielles ». C’est donc un abus de position dominante, une pratique condamnable et pour laquelle Doctolib écope de 4,665 millions d’euros d’amende.

Selon des documents, Doctolib voulait « verrouiller » patients et médecins

L’Autorité de la concurrence détaille ses griefs. Tout d’abord, jusqu’en septembre 2023, Doctolib imposait dans ses contrats avec les professionnels de santé « une clause d’exclusivité, combinée à une clause dite "anti-allotement" permettant à Doctolib de suspendre ou résilier le contrat ».

Dans des documents internes, des dirigeants affichaient sans détour leur volonté « [d’] être une interface obligatoire et stratégique entre le médecin et son patient afin de les verrouiller tous les deux » pour « ne laisse[r] aucun cabinet à la concurrence », rapporte l’Autorité. La formulation a le mérite de ne laisser aucune place au doute.

Doctolib mettait en avant des difficultés techniques ou opérationnelles pour exiger des professionnels de santé qu'ils résilient leur abonnement à un service concurrent pour passer sur la plateforme dominante sur le marché, un argument qui n’a visiblement pas fait mouche auprès de l’Autorité.

Alors que le service juridique de Doctolib alertait en interne sur l’illégalité d’une telle clause et insistait « vraiment fortement » pour la supprimer, le président de Doctolib aurait décidé de la maintenir selon l’Autorité, arguant « qu’il [fallait] stratégiquement la garder ». Selon l’enquête de l’AdlC, cela a eu des conséquences sur le marché : « certains opérateurs, tels que Solocal ou Qare, ont cessé de développer leur service ou ont même abandonné l’idée d’en développer ».

Sur les téléconsultations, « dès le lancement de Doctolib Téléconsultation en 2019, les contrats d’abonnement prévoyaient la souscription préalable obligatoire à Doctolib Patient », avec toutes les problématiques que nous venons d’évoquer sur la concurrence.

MonDocteur : du rachat à la « disparition en tant que concurrent »

Doctolib aurait aussi mis en place une pratique radicale pour « killer le produit » d’un concurrent. En juillet 2018, la plateforme a racheté MonDocteur qui était présenté dans des documents internes comme « concurrent # 1 ».

Ces mêmes documents ne laisseraient aucune place au doute quant à la finalité du rachat : « la création de valeur […] n’est pas l’ajout de l’actif [MonDocteur] mais sa disparition en tant que concurrent ». Après le rachat, « Doctolib fonctionnera sans plus aucune concurrence en France » indiquerait un document rédigé à la demande de Doctolib, selon l’Autorité de la concurrence.

Débarrassée de son « concurrent #1 », Doctolib y voyait aussi un moyen de « réduire la pression sur les prix » et ainsi les augmenter de « 10 à 20 % », toujours selon le communiqué de l'Autorité. Cette dernière confirme que « Doctolib a bien procédé ultérieurement à plusieurs augmentations successives de ses tarifs ». Cette opération aurait permis à Doctolib d'engranger 10 000 nouveaux professionnels de santé et d’augmenter ses parts de marché, même avec les hausses de prix.

Ce rachat n’est pas passé par le contrôle des concentrations car il se situait « sous les seuils de notification qui déclenchent un examen ex ante de la part des autorités de concurrence ». Mais, comme le permet la jurisprudence depuis l’affaire Towercast, rien ne s’oppose à une analyse a posteriori d’un possible abus de position dominante. L’Autorité considère dans sa décision que ce rachat « constituait un abus de position dominante contraire aux articles 102 TFUE et L. 420 - 2 du Code de commerce ».

Deux amendes : 4 615 000 et 50 000 euros

Dans sa conclusion, l’Autorité de la concurrence affirme que ces pratiques ont bien eu pour effet « d’évincer les concurrents sur les marchés concernés ». Peu importe « les mérites propres de cette entreprise, qui ne sont pas contestés », ajoute-elle.

