Avec son Agent pour Office, Microsoft veut faire place au « vibe working »
À vérifier
Illustration : Flock
Le 01 octobre 2025 à 15h50
Microsoft présente ses nouvelles ambitions pour Office avec deux fonctions liées à un mode Agent. L’entreprise veut introduire la notion de « vibe working » : puisque le « vibe coding » fonctionne dans le monde du développement, il n’y a pas de raison que les tâches bureautiques n’aient pas accès aux mêmes capacités.
Avec son Agent pour Office, Microsoft veut faire place au « vibe working »
À vérifier
Illustration : Flock
Microsoft présente ses nouvelles ambitions pour Office avec deux fonctions liées à un mode Agent. L’entreprise veut introduire la notion de « vibe working » : puisque le « vibe coding » fonctionne dans le monde du développement, il n’y a pas de raison que les tâches bureautiques n’aient pas accès aux mêmes capacités.
Le 01 octobre 2025 à 15h50
IA et algorithmes
IA
8 min
Le « vibe coding » est sur de nombreuses lèvres depuis plusieurs mois. Des entreprises comme Windsurf et Cursor ont désormais pignon sur rue avec des outils dédiés. Anthropic s’y est mis avec Claude Code, OpenAI avec son Codex, etc.
Mais de quoi parle-t-on ? De la possibilité de générer du code informatique à partir d’une demande à une IA. Comme toujours, plus la demande est précise, meilleurs sont censés être les résultats. Le vibe coding n’inclut pas que la génération de code : en cas de problème à l’exécution, on explique dans la conversation ce qui coince afin que l’outil trouve l’erreur et la corrige de lui-même. Reste que si ces services permettent d’explorer rapidement des concepts et brillent sur des sections ou des petits projets, il vaut mieux disposer soi-même d’un certain bagage technique pour en apprécier les réponses.
Puisque le vibe coding a le vent en poupe, Microsoft tente la même opération sur le travail bureautique avec le « vibe working », en introduisant des fonctions d’agents IA dans Office.
« C’est comme si vous confiiez le travail à un expert »
Les nouveautés annoncées par Microsoft se regroupent en deux annonces. La plus importante est le mode Agent dans Word et Excel, basé sur GPT-5.
Sur le tableur, l’entreprise est dithyrambique. Décrit comme « l’outil de modélisation de données le plus polyvalent au monde », il a un défaut : toute sa « puissance n’est accessible qu’aux utilisateurs experts ». C’est là qu’intervient le mode Agent, puisque cela revient à diriger un tel expert pour lui demander n’importe quelle opération sur les données d’un ou plusieurs tableaux, selon l’entreprise.
D’après la présentation de Microsoft, on peut demander tout et n’importe quoi à l’agent. On peut décrire un projet complet ou une suite d’opérations à effectuer sur plusieurs grands tableaux. L’agent peut générer des sorties, résoudre des problèmes, évaluer les résultats, etc. Tous les processus peuvent être répétés si besoin et l’agent peut être invité à contrôler ses résultats en bout de chaine, ou à chaque étape, selon les besoins.
Les exemples donnés ne manquent pas : créer un rapport de clôture financier mensuel pour une entreprise de magasin de vélos avec ventilation des gammes, créer un calculateur de prêt pour les paiements mensuels en fonction des paramètres saisis par l’utilisateur, suggestions en fonction d’un suivi de budgets, et ainsi de suite. Selon ce que l’on veut générer, on peut demander à l’agent de présenter les informations d’une manière précise, par exemple dans le cadre d’une réunion, avec « un formatage financier standard et les meilleures pratiques ».
Même si Microsoft dit beaucoup de bien de son agent pour Excel, le tableau des performances publié par l’entreprise est intéressant, non pas parce que l’agent arrive premier des outils IA sur le test SpreadsheetBench (avec 57,2), mais parce qu’il n’est que second derrière l’être humain, qui obtient en moyenne 71,3 % au même test. Le score invite donc à la prudence et au contrôle des résultats.
Dans Word, des fonctions plus classiques
Ce mode agent est également disponible dans Word. Dans le traitement de texte, la recette est peu ou prou la même : on indique à l’agent ce que l’on souhaite et lui se charge ensuite des missions. Puisqu’il s’agit d’un agent, il peut opérer en temps réel sous le regard de l’utilisateur ou effectuer des tâches en arrière-plan, à une heure précise ou à intervalles réguliers.
