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Microsoft bloque finalement une partie d’Azure pour l’armée israélienne

Microsoft bloque finalement une partie d’Azure pour l’armée israélienne

Illustration : Flock

Dans un nouvel article publié jeudi, le Guardian indique que Microsoft a coupé plusieurs services à l’armée israélienne. Ce serait la conséquence d’une nouvelle enquête interne déclenchée par les révélations du Guardian début aout. L’entreprise est même allée jusqu’à remercier le média britannique.

Le 25 septembre, le Guardian a révélé que Microsoft avait coupé l’accès à une partie de son infrastructure Azure à l’armée israélienne. Plus précisément, à l’Unité 8200, équivalent israélien de la NSA selon le quotidien. Les services coupés comprennent notamment le stockage et une partie des fonctionnalités IA, soit ce qui était utilisé par l’Unité 8200 pour ses activités.

Les employés de Microsoft ont été mis au courant le même jour. Le président de l’entreprise, Brad Smith, a indiqué dans un courrier interne (consulté par le Guardian) que Microsoft avait « désactivé un ensemble de services à une unité du ministère israélien de la Défense ». Le même courrier ajoute : « Nous ne fournissons pas de technologie pour faciliter la surveillance de masse des civils. Nous avons appliqué ce principe dans tous les pays du monde, et nous l’avons réaffirmé à maintes reprises depuis plus de deux décennies ».

C’était le nœud du problème : les technologies de Microsoft auraient été utilisées pour de la surveillance de masse, d’abord en Cisjordanie pour espionner les conversations des trois millions de Palestiniens réfugiés. Mais selon plusieurs sources, Azure aurait aussi été utilisé plus généralement dans l’offensive contre Gaza, en soutien notamment au bombardement.

Un long chemin

La gestation de cette décision aura mis du temps. Les premières révélations sur un contrat entre Microsoft et l’armée israélienne remontent à janvier 2025. Il était alors question d’utiliser le stockage Azure pour entreposer des données issues du renseignement, sans trop de détails.

L’accord avait quand même été signé après une rencontre en 2021 entre Yossi Sariel, commandant de l’Unité 8200, et Satya Nadella en personne, CEO de Microsoft. Le média israélo-palestinien + 972 Magazine indiquait alors que des outils IA avaient aussi été utilisés pour le ciblage de la population gazaouie, tout comme les modèles GPT d’OpenAI. Suite à ces informations, Microsoft avait lancé un premier audit, qui n’avait mené à aucune découverte particulière. Les contrats étaient donc restés en place.

Puis en aout, tout s’accélère. Le Guardian publie une enquête complète, en collaboration avec + 972 Magazine et d’autres médias. Les conclusions sont accablantes. Cette fois, Microsoft demande une investigation externe, dont les premières conclusions ont mené à la coupure des services annoncée jeudi.

Selon les documents consultés par le Guardian, la direction de Microsoft, y compris Brad Smith et Satya Nadella, ignoraient l’ampleur de l’utilisation faite de leurs services. La base de données aurait atteint les 8 000 To, résultat d’une politique résumée par un mantra interne à l’Unité 8200 selon plusieurs sources : « un million d’appels par heure ». Les données auraient été déplacées en urgence début aout, juste après l’article du Guardian.

Comment la direction de l’entreprise aurait-elle pu ignorer la situation ? Selon le média britannique, les soupçons se portent sur des employés de la filiale israélienne de Microsoft qui n’auraient pas été transparents lors de la première enquête.

Où iront les données ?

La situation devenait complexe pour Microsoft, tant les pressions s’accumulaient. Plusieurs manifestations d’employés avaient déjà eu lieu, dont une principalement en aout. Un petit groupe avait notamment pénétré dans le bureau de Brad Smith, y avait organisé un sit-in retransmis sur Twitch, en scandant « Brad Smith, tu ne peux pas te cacher, tu soutiens un génocide ». Microsoft avait alors déclenché une communication de crise. Selon le Guardian, les investisseurs auraient également joué un rôle dans la pression exercée.