L’amende se décompose en deux parties. D’une part, « Doctolib a mis en œuvre, par les deux pratiques d’exclusivité et de ventes liées, une infraction, unique complexe et continue en élaborant une stratégie globale anticoncurrentielle visant à verrouiller le marché et à évincer ses concurrents ». La plateforme est sanctionnée de 4 615 000 euros.

D’autre part, le rachat de MonDocteur, « dans le seul et unique but de faire disparaitre son principal concurrent et de verrouiller le marché », est sanctionné de 50 000 euros. Pourquoi une somme qui semble relativement faible ? À cause d’une « incertitude juridique » avant 2023.

En effet, « la pratique mise en œuvre par Doctolib avait pour point de départ une date antérieure à l’arrêt Towercast, qui a clarifié la jurisprudence en réaffirmant la portée de l’arrêt Continental Can du 21 février 1973, appliquant les règles relatives aux abus de position dominante aux opérations de concentration ».

Au total, on arrive donc aux 4,665 millions d’euros. La sanction arrive quelques jours seulement après que le PDG de Doctolib (Stanislas Niox-Chateau) a expliqué que la plateforme était rentable « depuis quelques semaines ». L’Autorité « enjoint » – ou ordonne expressément – à Doctolib « de publier un résumé de la décision dans l’édition papier et sur le site Internet du journal "Le Quotidien du Médecin" ». Bien évidemment, cette décision peut faire l’objet d'un recours. Doctolib a d’ailleurs déjà annoncé son intention de faire appel.

Doctolib affirme n’être « en aucun cas en position dominante »

Pour la plateforme, cette décision « présente une lecture erronée de notre activité, et de notre secteur ». Elle affirme qu’elle n’est « en aucun cas en position dominante » et « n’équipe aujourd’hui que 30 % des soignants français (10 % en 2019 au moment de la plainte) »… sans préciser pour autant la part de marché de ses concurrents ni combien de professionnels de santé sont sur ce genre de plateforme.

MonDocteur est présenté comme « une petite start-up en 2018, qui équipait 2 % des soignants au moment du rachat », alors que Doctolib était à 10 % au même moment. La plateforme présente cette opération de croissance externe comme une « banalité absolue dans la vie d’une entreprise ».

Doctolib défend le bien-fondé du lien entre la téléconsultation et le reste du logiciel Doctolib : « la déconnecter aboutirait à des difficultés conséquentes pour le suivi des patients et l’activité quotidienne des soignants. C’est cette connexion qui permet l’accès au dossier patient, le partage d’ordonnance et la facturation ».

Enfin, toujours selon la plateforme, cette décision « s’appuie enfin sur l’existence passée d’une clause d’exclusivité il y a 11 ans, qui était présente seulement pour prévenir un mauvais usage de notre logiciel par les soignants ».

La décision complète de l’Autorité n’est pas encore disponible, mais elle sera intéressante à lire car elle permettra d'analyser le détail de la procédure, des échanges et des arguments des deux parties. Les deux parties auront de toute façon rendez-vous pour la procédure en appel.

Des « solutions fiables, sécurisées et sans engagement » ?

Dans son communiqué, Doctolib affirme que son « seul et unique objectif depuis le premier jour est de développer des solutions fiables, sécurisées et sans engagement ». Rappelons que la vie de Doctolib est loin d’être un fleuve tranquille ces dernières années.

En plus de la condamnation du jour par l’Autorité de la concurrence, elle a fait face à un « incident technique » en 2023 avec la perte de données médicales et, en 2020, au vol d’« informations administratives de 6 128 rendez-vous ».

Il y a également eu une procédure devant le Conseil d’État pour faire suspendre le partenariat entre l’État et Doctolib, sans succès. En cause, l’hébergement des données sur Amazon Web Services, avec toutes les questions que cela soulève sur la souveraineté. La question se pose aujourd’hui pour les données de santé chez Microsoft. Signalons enfin une longue enquête de Télérama en 2020 sur la sécurité, titrée « Sur Doctolib, le secret médical est soigné avec beaucoup trop de légèreté ».

Commentaires (34)

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en position dominante sur le marché français des services de prise de rendez-vous médicaux en ligne
C'est hyper spécifique comme description pour un "marché".

