Trump demande à Microsoft de virer sa nouvelle directrice des Affaires publiques
Un président ne devrait pas dire ça
Donald Trump a publiquement demandé à Microsoft de révoquer sa nouvelle directrice des affaires publiques, Lisa Monaco, au motif qu'elle serait corrompue et représenterait une menace pour la sécurité nationale. Arrivée dans les équipes de Microsoft en mai dernier, Lisa Monaco a précédemment exercé comme procureure, spécialiste des questions de cybersécurité, auprès de l'administration Biden.
Le 29 septembre 2025 à 12h32
4 min
Société numérique
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Le fait que Lisa Monaco ait servi pour les administrations Obama et Biden avec un niveau d'habilitation élevé sur des questions stratégiques fait-il automatiquement d'elle une menace suite à l'arrivée d'un nouveau locataire à la Maison-blanche ? La question ne fait guère de doute pour Donald Trump. L'homme d'affaires devenu président s'est en effet fendu d'une diatribe énergique à l'encontre de Lisa Monaco vendredi 26 septembre au soir.
Une menace pour la sécurité nationale
« Monaco a été nommée, de manière choquante, présidente des affaires publiques de Microsoft, un poste très important qui donne accès à des informations hautement sensibles. Que Monaco dispose d'un tel accès est inacceptable et ne peut être toléré, attaque Donald Trump, avant de réclamer très explicitement à Microsoft sa révocation. Je suis d'avis que Microsoft devrait immédiatement mettre fin à l'emploi de Lisa Monaco ».

Pourquoi une telle charge ? La vindicte du président semble focalisée sur les collaborations passées de Lisa Monaco. Cette dernière a en effet exercé comme conseillère à la sécurité nationale d'Obama entre 2013 et 2017, avant de rejoindre plus tard l'équipe de Joe Biden, en tant que numéro deux du ministère de la Justice. C'est là qu'elle aurait contribué à certaines « des pires conspirations de l'État profond contre notre pays », avance Donald Trump, reprenant les arguments complotistes de sa campagne de 2024.
Il souligne par ailleurs avoir supprimé les habilitations dont disposait Lisa Monaco en matière d'accès à des informations classées ou à des bâtiments fédéraux, comme il l'a fait pour les principaux représentants du gouvernement Biden dans un mémoire présidentiel du 22 mars dernier.
Qualifiée de « corrompue », Lisa Monaco resterait cependant une menace pour la sécurité nationale, « compte tenu des contrats majeurs que Microsoft a avec le gouvernement des États-Unis », avance encore Donald Trump.
Une vindicte soutenue par quelques influenceurs de la sphère MAGA
Si Lisa Monaco n'a communiqué publiquement sur sa prise de fonctions qu'à la fin de l'été, son arrivée chez Microsoft remonte en réalité au mois de mai. Son recrutement s'est d'ailleurs déroulé en parallèle de la promotion de C.J. Mahoney comme responsable des affaires juridiques, ce qui témoignait, selon le média Axios, d'une volonté de ménager aussi bien le camp républicain que l'opposition démocrate. Mahoney a en effet exercé à la Maison-Blanche en tant que représentant au commerce pendant le premier mandat de Donald Trump.
Reste à savoir pourquoi le président des États-Unis a soudainement décidé de s'en prendre à Lisa Monaco. Sur X, la militante d’extrême droite Laura Loomer s'attribue les mérites du message de Trump, affirmant que c'est elle qui l'a alerté. Depuis juillet, elle a effectivement dénoncé plusieurs fois le recrutement de Lisa Monaco, mais elle n'est pas la seule à sonner la charge : le toujours très influent Steve Bannon a lui aussi fustigé début septembre l'arrivée de celle qui aurait contribué à « armer le ministère de la Justice contre Trump » pendant le mandat Biden.
Cet appel à révocation intervient dans un moment politique particulier. Donald Trump doit en effet rencontrer lundi Benyamin Nétanyahou, premier ministre israélien, à la Maison-Blanche. Or, il est possible que Microsoft fasse partie des sujets de discussion : l'éditeur vient en effet de couper une partie des services cloud qu'il mettait à disposition de l'armée israélienne au motif que ces derniers servaient à la surveillance de masse.
