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« Personne ne devrait payer le prix d’une offre Premium » : les brevets plombent Disney+

Pas de licence, pas de 4K HDR

« Personne ne devrait payer le prix d’une offre Premium » : les brevets plombent Disney+

Illustration : Flock

Tant qu’il n’existera aucun accord de licence entre Disney+ et InterDigital, les abonnés ne bénéficieront pas de tous les avantages de la formule Premium. C’est le message de Josh Schmidt, directeur juridique du détenteur des brevets, à Next.

Depuis le début de l’année, c’est la roulette russe pour les abonnés Premium de Disney+. En France et dans plusieurs autres pays, des avantages de l’offre à 15,99 euros par mois comme la 4K Ultra HD ou le HDR disparaissent un jour pour mieux réapparaitre le lendemain, et disparaitre encore le jour d’après. Il ne s’agit pas d’un problème technique, mais d’une guérilla juridique menée par InterDigital, détenteur de plusieurs brevets clés sur les technologies d’encodage vidéo.

Cette entreprise américaine a été fondée en 1972 sous le nom International Mobile Machines Corporation (IMM) ; elle devient InterDigital vingt ans plus tard en fusionnant avec SCS Mobilcom et SCS Telecom. Longtemps centrée sur les technologies mobiles et sans fil, l’entreprise se renforce dans la vidéo avec l’acquisition, en 2018, de l’activité de licences de brevets de Technicolor. Depuis 2020, elle fait fructifier ces brevets en négociant des licences.

Josh Schmidt, directeur juridique d’InterDigital.

Pour éviter les accusations de « patent troll », Josh Schmidt, directeur juridique de l’entreprise, affirme à Next qu’« au cours des cinq dernières années, nous avons investi environ un milliard de dollars dans nos activités de recherche et dans le développement de notre portefeuille de brevets ». Depuis 2021, InterDigital a signé une soixantaine de contrats de licence, « seule une poignée a donné lieu à une procédure judiciaire ». Disney+ en fait partie.

Les brevets au cœur du litige

Pendant plusieurs années, InterDigital a essayé de parvenir à un accord autour de licences liées à des technologies de compression vidéo. « Disney utilise sans licence plusieurs technologies que nous avons contribué à développer », résume le dirigeant. « Nos chercheurs spécialisés dans la vidéo, pour la plupart basés en France, ont consacré des années à la mise au point de ces méthodes », poursuit-il. « Lorsqu’un abonné paie un supplément pour bénéficier de la 4K et du HDR, il paie pour le résultat de ce travail. »

Parmi les technologies en question, on trouve l’encodage HEVC, qui réduit la taille d’un fichier vidéo pour permettre sa diffusion sur internet. HEVC ramène le volume d’un film de 130 minutes en 4K (ce qui représente près de 12 To de données sous forme brute) à un volume plus digeste d’environ 14 Go. Le HDR est également concerné, InterDigital possédant des brevets sur cette technologie de grande plage dynamique « depuis plus de vingt ans ».

En juin dernier, les abonnés Premium français de Disney+ perdaient le Dolby Vision (à gauche).

L’entreprise revendique aussi des brevets sur des fonctions bien ancrées dans les habitudes, comme le fait de pouvoir lancer rapidement l’épisode suivant d’une série, ou encore l’affichage de sous-titres. « Les fonctionnalités pour lesquelles l’abonné [Disney+] paie un supplément reposent largement sur nos inventions : la résolution 4K Ultra HD et la grande plage dynamique sous ses différentes formes, notamment HDR10, HDR10+ et Dolby Vision », selon Josh Schmidt.

Après avoir tenté en vain d’obtenir un accord de licence avec Disney+, InterDigital a engagé, en février 2025, des actions en contrefaçon de brevets aux États-Unis, en Allemagne, au Brésil et devant la Juridiction unifiée du brevet (JUB). Cette juridiction est une cour commune à plusieurs pays de l’Union européenne, elle est compétente pour certains litiges liés aux brevets européens.