Ca n'empêche pas de condamner Doctolib s'il abuse ses clients.
Mais pour moi, ca décrit davantage un service qu'un marché.
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Mais pour moi, ca décrit davantage un service qu'un marché.
Pas vraiment, le marché défini ici la dimension économique du type de service en question.

Les services de prise de RDV médicaux en ligne sont tout autant un marché que celui de la livraison de nourriture à domicile ou du toilettage de chiens. C'est tout aussi spécifique, mais ce sont bien des marchés avec une offre, une demande et une concurrence (ou pas pour cette dernière).
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Les services de prise de RDV médicaux en ligne sont tout autant un marché que celui de la livraison de nourriture à domicile ou du toilettage de chiens
Certes, c'est juste mon ressenti.

Dans tes deux exemples, je considère que le service me délivre un bien: de la nourriture ou un chien propre. Pour Doctolib, ce qu'il me délivre c'est un rendez-vous... ce que j'ai du mal à considérer comme un bien. C'est plutôt la promesse d'un autre service (médical).
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Le marché ne qualifie pas forcément des biens. La preuve, ton abonnement à Next c'est aussi un marché mais de service d'information.
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Mon interprétation:
Doctolib c'est une places de marché (market place) ou des cabinets médicaux sont mis en relation avec des patients pour échanger une offre de prestation médicale à un temps/lieu donné (rendez-vous).

La "prise de rendez-vous" c'est la concrétisation de la transaction entre le vendeur (cabinet médical) et l'acheteur (patient) concernant une offre de prestation médicale.

Si Doctolib est position dominante sur la "prise de rendez-vous", il serait en position dominante sur le marché... proposé par sa propre plateforme ? ou proposé par toutes les places de marché ? hmm....
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Sauf qu'il y a des médecins chez qui ont ne peut plus prendre de rendez-vous sans passer par Doctolib. Quand tu appelles pour prendre un rendez-vous et qu'ensuite tu reçois une notification doctolib te rappelant le rendez-vous, il y a comme un problème.

Et Doctolib, ce n'est pas une place de marché, car chez de nombreux médecins, tu ne peux pas prendre de rendez-vous si ce n'est pas ton médecin traitant.
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Pour moi tu mélanges les sujets.

Doctolib vent un service aux médecin contre rémunération, comme le fait Amazon, Shein, etc ... mais ces derniers proposent un service d'achat de biens (poupées, sabres laser, ..).

Dans la gammes des MarketPlace de services, tu pourrais dire que Doctolib se rapproche d'AWS, GCP, .. pourtant ce n'est pas non plus le cas, puisque contre rémunération tu as l'usage d'un service.

On pourrait comparer Doctolib aux pagesjaunes.fr & Co, puisque c'est un service de mise en relation interpersonnel entre un professionnel, et un client particulier. Doctolib proposant une gestion des RDV, et des "outils additionnels" comme la facturation et la téléconsultation.

A la différence que pagesjaunes.fr ne te demander pas de passer par lui exclusivement pour que tes clients puissent prendre rdv avec toi, là ou Doctolib le fait parce que c'est "techniquement impossible de mélanger les outils de prise de RDV" alors que c'est juste du bullshit à des personnes qui ont beau avoir back+7, 8, 9, .. ils ne sont pas spécialistes dans la gestion des files d'attentes et des non concurrences d'accès aux données dans l'IT.
Avec leur poids sur le "marché" acquise au départ humblement et en vendant une sécurité qui n'existe pas (ils en sont à 2 vols de données je crois, au moins), ils ont atteint la taille critique pour être nécessaire à de nombreux praticiens n'ayant pas les moyens d'avoir un secrétariat.
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Vu que Next possède à peu près 100% du service des abonnements de Next, est-ce une position dominante ?
En taule @ferd !!!

