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Des neurones humains vivants jouent à Doom : derrière la hype, quelle réalité ?

Et le démineur ?

Des neurones humains vivants jouent à Doom : derrière la hype, quelle réalité ?

Depuis ce week-end, l’affaire fait les choux gras de la presse : des neurones humains apprendraient à jouer à Doom. L’« annonce » fait un carton au bingo bullshit 2026 : Doom, de l’intelligence artificielle et des neurones humains. La réalité est différente. Si l’histoire est intéressante, nous sommes loin d’un cerveau humain dans une boite de pétri maitrisant Doom.

Le 09 mars à 16h48

La vidéo de Cortical Labs, qui développe des puces avec des cellules humaines, a déjà presque deux semaines. Même chose pour le dépôt GitHub du projet « doom-neuron » de Sean Cole, un développeur « partenaire » de Cortical Labs. On trouve aussi des actualités datant de plus d’une semaine parlant de 200 000 neurones humains « jouant » à Doom. C’est le cas de Tom’s Hardware ou de NewScientist, pour ne citer que ces deux-là.

Cortical Labs explique que la machine utilisée est une CL1 avec 200 000 « neurones humains vivants » installés sur une puce baptisée « multi-electrodes array », précise Alon Loeffler, scientifique et post-doctorant à Cortical Labs. Pour « jouer » à Doom, Sean Cole a utilisé une API mise à disposition par l’entreprise pour exploiter un de ses réseaux de neurones sur une machine CL1.

« Les cellules se comportent un peu comme un débutant »

Dans sa vidéo marketing de présentation, Cortical Labs explique que, avant d’utiliser ses puces, il faut d’abord « traduire le monde numérique apocalyptique de Doom dans le langage biologique des neurones, qui est l’électricité ». Pour faire simple, passer des éléments de l’image du jeu à des flux électriques. En effet, les neurones humains du CL1 ne « voient » pas vraiment le jeu via des caméras ou n’importe quel dispositif optique.

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Commentaires (20)

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Et qu'est-ce qu'on pense du côté éthique ?

On ne sait pas trop d'où vient la conscience, mais il me semble que la théorie la plus acceptée est qu'elle émerge de la complexité du réseau de neurones.

Ici on a certes 200 000 neurones qui se courent après et même si c'est peu, on n'a aucun moyen scientifique de savoir si ça suffit à ce qu'une conscience émerge (puiseque l'on n'est déjà pas capable de tester la présence de conscience/subjectivité chez l'humain). Et même si ça ne suffit pas, on ne sait pas ce qu'il en sera de le probable prochaine expérience avec 300k, 1 million, 100 millions ...

Pour information, une fourmi possède 250 000 neurones. A t'elle une expérience subjective ? Personne ne le sait.
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À titre de comparaison, le cerveaux humain ce serait des dizaines de milliards avec chaque neurones connecté à des milliers d'autres en moyenne.
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Certes, mais un gamer qui joue à Doom, il utilise combien de neurones ? :fumer:
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Je sais bien. Le truc c’est que personne actuellement ne sait à partir de quand commence l’experience subjective. Et la science ne sait pas répondre à cette question.

Si une fourmi a une conscience, alors il est possible que ce truc aussi. Et si ce n’est pas le cas, alors on ne sait pas a partir de combien ça émergera (parce que ces expériences ne vont pas s’arrêter là) Mais on ne peut pas savoir et on ne saura probablement jamais.
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Surtout, cette focalisation sur les neurones du cerveau est très limitée, plus on creuse, plus on voit que c'est complexe. Par exemple, on a le système nerveux entérique qui est quasi autonome. On a déjà du mal à expliquer pas mal de choses simples, alors la conscience, c'est probablement pas pour tout de suite.
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@jpaul : concernant les fourmis, Google Bernard Werber est ton ami !
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Le nombre de neurones n’est pas le seul critère en effet. Alors, de quoi parle-t-on vraiment quand on évoque la conscience ?