Depuis 2023, elle permet à une entreprise d’obtenir, avec une seule décision, des effets dans plusieurs États participants, au lieu de devoir saisir séparément les tribunaux nationaux de chaque pays. « Des juridictions indépendantes relevant de trois systèmes juridiques distincts ont examiné les éléments techniques et statué en notre faveur. Au total, nous avons obtenu sept injonctions », rapporte le dirigeant.

Les tribunaux donnent raison à InterDigital

La situation en Europe est complexe. En Allemagne, le tribunal de Munich a prononcé trois injonctions distinctes à la fin de l’an dernier et au début de 2026 en faveur d’InterDigital sur la diffusion en HDR, la compression HEVC et les techniques de superposition d’un flux vidéo sur un autre (comme des sous-titres).

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Commentaires (27)

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Je ne comprends pas pourquoi la France est concernée ? Il me semble que les brevets logiciels ne sont pas reconnus ici ?
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Les brevets sur des procédés ne sont pas interdit.
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L'INPI délivre - depuis longtemps- des brevets portant sur des inventions mises en œuvre par un ordinateur.

Je renvoie sur le blog SedLex, qui explique très bien la "finesse" de la loi française :

*L’exclusion sur les programmes d’ordinateur (L611-10 CPI, alinéa 2-c) vise en réalité le code source de ces programmes qui est protégé par droit d’auteur (Directives d’examen de l’INPI, I-C-VII 1.6).

Pour autant, si le programme informatique a un effet technique, ce programme pourra être breveté (Directives d’examen de l’INPI, I-C-VII 1.6).*

https://www.sedlex.fr/brevets-en-france/brevetabilite/invention/ (cf. chapitre 2.5)
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Combien de temps avant que InterDigital se fasse racheter par Disnay ? ^^'
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InterDigital est un "patent troll", les brevets reproché à Disney viennent pour la plupart du rachat de technicolor en 2018, ils n'ont jamais été "développé par la R&D".
vérifiable ici, brevet pour le HDR: https://worldwide.espacenet.com/patent/search/family/043586706/publication/EP2465265A2?q=pn%3DEP2465265
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Bah en soit, racheter une boite qui a des brevets ça n'induit pas un patent troll automatique, sinon, tu mets aussi Apple, Alphabet/Google, MS, Meta/FaceBook, Sony, nVidia, .. dans la même boite... en gros, toutes les boites de la tech :windu:

Le fait de se servir uniquement des brevets de la boite racheté sans rien développé à côté, oui, c'est du Patent Troll, mais là, l'article ne donne aucune information à ce sujet.
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J'ai passé pas mal de temps dans certain organisme de standardisation ou InterDigital est present et actif. Ils sont clairement considéré comme des patent troll dans la mesure où leur seul but et de chercher a placer le max de brevet, sans jamais chercher a réellement réaliser un produit, un service et donc utiliser la norme en question pour quoi que ce soit de productif.

Et ca se voit a la manière dont les autres acteurs, qui sont de vrais industriels du secteur et ont donc un intérêt pratique pour une norme "qui marche bien", les considèrent: si interdigital soutient un truc -> mefiance.....

Cela dit dans mon secteurs ils ont quelques chercheurs de qualité, mais je pense que l'image de la boite dessert leur travaux
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bah, c'est une boite de R&D d'après ton explication, ils "vendent" leur propriété intellectuelle après dépots de brevets.

Qu'est-ce qui les différentie dans une certaines logique d'une société de conseil qui vend la connaissance partielle de ses salariés contre rétribution sonnante et trébuchante ?

Rambus a son époque avait aussi une myriade de brevets malgré le fait qu'ils ne vendaient plus de mémoire.
Pour moi un patent troll c'est une bonne qui acquière des brevets et ne fait aucune R&D et vit juste sur les brevets existants.
Ca ne semble pas le cas ici.

