Sur Temu, il y a un « risque élevé » de trouver des produits illégaux
Oh, surprise…
Illustration : Flock
Le 29 juillet 2025 à 09h04
Après neuf mois d’enquête, la Commission européenne conclut à titre préliminaire que Temu enfreint le DSA et risque une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial. La balle est maintenant dans le camp de la plateforme chinoise qui peut répondre avant que le couperet ne tombe.
Sur Temu, il y a un « risque élevé » de trouver des produits illégaux
Oh, surprise…
Illustration : Flock
Après neuf mois d’enquête, la Commission européenne conclut à titre préliminaire que Temu enfreint le DSA et risque une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial. La balle est maintenant dans le camp de la plateforme chinoise qui peut répondre avant que le couperet ne tombe.
Le 29 juillet 2025 à 09h04
Droit
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5 min
La Commission européenne a commencé à s’intéresser à la plateforme d’e-commerce chinoise Temu en octobre dernier, avec une demande d’information formelle (RFI) dans un premier temps. L’Europe voulait avoir des précisions sur plusieurs points, notamment les mesures prises pour limiter la présence et la réapparition de produits illégaux sur sa plateforme.
L’attente fut de courte durée puisque, fin octobre, la Commission européenne ouvrait une « procédure formelle à l’encontre de Temu au titre de la législation sur les services numériques », le fameux DSA. Temu est pour rappel identifié comme une très grande plateforme en ligne (VLOP) depuis le 31 mai 2024.
« Un risque élevé pour les consommateurs »
Les premières conclusions de l’enquête sont tombées : « la Commission a conclu à titre préliminaire que Temu avait manqué à l’obligation qui lui incombe en vertu de la législation sur les services numériques (DSA) d’évaluer correctement les risques de diffusion de produits illicites sur son marché ».
Dans son communiqué, la Commission affirme que des preuves montrent « qu’il existe un risque élevé pour les consommateurs de l’UE de rencontrer des produits illégaux sur la plateforme », notamment des « jouets pour bébés et des petits appareils électroniques ».
La Commission affirme aussi que l’évaluation des risques de Temu d’octobre 2024 « était inexacte et reposait sur des informations générales du secteur plutôt que sur des détails spécifiques concernant son propre marché ». La plateforme avait pourtant assuré prendre « des mesures importantes » et « affiner » ses pratiques, rappelle l’AFP.
Jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial
Face à ces conclusions préliminaires, la plateforme a maintenant la possibilité d’examiner le dossier d’enquête de la Commission et d’y répondre.
Si les conclusions préliminaires devaient être confirmées, une décision de non-respect de l’article 34 du DSA serait adoptée : « Une telle décision pourrait entraîner des amendes pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial total du fournisseur et lui ordonner de prendre des mesures pour remédier à l’infraction ».
Selon Euractiv, « la plateforme chinoise dispose de quelques semaines pour réagir », mais « Bruxelles n’a toutefois fixé aucune date butoir précise pour la réponse de Temu ». « Nous continuerons à coopérer pleinement avec la Commission européenne », s’est contenté d’indiquer un porte-parole de Temu par email à nos confrères.
L’enquête officielle se poursuit, car le Vieux continent a d’autres griefs à reprocher à Temu : « l’efficacité de ses mesures d’atténuation, l’utilisation de caractéristiques de conception addictives, la transparence de ses systèmes de recommandation et son accès aux données pour les chercheurs ».
Temu qualifié de « point d’entrée pour des produits illégaux »
La Commission européenne n’est pas la seule entité à être montée au créneau. En février, le BEUC dénonçait rien moins que « des trous béants dans la sécurité des produits vendus sur Temu ». Les griefs étaient nombreux là aussi : risque de suffocation à cause de petites pièces de jouets et de produits pour bébés trop facilement détachables, listes d’ingrédients incorrects dans les cosmétiques, radiateurs électriques extrêmement dangereux, etc.
Agustín Reyna, directeur général du BEUC, ne mâchait pas ses mots : Temu est « un point d’entrée pour des produits illégaux qui n’ont pas leur place sur nos marchés ». Le Bureau demandait donc à la Commission de terminer son enquête au plus vite et de prendre des mesures dissuasives et efficaces contre Temu.
Selon l’AFP, Temu est « extrêmement populaire dans l’UE malgré une arrivée récente sur le marché en 2023, Temu compte 93,7 millions d’utilisateurs actifs mensuels en moyenne dans les 27 États membres ».
Des milliards de petits colis provenant de Chine
Au niveau européen, la Commission prépare la mise en place de droits de douane spécifiques pour les milliards de petits colis qui arrivent chaque année (ils seraient 4,6 milliards d’une valeur déclarée inférieure à 150 euros, majoritairement provenant de Chine).
« Nous parlons de deux euros par colis, payés par les plateformes et pour les services offerts par les entrepôts, ce serait plus modeste, à 50 cents », expliquait le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič.
