OpCore et EDF négocient un datacenter à 4 milliards d’euros en Seine-et-Marne

Charbons ardents

OpCore et EDF négocient un datacenter à 4 milliards d’euros en Seine-et-Marne

OpCore, la coentreprise réunissant le Groupe iliad et des fonds gérés par InfraVia Capital Partners, devrait pouvoir exploiter l'un des sites industriels d'EDF pour développer un datacenter représentant une puissance électrique de plusieurs centaines de MW. Le site retenu est l'ancienne centrale charbon EDF de Montereau-Vallée-de-la-Seine.

Le 18 novembre à 17h27

Commentaires (14)

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Sur le papier, tout semble bon (réutilisation d'un terrain inexploité, pas de consommation d'eau pendant l'activité, ré-exploitation de la chaleur dégagée).

Reste à voir si c'est "dans le meilleur des cas" ou si c'est pour se mettre dans la poche les élus et les riverains ...

Par contre, gros avantage de prendre un ancien site d'EDF, parce que les lignes électriques doivent être toujours là.
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et tout est déjà bétonné. et les bâtiments font pas semblant en terme d architecture beton indus. regardez sur la carte le site est relativement isolé du voisinage
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J'espère que ce n'est pas du vent. Car c'est avec ce genre d'atouts que l'on peut, en France et plus largement en Europe, se démarquer de la folie Etats-Unienne. On doit être capable de proposer de monter "une autre voie", plus respectueuse et de l'environnement et des populations.

Reste à voir le besoin réel ou si c'est là-aussi une course en avant.
Car le progrès pour le progrès... ça n'a aucun sens et on en paie ensuite le prix fort...
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La recuperation de la chaleur fatale sur 700MW c’est un stunt de communication. C’est rigoureusement impossible dans une zone dense, alors à Montereau…
Pour vous donner une idée les plus gros réseaux de chaleur de la région parisienne ne dépassent pas 20MW.
S’ils en récupèrent 1 en local c’est déjà un miracle.
(L’équation économique et physique de la récupération de chaleur est très ténue sur un DC, la distance parcourable par un réseau est limitée, et la plage de température est faible en sortie même sur du HPC, ce qui nécessite quasi systématiquement des PAC de relevage, rendant les interêts économique et environnemental douteux).
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Il me semble que techniquement la chaleur peut être transportée sur plus de 200km (source).

Outre le manque de rentabilité économique, j'imagine qu'obtenir les autorisations administratives pour les travaux serait pénible.
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Ce n'est pas du tout comparable.
Tu vas sortir à plusieurs centaines de degrés d'un réacteur, là où tu auras péniblement 50°C en sortie de DC, 60 ou 70 avec des PAC (qui consomment de l'énergie en plus).
Tu vas devoir avoir des sections de transport 5 fois plus capacitives pour le DC à énergie équivalente transportée (ce qui est inimaginable), mais en plus tu auras perdu le potentiel de chaleur sur une distance beaucoup plus courte à cause des pertes inhérentes au transport.
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J'imagine que le principal intérêt est d'améliorer son bilan Carbonne, avant toute question de rentabilité et bilan écologique.

Avec de l'air à 50°C, il doit quand même être possible de réemployer cet air chaud en proximité sans avoir besoin de PAC ou autre, un peu sur le principe des VMC double flux.
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C'est surtout une obligation légale depuis la "directive relative à l’efficacité énergétique du 13 septembre 2023"

y'a un bout de réseau de chaleur urbain à Montereau (https://france-chaleur-urbaine.beta.gouv.fr/reseaux/7715C) qui pourrait sans doute constituer un débouché
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Hé bah me voilà mouché, effectivement il y a plus d'un MW à évacuer !

Cela dit, au vu du mix de production utilisé sur le réseau (combustion only), c'est très probablement de la HT ou de la THT (je n'ai pas trouvé l'info).
Il faudrait dans ce cas une PAC ou une cascade de PAC pour pouvoir espérer transférer de la chaleur, ce qui réduira fortement le rendement économique du procédé (et donc son maintien dans le temps au delà de l'annonce initiale) - c'est pas si pire sur la partie environnement, il vaut toujours mieux de l'elec que du gaz par exemple question CO2.
Par contre, si la biomasse et l'UVE assurent déjà tous les besoins, c'est déjà de la chaleur fatale (le gaz semble très minoritaire avec 5% du mix donc c'est sans doute de l'appoint), ça diminue d'autant l'intérêt.
Sur ce réseau-là, si on applique le ratio de 5% de fossile à effacer, ça réduit la portion à fournir à 1MW (si on lisse sur l'année, c'est plus facile comme calcul).

