Avant même l’ouverture de ses poids, Kimi K3 inquiète déjà Washington
Un modèle qui va peser lourd
Illustration : Flock
Le 21 juillet à 08h44
Le secteur de l’IA retient son souffle : le 27 juillet, Moonshot AI publiera les poids complets de son modèle Kimi K3. On verra alors de visu de quel bois se chauffe ce modèle, et si les promesses du labo chinois sont tenues. À la Maison-Blanche, on prépare déjà la riposte.
Avant même l’ouverture de ses poids, Kimi K3 inquiète déjà Washington
Un modèle qui va peser lourd
Illustration : Flock
Le secteur de l’IA retient son souffle : le 27 juillet, Moonshot AI publiera les poids complets de son modèle Kimi K3. On verra alors de visu de quel bois se chauffe ce modèle, et si les promesses du labo chinois sont tenues. À la Maison-Blanche, on prépare déjà la riposte.
IA et algorithmes
IA
5 min
Petite secousse ou tremblement de terre, on saura très bientôt ce que Kimi K3 a réellement dans le ventre le 27 juillet, lorsque Moonshot AI publiera les poids ouverts de son nouveau modèle, autrement dit son état final après son entraînement. Une fois ces poids téléchargés, ils pourront être chargés dans un logiciel compatible pour y être exécutés, sans avoir à envoyer les requêtes au labo.
La grande peur de l’IA chinoise
Actuellement, ce modèle est disponible sous la forme d’un service en ligne et d’une API. On verra par la suite si Kimi K3 est réellement open source, en fonction de la licence, des fichiers fournis et l’accès éventuel au code ; néanmoins, le code et les poids de Kimi K2 et Kimi K2.5 ont été publiés sous une licence MIT modifiée. Il pourrait en aller de même pour K3.
Avant la date fatidique, la pression monte car ce « premier modèle à atteindre 2 800 milliards de paramètres » est paré de toutes les vertus ou presque. Large fenêtre contextuelle (jusqu’à 1 million de tokens), performances « de niveau frontière », des prix qui paraissent très avantageux sur le papier, grosse hype…
La publication des poids ouverts de Kimi K3 pourrait provoquer un nouveau « moment DeepSeek » au sein de la filière IA, en particulier aux États-Unis où règnent les modèles fermés d’OpenAI et d’Anthropic. Le succès semble déjà au rendez-vous : Moonshot AI vient de fermer les nouvelles inscriptions car la demande est plus importante que prévue et les limites des GPU sont proches, selon l’entreprise. L’ajout de nouvelles capacités de calcul est en cours.
Et l’administration Trump n’a pas l’air d’apprécier l’aspect « ouvert » des modèles IA chinois, une stratégie promue par le président Xi Jinping lui-même. Selon des sources d’Axios, la Maison-Blanche envisage de relancer différentes mesures pour freiner leur adoption par les entreprises américaines – voire les interdire purement et simplement.
Le ministère américain du Commerce aurait étudié la possibilité d’inscrire plusieurs labos chinois sur l’« Entity List », une liste noire qui restreint leur accès à des technologies américaines (celle sur laquelle se trouve Huawei par exemple). Une telle décision serait aussi de nature à compliquer sérieusement l’utilisation de ces modèles à poids ouverts aux États-Unis, sauf à obtenir une autorisation spécifique.
Les modèles chinois en vogue
La NSA et le Bureau du directeur national de la cybersécurité ont de leur côté envisagé de publier un avertissement sur les risques liés aux modèles chinois. Autre piste : imposer aux entreprises américaines qui hébergent ces modèles de garantir leur sécurité et d’assumer la responsabilité d’une éventuelle faille.
Les entreprises états-uniennes utilisent de plus en plus les modèles chinois pour une raison simple : leur inférence est meilleur marché, pour des performances plus ou moins proches des modèles développés par les labos américains. En bonus, lorsqu’ils sont installés sur les serveurs de l’entreprise, les données et les requêtes restent en interne : elles ne transitent pas par les infrastructures d’un fournisseur tiers, ne servent pas à entraîner un autre modèle et ne risquent pas de donner indirectement un coup de pouce à la concurrence.
David Sacks, ancien « tsar » de l’IA (et toujours conseiller) auprès de l’administration Trump, a pris la défense des modèles ouverts. Sur X, il a ainsi écrit : « Nous sommes à un tournant critique de la politique en matière d’intelligence artificielle. Les principaux laboratoires fermés, qui forment déjà un duopole en matière de revenus générés par les modèles d’IA, veulent que le gouvernement élimine leurs concurrents open source. » Il parle bien sûr d’OpenAI et d’Anthropic.
