#Le brief du 28 mai 2026

YouTube va détecter automatiquement les vidéos générées avec l’IA

Sur YouTube, personne ne sait que vous êtes une IA… enfin presque. Depuis 2024, une étiquette prévient les spectateurs de la présence de contenus altérés ou synthétiques dans les vidéos — pour peu que les créateurs aient précisé l’utilisation d’outils IA. La plateforme a annoncé des changements pour afficher plus clairement la couleur, d’abord avec une étiquette « AI » placée en filigrane sur les Shorts et au-dessus de la description d’une vidéo longue.

« En plaçant ces étiquettes directement au premier plan, les spectateurs obtiennent immédiatement le contexte dont ils ont besoin », explique YouTube. La précédente version n’était effectivement pas très claire et évitait de parler d’IA. « Il s’agit désormais du format d’étiquetage unique pour tous les contenus photoréalistes générés ou modifiés de manière significative par l’IA sur YouTube », ajoute l’entreprise.

L’étiquette AI de YouTube.

Les contenus « irréalistes, animés ou légèrement modifiés » présents dans les vidéos seront quant à eux identifiés de la sorte dans la description détaillée, sans l’étiquette AI. Mais le plus important est que YouTube va désormais détecter automatiquement les contenus IA, tout en continuant à exiger des créateurs qu’ils signalent manuellement l’utilisation d’une IA photoréaliste.

Si le système identifie la présence importante d’IA dans une vidéo, l’étiquette sera apposée sur le contenu, même si le créateur ne précise pas s’il a utilisé ou non de l’IA. En cas de désaccord avec la décision de YouTube, il pourra mettre à jour le statut de cette mention dans les réglages de la vidéo.

Néanmoins, ces labels resteront permanents dans certains cas, par exemple quand les vidéos ont été créées avec des outils IA de YouTube, ainsi que celles intégrant des métadonnées C2PA. Cette coalition fondée en 2021 est à l’origine de plusieurs standards d’étiquetage de contenus avec des métadonnées, comme le nom de l’auteur, la date de création du contenu et la manière dont il a été fabriqué (« à la main » ou avec IA).

En matière d’outils de création IA, YouTube a mis les bouchées doubles ces derniers mois. Le plus connu est certainement Dream Screen, qui permet de générer des décors animés en arrière-plan en les décrivant avec une requête texte (« une plage au coucher du soleil »). Le modèle Veo est également à l’œuvre pour « ajouter » du mouvement à une image, modifier le style d’une vidéo, ou générer des objets et des accessoires.

La plateforme pousse aussi à l’adoption d’Auto Dubbing, un système de doublage automatique qui traduit et double une vidéo dans plusieurs langues (27 sont prises en charge). Et elle travaille à améliorer la synchronisation labiale, sur la qualité des voix synthétiques et sur une meilleure adaptation culturelle des doublages générés.

Valve augmente les prix du Steam Deck de plus de 35 %

Les joueurs qui ont attendu trop longtemps avant d’acheter un Steam Deck OLED en seront pour leurs frais. Valve a en effet relevé les prix de sa console portable, et pas qu’un peu. La version 512 Go coûte désormais 779 euros, soit 210 euros de plus qu’auparavant. La déclinaison 1 To revient maintenant à 919 euros, ce qui représente une augmentation de 240 euros par rapport au lancement, en novembre 2023.

Image : Valve.

Cette flambée, qui dépasse les 35 %, ne concerne pas les Steam Deck avec écran LCD qui ne sont plus vendus que dans la boutique reconditionnée de Valve. On peut actuellement en trouver à partir de 299 euros pour la version 64 Go. Pour ceux qui voudraient la mouture OLED en revanche, la facture est franchement salée et rapproche le Steam Deck de concurrents plus récents et plus puissants. Le prix public de la ROG Xbox Ally X d’Asus est de 999 euros.

