Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : le compte à rebours est lancé
Cinq mois pour tout bloquer
Illustration : Flock
Le 14 avril à 07h56
À compter du 1er septembre, les réseaux sociaux devront demander l’âge de leurs utilisateurs en France, dans l’objectif d’interdire l’accès à ceux de moins de 15 ans. C’est le calendrier fixé par le gouvernement aux principales plateformes. Le ministère du Numérique a précisé aux réseaux sociaux concernés les différentes étapes techniques.
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : le compte à rebours est lancé
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À compter du 1er septembre, les réseaux sociaux devront demander l’âge de leurs utilisateurs en France, dans l’objectif d’interdire l’accès à ceux de moins de 15 ans. C’est le calendrier fixé par le gouvernement aux principales plateformes. Le ministère du Numérique a précisé aux réseaux sociaux concernés les différentes étapes techniques.
Société numérique
Société
5 min
Les dirigeants des branches françaises de Google et YouTube, de Meta, de TikTok, de Twitch, de Snapchat et de Strava ont participé ce 13 avril à une réunion organisée au ministère de l’Économie par Anne le Henanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du numérique, d’après une indiscrétion de L’Informé. La ministre leur a exposé le calendrier de la mise en place des dispositifs de vérification de l’âge, en vertu de la proposition de loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux ». Elle a réaffirmé l’objectif, promis par Emmanuel Macron, d’une entrée en vigueur au 1er septembre 2026.
Les spécifications techniques sont attendues dès ce mois d’avril. Viendra ensuite, en mai, la séquence dite du bac à sable durant laquelle les plateformes devront bûcher sur la préproduction de leur système de vérification de l’âge. La mise en production proprement dite sera lancée le mois suivant, puis l’été sera studieux avec les intégrations techniques.
Autour de la table étaient aussi présents des représentants de l’identité en ligne comme France Identité, qui développe sa propre architecture de preuve d’âge depuis plusieurs mois, avec des écueils. Des autorités — CNIL, Arcom… —, des députés et des sénateurs ont également participé à la réunion.
Parcours d’obstacles pour la proposition de loi
Adopté par l’Assemblée nationale le 27 janvier, puis remanié par le Sénat le 31 mars, le texte est examiné par la Commission européenne depuis le 9 avril. Bruxelles a jusqu’au 10 juillet pour rendre sa copie. La validation ne sera pas forcément triviale : le Conseil d’État a en effet déjà signalé dans un avis que si les États membres ont toute compétence pour « définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès », ils ne peuvent pas « imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ». Dans la mesure où ces dernières ne sont pas installées en France, mais dans un autre pays de l’Union (l’Irlande), c’est en effet au niveau européen que se décide leur réglementation, comme l’a déjà rappelé Bruxelles à Paris au sujet de la loi SREN.
Si la proposition de loi est jugée contraire au droit de l’Union, il faudra en revoir une bonne partie pour passer sous les fourches caudines européennes. Dans le cas contraire, les députés reprendront la main pour une seconde lecture. Une commission mixte paritaire pourrait trancher les différends entre les deux chambres, sans oublier le passage éventuel au Conseil constitutionnel.
Autant dire que le calendrier du gouvernement parait bien optimiste, mais mieux vaut prévenir que guérir : on a bien vu à quel point il était facile de contourner les systèmes de vérification d’âge pour les sites porno.
Le texte du Sénat prévoit la mise en en place d’une liste noire de réseaux sociaux jugés à risque (contenus ou algorithmes potentiellement nocifs), définie par arrêté ministériel après l’avis de l’Arcom. Les mineurs de moins de 15 ans pourront accéder à un réseau social non interdit, mais avec l’accord explicite d’au moins un des parents (un accord qui peut être retiré en tout moment). À noter que les encyclopédies en ligne, les plateformes éducatives ou scientifiques, et les sites de logiciels libres seront exempts de cette obligation.
