#Le brief du 18 février 2026

La Russie veut autoriser le FSB à couper l’accès à Internet et la téléphonie mobile

La Russie veut obliger les fournisseurs d’accès à Internet et de téléphonie mobile à se conformer aux ordres du service de sécurité intérieure russe FSB, successeur du KGB, visant à interrompre les services de télécommunications, rapporte The Moscow Times.

Le projet de loi, adopté mardi par la Douma d’État, chambre basse du Parlement russe, est censé contribuer à protéger les Russes et les institutions publiques contre les menaces pour la sécurité tout en préservant les entreprises de télécommunications de poursuites judiciaires. Et ce, alors que les régions du pays sont de plus en plus confrontées à des perturbations généralisées de l’internet et des réseaux mobiles en raison des attaques de drones ukrainiens, souligne le Moscow Times.

Le projet de loi, qui a été approuvé par 393 législateurs (sur 450, avec 13 voix contre), a depuis subi plusieurs modifications, notamment la suppression des références aux « menaces pour la sécurité » comme justification des fermetures et la modification des pouvoirs accordés au FSB, qui passent de la délivrance de « demandes » à celle d’« exigences » contraignantes.

Outre les services Internet et mobiles, le projet de loi permettrait également aux responsables de la sécurité de bloquer les appels téléphoniques, les SMS et même les services postaux, a déclaré Igor Lebedev, vice-ministre russe des Communications.

Pour entrer en vigueur, les modifications apportées à la loi russe sur les communications doivent encore être approuvées par le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, et signées par Vladimir Poutine.

The Moscow Times, dont la rédaction s’est relocalisée à Amsterdam suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a depuis été classé « organisation indésirable » et l’accès à son site web est bloqué par le Roskomnadzor dans le pays.

Pédopornographie genAI: le gouvernement espagnol à l’offensive contre X, Meta et TikTok

Pollution de l’air : les data centers de xAI continuent d’outrepasser la réglementation

Après Memphis, Southaven, de l’autre côté de la frontière entre le Tennessee et le Mississippi. Aux États-Unis, la société d’Elon Musk xAI continue de défier les réglementations environnementales en recourant à des générateurs illégaux au gaz pour alimenter ses centres de données.

Depuis 2025, le supercalculateur Colossus que xAI a construit à Memphis est critiqué par la population locale et des associations de défense de l’environnement pour la pollution à l’oxyde d’azote que ses générateurs rejettent dans l’air.

Sollicitée, l’agence états-unienne de la protection de l’environnement (EPA) a rappelé qu’en vertu du Clean Air Act (loi sur la qualité de l’air), l’usage de ce type de générateur était soumis à autorisation. Le comté dans lequel se trouve Colossus a finalement autorisé 15 turbines, alors que le data center en utilisait initialement plus d’une trentaine.

Depuis ces premiers aléas, cela dit, xAI a créé Colossus 2, un deuxième data center situé juste à côté du premier. Pour l’alimenter en énergie, l’entreprise recourt de nouveau à des turbines à gaz, stockées de l’autre côté de la frontière.

Hanna Barakat & Archival Images of AI + AIxDESIGN / Better Images of AI / Weaving Wires 2 / CC-BY 4.0

Auprès du Guardian, les habitants témoignent de leurs inquiétudes, que ce soit vis-à-vis de la pollution sonore ou de l’air – d’après l’une des résidentes, Shannon Samsa, la ville compte « au moins 10 écoles dans un rayon de trois kilomètres autour du bâtiment ». Les pollutions émises au fil de leur fonctionnement ont été liées à diverses problématiques de santé comme l’asthme, le cancer du poumon ou des attaques cardiaques.

D’après les images thermiques récupérées par le média Floodlight, néanmoins, le centre de données de Southaven continue d’être alimenté grâce à ses générateurs. Depuis novembre, 18 des 27 turbines présentes, dont au moins 15 n’ont aucun permis, ont été utilisées.