Je pense que c'est la cause de la v2 de LPL, histoire de dire "mais regardez m'sieur le juge, y'a de la concurrence, c'est même nous qui collectons les sous pour les soulager de cette charge !" #NousSachons
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Dans tes deux exemples, je considère que le service me délivre un bien:
Sur le plan économique / comptable / fiscal ce sont deux choses bien différentes :transpi: (Bien, service, mixte)

Deliveroo ou le toilettage à domicile du chien, ce sont des services. L'exemple Deliveroo est même plus tricky : la restauration sur place est considérée comme un service tandis que les plats à emporter sont un bien avec une livraison.

Dans le cas de Doctolib, le service n'est pas l'acte médical mais la mise en relation avec le praticien (business model des startup du Web depuis un bail).
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Dans le cas de Doctolib, le service n'est pas l'acte médical mais la mise en relation avec le praticien (business model des startup du Web depuis un bail).
Ce que tu décris c'est donc l'équivalent d'une appli de rencontre.

Doctolib serait donc en compétition avec Tinder, sauf que l'un des 2 c'est pour voir le docteur et l'autre c'est pour jouer au docteur ? hmm.... :mdr:
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C'est assez bien résumer le business model des startup du web ;)
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Ils ont fait signer des clauses de non concurrences, fait de la vente lié et racheter leur concurrent pour "augmenter" les tarifs. oui c'est de la position dominante.
Maintenant, je me pose la question si ce genre de "logiciel/service" ne devrait pas être étatique, car la santé (avec la souveraineté) devrait toujours être dirigés par l’état et non privatisé.
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Ça devrait l'être, oui.
Surtout qu'on a déjà Mon Espace Santé qui permet de partager des documents avec les professionnels de santé, et que Doctolib essaie de remplacer en payant.
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Je trouve aussi que l'on touche là à un "marché" qui en d'autres temps aurait évidemment été un service de l'État. Nationaliser n'est plus vraiment à la mode mais franchement, j'abomine tout autant les pratiques anticoncurrentielles que le fractionnement des services tout azimut...
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Et en même temps on a des opérateurs telecom privés qui amènent à une duplication des antennes et un non sens écologique pourtant c'est presque aussi essentiel que beaucoup de choses publiques comme les routes, les autres réseaux, etc.

La séparation état/privé n'est malheureusement pas toujours la bonne...
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Si les accusations sont définitivement reconnues (vu qu'il y a appel...) c'est finalement un bon plan.
6 ans après, le marché est bien dominé, et même si ça a coûté 4 ou 5 millions, la situation est quand même confortable.
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Doctolib fourni un service qui ne peut être utile que par sa position de monopole (Oui il existe des alternatives, mais quasi personne ne les utilise).
Laisser ce genre de service (mise en relation des patients avec le personnel médical / prise de rdv) au privé est absurde. Ce devrait être un service public, avec un budget de fonctionnement géré par la sécurité sociale.

La sensibilité des données manipulés (données de santé) fait que ça ne doit pas être géré directement par l'état.
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Même réflexion avec un "bemole", parce que en france, on adore les plateforme sous-traité à pas chère qui marche pas et qui coute un pognon dingue :)
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Oui comme pour la facturation electronique : on préfère faire du privé et se plaindre après des soucis / manque de concurrence et &.
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Nan mais tout se passe bien quand c'est sous traité, regarde Louvois (80 Millions d'euros quand même!), ou Arpege (37 millions) . 2 gros succès.....ou pas (mais alors pas du tout!).
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J'aurais tendance à préférer un service complètement publique, géré par des fonctionnaires, mais il parait que c'est pas trop à la mode ces dernière années :/. Donc je garde une formulation qui permet la gestion par une entreprise ayant une mission de service publique (Il y a un terme précis pour ça, je ne l'ai pas en tête).
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L'état pour le moment ne propose qu'un annuaire, c'est moins complet que ce tu voudrais.
https://annuaire.sante.fr/web/site-pro

Je l'avais utilisé pour appeler une centaine de médecins, après la retraite du mien, et j'avais essuyé une centaine de refus.
Puis un médecin disponible est apparu sur Doctolib, avec un zonage géographique élargi...
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Merci, je ne connaissait pas.
C'est mieux que rien mais c'est effectivement bien moins complet que doctolib.
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"La sensibilité des données manipulés (données de santé) fait que ça ne doit pas être géré directement par l'état."