Les Steam Deck OLED pointaient depuis quelques semaines aux abonnés absents dans plusieurs boutiques de Valve (notamment aux États-Unis). Le constructeur a refait les stocks, mais « la hausse des coûts de la mémoire et du stockage » est passée par là, comme il l’explique. Si les prix ont fortement augmenté, « le produit lui-même n’a pas changé », ajoute-t-il. Le groupe se justifie en évoquant « le coût des composants et d’autres contraintes logistiques mondiales qui se répercutent dans l’ensemble du secteur. »

Une explication qui ne surprendra personne, puisque la crise de la mémoire due à l’appétit vorace des centres de données IA frappe dur l’ensemble de l’industrie, à l’image de la fondation Raspberry Pi. Il y a bien quelques gagnants bien sûr, comme les fabricants des composants mémoire… mais pas les consommateurs lambda.

Tout cela est de mauvais augure pour la Steam Machine, pour laquelle Valve n’a toujours pas annoncé de prix. La console de salon se déclinera en deux modèles : 512 Go et 2 To de stockage, 8 Go de mémoire vidéo et 16 Go de RAM DDR5. Les consoliers en général n’ont pas d’autre choix que de refiler aux joueurs la douloureuse de la mémoire : Microsoft, Sony et Nintendo ont augmenté les prix de leurs consoles, à rebours des usages du secteur depuis toujours.

Amazon MGM Studios veut industrialiser les séries générées par IA

Hollywood commence à intégrer l’IA générative à tâtons et de manière un peu désordonnée. De nombreuses initiatives plus ou moins farfelues ont vu le jour, comme la fausse « comédienne » Tilly Norwood qui a surtout permis à ses créateurs de buzzer. Ou encore l’intégration d’un clone virtuel de Val Kilmer dans un film. On a aussi eu le malheur de poser les yeux sur la série On This Day… 1776 entièrement générée par IA. Réalisée par Darren Aronofsky, elle commémore le 250e anniversaire des États-Unis.

Plus sérieusement, la série argentine El Eternauta a été la première diffusée par Netflix à intégrer une séquence d’effets spéciaux générée par IA. Depuis, la plateforme a établi des principes généraux pour encadrer l’utilisation de cette technologie dans la production de ses contenus.

On pourrait multiplier les exemples de l’incursion de l’IA générative dans les films et les séries télé, malgré les craintes d’une bonne partie de la filière. Un poids lourd de l’industrie a dévoilé ses cartes : il s’agit des studios MGM, ce qui n’est pas une très grande surprise vu le propriétaire, Amazon, très impliqué dans cette technologie.

Le studio a ainsi annoncé le lancement du programme GenAI Creators’ Fund, qui financera des réalisateurs, des créateurs et des startups travaillant sur des films et des séries exploitant l’IA générative. Amazon MGM Studios travaille, en toute logique, avec AWS sur le développement de la courroie de transmission technique, le « projet Nara », une plateforme de production IA.

Elle intègre des outils déjà utilisés dans l’industrie comme Maya, Blender, le moteur Unreal ou encore la suite Adobe, et peut développer des séries d’animation ou en prises de vue réelles. Son architecture est « agnostique », elle combine plusieurs modèles vidéo tiers ainsi que des modèles maison. Un système de suivi a été mis au point pour protéger la propriété intellectuelle de tout ce petit monde.

Trois séries animées ont déjà été commandées par Prime Video, avec une diffusion prévue dans un futur proche. Les producteurs ont cinq semaines pour finaliser leur pilote, afin de démontrer la rapidité du processus. Amazon affirme que le projet Nara permettra non seulement de réduire les coûts et d’accélérer la production, mais aussi d’obtenir un plus grand contrôle créatif d’un bout à l’autre du contenu.

Histoire de rassurer, Albert Cheng, responsable du studio, insiste sur l’approche « centrée sur l’humain » du projet. « Le GenAI Creators’ Fund et le projet Nara placent la créativité humaine au cœur de nos efforts pour intégrer l’IA générative dans nos processus de production chez Amazon MGM Studios », explique-t-il. Les acteurs et comédiens de doublage seront toujours embauchés, et l’IA n’a pas pour vocation de remplacer les équipes créatives de chair et de sang. Chiche ?