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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : le compte à rebours est lancé

Cinq mois pour tout bloquer

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : le compte à rebours est lancé

Illustration : Flock

À compter du 1er septembre, les réseaux sociaux devront demander l’âge de leurs utilisateurs en France, dans l’objectif d’interdire l’accès à ceux de moins de 15 ans. C’est le calendrier fixé par le gouvernement aux principales plateformes. Le ministère du Numérique a précisé aux réseaux sociaux concernés les différentes étapes techniques.

Les dirigeants des branches françaises de Google et YouTube, de Meta, de TikTok, de Twitch, de Snapchat et de Strava ont participé ce 13 avril à une réunion organisée au ministère de l’Économie par Anne le Henanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du numérique, d’après une indiscrétion de L’Informé. La ministre leur a exposé le calendrier de la mise en place des dispositifs de vérification de l’âge, en vertu de la proposition de loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux ». Elle a réaffirmé l’objectif, promis par Emmanuel Macron, d’une entrée en vigueur au 1er septembre 2026.

Les spécifications techniques sont attendues dès ce mois d’avril. Viendra ensuite, en mai, la séquence dite du bac à sable durant laquelle les plateformes devront bûcher sur la préproduction de leur système de vérification de l’âge. La mise en production proprement dite sera lancée le mois suivant, puis l’été sera studieux avec les intégrations techniques.

Autour de la table étaient aussi présents des représentants de l’identité en ligne comme France Identité, qui développe sa propre architecture de preuve d’âge depuis plusieurs mois, avec des écueils. Des autorités — CNIL, Arcom… —, des députés et des sénateurs ont également participé à la réunion.

Parcours d’obstacles pour la proposition de loi

Adopté par l’Assemblée nationale le 27 janvier, puis remanié par le Sénat le 31 mars, le texte est examiné par la Commission européenne depuis le 9 avril. Bruxelles a jusqu’au 10 juillet pour rendre sa copie. La validation ne sera pas forcément triviale : le Conseil d’État a en effet déjà signalé dans un avis que si les États membres ont toute compétence pour « définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès », ils ne peuvent pas « imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ». Dans la mesure où ces dernières ne sont pas installées en France, mais dans un autre pays de l’Union (l’Irlande), c’est en effet au niveau européen que se décide leur réglementation, comme l’a déjà rappelé Bruxelles à Paris au sujet de la loi SREN.

Si la proposition de loi est jugée contraire au droit de l’Union, il faudra en revoir une bonne partie pour passer sous les fourches caudines européennes. Dans le cas contraire, les députés reprendront la main pour une seconde lecture. Une commission mixte paritaire pourrait trancher les différends entre les deux chambres, sans oublier le passage éventuel au Conseil constitutionnel.

Autant dire que le calendrier du gouvernement parait bien optimiste, mais mieux vaut prévenir que guérir : on a bien vu à quel point il était facile de contourner les systèmes de vérification d’âge pour les sites porno.

Le texte du Sénat prévoit la mise en en place d’une liste noire de réseaux sociaux jugés à risque (contenus ou algorithmes potentiellement nocifs), définie par arrêté ministériel après l’avis de l’Arcom. Les mineurs de moins de 15 ans pourront accéder à un réseau social non interdit, mais avec l’accord explicite d’au moins un des parents (un accord qui peut être retiré en tout moment). À noter que les encyclopédies en ligne, les plateformes éducatives ou scientifiques, et les sites de logiciels libres seront exempts de cette obligation.

Mise en œuvre difficile en Australie

Malgré toute les interdictions du monde, les utilisateurs — et tout particulièrement les enfants, qui ne manquent pas de ressource pour parvenir à leurs fins ! — pourraient bien trouver des moyens de truander le système. L’Australie est le premier pays à avoir interdit les réseaux sociaux aux mineurs, en l’occurrence les moins de 16 ans. Le dispositif, mis en place le 10 décembre dernier, n’empêche absolument pas les minots d’accéder aux plateformes…

Une étude de la fondation Molly Rose, qui se base sur un sondage de 1 070 jeunes Australiens (de 12 à 15 ans), a établi qu’au mois de mars, 61 % de ceux qui avaient un accès à des réseaux sociaux avant l’interdiction possédaient toujours un ou plusieurs comptes actifs. 70 % d’entre eux affirment aussi qu’il est facile de contourner l’interdiction. Voilà qui pose de sérieuses questions concernant l’efficacité de ces mesures.

Le gouvernement australien a d’ailleurs lancé des enquêtes, toujours au mois de mars, sur les insuffisances des systèmes de vérification de l’âge chez Snap, TikTok, Meta (Facebook et Instagram), ainsi que YouTube. Les résultats seront connus dans quelques mois ; les entreprises risquent une sanction d’un maximum de 49,5 millions de dollars australiens, soit environ 28 millions d’euros.

