Connexion Premium

SoftBank s’engage à investir jusqu’à 75 milliards d’euros pour 5 GW d’infrastructures IA en France

Toujours plus

SoftBank s’engage à investir jusqu’à 75 milliards d’euros pour 5 GW d’infrastructures IA en France

Illustration : Flock

Masayoshi Son, CEO de SoftBank, et Emmanuel Macron ont confirmé lundi l’engagement pris par le groupe japonais de déployer, en France, 45 milliards d’euros fléchés vers la création de trois datacenters dans le Nord de la France. L’enveloppe, annoncée dans le cadre du sommet Choose France, pourrait être portée à 75 milliards d’euros pour un total visé de 5 GW d’infrastructures IA.

Il fallait bien une annonce majeure pour célébrer en fanfare la dernière édition du sommet Choose France de la présidence d’Emmanuel Macron, et c’est finalement du groupe japonais SoftBank qu’elle émane. Son CEO, Masayoshi Son, et le président de la République ont en effet présenté lundi matin, sur le perron de l’Elysée, les contours d’un investissement programmé à hauteur de 45 milliards d’euros d’ici à 2030, susceptible d’être porté à 75 milliards d’euros dans un second temps.

« L’annonce faite par SoftBank est massive et historique, ce sont 45 milliards d’euros d’investissements confirmés que nous avons bâtis en deux mois, grâce à de l’énergie disponible et aussi grâce à toute la mobilisation des collectivités et de RTE », a déclaré Emmanuel Macron, parachevant un plan de communication engagé dès dimanche.

SoftBank a en effet formalisé cet engagement par l’intermédiaire d’un communiqué daté du 31 mai, doublé d’une interview de son CEO dans la Tribune dimanche. La nouvelle a ainsi pu faire la Une de la plupart des journaux lundi matin, et ce alors même que le sommet Choose France ne débute que dans l’après-midi à Versailles.

Masayoshi Son et Emmanuel Macron lundi matin à l’Élysée – capture d’écran Next

45 milliards d’euros confirmés pour trois datacenters

L’engagement financier par SoftBank est effectivement sans précédent. Concrètement, le groupe japonais flèche 45 milliards d’euros vers la création de trois datacenters installés dans les Hauts-de-France, sur des sites déjà identifiés à Dunkerque (Loon-Plage), Bosquel et Bouchain (sur le site d’une ancienne centrale thermique d’EDF), avec une mise en service attendue « entre fin 2029 et mi-2030 » d’après le président de la République.

Les trois centres devraient représenter une puissance électrique combinée de 3,1 GW, dont la destination précise et les modalités d’exploitation n’ont pas, à ce stade, été précisées. SoftBank intervient en effet traditionnellement comme un financier dans les grands projets d’infrastructure (aux côtés notamment d’OpenAI et d’autres acteurs états-uniens du secteur) mais n’a pas nécessairement vocation à opérer directement les centres de données en question.

Deux usines de composants dédiés à l’IA

L’enveloppe prévoit également un volet industriel, avec la création, à Dunkerque, de deux usines dédiées, notamment, à l’équipement de ces futurs datacenters et censées faire appel à de la robotique avancée. L’une, exploitée par SoftBank Group, fabriquera des baies, racks et autres boîtiers (enclosures en VO), tandis que la seconde, opérée par Schneider Electric, intègrera des modules d’alimentation destinées aux infrastructures informatiques. « Ces modules préfabriqués intègrent les technologies basse tension, moyenne tension, énergie sécurisée et refroidissement provenant de plusieurs sites de production de Schneider Electric situés en France et en Europe », précise l’industriel français.

Au-delà de cette première phase d’investissements, « confirmés » selon les mots d’Emmanuel Macron, SoftBank dit envisager de porter son enveloppe totale à 75 milliards d’euros, pour une capacité totale équivalente à une puissance de 5 GW, soit environ cinq tranches de réacteur nucléaire. « D’autres sites ont été identifiés pour permettre d’atteindre les 75 milliards souhaités par SoftBank. Nous avons aussi identifié de nouveaux projets en matière de robotique, mais je n’en dirai pas plus à ce stade », a déclaré le président.