Pour la Commission, l’enjeu est important : « L’augmentation constante du volume de produits vendus en ligne dans l’UE s’accompagne d’une augmentation du nombre de produits dangereux, contrefaits ou non conformes, qui pourraient nuire à la santé et à la sécurité des consommateurs, à l’environnement et à une concurrence loyale au sein du marché unique numérique ».
Une autre plateforme chinoise est sous le coup de plusieurs enquêtes au niveau français et européen : Shein. Elle a accepté de payer 40 millions d’euros en France suite à une enquête de la Répression des fraudes qui avait conclu que l’entreprise avait mis en place des pratiques commerciales trompeuses. Une amende de 1,1 million d’euros est tombée dans la foulée pour « information défaillante sur la qualité environnementale des produits ».
Sur Temu, il y a un « risque élevé » de trouver des produits illégaux
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« Un risque élevé pour les consommateurs »
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Jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires annuel mondial
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Temu qualifié de « point d’entrée pour des produits illégaux »
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Des milliards de petits colis provenant de Chine
Commentaires (25)
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Abonnez-vousModifié le 29/07/2025 à 12h31
Le 29/07/2025 à 10h29
Ils seront plus hauts ? Livrés uniquement sur des boîtes aux lettres en hauteur ? Le facteur va parler fort ?
Le 29/07/2025 à 11h25
Le 30/07/2025 à 09h30
Le 30/07/2025 à 12h52
Bon, je comprendrai que comme tu subis 100% d'échec de livraison, tu trouves ça moins drôle.
Le 22/08/2025 à 17h09
À côté gls chronopost amazon logistic ont presque 100% à mon adresse
Le 29/07/2025 à 09h47
Bref, c'est le genre de déclaration qui me conforte dans l'idée que les instances dirigeantes prennent leurs citoyens pour des cons. Parce qu'il ne faut pas croire que nos dirigeants soient stupides au point d'ignorer ce qu'est un rapport de proportionnalité et une règle de trois. Non, ils font exprès de faire ces déclarations.
Le 29/07/2025 à 10h08
Non parce que tous les signaux d'alertes sont élevés autour des produits de ces plateformes.
Il y a eu des vêtements pour enfant avec produits toxiques, d'autres carrément inflammables, ainsi que des crèmes solaires à l'efficacité bien loin des engagements du packaging.
Est-ce que ça vaut la réception de quelques chargeurs de piles qui vont pas prendre feu ? On peut quand même se poser la question.
C'est comme si on laissait les commerces alimentaires vendre les trucs périmés ou porteurs de salmonelles parce que "oh globalement, le taux de gens malades reste faible".
Le 29/07/2025 à 10h27
C'est elle qui communique sur un risque élevé, mais elle ne le chiffre pas.
Alors que c'est facile, s'il y a effectivement un risque trop fort, il ne faut pas taxer de 6% du CA mondial mais interdire totalement jusqu'à ce qu'ils aient fait le ménage complet sur leur plateforme.
Le 29/07/2025 à 12h02
Les gesticulations politico-réglementaires ne vont pas changer une propriété mathématique des fonctions lineaires. Même avec un ratio de 0.00001%, je peux t'assurer que "l'augmentation constante du volume de produits vendus en ligne dans l'UE s'accompagnera d'une augmentation du nombre de produits dangereux, contrefaits ou non conformes".
Le 30/07/2025 à 11h00
Sinon évidemment qu'en numérique pur, le nombre de défauts ne peut qu'augmenter avec la hausse du volume. A ce titre, je suis sûr que les iPhone ont connu plus d'explosions que les smartphones VERTU.
Le 29/07/2025 à 10h19
un "high risk", j'aimerais bien savoir ce que c'est un peu plus précisément que :
Le 29/07/2025 à 10h52
Le 29/07/2025 à 12h59
Et s'il sont vrais, la seule solution est d'interdire Temu dans l'UE, à commencer par leur site et leur appli. Ce n'est pas une amende qu'il faut comme sanction.
Modifié le 29/07/2025 à 13h48
Tu ne serais pas tenant de la théorie que plus il y a
de gruyèred'emmental, moins il y ade gruyèred'emmental ?Edit : correction sur le nom du fromage
Le 29/07/2025 à 11h27
Le 29/07/2025 à 11h57
(Mais ils sont petits et peu nombreux, comparé à ceux de l'emmental)
Le 29/07/2025 à 13h47
Le 30/07/2025 à 00h44
Le 29/07/2025 à 10h25
Le 29/07/2025 à 11h47
Le 29/07/2025 à 13h49
Je sors ...
Le 29/07/2025 à 18h22
J'aurais plutôt pensé à "tu laisse Temu tranquille, sinon pas de semi-conducteurs pour toi", mais c'est pareil avec les hydrocarbures, en fait...
Le 30/07/2025 à 10h47
Or les hydrocarbures Russes sont sous sanctions occidentales.
D'où le fait que Thorgalix sorte.
Le 30/07/2025 à 18h22
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