Commentaires (23)

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Petite erreur à corriger ici :

le Conseil d’État a en effet déjà signalé dans nu avis
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corrigé, merci
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Tu as le "!" tout en bas pour signaler les fautes :)

Comme ça @MickaelBazoge n'a pas à passer entre les fourches caudines des lecteurs 😁
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Ah oui ! J'avais pas calculé !
Merci pour l'astuce et merci Alexandre pour la correction 👍
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De mon point de vue, c'est pas grave que ça ne marche pas.
Le but n'est pas que ça marche, le but est de placer ça au bilan sortant de Macron - montrer qu'il a fait ce qu'il a dit au début de son mandat ( exemple: dailymotion.com ).

A sa décharge (toujours à mon avis) c'est un problème qu'il n'est pas possible de résoudre par la loi. C'est comme les DRM, on peux mettre les barrières qu'on veux, la réaction des gens face à la contrainte n'est pas la résignation, mais la recherche de contournements - ce qui d'ailleurs ouvre une brèche pour les pirates en tous genre qui en profiteront de la fébrilité ambiante pour voler des comptes (faux VPN, sites webs,...)
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Tout ça aura eu un effet positif de mon côté, whatsapp va sauter sur le téléphone des ados et cette tambouille politique servir d'excuse pour revenir sur ce qui semblait impossible ! 😁

initialement on a toujours interdit tiktok, Youtube & cie, sauf qu'au final ça va sur les groupes whatsapp du collège après un lobbying intense (comprenez, y'a déjà aucun gamin qui n'a de contrôle parental dans sa classe ni de limitations de temps...) et des promesses en l'air, pour qu'au final toutes les débilités et saloperies de tiktop y soit rapatrié des 4 coins du web, partagé ça et là, et accessible sur la galerie même quand le temps imparti sur whatsapp pour la journée est écoulé, ce qui provoque du scrolling en masse, sur la galerie, le reste du temps... 😒
Là, l'interdiction annoncée a été l'occasion d'annoncer de faire sauter whatsapp sans déclencher d'apocalypse nucléaire, dès les grandes vacances. 😏🥹

Et accessoirement d'éviter que la deuxième qui va avoir un téléphone à son tour, ne vrille encore plus que la première, vu le comportement dès que son temps imparti se termine sur le PC pour regarder une vidéo... 😅

Franchement, les smartphones, pour les gamins, c'est une plaie... Entre la débilisation, l'effet scrolling et la perte de temps, l'amplification des rapports négatifs (moqueries, harcèlement, etc...) c'est plus possible...

Appels et sms, oui, quelques vrai jeux, pourquoi pas, des utilitaires, l'accès aux devoirs et notes, carrément, un accès GPT/wikipedia comme aide à la compréhension de certaines choses à la limite, voir même Crunchyroll pour un petit plaisir de temps en temps... Mais le reste...
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Le problème c'est la masse des gens.

Si tes gamines sont les seules à pas voir tiktok, youtube & whatsapp, alors certes elles seront sans doute moins lobotomisé tant qu'elles sont sous ton toit, tout en étant toujours les dernières au courant dans la cour de récréation (j'espère qu'elles aiment bien la lecture & la solitude - l'idéal étant de trouver quelques vrai potes dans la même logique).
Par contre dès la fac, là ou d'un coup TU n'aura plus ce "contrôle".... tu penses qu'il va se passer quoi ?

Après c'est clair ça dépends des enfants.
Certains lorsqu'ils sont privé de téléphones par les parents.... s'en procurent quand même "autrement" - maintenant avec le partage de co & le wifi c'est facile. Et les parents sont fiers de pouvoir expliquer à leurs amis que non, LEUR progéniture n'est pas DU TOUT dans cette addiction... (et oui j'en connais qui font ainsi mm au collège. Les parents divorcés en la matière ils savent en jouer)

A mon époque on avait exactement la même chose avec la clope voire le joint. Combien de parent ont appris des années plus tard que leur si parfaite tête blonde fumait comme un gros goret au lycée ?
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J'ai bien conscience de tout ça... Par chance on a de la chance, les enfants sont des gros fanas de lecture et peuvent engloutir des séries de libres comme Autre Monde, Eragon, Harry potter et Le Seigneur des Annaux, sans broncher, leur mère leur a filé le virus... 😅
Je sais bien qu'après ça sera la fête, passé le contrôle parental, mais là ce sont des années importantes dans leur développement et les bases qu'elles auront pour leur vie... Plus âgées elles seront plus à même de faire du tris, mais pas à leur âge...
Même si, en pratique, une a déjà annoncé refuser TikTok par principe, vu les saloperies que l'entreprise a fait pour exploiter les palestiniens dans la misère (c'est vraiment sale...)
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Bein perso ça me fait bien chier de devoir justifier mon âge en donnant des informations d’identité et exposer des documents sensibles à divers prestataires parce que les parents sont dépassés par les réseaux sociaux et ne savent pas dire non sans béquilles techniques ( dangereuses ! )
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Probablement pas parents pour dire ça. Savoir dire non est une chose mais souvent les non parents, futur parents ou jeunes parents imaginent un monde idylique où ils seront les parents parfaits d’un enfants parfaits puis ils découvrent la réalité. Dire non c’est facile mais se prendre un ados en pleine crise parce qu’il est rejetté socialement parce qu’il n’a aucun accès aux réseaux comme les autres c’est autrement plus difficile à gérer.
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Non pas parent et donc ?

