Demailnagement, Framasoft : comment utilisateurs et assos s’émancipent des GAFAM
L'émancipation des chatons
Illustration CC-By David Revoy
Le 26 juin 2025 à 10h57
Des associations ont lancé en mai dernier une nouvelle campagne baptisée « Demailnagement » proposant aux internautes de les accompagner dans la migration des GAFAM vers d’autres structures plus petites. Alors que la campagne « Dégooglisons » de Framasoft a maintenant 10 ans, Next revient sur ce petit monde qui propose aux internautes et aux associations de faire un pas de côté vers une « émancipation numérique ».
Demailnagement, Framasoft : comment utilisateurs et assos s’émancipent des GAFAM
L'émancipation des chatons
Illustration CC-By David Revoy
Des associations ont lancé en mai dernier une nouvelle campagne baptisée « Demailnagement » proposant aux internautes de les accompagner dans la migration des GAFAM vers d’autres structures plus petites. Alors que la campagne « Dégooglisons » de Framasoft a maintenant 10 ans, Next revient sur ce petit monde qui propose aux internautes et aux associations de faire un pas de côté vers une « émancipation numérique ».
Société numérique
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12 min
Le 21 mai, plusieurs associations comme Libretic ou Le Cloud Girofle ont lancé une campagne baptisée « Demailnagement ». L’idée est de proposer de l’aide aux internautes qui voudraient, comme son nom l’indique, déménager leurs mails d’un des services des GAFAM vers une plus petite structure, européenne. Le site de la campagne dispose notamment d’un formulaire qui permet d’être guidé dans le choix de la solution en fonction de divers critères.
« Le site internet propose principalement de faire de la sensibilisation sur les conséquences d’avoir ses données chez les géants et une petite vitrine des fournisseurs de mail vers lesquels c’est possible d’aller », indique à Next le co-créateur de l’association Libretic, Olivier Navas. « Parmi cette liste de fournisseurs, il y a quelques grosses entreprises comme Proton ou Infomaniak, tout en n’étant pas de la taille d’un Gmail. Et il y a aussi des petites entreprises et des associations », ajoute-t-il. Quand on parcourt cette liste, on retrouve aussi bien l’association alsacienne Sans-nuage que le fournisseur de messagerie allemand Posteo ou la PME 6 clones située à Pont-l’Évêque (dans le Calvados).
Accompagner le déménagement
Le formulaire « recueille quelques besoins des personnes qui veulent changer d’hébergeur mail puis leur fait une liste de proposition en proposant un résumé de ce que propose chaque fournisseur (nom de domaine…). Enfin, on renvoie l’utilisateur vers la page qui permet de se créer une adresse chez le fournisseur », décrit Olivier Navas. « Au passage, on recueille l’email pour leur proposer un accompagnement si jamais ça pose encore un souci. Certaines personnes qui ne comprennent pas bien le numérique ont des peurs au changement. Nous faisons aussi des webinaires d’accompagnement et nous allons mettre en place des événements physiques ».
Depuis le lancement, il nous explique avoir eu « beaucoup de retours positifs » et indiquait en début juin que le nombre de personnes qui ont rempli le formulaire s’approchait de 1000 personnes. « Nous commençons à avoir des mails de demandes un peu plus précis. Nous nous organisons pour accompagner et envisageons de faire une vidéo pour accompagner de façon générale ».
Des chatons motivés
Pour l’accompagnement, ces associations comptent aussi sur d’autres entités membres du collectif des Chatons dont elles font partie. Ce collectif est un rassemblement d’associations et de PME lancé en 2016 par Framasoft. Chaque membre de ce collectif y est appelé un « chaton ».
« Le point de départ de la campagne s’est fait lors d’une réunion entre plusieurs chatons. Nous nous sommes réunis, et nous avons fait le constat que c’était assez effrayant de voir que, dans les gens qui s’intéressent à nos structures et qui prennent des services pour autres choses comme du stockage en ligne ou l’hébergement de site internet, plus de la moitié venait avec une adresse gmail », explique le co-créateur de Libretic. « C’est ce qui nous a motivé à mettre en place une incitation à sortir de là », ajoute-t-il.