Comme tu le notes, il s’agit avant tout d’une expérience subjective (y compris chez l’humain). Tout ce qu’on peut mesurer objectivement (tests du miroir, réactions aux stimuli, etc) n’en reste qu’une manifestation indirecte.

Dans ce cas précis, cet amas de neurones présente bel et bien une forme de conscience selon moi, même si (très) basique : il réagit à des stimuli (ici, les impulsions électriques des électrodes) et ajuste son comportement en conséquence.

Et c’est là que le débat éthique devient épineux et intéressant socialement parlant : où fixe-t-on la limite entre une conscience "primitive" et une conscience "évoluée" ?

Peut-être sur le résultat d'une partie de Crysis 😏
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Tout ce qu’on peut mesurer objectivement (tests du miroir, réactions aux stimuli, etc) n’en reste qu’une manifestation indirecte.
Le test du miroir a été désavoué depuis bien longtemps par tous les éthologues un peu sérieux. Il ne teste nullement la conscience de soi, mais plutôt tout la part du visuel dans l’identification entre individus au sein de l’espèce (ultra prépondérante chez l’humain).
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Ah tu m'apprends quelque chose :)

Même si là j'ai mis cela en exemple car c'est une des expériences les plus connues pour parler de "conscience" de soit. Mais tu fais bien de me corriger si, finalement, cette expérience n'a aucune validité scientifique à ce niveau.
Je vais me renseigner sur cet aspect-là de l'expérience que je ne connaissais pas.
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En fait, tout le travail fait sur la conscience, avant la fin du vingtième siècle, est tellement saturé d’anthropomorphisme qu’il faut le prendre avec les pincettes de rigueur. Heureusement, les choses ont évolué dans le bon sens sur la notion de conscience chez les animaux. Probablement que l’arrivée d’IA fera bouger des lignes aussi, car il est peu probable que l’émergence d’une « conscience silicium », si ça existe, soit comparable à celle de l’homme.
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C'est marrant, mais ça m'a rappelé un vieux webcomic où une cafetière intelligente commençait à interroger son utilisateur sur des concepts philosophiques du genre "c'est quoi l'amour ?".

Et qu'au final, il avait encore besoin de faire un hard reset.
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Merci d'avoir compilé tout ça, on se posait justement des questions sur un groupe !
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L’entreprise explique qu’un des enjeux est de réussir à renvoyer un résultat aux neurones, une récompense en cas de bonne action (tuer un ennemi) ou au contraire un mauvais point s’ils ne font pas ce qu’il faut.
C'est pour moi une des grandes limitations de l'intelligence artificielle actuelle : pas de corps → pas de douleur / plaisir → pas de vraies conséquences.
Je suis convaincu qu'il faut un corps (même robotique) pour faire le saut vers l'AGI.
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Une sorte de Robocop ?
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Des neurones humains vivants jouent à Doom : derrière la hype, quelle réalité ?
Parce que morts, ça serait déjà plus difficile. :langue:
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ZombIA, le retour…
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Braaaaaaaaaaaaaaaiinnnn

Et là, les cellules se cannibalisent.

Bordel, on tient un nanard !
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Ceci dit, je ne vois pas pourquoi on en ferait tout un plat : depuis 1993, des neurones humains vivants jouent à Doom, il n'y a vraiment rien de neuf :D
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Merci pour la version rationnelle et pas putaclic de cette actu que j'avais vu passer.
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Un bien grand discours pour expliquer la discrétisation/la numérisation, soit le principe derrière un Convertisseur Analogique-Numérique générique faisant passer un signal analogique "information réelle" dans un monde discret.

Cela fait des lustres que cela est utilisé pour faire jouer des robots à des jeux de manière autonome, en leur présentant un plateau à "percevoir" et un ensemble de règles pré-établies de l'autre.

Mais bon.
Comme là il y a un réseau de neurones dans le Schmilblick, du coup, ça doit être révolutionnaire.