Je dois me taire sur sujet ?

Je dois accepter de donner mes documents d’identité dans des process dangereux pour mes données ?

Vous n’avez pas vraiment répondu à ma question en fait .

En utilisant votre réthorique je peux dire que vous êtes un inconscient qui se fiche que son identité soit usurper . On est d’accord qu’on avance pas avec ce genre de réthorique je pense .

Je vais peut être vous surprendre mais j ai été ado comme tout le monde et mes parents quand je faisais une crise me laissait faire ma crise . Ils ne demandaient pas l application de mesure dangereuse qui dégrade la sécurité des données de tout le monde.

Je ne comprends pas ce manque de responsabilité surtout quand on voit les problèmes que ça a causé chez discord ou en Australie .
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On est donc sur une proposition de loi qui n'est pas encore votée en seconde lecture à l'Assemblée nationale, qui risque de ne pas passer au niveau de l'UE (si elle ajoute des contraintes aux sociétés établies dans l'UE hors de France) et on réunit quand même tout le monde pour les faire travailler sur des spécifications techniques qui arriveront courant avril donc probablement avant le vote du texte.

C'est brillant ! Bravo à la ministre ! :bravo:

Dans l'état actuel de la proposition de loi, l'ARCOM
signale[rait] tout soupçon de manquement à l’interdiction prévue au présent article commis par des plateformes en ligne fournissant un service de réseaux sociaux en ligne établies dans d’autres États membres de l’Union européenne aux autorités compétentes pour faire respecter le règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 précité.
Je ne sais pas trop qui sont ces autorités compétentes. Mais en fait, comme les articles précédents ajoutés à la loi par la proposition semblent faire peser l'interdiction sur les mineurs de 15 ans et pas sur les plateformes, ce n'est pas très important :
Il est interdit au mineur de quinze ans d’accéder à un service,
Le mineur de quinze ans ne peut accéder
Aucune obligation ne semble peser sur les plateformes, sauf celles qui sont dans le DSA. Or, si celui-ci cite comme possible la vérification de l'âge, il ne l'impose pas et aucune limite d'âge n'est présente dans le DSA.

L'essentiel est bien que Macron ait sa loi, pas qu'elle serve à quelque chose.
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En quoi un lien vers un mobile non smatphone est-elle une réponse à mon commentaire qui critique l'action du gouvernement et des parlementaires dans le contexte de l'UE ?
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"Des conversations de qualité à chaque appel" ? :D
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Misclick, je voulais répondre au précédent qui s'interrogeait sur que faire pour ses enfants (en quelque sorte le sujet de l'article !).
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Pour une fois que le gouvernement réfléchi à la faisabilité technique avant qu'une loi soit votée, c'est un progrès non ?
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Non.

Il n'y a pas à réfléchir : ça sera les mêmes solutions que pour l'accès aux sites pornos. Et c'est le parlement qui va faire la loi, pas le gouvernement.

Et surtout, je le redis, le DSA ne laisse pas vraiment de marge pour imposer quelque chose aux réseaux sociaux.
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Edit : mauvaise manip
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Le Gouvernement demande régulièrement un avis détaillé en off à la DINUM et/ou l'ANSSI sur chaque points des textes portants sur les sujets numériques. Malheureusement pas toujours suivis.
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Le seul impact que je vois de cette loi inutile, c'est de continuer de piétiner un droit fondamental en généralisant de plus en plus le contrôle d'identité auprès de tiers dont j'ai de gros doutes quant à la fiabilité ou l'éthique.
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Une étude de la fondation Molly Rose, qui se base sur un sondage de 1 070 jeunes Australiens (de 12 à 15 ans), a établi qu’au mois de mars, 61 % de ceux qui avaient un accès à des réseaux sociaux avant l’interdiction possédaient toujours un ou plusieurs comptes actifs.
Ce qui aurait été intéressant, même si c'est un peu tôt, ce serait la stat sur les jeunes qui n'avaient pas de comptes avant. Est-ce que le taux de jeunes avec compte sur les réseaux sociaux a diminué ? C'est ca la vrai question et la vrai métrique pour vérifier si la loi fonctionne. Croire que du jour au lendemain, 0 jeune de moins de 16 ans allait avoir un compte sur un réseau social, c'est sûr que ce n'était pas réaliste.
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Oui le vrai résultat c’est de savoir si on a pu écarter de ces saloperies des ados. Que certains contournent on est loin d’un retour à 100%.
Tous ceux qui n’ont pas la volonté, les moyens ou des parents qui ont tout verrouillé eux déjà ont les a écartés de ces conneries.
Vous pouvez etre les meilleurs parents du monde ça restera un enfer de lutter contre l’addiction aux portables, la pression sociale du collège et l’abrutissement engendré par les influenceurs et autres tiktokeurs.