L’hébergement et la gestion d’un service de mail n’est pas de tout repos. « Aujourd’hui, pour envoyer un email, il y a un certain nombre de règles à respecter avec l’évolution du mail qui repose sur un protocole qui a 40 ans et qui a été conçu sans prévoir d’empêcher que des petits malins puissent faire de l’usurpation d’identité ou envoyer des mails en masse. Il y a des couches supplémentaires nécessaires pour mettre en place du mail qui fonctionne bien et avec de bonnes garanties d’acheminement », explique-t-il. « Mais tout le monde ne va pas forcément appliquer ces bonnes pratiques. Il faut donc mettre en place un certain nombre de vérifications avec différents logiciels ».
« Le problème est que les grandes entreprises ne documentent pas ou peu leurs systèmes de vérification », déplore-t-il, « et même quand on montre patte blanche et qu’on le fait bien, comme dans les Chatons, parfois ça n’arrive pas au destinataire. Ce qui fait que parfois un mail n’est pas reçu sans même que l’utilisateur le sache ou qu’il arrive en spam ».
Une association lancée pendant la crise sanitaire
Pour gérer un chaton comme Libretic, Olivier Navas explique à Next qu’il y a une équipe de 4 personnes et « quelques autres acteurs qui donnent quelques petits coups de pattes ponctuellement ».
« Pour l’anecdote, Libretic est né d’une prolongation de services en autohébergement qui existaient déjà, mais plutôt dans un contexte familial », raconte-t-il à Next. « Ce qui a déclenché l’initiative, c’est la période de crise sanitaire où on a vu le déploiement massif de solution Microsoft, Google etc. Ce phénomène nous paraissait inacceptable. Et en parallèle, la fibre a été déployée à l’endroit où nous avons nos propres serveurs. Ça a donné une possibilité d’avoir une autre ambition, ça nous a motivé à créer l’association et de rejoindre le collectif Chatons ».
« Du renfort au niveau informatique serait le bienvenu pour donner une autre ambition au projet, mais Libretic n’aurait pas pu exister non plus sans le fait que ma compagne, Marie Villaudière, est très active dans l’association, de par l’apport de ses idées, mais aussi ses compétences en comptabilité, en animation et communication. L’association n’aurait pas pu exister et atteindre ce niveau (nous restons encore assez petits) sans sa participation », commente-t-il quand nous lui demandons ce dont a besoin d’un chaton pour se développer. « Parmi les personnes qui participent, les gens apportent leurs idées à l’association. La partie technique demande un peu de temps à mettre en place au début, il faut surveiller et ça s’entretient notamment en mettant en place les mises à jour, mais ça peut vivre sans trop d’énergie, ça fonctionne bien ».
Ce genre d’initiatives découlent d’un historique lancé par l’association Framasoft et notamment, comme dit précédemment, par le lancement de la campagne Dégooglisons en parallèle de celui du collectif des Chatons.
Un bilan plutôt positif pour Framasoft
Sur Dégooglisons, « le premier enseignement, c’est que ça marche », nous répond le coordinateur des services numérique de Framasoft, Pierre-Yves Gosset quand Next lui demande de faire un bilan. « Aujourd’hui, sur l’ensemble des services de Framasoft, nous avons 2 millions de visiteurs par mois qui viennent utiliser une grosse quinzaine de services en ligne. Sachant que tout ça est fait par une association qui a 10 salariés dont 4 ou 5 travaillent sur les services en ligne », ajoute-t-il. Mais l’association n’a pas pour but de grossir toujours plus.
Pourtant, elle pourrait le faire en élargissant les langues dans lesquelles ses services sont disponibles. Si la plupart sont en français et en anglais, Framasoft a choisi de ne pas se concentrer sur cet aspect. « Notre choix est de faire la démonstration que c’est possible. Si on avait 10 millions d’utilisateurs, l’équipe devrait être composée d’au moins 30 ou 40 personnes. De notre point de vue, à ce niveau-là, on doit mettre en place des rigidités », commente-t-il.
C’est dans cette vision que Framasoft avait lancé le collectif Chatons : « On s’est dit qu’il fallait qu’on soit vigilants sur la question de la croissance, du nombre de personnes… ».