Selon Axios, Washington n’aurait même pas besoin d’interdire formellement ces modèles venus de Chine. Il suffirait, si on peut dire, de mettre en place de nouvelles règles d’achat public, de mener des campagnes de peur (sur les éventuelles portes dérobées ou des failles de sécurité), ou tout simplement de menacer les entreprises US qui oseraient installer cette IA.
Commentaires (11)
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Juste on ne joue pas dans la même cour, et plus ou moins volontairement. Notre approche est plus mesurée, et à juste titre.
Le contexte actuel rappelle celui de la Guerre Froide et de la conquête spatiale.
Ce sont deux grandes puissances qui s'affrontent, qui dépensent des moyens astronomiques pour prendre la tête. Mais est-ce que rentrer dans cette danse folle peut apporter quoi que ce soit ?
Les USA avaient gagné la course vers l'Espace. Pourtant l'Europe n'est pas en reste dans le domaine spatial (et la France en particulier).
Mistral, et d'autres acteurs qui vont plus être des providers de modèles ouverts, apportent autre chose.
Et cet autre chose, il est nécessaire.
Qu'on laisse les USA et la Chine dans leur combat de coqs.
Quand le soufflet sera retombé, car il retombera, on sera alors bien content de ne pas avoir suivi et subit la déflagration qu'ils subiront (l'un des deux, ou les deux), même si l'impact sera global.
Aujourd'hui à 10h43
Aujourd'hui à 10h01
C'est pas ce qu'il y a dans plein de logiciel américain
Aujourd'hui à 10h12
Aujourd'hui à 10h17
C'est de toute façon très positif qu'il y ait une concurrence à l'hyper dominance américaine (je vous laisse lire le rapport sur notre dépendance numérique) pour rabattre le caquet à Trump.
Mais c'est effectivement dommage que l'Europe reste les deux pieds dans le même sabot...
Aujourd'hui à 12h03
De plus ici on est sur NXI, donc que l'on viennent pas critiquer l'open-source sous couvert oui mais ce sont des chinois qui le font. Pour rappel l'open source ils l'ont adopté depuis les années 2000 et ils défendent ce modèle EUX. Donc venez pas balancer vos chaises à la Steve Ballmer en traitant ça de cancer ou les utilisateurs de communistes, merci.
Un article intéressant sur le WP :
Lobbyists are urging Washington to treat open-model AI as a security threat. In fact, it is something more familiar: proper competition that should be welcomed.
The classical economists Adam Smith and David Ricardo would not have found any of this surprising. In a competitive market, they observed, price is driven toward the cost of producing one more unit. For most goods, such as steel, wheat or labor, that floor is stubbornly high. For software, it is almost nothing: Once the first copy exists, the millionth costs essentially zero to make. A price that falls toward zero is therefore not a market failing. It is a market working exactly as the classical economists said it would.
The puzzle worth explaining is not why open models are free. It is why proprietary software has commanded enormous margins since the 1980s, with an artificial scarcity, fenced off by copyright and lock-in, holding price far above the cost of production. Open source simply removes the fence. And someone still makes it work, because they can profit from selling what sits next to the free thing.
https://www.washingtonpost.com/opinions/2026/07/20/open-model-ai-is-good-competition-anthropic-openai/
Il y a 32 minutes
Il y a 15 minutes
La croissance US est soutenu presque uniquement par la course à l'IA
Il s'agit donc d'une attaque directe à la santé financière des US qui sont en plus en pleine guerre, avec une dette abyssale, un déficit à plus de 5%, etc. etc.
Je ne sais pas pourquoi, je sens bientôt surgir de nouveaux droits de douane contre la Chine.
Le problème pour les US, c'est que je ne suis même pas sur que la Chine vise principalement le marché américain, mais plutôt le reste du monde pour couper l'herbe sous le pied des US et attaquer la rentabilité des géants américains de l'IA.
On sait que la bulle IA va finir par éclater un jour, mais j'ai l'impression que la Chine veut accélérer le processus.
À l'instant
En coupant l'herbe sous leur pied comme tu dis, et en les poussant à accélérer, c'est peut-être aussi une stratégie pour les voir s'effondrer sous leur propre poids.
Je pense, mais cela reste une analyse très sommaire, que la Chine a plus de chance d'encaisser un contre-coup que les USA. Comme ce fut le cas pour les USA avec l'URSS.
Même si l'économie chinoise dépend fortement de ses exportations, de son marché immobilier, de ses projets d'infrastructures à l'étranger... elle a su se diversifier. Alors que les USA me donnent l'impression de s'être simplement assis sur leur domination d'après-guerre.
Le seul hic dans tout cela c'est le complexe militaro-industriel des USA.
Bien que, quand on voit son "efficacité" face à l'Iran... Mais ça reste une véritable poudrière. Surtout avec les gus comme ceux actuellement au pouvoir.
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