Mise en œuvre difficile en Australie
Malgré toute les interdictions du monde, les utilisateurs — et tout particulièrement les enfants, qui ne manquent pas de ressource pour parvenir à leurs fins ! — pourraient bien trouver des moyens de truander le système. L’Australie est le premier pays à avoir interdit les réseaux sociaux aux mineurs, en l’occurrence les moins de 16 ans. Le dispositif, mis en place le 10 décembre dernier, n’empêche absolument pas les minots d’accéder aux plateformes…
Une étude de la fondation Molly Rose, qui se base sur un sondage de 1 070 jeunes Australiens (de 12 à 15 ans), a établi qu’au mois de mars, 61 % de ceux qui avaient un accès à des réseaux sociaux avant l’interdiction possédaient toujours un ou plusieurs comptes actifs. 70 % d’entre eux affirment aussi qu’il est facile de contourner l’interdiction. Voilà qui pose de sérieuses questions concernant l’efficacité de ces mesures.
Le gouvernement australien a d’ailleurs lancé des enquêtes, toujours au mois de mars, sur les insuffisances des systèmes de vérification de l’âge chez Snap, TikTok, Meta (Facebook et Instagram), ainsi que YouTube. Les résultats seront connus dans quelques mois ; les entreprises risquent une sanction d’un maximum de 49,5 millions de dollars australiens, soit environ 28 millions d’euros.
Commentaires (23)
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Abonnez-vousLe 14 avril à 08h16
le Conseil d’État a en effet déjà signalé dans nu avis
Le 14 avril à 08h29
Le 14 avril à 08h39
Comme ça @MickaelBazoge n'a pas à passer entre les fourches caudines des lecteurs 😁
Le 14 avril à 08h49
Merci pour l'astuce et merci Alexandre pour la correction 👍
Le 14 avril à 09h33
Le but n'est pas que ça marche, le but est de placer ça au bilan sortant de Macron - montrer qu'il a fait ce qu'il a dit au début de son mandat ( exemple:
A sa décharge (toujours à mon avis) c'est un problème qu'il n'est pas possible de résoudre par la loi. C'est comme les DRM, on peux mettre les barrières qu'on veux, la réaction des gens face à la contrainte n'est pas la résignation, mais la recherche de contournements - ce qui d'ailleurs ouvre une brèche pour les pirates en tous genre qui en profiteront de la fébrilité ambiante pour voler des comptes (faux VPN, sites webs,...)
Le 14 avril à 10h24
initialement on a toujours interdit tiktok, Youtube & cie, sauf qu'au final ça va sur les groupes whatsapp du collège après un lobbying intense (comprenez, y'a déjà aucun gamin qui n'a de contrôle parental dans sa classe ni de limitations de temps...) et des promesses en l'air, pour qu'au final toutes les débilités et saloperies de tiktop y soit rapatrié des 4 coins du web, partagé ça et là, et accessible sur la galerie même quand le temps imparti sur whatsapp pour la journée est écoulé, ce qui provoque du scrolling en masse, sur la galerie, le reste du temps... 😒
Là, l'interdiction annoncée a été l'occasion d'annoncer de faire sauter whatsapp sans déclencher d'apocalypse nucléaire, dès les grandes vacances. 😏🥹
Et accessoirement d'éviter que la deuxième qui va avoir un téléphone à son tour, ne vrille encore plus que la première, vu le comportement dès que son temps imparti se termine sur le PC pour regarder une vidéo... 😅
Franchement, les smartphones, pour les gamins, c'est une plaie... Entre la débilisation, l'effet scrolling et la perte de temps, l'amplification des rapports négatifs (moqueries, harcèlement, etc...) c'est plus possible...
Appels et sms, oui, quelques vrai jeux, pourquoi pas, des utilitaires, l'accès aux devoirs et notes, carrément, un accès GPT/wikipedia comme aide à la compréhension de certaines choses à la limite, voir même Crunchyroll pour un petit plaisir de temps en temps... Mais le reste...
Modifié le 14 avril à 12h48
Si tes gamines sont les seules à pas voir tiktok, youtube & whatsapp, alors certes elles seront sans doute moins lobotomisé tant qu'elles sont sous ton toit, tout en étant toujours les dernières au courant dans la cour de récréation (j'espère qu'elles aiment bien la lecture & la solitude - l'idéal étant de trouver quelques vrai potes dans la même logique).