Pourquoi?
J'ai bien plus confiance dans les services gouvernementaux que dans une société privée, pour la gestion honnête, saine, et sécurisée de mes données de santé.

J'ai tout fait pour éviter d'utiliser Doctolib... hélas, désormais, si je refuse Doctolib, je perds mon médecin généraliste et mon dentiste. C'est donc contraint et forcé que je me retrouve client de cette plateforme ayant de fait une capacité à faire du profiling sur mes pathologies et traitements en cours (puisqu'il y a des transmissions par les praticiens) en tout cas dans les grandes lignes.
Je ne serais pas surpris de recevoir des pubs pour des produits dentaires parce que en ce moment je multiplie les rendez-vous sur un thème donné.
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Les clients de la plateforme sont les soignants, qui la payent cher.
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J'ai peut être mal formulé. Je préférerai bien un service public national mais qui ne soit pas géré directement par le gouvernement. Un tel service devrait être rattaché à la sécurité sociale. Si on peut éviter de passer par une entreprise privé qui est missionné pour remplir un service public tant mieux. Mais je pense que rattacher un tel service directement au gouvernement / l'etat est dangereux. Ce doit être géré par une institution indépendante pour des raison de séparation des pouvoirs.

Si on peut rendre compliqué à des services gouvernementaux qui virent au fasciste l'accès à des données de santé, ça me rassurerait...
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En 2018, Doctolib était aussi accusé de référencer les professionnels de la santé non-inscrits sur Doctolib.
Cela parfois contre l'avis exprimé de ces praticiens. Je crois que cela a évolué, même si ce ne serait pas parfait (processus plus complexe qu'attendu pour les praticiens concernés à l'heure du RGPD).
Et Doctolib proposait alors d'autres praticiens, qui se retrouvaient à bénéficier de la notoriété de celui non inscrit mais référencé. Là, je crois que c'est encore le cas.
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Dans un monde "moins débile", le service fourni par Doctolib devrait être géré par la Sécu, de sorte qu'il n'y ait qu'une seule et unique plate forme pour tout le monde.
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C'est comme planty pour les salon de coiffure ou tu peux trouver tous les coiffeurs même ceux qui ne veulent pas forcément s'y rétrouver.
Pour rappel cette année 2026 est l'année de bonne santé financière (ou pas) pour docto attendu par ses investisseurs. Car c'est facile de proposer des tarifs bas (a prix coûtant) quand on a des gros investisseurs pour tuer la concurrence. Mais a la fin les tarifs finiront par représenter la réalité du service proposé.
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Parle de ces pratiques avec la CNIL.
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Tout ça devrait être géré pour un site gouvernemental.
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Le problème de Doctolib, Qare, Levi et autres plateformes qui proposent de la télé-consultation (Doctolib ne propose pas que cette fonction), c'est que les documents qu'ils produisent (dont les ordonnances) ne soient pas envoyés par défaut sur l'espace santé du patient.
Et pour les RDV, quand on interroge les gens de la CNAM qui sont dans le Ségur du numérique, ce n'est clairement pas une priorité. Bref, l'État permet une occasion de faire de l'interopérabilité. Et ensuite, sur les plateaux télé, les commentateurs nous disent que l'État français adore pondre des normes …

Doctolib, condamnée à 4,6 millions d’euros, affirme ne pas être « en position dominante »

  • L’Autorité enquête suite à une plainte de Cegedim

  • Pour l’AdlC pas de doute : Doctolib « est en position dominante »

  • Selon des documents, Doctolib voulait « verrouiller » patients et médecins

  • MonDocteur : du rachat à la « disparition en tant que concurrent »

  • Deux amendes : 4 615 000 et 50 000 euros

  • Doctolib affirme n’être « en aucun cas en position dominante »

  • Des « solutions fiables, sécurisées et sans engagement » ?

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