Je peux comprendre que les boites qui doivent passer à la caisse n'apprécient pas derrière, mais elle peuvent débaucher les gars qui bosse sur les dit brevets, ce qu'elle ne font pas.

Elle veulent le beure et l'argent du beure, sauf que ça ne fonctionne pas comme ça, soit tu te sort les doigts du c*l, soit tu passes à la caisse.
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Ce que tu dis se defendrais si toute R&D etait équivalente. Mais ce n'est pas le cas car une action de R&D, dans ce genre de monde, elle un but qui est defini par le financeur de l'action de R&D en question.

Et justement le but de ce genre de boite, et si interdigital est la plus célèbre d'entre c'est loin d'etre la pire, ce n'est pas de produire une norme qui soit la plus adaptée aux besoins des utilisateurs. Le but c'est juste de caser le maximum de brevet à eux dedans. Donc leur démarche, c'est de privilégier les evolutions qui vont maximiser le revenu de licensing. Le reste c'est à dire la performance de la norme, la complexité, le prix de production des services, l'adaptation au marché c'est pas leur vrai problème. Si tu les laisses faire tu obtiens un standard blindé d'IP (à l'utilité parfois discutable..), qui coute extrêmement cher à implementer (licensing..) et qui n'est pas pensé pour être fonctionnel mais pour être le plus rentable possible. Evidemment l'ecosystème ne les laisse pas faire et si parfois ils peuvent avoir des bonnes idées, la plupart du temps les vrais industriels ont plutôt l'impression de perdre du temps à les empêcher de "saboter" la norme.

Donc oui il font de la R&D, mais pas avec les même but que la R&D d'un vrai industriel pour lequel les revenus de licensing sont qu'un sujet de preoccupation parmi d'autre et qui sait faire parfois des compromis dessus pour preserver la qualité de la norme. Pas parce qu'il est sympa mais parce qu'il est conscient qu'il a besoin avant tout , comme le reste de son écosystème d'ailleurs, d'une norme de qualité pour ne pas tuer son marché.

Alors que les boites de ce genre, elle ne font pas partie de cet écosystème, elle ne le font pas vivre mais je dirais plutôt qu'elle le parasite. Et le fait qu'elle fasse un peu de R&D en propre (tout en ayant le gros de leur IP issue de rachat de boite en difficulté - le cas de Technicolor, ex Thomson MultiMedia est typique) ne change rien à l'affaire.

Quand à debaucher les mecs.. on y trouve quelques chercheurs de qualités certes mais ca reste limité et surtout ils ne font pas le même métier (cf plus haut). Et ils ont justemment du mal à recruter des gens expérimentés car, en tout cas dans mon domaine, ceux qui les ont vu à l'oeuvre à essayer de placer des brevets comme on vendrait des tapis, ca ne leur fait pas vraiment envie ...
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J'ai du mal à suivre ton raisonnement, qui me semble partir un peu dans des sens différents e parfois contradictoires.

Le propre de la R&D dans une entreprise, quelle qu'elle soit, c'est de faire de l'argent, le but de financer la R&D c'est de faire du fric. Y'a aucune autre cible à la fin, c'est en 1 bande ou en 10 bandes, le principe c'est de faire du fric et de maximiser les gains le plus vite possible.

Tant qu'il y a de la R&D pour sortir quelque chose d'utilisable (soit même ou par un tiers) il n'y a pas à crier au loup.
Je n'ai pas encore entendu dire que Broadcom était un Patent Troll et pourtant sur la partie logicielle ...
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Oui la R&D est là pour aider l'entreprise à faire de l'argent. Mais toute les boites ne font pas de l'argent de la meme manière, et ca se traduit dans la manière de faire de la R&D.