Ajouter de la valeur à l’électricité bas carbone française

Emmanuel Macron a rappelé lundi matin ce qui constitue, selon lui, l’un des principaux vecteurs de l’attractivité de la France en matière de datacenters, à savoir la promesse d’une électricité bas carbone abondante, grâce au nucléaire. « Nous transformons de l’énergie disponible en datacenters et en capacités de calcul, et ce partenariat nous permet d’ajouter encore plus de valeur », a-t-il affirmé, avant de souligner que la France devenait de ce fait l’une des premières destinations mondiales pour SoftBank en matière d’investissements. Un propos repris par Masayoshi Son, selon qui le développement d’infrastructures dédiées à l’IA relève d’une « question de sécurité nationale ». « L’Europe et l’Asie ne peuvent pas rester derrière les États-Unis et la Chine », a-t-il fait valoir. Reste à voir à qui profiteront les centres de données financés par SoftBank et alimentés par cette électricité française.

Avec ces 45 milliards d’euros programmés, SoftBank devrait représenter la moitié des investissements annoncés lundi dans le cadre du sommet Choose France. Emmanuel Macron a indiqué que 71 projets représentant 93 milliards d’euros avaient été identifiés. Dans le lot figurent des projets liés aux semiconducteurs (dont une usine conjointe Thales et Foxconn au Barp, en Gironde) à l’électrification des camions (Scania à Angers), aux matériaux critiques et à la santé.

Commentaires (19)

votre avatar
votre avatar
Hum... je veux bien, si cela produit de l'emploie en France, cependant :
5GW... versus au 63GWe du parc Nucléaire en 2021*.

*[...]Répartis sur 18 sites, les réacteurs peuvent être séparés en trois paliers : 32 tranches de 900 MWe, 20 tranches de 1 300 MWe et 4 tranches N4 de 1 450 MWe, pour une puissance installée du parc nucléaire de près de 63 GWe. [...] 26 oct. 2021 ; ecologie.gouv.fr République Française.
votre avatar
Ce sont surtout 5GW qu'on perd pour l'électrification des usages vitaux (se chauffer, se nourrir, se déplacer).
votre avatar
On ne les perd pas, ils sont déjà en trop, La surcapacité de production est de plus en plus évidente et met en danger les futurs projets nucléaires trop chers.
Pour peu que seulement 10% de ces datacenters entrent en fonction et soient réellement utilisés, il faudra du temps pour absorber la capacité de production.
Les consommateurs particuliers pourraient en profiter, mais les industries ne compensent pas les économies investies.
votre avatar
La surcapacité de production est de plus en plus évidente
C'est une vraie blague cette histoire de surcapacité. C'est pas parce qu'on est en surcapacité un ou deux ans que ça va rester comme ça : pour rappel, une des raisons majeures qui ont fait qu'on a bien pris notre temps avant de démarrer les travaux de l'EPR, c'était les surcapacités des années 90. Le résultat a été les tensions très fortes sur le réseau entre 2022 et 2023. On doit ajouter au moins 75% de consommation (donc une forte capacité de production également) dans les années à venir, avec la sortie progressive des énergies fossiles. Y ajouter 28 GW de datacenters comme fantasmé, c'est du délire et c'est rater à coup sûr notre cible.
votre avatar
Même si on construit plus de DC, il est évident que ceux ci consommeront rapidement de moins en moins, je fais confiance aux chinois pour sortir les composants qui vont bien dans ce sens.
Les références de consommation de Nvidia ne seront certainement plus valables dans 5 ans
votre avatar
il est évident que ceux ci consommeront rapidement de moins en moins
Rien n'est moins évident. C'est une annonce, c'est très théorique (selon l'article lui même) et ça ne concerne que certaines opérations.
votre avatar

  1. Ces montants ne sont réellement jamais complètement investis

  2. Rapporté au nombre d'années, ça relativise également

  3. Pour au final assez peu d'emplois



On va préférer climatiser des DC plutôt que les EPAHD et les hôpitaux, et demander aux français de faire la sobriété.
votre avatar
Et j'espère qu'on est prêts à accepter le kWh à 30 ou 40 cts.
votre avatar
Ca complete un peu ma réflexion.