Framasoft a pensé ce réseau comme celui d’ « AMAP du numérique ». «Petit à petit, des associations locales comme des AMAP justement, mais aussi des associations de quartiers qui viennent nous voir en nous disant qu’ils veulent sortir des GAFAM. Ils se retrouvent maintenant à héberger leur mail, stockage de fichiers et sites internet chez nous », témoigne, par exemple, Olivier Navas.
Du côté du bilan du collectif Chatons, il est« modeste, mais positif », commente Pierre-Yves Gosset. « Les chatons, ce sont une centaine de structures, des particuliers, des assos, collectifs ou entreprises, coop, sarl… L’idée est de se dire que chacun des chatons peut choisir les services qu’il propose, au tarif qu’il souhaite et ça permet de se reconnaître autour de valeurs communes : les logiciels libres, un engagement de ne pas exploiter les données des utilisateurs », explique-t-il.
Quand le responsable de Framasoft qualifie ce bilan de « modeste », c’est pour constater que « « les gens n’ont pas tous quitté Google pour aller vers les chatons », « mais je ne suis pas sûr qu’on aurait pu », ajoute-t-il.
« On n’a pas les mêmes moyens que les GAFAM mais, côté chatons, ça permet d’apprendre et partager de l’info pour savoir comment être hébergeur », ajoute-t-il. « Coté utilisateurs, on peut se dire qu’on peut sortir de l’autoroute GAFAM et prendre la sortie chatons. Ça ne va pas forcément aussi vite, mais une fois qu’on y est, on s’y sent plutôt bien ».
Réappropriation des outils
L’idée derrière toutes ces initiatives, c’est de « redonner aux personnes, quelques qu’elles soient, les moyens de se réapproprier les outils et d’en comprendre le fonctionnement », explique Pierre-Yves Gosset à Next. C’est pour ça qu’il utilise plus volontiers le terme d’ « émancipation numérique » que celui de « souveraineté ».
Quand Next lui demande d’expliquer un peu plus la position de son association, il ajoute : « Pour nous, dans l’émancipation, il y a la réappropriation, mais il y a aussi des concepts un peu plus philosophiques comme celui des outils conviviaux selon Ivan Illich, qui ne t’aliènent pas, qui te dominent pas, qui ne te rendent pas dépendant ».
Accompagner le mouvement associatif
Depuis le lancement de Dégooglisons et du collectif Chatons, Framasoft s’est plus tournée, elle, vers le milieu associatif. Questionné sur ce virage, Pierre-Yves Gosset assume qu’ « il y a eu une forme de politisation du discours dans lequel il y a l’anticapitalisme, mais aussi l’idée que la place de la société civile, des associations, doit demeurer importante ».
Et Framasoft a fait le constat que les associations et les syndicats étaient « très très mal outillés » mais qu’il y avait un mouvement qui se mettait en place : « On a vu des associations, comme Extinction Rebellion ou Alternatiba monter leurs propres infra, en utilisant d’abord les outils de Framasoft puis après en utilisant leurs propres outils et se dire « il faut qu’on héberge nos propres outils » », se souvient-il. Pour Framasoft, « ces structures-là doivent pouvoir s’équiper avec des outils qu’elles maîtrisent, qu’elles comprennent, qu’elles peuvent adapter à leurs besoins, etc ».
Pierre-Yves Gosset rajoute : « on s’est dit qu’il y a plein d’associations qui n’ont pas les moyens de développer leurs propres outils et donc c’est peut-être à nous, association 1901, de faciliter la première marche pour que ces associations puissent agir et amener la société vers plus de progrès social et de justice sociale, ce qui est un des objectifs de Framasoft ». « Nous sommes une association apartisane mais pas nécessairement apolitique », précise-t-il.
De ce côté aussi, le bilan est positif pour le coordinateur des services numérique de Framasoft : 2 100 associations ont un espace sur Framaspace, l’environnement de travail collaboratif proposé exclusivement aux associations par Framasoft depuis 2023. Actuellement, l’association valide une centaine de nouvelles créations par mois et pense atteindre les 5 000 en 2026. « L’idée n’est pas de toucher les 800 000 associations de France. Par contre s’il y en a 100 000 qui veulent quitter Google et que 50 000 vont utiliser les services des Chatons et de Framasoft, on a agi dans le bon sens », commente Pierre-Yves Gosset.