La présence de l’agent dans Word s’articule différemment de l’implémentation retenue pour Excel. Ici, Word est davantage considéré comme une porte de sortie pour y entreposer des informations, par exemple après une collecte de données, dont le résultat serait affiché sous forme de rapport. Au-delà, on reste dans les capacités désormais classiques rattachées au traitement des textes par les grands modèles de langage : mise à jour d’un texte pour plus de clarté, mise en gras des éléments clés, insertion de listes en fonction de certaines conditions, formatage spécifique, passage en italique d’une famille de mots selon certains critères, etc.
Puisqu’il s’agit d’un agent, on peut là encore lui confier une mission générale et le laisser se débrouiller. On peut ainsi le programmer pour appliquer systématiquement un ou plusieurs traitements sur des documents d’un flux quelconque. Par exemple, si des documents sont diffusés dans un canal Teams ou déposés sur Google Drive à certains horaires, lui demander de les analyser pour en faire une brève synthèse, en insistant sur les éléments décrits.
Pour l’instant, le mode Agent n’est disponible que dans les versions web de Word et Excel. Microsoft compte cependant le proposer dans la version logicielle de la suite. La fonction n’est pas non plus gratuite : elle est réservée aux personnes et entreprises abonnées à une offre Microsoft 365. Il faut en outre s’inscrire au programme Frontier, qui permet de tester en avance les fonctions IA de Microsoft.
Un agent de bureau dans Copilot
L’autre nouveauté est l’Agent Office dans Copilot. Objectif général : créer des présentations PowerPoint et des documents Word via une expérience de chat. « PowerPoint est l’un des outils les plus utilisés pour créer des présentations, mais au cours des deux dernières années, l’IA a souvent été à la traîne lors de la création de diapositives. Office Agent change cela. Office Agent crée des présentations PowerPoint de bon goût et bien structurées, ainsi que des documents Word bien documentés », affirme l’entreprise.
On peut par exemple demander à Copilot de générer une présentation en cinq diapositives résumant les tendances d’un marché particulier. Évidemment, plus la demande est précise, plus les résultats doivent s’approcher de ce que l’utilisateur a en tête. Copilot va alors se charger d’analyser la demande, mènera si besoin des recherches approfondies sur le web et générera le résultat. Microsoft indique que toutes les étapes s’affichent à l’écran, dont les sources web visitées. Quant au résultat, il peut ensuite être modifié manuellement ou révisé de nouveau via Copilot.
Comme pour la fonction précédente, l’Agent Office pour Copilot s’obtient pour l’instant à travers le programme Frontier et nécessite un abonnement Microsoft 365. L’entreprise ajoute que ces fonctions ne sont « qu’un début » et que d’autres expériences de type « vibe » seront bientôt portées sur l’offre 365. Il y a cependant une différence technique de taille dans cet agent pour Copilot : il est basé sur Claude, pas sur GPT. Microsoft n’explique pas ce choix, mais il s’agit d’une conséquence concrète de l’annonce récente des modèles d’Anthropic dans les offres 365.
Ces fonctions pourraient en tout cas trouver un écho favorable dans les entreprises manipulant de nombreuses données, particulièrement avec d’autres produits Microsoft, via notamment le Graph. Toutefois, comme tout ce qui est lié aux productions par l’IA, la vérification des données s’avèrera essentielle. C’est d’autant plus vrai avec Excel, où la précision est toujours de rigueur. Le tableau de performances affiché par Microsoft n’est probablement pas là que pour montrer que son agent est meilleur que les autres.
Avec son Agent pour Office, Microsoft veut faire place au « vibe working »
-
« C’est comme si vous confiiez le travail à un expert »
-
Dans Word, des fonctions plus classiques
-
Un agent de bureau dans Copilot
Commentaires (19)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousLe 01/10/2025 à 15h58
Le 01/10/2025 à 16h57
Donc bon agent IA…
Un moment j’avais demandé à copilote un PowerPoint pour m’amuser, il a pondu un truc archi daubesque. C’est de la daube c’est tout .
Le 01/10/2025 à 16h02
Des expériences de vibe coding par des utilisateurs absolument ignarent en code se résolvent, si ce n'est pas par un échec, par un produit dont la sécurité est aussi forte qu'une porte fermée par un vieux bout de ficelle en fin de vie.