Par contre dès la fac, là ou d'un coup TU n'aura plus ce "contrôle".... tu penses qu'il va se passer quoi ?
Après c'est clair ça dépends des enfants.
Certains lorsqu'ils sont privé de téléphones par les parents.... s'en procurent quand même "autrement" - maintenant avec le partage de co & le wifi c'est facile. Et les parents sont fiers de pouvoir expliquer à leurs amis que non, LEUR progéniture n'est pas DU TOUT dans cette addiction... (et oui j'en connais qui font ainsi mm au collège. Les parents divorcés en la matière ils savent en jouer)
A mon époque on avait exactement la même chose avec la clope voire le joint. Combien de parent ont appris des années plus tard que leur si parfaite tête blonde fumait comme un gros goret au lycée ?
Le 14 avril à 13h18
Je sais bien qu'après ça sera la fête, passé le contrôle parental, mais là ce sont des années importantes dans leur développement et les bases qu'elles auront pour leur vie... Plus âgées elles seront plus à même de faire du tris, mais pas à leur âge...
Même si, en pratique, une a déjà annoncé refuser TikTok par principe, vu les saloperies que l'entreprise a fait pour exploiter les palestiniens dans la misère (c'est vraiment sale...)
Le 14 avril à 19h43
Le 14 avril à 20h57
Modifié le 15 avril à 10h35
Je dois me taire sur sujet ?
Je dois accepter de donner mes documents d’identité dans des process dangereux pour mes données ?
Vous n’avez pas vraiment répondu à ma question en fait .
En utilisant votre réthorique je peux dire que vous êtes un inconscient qui se fiche que son identité soit usurper . On est d’accord qu’on avance pas avec ce genre de réthorique je pense .
Je vais peut être vous surprendre mais j ai été ado comme tout le monde et mes parents quand je faisais une crise me laissait faire ma crise . Ils ne demandaient pas l application de mesure dangereuse qui dégrade la sécurité des données de tout le monde.
Je ne comprends pas ce manque de responsabilité surtout quand on voit les problèmes que ça a causé chez discord ou en Australie .
Le 14 avril à 10h37
C'est brillant ! Bravo à la ministre !
Dans l'état actuel de la proposition de loi, l'ARCOMJe ne sais pas trop qui sont ces autorités compétentes. Mais en fait, comme les articles précédents ajoutés à la loi par la proposition semblent faire peser l'interdiction sur les mineurs de 15 ans et pas sur les plateformes, ce n'est pas très important :Aucune obligation ne semble peser sur les plateformes, sauf celles qui sont dans le DSA. Or, si celui-ci cite comme possible la vérification de l'âge, il ne l'impose pas et aucune limite d'âge n'est présente dans le DSA.
L'essentiel est bien que Macron ait sa loi, pas qu'elle serve à quelque chose.
Le 14 avril à 10h43
Le 14 avril à 10h48
Le 14 avril à 14h24
Le 14 avril à 14h34
Le 14 avril à 16h46
Le 14 avril à 17h26
Il n'y a pas à réfléchir : ça sera les mêmes solutions que pour l'accès aux sites pornos. Et c'est le parlement qui va faire la loi, pas le gouvernement.
Et surtout, je le redis, le DSA ne laisse pas vraiment de marge pour imposer quelque chose aux réseaux sociaux.
Modifié le 15 avril à 15h51
Modifié le 15 avril à 15h52
Le 15 avril à 13h28
Le 14 avril à 11h52
Le 14 avril à 14h30
Tous ceux qui n’ont pas la volonté, les moyens ou des parents qui ont tout verrouillé eux déjà ont les a écartés de ces conneries.
Vous pouvez etre les meilleurs parents du monde ça restera un enfer de lutter contre l’addiction aux portables, la pression sociale du collège et l’abrutissement engendré par les influenceurs et autres tiktokeurs.
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