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Mistral effectue un premier investissement hors de France, en Suède

Ventil

Mistral effectue un premier investissement hors de France, en Suède

L’entreprise d’IA générative française a annoncé qu’elle allait investir 1,2 milliard d’euros en Suède pour un projet de datacenters. Cette annonce est le premier investissement de la startup française hors de France. Il doit augmenter, à terme, les capacités de calcul globales de Mistral de 50 % dès 2027, si tout va bien.

Le 13 février à 11h09

Ce mercredi 11 février, Mistral a annoncé investir 1,2 milliard d’euros pour la construction de centres de données à Borlänge, en Suède. L’entreprise affirme dans son communiqué que cite l’AFP que l’investissement «comprend le développement de data centers spécialisés en intelligence artificielle, de capacités de calcul avancées et de solutions d’IA localisées» sans plus de détails techniques.

Le tout doit être mis en service en 2027 et doit permettre à Mistral d’augmenter ses capacité de 50 %, explique la Tribune.

Mistral s’insère dans un projet déjà en cours de l’acteur local EcoDataCenter

De fait, les datacenters de Mistral actuellement sur le territoire français demandent une puissance de 40 mégawatts. Ici, le nouveau projet de la startup française demandera 23 mégawatts sur le réseau électrique suédois. L’entreprise d’Arthur Mensch explique qu’elle ne se lance pas toute seule dans ce projet à l’étranger. Elle va en effet s’appuyer sur l’entreprise locale EcoDataCenter dont le projet à Borlänge a été lancé en 2025.

L’investissement de 1,2 milliard d’euros semble supérieur à ce qui est généralement pratiqué. Mistral confirme cependant à Next : « notre investissement en Suède correspond bien à une puissance énergétique de 23MW » sans plus de précision sur ce que recouvre l’accord. EcoDataCenter a déjà un premier data site qui se situe à Falun qui demande une puissance de 80MW. Son projet à Borlänge est de 240MW selon son site web. Ainsi, Mistral devrait prendre un dixième du site en construction. L’entreprise suédoise précisait même dans un communiqué en septembre dernier que le projet pourrait bénéficier ensuite d’une extension pour aller jusqu’à 600 MW.


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EcoDataCenter indique que le datacenter hébergera des GPU Vera Rubin de dernière génération de NVIDIA.

Arthur Mensch a justifié ce choix de la Suède au Financial Times en affirmant que l’énergie y était « à la fois peu polluante et relativement bon marché ».

En février dernier, l’entreprise avait annoncé implanter un data center en Essonne à Bruyères-le-Châtel, hébergé par Eclairion et qui utilisait une puissance de 40 mégawatts.

Selon Le Mag IT, les deux infrastructures seront aussi utilisé pour l’offre « Compute » de Mistral qui propose des services d’hébergement pour d’autres acteurs d’IA.

Mistral, un chiffre d’affaire annualisé de 400 millions de dollars

« Nous diversifions et répartissons nos capacités à travers l’Europe », a-t-il déclaré aussi à nos confrères, « L’Europe a pris conscience que sa dépendance vis-à-vis des services numériques américains était excessive et avait atteint aujourd’hui un point critique. Nous leur apportons un avantage concurrentiel, car nous leur fournissons des modèles, des logiciels et des capacités de calcul totalement indépendants des acteurs américains ».

« Il s’agit en fait d’une activité assez prévisible, ce qui explique le fort intérêt pour la souscription d’investissements dans les infrastructures » assure-t-il encore et il prévoit que le nouveau site générerait plus de 2 milliards d’euros de revenus au cours des cinq prochaines années.

Le responsable de l’entreprise en a profité pour expliqué à nos confrères britanniques que le chiffre d’affaires annualisé de Mistral (calculé en multipliant par 12 le chiffre du dernier mois) dépassait les 400 millions de dollars, 20 fois plus qu’un an avant. Il espère pouvoir dépasser le milliard annuel d’ici la fin de l’année.

Rappelons qu’en septembre dernier ASML avait pris 11 % de Mistral AI pour 1,3 milliard d’euros sous la forme d’un partenariat stratégique de long terme, de quoi écarter les rumeurs de rachat par Apple qui avaient pu circuler quelques mois avant.

Commentaires (8)

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yep. vu la tendance, le climat, etc... ce sont deux notions qui deviennent contradictoires.

Et "bas carbone" occulte aussi le côté "ressources" (minages, destruction, biodiversité). Ton champ de panneaux PV de la taille d'un département a beau produire de l'électricité bas carbone il a quand même causé des dégâts énormes.
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Ils ont en Suède avec plein d'électricité d'origine hydraulique et à côté d'une centrale nucléaire. Donc c'est bas carbone.

https://app.electricitymaps.com/map/zone/SE-SE3/live/fifteen_minutes
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Pas très longtemps après la signature d'un partenariat avec Dassault, Mistral investit au pays de Saab.
Serait-ce un appel du pied ?
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Je me demande combien dans ces 400 M€ de chiffre d'affaire dépend en fait des contrats/marchés avec les administrations et entreprises publiques, au nom de la "souveraineté" (si on impose ce critère dans l'appel d'offre + certification ANSSI, il n'y a en réalité qu'un seul répondant possible), donc combien sont en quelque sorte des subventions déguisées.
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Je pense que tu parles de ça ?
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Ah, les théories du complot partout et à toute heure !
À ma connaissance – et elle n’est pas mauvaise dans ce secteur –, il n’existe pas beaucoup de contrats majeurs sur l’IA en dehors de ceux de la DGFiP et de la DINUM. Un partenariat Eu aussi. Le montant annoncé pour la DINUM tournait autour de 300 000 €, principalement pour les infrastructures (le coût des licences Mistral étant bien inférieur). Il s’agit avant tout d’un projet d’évaluation.
La plupart des administrations (à l’exception de quelques cas particuliers) adoptent une approche attentiste (« wait-and-see »). Les orientations actuelles privilégient des solutions d’IA métier, développées avec divers acteurs : entreprises, universités, etc. On est donc très loin des « subventions massives », si c’est là la critique.
Un dernier point, qui déçoit souvent les adeptes du complot et les partisans d’une vision centralisée : dans les démocraties, le pouvoir est généralement très dilué, et la direction de l’État bien moins directe que beaucoup ne l’imaginent. En somme, dans bien des services, chacun gère ses affaires comme il l’entend – et c’est encore plus vrai pour les collectivités territoriales.
En revanche, il y a une pression croissante du côté des utilisateurs, qui commence à générer des tensions.

Et sur le global et c'est un problème pour la souveraineté, les boites US et chinoises dépendent bien plus de la commande publique. Aux US, c'est juste fou l'argent que le citoyen (si c'est encore un terme valable) donne à ces boîtes. Et à la fin, c'est Jensen qui gagne.
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Il y a par exemple le contrat avec le CNRS qui a déjà eu un article sur Next.Inpact. L'AMUE, L'Agence de Mutualisation des Universités et Ecoles en prépare un de son côté.
Les administrations en général n'ont pas d'autre choix que de passer par Mistral AI.

Dans son baromètre du numérique de l'ARCEP publié le 1er Février, p15, en fréquence d'utilisation en France, ChatGPT est à 79%, Gemini à 31%, Le Chat à 14%. Ce n'est certainement pas grâce aux commandes publiques en France pour ChatGPT et Gemini...
https://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/barometre-du-numerique-edition-2026_RAPPORT.pdf

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