Plus tôt cette année, Donald Trump s'en était pris à Lip-Bu Tan, CEO d'Intel, appelant publiquement à sa démission. Quelques semaines plus tard, il avait retourné sa veste, saluant le parcours entrepreneurial de l'intéressé, avant de boucler un accord inédit de prise de participation du gouvernement des États-Unis au capital d'Intel.
Trump demande à Microsoft de virer sa nouvelle directrice des Affaires publiques
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Une menace pour la sécurité nationale
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Une vindicte soutenue par quelques influenceurs de la sphère MAGA
Commentaires (18)
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Abonnez-vousLe 29/09/2025 à 12h56
Plus sérieusement, sur ce point :ça m'étonnerait : Trump a l'air de faire preuve de plus de fermeté en ce moment vis-à-vis d'Israël/Nétanyahou : plan de paix (même si j'en doute un peu), non à l'annexion de la Cis-Jordanie. S'il veut le prix Nobel, il faut bien qu'il impose cette paix là Israël qui est soutenue fortement par les USA, parce que côté Putin et l'Ukraine, c'est mal parti.
Mais, c'est sûr qu'avec lui, il est difficile de prédire quoi que ce soit...
Le 29/09/2025 à 13h33
Pourquoi :
C'est le même scénario que pour Intel. Le gouvernement US est en train de se rendre compte qu'il vont se prendre une claque sur le numérique face à la menace jaune. Donc il reprend les rennes pour limiter la casse ou renforcer la position de ces entreprises. C'est de la nationalisation libérale.
Si ce n'est pas lui qui en parle ce sera l’inénarrable Ben. Donc en gros Trump va voir le Benji tout petit qui porte des chemises noires en plein cagnard (on ne voit pas s'il a un pantalon culotte de cheval) pour évoquer un tas de sujets.
* Gaza
* Les armes, faut bien faire du business
* Les sujets annexes comme Microsoft qui serait le premier des petit sujets.
Il se pourrait bien qu'il y ait une petite commission au passage. Tu prends des parts dans Microsoft, tu remets en service et t'auras de belles étrennes.
"Iz juss gud buziness" said a lolCat.
Le 29/09/2025 à 13h24
Le 29/09/2025 à 13h34
Le 29/09/2025 à 20h06
Modifié le 30/09/2025 à 07h38
Poubelle.
Le 30/09/2025 à 12h36
EVC = Excès de Vide Cérébral.
Le 29/09/2025 à 13h53
Le 30/09/2025 à 09h45
Le 29/09/2025 à 14h17
Surtout ne jamais oublier que tout de qui sort de la bouche de cet individu est de la merde en barre.
Comme tout les autoritaires, il va dévoyer chaque faiblesse des textes de loi pour faire ce qu'il veut.
Ici c'est de la vengeance personnelle pure et dure et c'est loin d'être le seul cas. Il utilise la puissance fédérale pour se venger.
Le 29/09/2025 à 14h19
Quant à l'état profond, une petite définition s'imposeJe ne sais pas si cela existait avant, mais actuellement on est en plein dedans: plus aucune décision ne passe par le congrès, mais par les proches d'un néo-empereur qui ont autant de QI qu'un bulot dépressif (je m'excuse auprès des bulots)
Le 29/09/2025 à 14h47
Le 29/09/2025 à 16h02
Le 29/09/2025 à 14h39
Modifié le 29/09/2025 à 14h50
J'avais compris ce que venait faire trump là, le traducteur il me dit juste : "complètement dérangé"
du coup c'est plus L'homme
d'affairesdevenu président c'est L'homme complètement dérangé devenu présidentLe 29/09/2025 à 16h51
(pour ceux qui savent)
Le 29/09/2025 à 17h43
Modifié le 29/09/2025 à 20h35
Tout comme Donald Trump dans son penthouse à lui dans sa Trump Tower à lui et qui fait monter constamment la pression de la cocotte-minute du melting pot américain.
Tout pareil , pas bon ...
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