Mon intuition initiale se confirme un peu, je n'allais pas avoir tort quand même :P

Bon edit à nouveau, recherche faite la part de biomasse n'est pas du rebus, mais une filière de production dédiée. Donc c'est toujours cool d'effacer du CO2, mais les réserves sur la température du réseau demeurent.
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Bon, tu vas dire que j'en fais une obsession, mais il y a une trentaine de bâtiments raccordés sur leur carte, dont un Carrefour, mais certainement pas de quoi consommer les 31MW du réseau.

Si on calcule les livraisons en 2023 sur une base de 6 mois, avec 30GWh ça fait 7MW effectifs de consommés en permanence sur le réseau. Le mix biomasse et gaz c'est 40%, ça fait donc 3MW à effacer at best en détruisant l'incinérateur de biomass et et la filière locale construite à grands frais.
Si on lisse sur l'année (conso constante du DC), ça fait 1,5MW, sur 700MW annoncés.
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Dans le cas cité (et sur ce point précis de leur présentation), j'ai de gros doutes sur l'amélioration réelle du bilan carbone du site.

Déjà, il faut créer le réseau de chaleur local s'il n'existe pas encore dans une zone qui a toutes les chances de ne pas être très dense, donc avec un coût initial élevé, ensuite, à 50°C en eau (et pas en air) on est en basse température pour du chauffage, il faut des constructions avec du chauffage au sol (ce qui est très rare sur du bâti existant), ce n'est pas assez chaud pour se raccorder sur des circuits de chauffage conventionnels. Ce n'est pas non plus assez chaud pour faire de l'eau chaude sanitaire.
Enfin, je pense que le potentiel de récupération local ne peut décemment pas dépasser 1MW en poussant tous les curseurs à fond (tout le monde a du chauffage au sol, et tout le monde est raccordé).
Mettre en perspective l’installation d'un DC de 700MW avec la potentielle hypothétique récupération d'1MW - genre tkt frère izok - j'ai du mal avec l'honnêteté intellectuelle du procédé, autant ne rien dire du tout.
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L'eau peut théoriquement être sortie d'un réacteur nucléaire français à 288°C, mais le point auquel elle peut être prise sans diminuer la production d'électricité, c'est 39°C. Le papier dont j'ai mis le lien estimait qu'il était potentiellement rentable de la sortir entre 100 et 140°C pour chauffer une grande ville, le revenu supplémentaire généré par la vente d'eau chaude compensant la perte de revenu due à la baisse de production d'électricité.
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A 39 degrés on ne peut pas en faire grand-chose côté usager, et c'est difficile à transporter sur de grosses puissances.
Mettons que tu aies un delta T de 20 degrés avec ton circuit de retour, la vitesse du fluide dans le réseau de 2m/s, et ta tranche de 1GW, ça te fait une conduite de 6m de diamètre (!).
Et sans compter le tuyau capable de supporter cette masse, l'isolant, et la complexité de pousser une telle quantité d'eau sur de telles distances.

A 140°C et 120°C de delta T, ça nous amène quand même à 1,13 m de diamètre, c'est pas des petits bestiaux les pompes afférentes à 2m/s. Mais là tu peux l'utiliser partout par contre.

Et il faut mettre l'impact d'une telle install en perspective avec des installations individuelles qui sont de plus en plus efficaces en PAC, avec un impact environnemental qui ne me semble pas démesuré en comparaison, et que ça sert aussi au confort d'été. Ou de travailler sur l'isolation, sachant que la température monte, malheureusement, les hivers sont de moins en moins longs et rigoureux.

Mais c'est cool que les gens cherchent dans cette direction dans l'absolu (et toujours intéressant d'en discuter), c'est juste que pour avoir pas mal travaillé sur le sujet, je me suis rendu compte qu'il y a beaucoup de conditions pas simples à remplir pour récupérer réellement de la chaleur au cul d'un DC avec une équation économique et environnementale favorable.
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et renforcera la souveraineté numérique du continent
Cool.
Doctolib ne tombera plus en carafe.

OpCore et EDF négocient un datacenter à 4 milliards d’euros en Seine-et-Marne

  • Jusqu'à 700 MW sur 20 hectares

  • Un projet vertueux ?

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