Si je commercialise un produit j'ai besoin que son prix de vente soit pertinent, que son service rendu soit convaincant, qu'il soit fiable dans le temps etc.. donc j'oriente ma R&D en conséquence. Par contre si je ne cherche qu'à generer des revenus de licensing, je demande à ma R&D d'identifier des brevets "presentable" (existant ou à creer) et surtout de pondre à la demande l'argumentaire pour pouvoir tenter de le placer dans la norme. Car c'est au moment de l'écriture des specifications que tout se joue: Je doit faire en sorte que les autres ne bloquent pas le concept dudit brevet que je veux faire passer. Ensuite c'est fini je n'ai plus qu'a encaisser les revenu de licensing. Que mon concept soit bon ou pas, ce n'est pas important, ce qui compte c'est qu'il soit rentré dans la norme

Alors bien sur dans un monde ideal on ne mettrait que les meilleurs concepts dans une norme et tout irais pour le mieux.. mais comme notre monde n'est pas ideal, il y a d'autre moyen de parvenir à y faire rentrer ses brevets (bêtement en travaillant à l'usure par exemple..)

Du coup oui c'est de la R&D.. mais ca produit avant tout du valorisable, pas forcement de l'utilisable. Et perso je ne qualifierais pas Broadcom de patent troll, loin de là, parce que je ferai le distingo entre un brevet et une licence logicielle et aussi parce que pour moi Broadcom fait avant tout du chip, pas du brevet ou de l'IP
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Plus que 4 ans à attendre pour qu'il tombe dans le domaine public
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Qu'il s'élève dans le domaine public ;)
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L’entreprise revendique aussi des brevets sur des fonctions bien ancrées dans les habitudes, comme le fait de pouvoir lancer rapidement l’épisode suivant d’une série, ou encore l’affichage de sous-titres.
Rien que pour ça il faudrait amener ce pourri en justice et lui enlever ses brevets. Et pour une fois (c'est rare), j'espère que Disney va réussir à trouver une astuce pour gagner la bataille. Ça lui ferait les pieds au Josh.
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à deux doigts de nous dire qu'ils ont inventé la couleur
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Oui un pattent troll quoi, les investissement c'est juste du rachat et des procès.
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Non, je vous jure, je ne suis pas un parasite (voix off : nous dit le parasite)
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Je surpris de ces affirmations sur le VP9, il me semblait que le codec était hors brevets ou du moins avec un pot commun, la licence indiquait que toutes entreprises qui en attaquait une autre sur le VP9 perdait d'utiliser le VP9 sans licence.
@JBK: Votre expérience de VLC pour nous éclairer sur ce point est la bienvenue.
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attention c'est la partie encodage qui est attaqué ici, et non le décodage. VLC ne fait que décoder.
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Tu peux aussi encoder avec VLC : il fait de la conversion de flux.
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L'équipe de VLC connaît bien la problématique des brevets d'encodage et de décodage. En fonction du codec, ils proposent souvent les deux.
VLC avec Jean-Baptiste KEMPF sont les seuls à avoir sollicité la HADOPI sur la possibilité de lire les blue-ray dans le but de la copie privée. Ceci pour dire qu'ils ont une connaissance du droit dans ce domaine.
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Ca m'intéresse aussi, je pensais aussi que VP9 était complètement libre.
Du coup, si ce n'est pas le cas, il reste quoi comme codec utilisable sans redevance alors ? ...
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Le HDR est également concerné, InterDigital possédant des brevets sur cette technologie de grande plage dynamique « depuis plus de vingt ans ».
J'espère pour eux qu'ils ont aussi des brevets de moins de vingt ans sur cette technologie, sinon, ils ont dépassé la durée de validité d'un brevet. :D
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Disney n'étant pas connu pour sa tolérance vis à vis de l'usage de sa propriété intellectuelle, je suppose que pour eux ça reste une procédure de BAU.

Sauf que, cette fois, ils ne sont pas du bon côté de la barrière :D
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Quand on s'arrête sur la BAU, il faut toujours passer de l'autre côté de la barrière, c'est une question de sécurité ... :D
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:bravo:
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Merci de m'avoir fait penser à changer d'abonnement annuel