Alors, juste pour une fonctionnalité par-ci par-là, oui, ça peut le faire. Pour un projet complet, sans les compétences derrières, c'est une folie.
Il se passera quoi si le tableau de bord n'affiche pas les bonnes données ? Ou que le calcul de la comptabilité annonce d'important bénéfice alors qu'en réalité, il s'agit d'importante pertes ?
Chacun fait comme il veut, mais, par pitié, ne venez pas pleurer si vous vous rendez compte au bout de quelques semaines/mois/années que votre outil est pourri, erroné, que vous n'avez plus les compétences pour le maintenir/développer, etc.
Le vibe coding peut être un outil puissant quand on sait contrôler ce qu'il fait. Sinon, c'est comme empiler les parpaings quand on n'est pas maçon : ça semble facile, mais quand on commence à avoir une structure complète, on se rend compte de tous les défauts...
Le 02/10/2025 à 12h52
Le 03/10/2025 à 12h15
(A oui parce que c'est bien connu des gouvernements : Les fonctionnaires qu'on dégagent ils vont pas pointer au RSA, ils "disparaissent dans les limbes" et ne coûtent plus rien...
Le 01/10/2025 à 16h04
-Réponds à mes mails en fonction du contenu
....
Une journée de télétravail comme je l'aime
D'ailleurs une question me vient à l'esprit: ne pourrait-on pas déléguer nos IA personnelles en réunion pour qu'ils fassent une synthèse du travail de chaque IA et qu'ils trouvent la date pour une nouvelle réunion ?
Le 02/10/2025 à 08h15
Ça me fait marrer honnêtement les "Bonjour Machin. Comment ça va ?" suivi ensuite d'un message bourré de fautes
Le 01/10/2025 à 16h26
Le 01/10/2025 à 19h07
Le 01/10/2025 à 19h09
Euh... la prémisse me semble un peu fausse. Sur quelle planet le vibe coding fonctionne pour de vrai ?
Le 02/10/2025 à 01h23
Le 02/10/2025 à 08h58
Ok, les outils font beaucoup de conneries et si tu ne les reprends pas à temps au bout d'un moment c'est la cata.
Mais ça, c'est la situation aujourd'hui, qui peut dire ou on en sera demain (dans 1 ou 2 ans) ?
Je dis ça car je penses qu'il ne faut pas forcement dénigrer en bloc ce genre de techno.
Le 02/10/2025 à 10h58
Le 02/10/2025 à 14h10
Le 02/10/2025 à 10h34
Il faudra évidement de la relecture mais le gain de productivité pourrait etre sympa !
Je ne me sers pas de la suite office mais je trouve le produit + coherent et attirant par rapport à ce que faisais Copilot jusque là. En espérant que Google lance un truc du style pour sa suite.
Le 02/10/2025 à 12h45
Je parle autant des formats de fichiers que des applications qui semblent parfois se détester cordialement.
Mention spéciale au format docx dont je vous encourrage à aller constater l'horreur en dézipant un de ses fichiers.
Mention spéciale à VBA qui arrive à transformer un for each en boucle infinie.
Le 02/10/2025 à 18h19
Avec un texte on peut relire le résultat final et le corriger, mais si le fichier me dit : il faut commander 3 de ces pièces, ou le total est 174916, alors vérifier revient à refaire toutes les étapes intermédiaires, soit tout le boulot.
Sans compter qu'imaginons que je lui demande de m'enlever les doublons et qu'il hallucine un truc, bonne chance pour m'en sortir...
Pour moi une IA non fiable dans un outil comme Excel c'est pas cohérent. Après il faut sûrement que je regarde le type d’erreur qu'il pourrait faire pour lieux m'imaginer.
Le 09/10/2025 à 08h07
Mais alors Excel... c'est typiquement l'outil que personne n'utilise de la même façon :
...
Y'a pas de meilleur façon (à part les macros qui posent des problèmes de sécurité), un excel est presque systématiquement du shadow IT impossible à comprendre / réutiliser par quelqu'un d'autre.
Du coup du vibe coding sur ce type d'outils faut faire une confiance aveugle à l'IA, car la relecture va piquer !
Le 14/10/2025 à 16h12
Microsoft permet aux patrons d'identifier les équipes qui n'utilisent pas pleinement Copilot : Viva Insights intègre un tableau de bord indiquant la fréquence et les contextes d'utilisation de son IA
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?