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Sur Temu, il y a un « risque élevé » de trouver des produits illégaux

Oh, surprise…

Sur Temu, il y a un « risque élevé » de trouver des produits illégaux

Illustration : Flock

Après neuf mois d’enquête, la Commission européenne conclut à titre préliminaire que Temu enfreint le DSA et risque une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial. La balle est maintenant dans le camp de la plateforme chinoise qui peut répondre avant que le couperet ne tombe.

Le 29 juillet 2025 à 09h04

La Commission européenne a commencé à s’intéresser à la plateforme d’e-commerce chinoise Temu en octobre dernier, avec une demande d’information formelle (RFI) dans un premier temps. L’Europe voulait avoir des précisions sur plusieurs points, notamment les mesures prises pour limiter la présence et la réapparition de produits illégaux sur sa plateforme.

L’attente fut de courte durée puisque, fin octobre, la Commission européenne ouvrait une « procédure formelle à l’encontre de Temu au titre de la législation sur les services numériques », le fameux DSA. Temu est pour rappel identifié comme une très grande plateforme en ligne (VLOP) depuis le 31 mai 2024.

« Un risque élevé pour les consommateurs »

Les premières conclusions de l’enquête sont tombées : « la Commission a conclu à titre préliminaire que Temu avait manqué à l’obligation qui lui incombe en vertu de la législation sur les services numériques (DSA) d’évaluer correctement les risques de diffusion de produits illicites sur son marché ».

Dans son communiqué, la Commission affirme que des preuves montrent « qu’il existe un risque élevé pour les consommateurs de l’UE de rencontrer des produits illégaux sur la plateforme », notamment des « jouets pour bébés et des petits appareils électroniques ».

La Commission affirme aussi que l’évaluation des risques de Temu d’octobre 2024 « était inexacte et reposait sur des informations générales du secteur plutôt que sur des détails spécifiques concernant son propre marché ». La plateforme avait pourtant assuré prendre « des mesures importantes » et « affiner » ses pratiques, rappelle l’AFP.

Jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial

Face à ces conclusions préliminaires, la plateforme a maintenant la possibilité d’examiner le dossier d’enquête de la Commission et d’y répondre.

Si les conclusions préliminaires devaient être confirmées, une décision de non-respect de l’article 34 du DSA serait adoptée : « Une telle décision pourrait entraîner des amendes pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial total du fournisseur et lui ordonner de prendre des mesures pour remédier à l’infraction ».

Selon Euractiv, « la plateforme chinoise dispose de quelques semaines pour réagir », mais « Bruxelles n’a toutefois fixé aucune date butoir précise pour la réponse de Temu ». « Nous continuerons à coopérer pleinement avec la Commission européenne », s’est contenté d’indiquer un porte-parole de Temu par email à nos confrères.

L’enquête officielle se poursuit, car le Vieux continent a d’autres griefs à reprocher à Temu : « l’efficacité de ses mesures d’atténuation, l’utilisation de caractéristiques de conception addictives, la transparence de ses systèmes de recommandation et son accès aux données pour les chercheurs ».

Temu qualifié de « point d’entrée pour des produits illégaux »

La Commission européenne n’est pas la seule entité à être montée au créneau. En février, le BEUC dénonçait rien moins que « des trous béants dans la sécurité des produits vendus sur Temu ». Les griefs étaient nombreux là aussi : risque de suffocation à cause de petites pièces de jouets et de produits pour bébés trop facilement détachables, listes d’ingrédients incorrects dans les cosmétiques, radiateurs électriques extrêmement dangereux, etc.

Agustín Reyna, directeur général du BEUC, ne mâchait pas ses mots : Temu est « un point d’entrée pour des produits illégaux qui n’ont pas leur place sur nos marchés ». Le Bureau demandait donc à la Commission de terminer son enquête au plus vite et de prendre des mesures dissuasives et efficaces contre Temu.

Selon l’AFP, Temu est « extrêmement populaire dans l’UE malgré une arrivée récente sur le marché en 2023, Temu compte 93,7 millions d’utilisateurs actifs mensuels en moyenne dans les 27 États membres ».