L’ambition d’émanciper aussi l’utilisation de l’IA
Framasoft a aussi mis le pied dans l’IA générative avec toujours un même point de vue de « l’émancipation numérique » qui prend un peu à contre-pieds certains militants du milieu du libre. Pierre-Yves Gosset assure que, « si on avait pu avoir un monde sans IA, Framasoft aurait voulu un monde sans IA ». Mais, selon lui, « il serait arrogant pour une association d’éducation populaire de dire " l’IA c’est de la merde, n’y touchez pas. Fermons le ban, on va continuer à faire du logiciel libre dans notre coin ". L’association veut donc pouvoir « voir pourquoi, ou, comment les gens l’utilisent, comment ça change leur vie ? » et revendique de travailler « pour les 2 millions de [ses]utilisateurs, dont sans doute 1,8 million d’entre eux utilisent l’IA » et à la réduction des risques.
Framasoft a ainsi lancé deux projets liés à l’IA générative. D’une part, la transcription dans le logiciel de diffusion de vidéo Peertube. C’est-à-dire l’ajout de sous-titre aux vidéos. Celle-ci peut être activée ou pas. Framasoft assure que tout est traité sur ses serveurs et qu’aucune donnée n’est transmise à des tiers. D’autre part, l’association a lancé Lokas, une application pour enregistrer et transcrire les réunions.
Commentaires (36)
Le 26/06/2025 à 11h12
Pour ma part, je suis en train de bouger de Google Workspace à Infomaniak.
Pour un utilisateur simple, la gestion du nom de domaine chez eux donne droit à la suite complète pour un compte. C'est donc très intéressant niveau tarif.
Modifié le 26/06/2025 à 11h25
Il faut dire que je les connais depuis bientôt une vingtaine d'années, donc j'avais confiance. Parfois des couacs avec le client de synchro capricieux, mais sinon pour les mails le service est à la hauteur de mes attentes.
Le 01/07/2025 à 21h32
Je me suis décidé à passer mon nom de domaine et les mails en début d'année.
Pour le reste, drive et autres, c'est plus facile.
Le 26/06/2025 à 11h13
En tant qu'auto-hébergeur familial, je mesure l'engagement de ces collectifs pour proposer des services pas toujours simples à mettre en place. Et de l'autre côté chaque collectif/asso/PME qui fait l'effort de s'intéresser à ça montre aussi que le chemin est pas si ardu.
Ca fait bien le pendant "privé" de l'article de l'autre jour sur les appels d'offre publics.
Le 26/06/2025 à 12h01
Le 26/06/2025 à 12h18
Sans moi.
Modifié le 26/06/2025 à 12h37
« Nous n'utiliserons votre adresse mail que pour vous recontacter et vous accompagner dans votre démailnagement.
Vous pourrez vous désabonner à tout moment »
Après effectivement, si tu n'as pas confiance de ce qu'ils vont faire de cette adresse mail, alors il ne vaut mieux pas leur laisser gérer l'ensemble de tes mails
Modifié le 26/06/2025 à 12h52
Quant à me recontacter, dans quels cas ? Pour quoi faire ?
Enfin, ce n'est pas ceux qui demandent l'adresse mail dans le formulaire qui géreront ensuite la nouvelle adresse.
Pour des gens qui critiquent fortement les GAFAM et leurs pratiques, ils devraient faire plus attention à leur propre respect du RGPD. Cette collecte d'adresse e-mail n'est pas nécessaire pour fournir une liste de fournisseurs de services mails.
Édit : et je n'ai pas vu où me "désabonner à tout moment".
Le 02/07/2025 à 18h40
La collecte de cette adresse mail est nécessaire pour pouvoir faire un suivi et re-contacter les personnes qui s'inscrive dans une démarche de déménagement. Alors certes il est possible de fournir uniquement une liste et puis hop démerdez vous mais ce n'est pas le but ici.
Il y a un certain nombre de critère (taille de boite mail, localisation, type d'accompagnement) qui permet de limiter la liste et ne pas avoir 30 choix possible (on perd beaucoup de monde avec autant de choix possible).
On est preneur d'idée si on peut faire autrement (on a pas réussi à trouver comment faire autrement ;-) )
Le 05/07/2025 à 18h08
J'ai bien compris l'utilisation que vous voulez faire de l'adresse e-mail, mais je considère que sa collecte au moment où vous le faîtes est prématurée.