La question se pose bien sûr de savoir si Microsoft serait arrivée à la même décision sans les révélations de plusieurs médias. C’est la première fois cependant qu’une entreprise américaine majeure coupe ses services à Israël depuis le début de la guerre. Cette décision intervient après qu’une commission d’enquête internationale indépendante mandatée par l’ONU a conclu le 16 septembre qu’Israël menait bien un génocide à Gaza (les Nations Unies n’emploient pas encore officiellement le terme). Le paysage évolue rapidement, avec notamment la reconnaissance de l’État de Palestine par la France et plusieurs autres pays le 22 septembre.

Quant à ce que compte faire l’armée israélienne de ses 8 000 To de données de surveillance, des sources ont indiqué au Guardian que l’Unité 8200 avait pour projet de les stocker chez Amazon Web Services. Interrogées, ni l’entreprise ni l’armée israélienne n’ont répondu.

Commentaires (8)

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les Nations Unies n’emploient pas encore officiellement le terme
C'est documenté ?
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Oui, et par pas mal d'acteurs différents.
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Tu as peut-être mal lu mon commentaire. Je m'adresse à l'auteur.

On sait que c'est un génocide. L'ONU depuis maintenant plus de 10 ans commande des commissions d'enquêtes pour l'évaluer. Il n'est pas difficile de comprendre que le fait de missionner est le signe d'un gros problème. On connait les conclusions avant. Le dernier en date sous la main est sur ce lien.

Donc si l'ONU doit parler de ce conflit il doit reprendre de facto les termes utilisés dans les conclusions. Même si certains en s'exprimant parleront avec d'autres mots (atrocités, bla, bla) c'est leurs façons de faire. Pas une ligne directrice officielle.

Donc les Nations Unies n’emploient pas encore officiellement le terme est à justifier pour moi.
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C'est comme la reconnaissance de la Palestine. Beaucoup trop tard, le mal est déjà fait, ils interviennent une fois que le gouvernement israélien et ses complices ont été tellement loin qu'un retour en arrière est impossible. (De là à dire que ce timing est calculé...) Ça ne suffira pas à se couvrir, ça n'est pas un mea culpa, ce n'est que du marketing et politique.
La complaisance, voir complicité, dans l'esprit de beaucoup de gens, est claire et manifeste, tant pour les gouvernements qui ont fermés les yeux (voir laissé traiter tous ceux qui prévenaient très tôt de la situation "d'antisémites", surfant même sur cette vague pour descendre leurs adversaires politiques dans l'opinion publique) que pour les entreprises ayant traité avec le gouvernement israélien et faits du business sur/dans des colonies.

Et contrairement à ce que beaucoup de médias essaient de faire croire, les gens ne sont pas débiles et n'oublient pas.

Microsoft s'est rendu complice d'un génocide, n'en déplaise à ceux qui ne veulent pas l'entendre.

Il serait largement temps que la logique du "business is business" soit remise en question. Non, faire du pognon ne devrait pas tout permettre.
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Ça ne suffira pas à se couvrir, ça n'est pas un mea culpa, ce n'est que du marketing et politique.
Disons qu'entre les discours (E. Macron qui reconnaît la Palestine) et les actes (qui dénonce et refuse de protéger ses propres ressortissants de la flottille humanitaire pour Gaza - ce que même une dirigeante nationaliste, G. Meloni, n'a pas osé), il y a un "petit" fossé.
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Et encore, on ne parle même pas de la 458ème annonce de "condamnation" suivie de... Rien.

Au moins chez Microsoft ils assumaient. Ceux de l'intérieur qui dénonçaient la complicité de Microsoft se faisaient licencier, ça avait le mérite d'annoncer clairement la couleur aux autres employés, les clients de Microsoft, et le reste du monde...
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Et encore, on ne parle même pas de la 458ème annonce de "condamnation" suivie de... Rien.
Tu es d'une mauvaise foi ! On condamne de plus en plus fort, Monsieur !
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Un petit groupe avait notamment pénétré dans le bureau de Brad Smith, y avait organisé un sit-in retransmis sur Twtich, en scandant « Brad Smith, tu ne peux pas te cacher, tu soutiens un génocide ».
Certains n'avaient pas été licenciés ? Ou je confonds ?
Si c'est bien eux, seront-ils réintégrés ?