Des milliards de petits colis provenant de Chine

Au niveau européen, la Commission prépare la mise en place de droits de douane spécifiques pour les milliards de petits colis qui arrivent chaque année (ils seraient 4,6 milliards d’une valeur déclarée inférieure à 150 euros, majoritairement provenant de Chine).

« Nous parlons de deux euros par colis, payés par les plateformes et pour les services offerts par les entrepôts, ce serait plus modeste, à 50 cents », expliquait le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič.

Pour la Commission, l’enjeu est important : « L’augmentation constante du volume de produits vendus en ligne dans l’UE s’accompagne d’une augmentation du nombre de produits dangereux, contrefaits ou non conformes, qui pourraient nuire à la santé et à la sécurité des consommateurs, à l’environnement et à une concurrence loyale au sein du marché unique numérique ».

Une autre plateforme chinoise est sous le coup de plusieurs enquêtes au niveau français et européen : Shein. Elle a accepté de payer 40 millions d’euros en France suite à une enquête de la Répression des fraudes qui avait conclu que l’entreprise avait mis en place des pratiques commerciales trompeuses. Une amende de 1,1 million d’euros est tombée dans la foulée pour « information défaillante sur la qualité environnementale des produits ».

Commentaires (25)

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« Nous parlons de deux euros par colis, payés par les plateformes et pour les services offerts par les entrepôts, ce serait plus modeste, à 50 cents », expliquait le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič.
On peut préciser au passage que La Poste vient d'annoncer une hausse à venir du prix des colis en France (en plus des timbres) pour une moyenne de 7,4%, expliquée d'une part par la baisse du trafic courrier (ce qui n'est pas nouveau), mais aussi par l'absence complète de rentabilité de la distribution de ces colis venant de Chine (voir cet article très INtéressant.)
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Une hausse des colis ?

Ils seront plus hauts ? Livrés uniquement sur des boîtes aux lettres en hauteur ? Le facteur va parler fort ?
:embarassed:
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on pourra en vendre à découvert
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S'ils pouvaient livrer les colis ça serait pas mal déjà. Je subis 100% d'échec de livraison avec leurs service colissimo.
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A ce sujet, avez vous passer ces 2 blagues sur La Poste / Collissimo ?

  • titre de journal : Après la livraison d'avis de passage, La Poste se lance dans la livraison de colis

  • entretien d'embauche à La Poste : le candidat "Excusez moi pour mon retard, je n'arrivais pas à trouver la sonnette", le recruteur "Vous êtes embauché !".



Bon, je comprendrai que comme tu subis 100% d'échec de livraison, tu trouves ça moins drôle.
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Même l'avis de passage semble facultatif... parfois il y a, parfois non...
À côté gls chronopost amazon logistic ont presque 100% à mon adresse
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L'augmentation constante du volume de produits vendus en ligne dans l'UE s'accompagne d'une augmentation du nombre de produits dangereux, contrefaits ou non conformes, qui pourraient nuire à la santé et à la sécurité des consommateurs, à l'environnement et à une concurrence loyale au sein du marché unique numérique
L'augmentation du volume global augmente aussi le nombre de produits sécuritaires, conformes et sans danger au sein du marché unique.

Bref, c'est le genre de déclaration qui me conforte dans l'idée que les instances dirigeantes prennent leurs citoyens pour des cons. Parce qu'il ne faut pas croire que nos dirigeants soient stupides au point d'ignorer ce qu'est un rapport de proportionnalité et une règle de trois. Non, ils font exprès de faire ces déclarations.
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Et donc, quel est ce ratio ?

Non parce que tous les signaux d'alertes sont élevés autour des produits de ces plateformes.

Il y a eu des vêtements pour enfant avec produits toxiques, d'autres carrément inflammables, ainsi que des crèmes solaires à l'efficacité bien loin des engagements du packaging.

Est-ce que ça vaut la réception de quelques chargeurs de piles qui vont pas prendre feu ? On peut quand même se poser la question.

C'est comme si on laissait les commerces alimentaires vendre les trucs périmés ou porteurs de salmonelles parce que "oh globalement, le taux de gens malades reste faible".
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C'est à la Commission qu'il faut poser la question. Comme je le faisais remarquer dans mon commentaire juste en dessous, elle ne donne aucun taux de produits non conformes.