Après cette collecte, on obtient juste une liste de fournisseurs de solutions et l'adresse e-mail est inutile.
Qu'elle soit utile pour faire un suivi et recontacter les personnes, je peux le comprendre, mais il me manque peut-être une information sur l'élément déclencheur de ce traitement. En tout cas, mon adresse poubelle utilisée sur votre site n'a rien reçu. Donc, pour l'instant, je maintiens mon premier commentaire sur cette collecte.
Si comme vous le dites dans votre autre commentaire, ce sont les autres structures qui font l'accompagnement et recontactent les gens, ce n'est pas à vous de collecter l'adresse e-mail mais à eux, à moins que vous leur transmettiez cette adresse, mais dans ce cas, vous devez informer du transfer de données (c'est un traitement).
Modifié le 26/06/2025 à 14h30
Le 26/06/2025 à 14h37
C'est aussi de gérer la transition sur une durée plus ou moins longue.
Je n'ai rien vu sur leur site pour aider à appréhender cet aspect.
Et pour des gens qui ont le problème que tu décris, c'est vraiment dommage de ne pas aborder ce sujet. Ils risquent d'avoir des déconvenues parce qu'ils ne peuvent plus changer de mot de passe sur tel ou tel site (mot de passe oublié) ou parce l'on va continuer à leur envoyer des informations sur une adresse mail qu'ils ne lisent plus.
Modifié le 26/06/2025 à 15h24
Le 02/07/2025 à 18h43
Il est prévu (si c'est coché dans le formulaire) de recontacter les personnes qui en ont besoin pour les accompagner au mieux dans cette transition.
On va améliorer le site aussi dès que l'on peut ;-)
Le 26/06/2025 à 14h30
Par contre je ne suis pas sûr de conseiller une association d'aller vers un service comme Framaspace sans garantie qu'il existera toujours dans 2 ans.
Le 26/06/2025 à 15h02
On (Framasoft) vit des dons : si on a pas suffisamment d'argent, il faudra fermer des services. Maintenant, vu ce qu'on a investit dans Framaspace (en gros 30 000€ par an, ces 3 dernières années), on ne va pas laisser tomber ce service demain. Et par ailleurs, à chaque fois qu'on a fermé des services, on a laissé entre 3 mois et 12 mois pour migrer.
Alors certes, Google ne ferme (presque 😅 https://killedbygoogle.com/ ) jamais de services, mais si tu vas chez la Société de services en logiciels libres du coin, je vois pas comment elle pourrait plus te garantir que nous d'être encore là dans 2 ans. Bref, je ne vois pas on est plus à risque que la SARL du coin 🤔
Je rappelle que Framasoft à plus de 20 ans d'existence, et maintient ses principaux services SaaS comme Framadate ou Framapad depuis plus de 12 ans. Donc, que ta crainte soit légitime, pas de souci, mais pour moi (coucou, moi c'est pyg) elle ne me semble pas vraiment justifiée.
Après, chacun fait ce qu'il veut, hein.
Le 26/06/2025 à 16h06
Je ne dis pas le contraire, et comme je le dis plus haut ; j'encourage la démarche. Ce n'est pas parce que je dis que je suis frileux vis à vis de Framaspace que je dis que les GAFAM c'est mieux ou moins bien. Il existe plein de solutions viables hors GAFAM en règle générale.
@Framasoft
Attention, je trouve que c'est super ce que vous faites !
Mais si j'ai bien compris, on est sur un service en Beta depuis 2023 et quand j'ai lu la partie "FAQ", j'avais quand même un peu l'impression que la validation de compte se faisait sur critères plus ou moins subjectifs (ce n'est peut être pas le cas, mais c'est l'impression que j'en ai eu).
Il y a des restrictions, je trouve dommage de ne pas pouvoir lever certaines limites avec une offre payante. Parce que même pour une association, 40Go ca peut aller vite sur la durée. Je comprends totalement pourquoi les restrictions sont présentent et c'est bien logique ! Comme tu le dis vous vivez des dons.
Je n'ai pas vu de référence a la possibilité d'essayer. Car pour être dans plusieurs associations, je ne pense pas que je les migrerais sur un service que je n'ai pas testé avant, pour voir si ca répond au besoin avant de basculer (même si la partie FAQ est bien complète).