Franchement, je fais un calcule un peu en mode café du commerce, mais je me demande combien de rendement ils (les gens de SoftBank) en rendement car avec le Bon du tresor FR à 30ans 4,5 %, que se soit pour la France ou eux (softbank) est-ce que ce ne serait pas plus profitable d'investir via les bon ....
Nous (la France) pourrions utiliser cet somme pour finance les nouvelles centrales nucléaires pour être utiliser par ce qui en ont vraiment besoin. (D'ailleurs en terme d'emploi, je pense que on en créerait d'avantage...)
votre avatar
On va préférer climatiser des DC plutôt que les EPAHD et les hôpitaux, et demander aux français de faire la sobriété.
On produit + d'électricité qu'on consomme en France. Et on a des plans pour en produire encore plus.

Ce genre de projet génère de l'activité économique, des taxes etc. qui permettent de financer la clim de l'EPAD.
votre avatar
On produit + d'électricité qu'on consomme en France. Et on a des plans pour en produire encore plus.
On a surtout des plans pour en consommer beaucoup, beaucoup plus (rien que le remplacement des VT vers les VE et de tous les chauffages à flamme par des PAC, ça nécessite des puissances qui sont atteignables, mais pas juste en attendant que ça se passe).

On n'oublie pas aussi qu'il y a la première génération de centrales nucléaires qui ne pourront pas fonctionner pendant l'éternité (on est déjà rentrés dans la 5ème décennie, et rien ne garantit une prolongation à 60, 70 ou 80 ans).
Ce genre de projet génère de l'activité économique
Pour le moment, c'est plutôt infirmé par les données connues.
votre avatar
L'éternel dilemme du "les ricains ont toutes nos données" versus le "pas de data centre dans mon jardin".
votre avatar
Ils vont servir à stocker des données ? C’est pas clair dans l’article si ces centres de données vont servir à du hosting d’applications web classique où bien à du traitement coûteux de données dont l’utilité est plus discutable.
votre avatar
Des infra de computing ont besoin de données pour fonctionner, sinon elles ne servent à rien. C'est donc un tout qui peut permettre via l'un de reprendre possession de l'autre.
votre avatar
Ce n’était pas vraiment ça la question. C’était s’il s’agissait d’infrastructure dédiée à des applications et sites webs classiques et déjà existants (administratifs/e-commerce/…) ou bien de l’infra dédiée à faire tourner du traitement coûteux de données, par exemple de genAI, dont on se passait jusqu’ici et dont je doute du bénéfice net pour la société.
Bref, des détails sur les applications qui vont tourner dans ces datacenters, pour se faire un avis en sachant si leur construction répond vraiment à un besoin de relocaliser les données et traitements existants en europe ou s’ils viennent répondre (ou créer) un nouveau besoin.
votre avatar
C'est dédié à l'IA : c'est écrit dans le chapeau et aussi indirectement dans l'article.
votre avatar
Dans le cas de Softbanks oui. Pour d'autres acteurs, ça semble du hosting (il y a Salesforce par exemple).

Après, ça veut tout et rien dire. Je doute que ce soit à 100 % des fermes de GPU pour de l'inférence et de l'entraînement.
votre avatar
Ce qui m’énerve avec ça, c'est que l'Etat français fait des courbettes à des fond d'investissements et autres multinationales via des baisses d’impôts, accélération de procédures et co... Mais que par contre nos entreprises françaises (TPE, PME..) peuvent bien aller se faire pour espérer les même faveurs.

Et qui plus dans le cadre de "datacenters" sert juste à venir utiliser notre énergie nucléaire sans créer d'emplois significativement d'emploi par derrière. Parce que le DC, il sera gérer en Inde ou autres pays plus favorables pour sa main d’œuvre moins chères.