C'est elle qui communique sur un risque élevé, mais elle ne le chiffre pas.

Alors que c'est facile, s'il y a effectivement un risque trop fort, il ne faut pas taxer de 6% du CA mondial mais interdire totalement jusqu'à ce qu'ils aient fait le ménage complet sur leur plateforme.
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Et donc, quel est ce ratio ? Non parce que tous les signaux d'alertes sont élevés autour des produits de ces plateformes.
Quelle que soit sa valeur, ca reste inutile d'argumenter que 'y=a.x' augmente quand 'x' augmente.

Les gesticulations politico-réglementaires ne vont pas changer une propriété mathématique des fonctions lineaires. Même avec un ratio de 0.00001%, je peux t'assurer que "l'augmentation constante du volume de produits vendus en ligne dans l'UE s'accompagnera d'une augmentation du nombre de produits dangereux, contrefaits ou non conformes".
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C'est bien pour ça que j'évoque la valeur du ratio, donc plutôt r = d / v (r= ratio, d = dangereux, v = volume total). Car s'il est de 0,1% avec un marché français à 0,09% je m'inquiète pas plus que ça, alors que s'il est de 35% quand le marché français est sous les 1%, c'est pas la même chose.

Sinon évidemment qu'en numérique pur, le nombre de défauts ne peut qu'augmenter avec la hausse du volume. A ce titre, je suis sûr que les iPhone ont connu plus d'explosions que les smartphones VERTU.
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Dans le même genre, la Commission dit :
il existe un risque élevé pour les consommateurs de l'UE de rencontrer des produits illégaux sur la plateforme
mais ce risque n'est pas quantifié dans sa communication alors que ce serait simple de donner un pourcentage.
un "high risk", j'aimerais bien savoir ce que c'est un peu plus précisément que :
consumers shopping on Temu are very likely to find non-compliant products among the offer
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On a des chiffres pour la France (certes pas l'UE), et il sont alarmants :
next.ink Next
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Ils sont tellement gros que je me demande s'ils sont vrais.

Et s'il sont vrais, la seule solution est d'interdire Temu dans l'UE, à commencer par leur site et leur appli. Ce n'est pas une amende qu'il faut comme sanction.
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Le problème vient des produits dangereux, contrefaits ou non conformes uniquement. Il faut donc lutter contre leur vente. Ni plus, ni moins.
Tu ne serais pas tenant de la théorie que plus il y a de gruyère d'emmental, moins il y a de gruyère d'emmental ?

Edit : correction sur le nom du fromage
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le gruyère n'a pas de trous :D
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Le gruyère francais, si :D
(Mais ils sont petits et peu nombreux, comparé à ceux de l'emmental)
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Je les confonds toujours. Désolé. Mais j'imagine que vous aviez saisi l'allusion.
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bien sûr d'où le smiley
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Quel sens ont encore ces amendes, puisque des batailles juridiques interminables finissent toujours par les faire tomber ? En quoi sont-elles encore réellement dissuasives ?
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Moi, je suis surtout curieux de voir si le gouvernement Chinois ne va pas faire pression sur l'UE pour protéger son poulain...
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Comment ? En passant un super deal obligeant l'UE à accepter les merdes de TEMU en échange de l'achat par l'UE d'hydrocarbures chinois ?
Je sors ...
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:bravo:
:craint:

J'aurais plutôt pensé à "tu laisse Temu tranquille, sinon pas de semi-conducteurs pour toi", mais c'est pareil avec les hydrocarbures, en fait...
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Les hydrocarbures Chinois sont en fait des hydrocarbures Russes.
Or les hydrocarbures Russes sont sous sanctions occidentales.

D'où le fait que Thorgalix sorte.
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On se demande ce qu'on va foutre avec tous ces hydrocarbures :D

Sur Temu, il y a un « risque élevé » de trouver des produits illégaux

  • « Un risque élevé pour les consommateurs »

  • Jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires annuel mondial

  • Temu qualifié de « point d’entrée pour des produits illégaux »

  • Des milliards de petits colis provenant de Chine