Je me souviens d'un article sur Next qui annonçait la fermeture de plusieurs dizaine de services chez Framasoft aussi ;)
Je me doute que vous n'allez pas fermer du jour au lendemain. Je suis frileux aujourd'hui, je ne le serai peut-être pas dans 2 ans ! Mais réellement, j'adorerais pouvoir l'essayer le déployer dans des associations ! J'adore l'idée. Sauf que j'ai pas envi de me prendre le retour de bâton en cas de pépins, j'en gère assez à longueur de journée au boulot
Le 26/06/2025 à 16h54
Tout à fait. C'est une beta très fonctionnelle, quand même, avec plus de 2000 instances Nextcloud. Mais clairement, on se protège un peu derrière ce terme, car c'est le plus gros projet de Framasoft (techniquement), et on veut monter en puissance tranquillement, en s'autorisant parfois des trucs un peu à l'arrache sans se faire insulter par les utilisateur⋅ices 😅
Là encore : tu as raison. Il y a une part de critères subjectif, lié au fait qu'on refuse les assos qui sont éloignées des valeurs de Framasoft. Typiquement, on va refuser Génération Identitaire, ou le syndicat de police Alliance (qui n'ont jamais candidaté, hein). Et on a déjà refusé des structures considérées comme sectaires ou anti-science. Mais le taux de rejet est très faible (je dirai 2 ou 3%.
Et on va rester sur un système de validation "manuelle" (100 structures par mois, j'arrive à le gérer seul sans trop de difficultés) parce qu'on veut éviter les petits malins qui voudraient avoir un cloud gratos pour leur famille ou leur boite. Il y a des solutions pour l'un (Nextcloud mutualisé, par exemple chez Zaclys) ou pour l'autre (Nextcloud "pro" et payant).
Oui :)
Après nous, on vise plutôt les petites structures. Cf la présentation des stats que j'ai fait aux JDLL le mois dernier : https://videos-libr.es/w/9JHBUPvuwJrogq2uneEdhx?start=23m24s
L'idée, c'est vraiment que le petites assos ou collectifs ne s'orientent pas vers Google Workspace par manque d'argent. C'est pour leur mettre le pied à l'étrier, en quelque sorte. Et ensuite, elles pourront aller chez un hébergeur pro.
On s'est posé la question, mais pas très longtemps. On est une asso, et on n'a pas très envie de gérer des clients (obligation de résultats, support "client", etc).
Par ailleurs, le "deal" c'était que Framasoft voulait "mettre le pied à l'étrier Nextcloud pour des milliers d'assos, mais SANS piquer des parts de marchés à des artisans numériques qui vivent de la vente de Nextcloud.
Oui, tu as raison (encore :) ).
C'est ... compliqué. Parce que Nextcloud est un peu une usine à gaz, et qu'on ne peut pas déployer gratuitement des espaces... pour juste tester. On pourrait proposer un système qui réinitialise la BDD et les fichiers, mais c'est le genre de trucs chiants, parce qu'il y a plein de use-case à gérer (genre empêcher le changement de password admin, etc). Pour l'instant, j'étais surtout dans l'idée de promouvoir des vidéos de présentation (type https://framatube.org/w/xcYwTUcmiHN8nhh5JJteVg ) plutôt qu'une instance de démo.
Mais je note l'idée, et on en discutera entre nous !
Merci pour ces retours, en tout cas :)
Modifié le 27/06/2025 à 16h25
J'utilise pas mal de Nextcloud en pro, en auto-hébergé au début, puis maintenant par Leviia car l'autohébergé c'est bien, mais c'est du job. Je comprends donc bien les contraintes techniques pour le coup. D'ailleurs même sur Leviia, je suis frustré de ne pas pouvoir installer 1 module que j'aimais bien en auto-hebergé, donc ils filtrent aussi. Sauf que comme tu le dis, c'est du pro, donc si on met le budget, ils feront le nécessaire.
Reste que je trouve la limite de 40Go compliquée, ca met le pied à l'étrier, c'est très bien, mais c'est toujours compliqué de migrer, surtout pour des "novices" et quand il y a plusieurs utilisateurs. Un accord tripartite avec l'hébergeur peut être ? Mais je comprends aussi que gérer de la facturation ca complique tout.