Saisis, les régulateurs du Mississippi ont estimé que les turbines incriminées n’avaient pas besoin d’autorisation dans la mesure où elles sont stockées sur des remorques. Entité d’autorité nationale, l’EPA, elle, a statué en janvier : remorques ou non, ce type de dispositif ne peut être utilisé qu’après demande d’autorisation. À défaut, la moindre exception pourrait « permettre que ces engins fonctionnent en dehors de toute limitation d’émission », indique-t-elle dans sa décision (.pdf).

Google programme sa conférence I/O aux 19 et 20 mai

Google n’a pas dérogé à son calendrier. Sa conférence annuelle dédiée aux développeurs, la Google I/O, se tiendra comme tous les ans fin mai, dans ses locaux de Mountain View, avec une diffusion en ligne des principales sessions.

L’entreprise a confirmé mardi les dates définitives de l’événement, les 19 et 20 mai prochains. « Connectez-vous pour découvrir nos dernières avancées en matière d’IA et les mises à jour de nos produits dans toute l’entreprise, de Gemini à Android et bien plus encore », promet Google.

Annonce des dates de la conférence Google I/O 2026

En 2025, l’événement annuel de Google avait, sans trop de surprise, accordé une place prépondérante à l’IA, avec une foule d’annonces relatives aux modèles Gemini, ainsi qu’à l’intégration progressive de fonctions d’IA générative au sein du moteur de recherche emblématique du groupe.

Google ne communique à ce stade aucun élément du programme de la conférence I/O 2026, mais il ne fait guère de doute que ses annonces suivront la même tendance, dans un contexte de concurrence accrue entre les poids lourds de l’IA générative.

Sur le volet mobile, Google vient tout juste de mettre en ligne la première bêta d’Android 17 destinée aux développeurs.

L’enregistrement à la Google I/O 2026 est ouvert sur le site dédié.

Facebook fermera en avril la web app dédiée à Messenger

Mistral AI rachète Koyeb, spécialiste du serverless

Quelques jours après l’annonce d’un investissement significatif dans l’infrastructure en Suède, Mistral AI confirme que le sujet figure au cœur de ses préoccupations : l’entreprise a en effet formalisé mardi l’acquisition de la startup française Koyeb, spécialisée dans le déploiement serverless d’outils d’intelligence artificielle.

En pratique, elle fournit à ses clients un environnement d’exécution qui permet à ces derniers de ne pas avoir à se soucier de l’infrastructure physique précise qui sous-tend le fonctionnement de leurs applications ou modèles.

« La technologie Koyeb est indépendante du matériel et de l’environnement : elle fonctionne et s’adapte aux clouds, aux périphéries et aux infrastructures sur site. Que ce soit sur des CPU, des GPU ou des accélérateurs, Koyeb garantit des performances optimales, une évolutivité dynamique et un contrôle total de votre infrastructure », résume la startup sur son site.

Sa plateforme ira enrichir l’offre Mistral Compute, qui englobe tous les services d’infrastructure commercialisés par Mistral AI à partir de ses propres déploiements de serveurs et surtout de GPU, avec au dernier décompte 40 MW de puissance électrique programmés en France (pour alimenter 18 000 puces Blackwell), et bientôt 23 MW supplémentaires en Suède, en attendant la mise en service des premières tranches du fameux Campus IA de Fouju.

« Dans les prochains mois, nous prévoyons de devenir un composant essentiel de Mistral Compute et de renforcer nos capacités d’inférence, de sandbox et de serverless pour les serveurs MCP », affirment les trois cofondateurs de Koyeb, Yann Léger, Edouard Bonlieu, Bastien Chatelard, par ailleurs anciens de Scaleway.

Le montant de l’acquisition n’a pas été communiqué. Koyeb avait levé 1,6 million de dollars fin 2020, puis 7 millions de dollars fin 2023.