Pour la sélection, je trouve ca dommage, je le comprends très bien, je serais moi aussi contre l'idée d'héberger quoi que ce soit pour Génération Identitaire ! Mais j'aime aussi le concept de neutralité et d'égalité. Et j'aimerais pas qu'un jour on me refuse l'accès a un service en se basant sur une chose auquel je crois ou j'adhère (du moment que c'est légal bien sûr..).
En tous cas, article + échanges :
Le 27/06/2025 à 14h21
Le 27/06/2025 à 16h23
Le 30/06/2025 à 11h38
Le 02/07/2025 à 18h29
Il est possible de retrouver les chatons qui proposent du Nextcloud : https://www.chatons.org/search/by-service?service_type_target_id=All&field_alternatives_aux_services_target_id=All&field_software_target_id=271&field_is_shared_value=All&title=
Dans ces chatons, il y en a des "commerciaux" (on aime pas trop ce terme) tel que Indie Hosters ou Pâquerette ;-)
Le 26/06/2025 à 15h20
Ce qu'on peut reconnaitre aux gafam, c'est un bloat technique tellement énorme que les downtimes sont plutôt rares (encore que, dès que Cloudflare tousse, tout internet capote).
A titre d'exemple, l'asso pour laquelle je bénévolise a passé ses mailing list vers Le PIC (Projet Internet et Citoyenneté). Depuis on a bcp moins de rejets, de mise en spam des destinataires. Il y a de vrais humains quand on a un souci, le soft est ergonomique à souhait... rien à redire. Pour 20 € par an. C'est une asso qui a 25 ans, qui cultive ses services avec amour, des logiciels libres, de la coopération,... bref qui inspire confiance.
Le 26/06/2025 à 22h05
Le 26/06/2025 à 22h51
Le 26/06/2025 à 16h47
Sans parler de la redirection des spams "parce que la redirection est exécutée avant le passage dans l'antispam", dixit le support
Et au final, tant qu'on communique avec des gens qui sont sur gmail, yahoo ou autre, l'effet est quasiment nul (à part la satisfaction de ne pas participer volontairement au succès des GAFAM).
Modifié le 26/06/2025 à 17h17
Même passer d'un gafam à l'autre déjà c'est pas une mince affaire, quand tes utilisateurs sont habitués à leurs outils.
Et pour le responsable bénévole des moyens infos, ça demandera plus de boulot, ne serait ce que pour expliquer le focntionnement.
Le 26/06/2025 à 17h53
La communication courriel est critique pour déterminer vos habitudes, vos contacts, bref : comprendre qui vous êtes, vos intérêts, ce que vous faites.
Passer d'une grosse structure à une plus petite qui vous accorde des garanties de vie privée, c'est bien, mais sur ce point, l'auto-hébergement devrait rester la cible.
Toujours cette culture informatique manquante dans la société, et qui ne semble toujours pas arriver, voire régresser avec la posture "consommation seule" et "désintérêt pour l'importance de la protection des données personnelles" des générations les plus récentes.
Un jour, peut-être ?
Le 26/06/2025 à 20h27
J'y croyais pas des masses.
Il a maintenant 9 ans bien tassés et continue sont bonhomme de chemin après changement de HW, updates régulières de la stack initiale, etc.. Plus personne me met en spam, j'en reçois moi-même peu aussi. bref. je sais pas si on peut parler de rapport entre temps passé et bénéfice (parce ce que l'enjeu n'est pas là) mais en tout cas je reviendrai pas en arrière sauf si l'écosystème empire trop.
Au final ça a démystifié la complexité du truc, permis d'acquérir des compétences et ouvert la voie au reste (contacts/fichiers/communications/etc...)
Le 28/06/2025 à 00h24
Le 28/06/2025 à 08h41
Le 29/06/2025 à 16h43
Le 30/06/2025 à 08h16
Le 01/07/2025 à 16h21
Le 03/07/2025 à 16h42
Je n’ai toujours pas basculé vers cette adresse e-mail. Et j’ai un peu la flemme d’aller sur tous les sites/services pour changer l’e-mail de contact.
Et sinon, je me demande si et quand AirBnB va faire un procès à Mailo pour «contrefaçon» de logo. Car il y a un air de ressemblance quand même :p
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