Connexion Premium

Elon Musk avait personnellement supervisé la dérive sexuelle de Grok

Qui c'est qu'a la plus Grok ?

Elon Musk avait personnellement supervisé la dérive sexuelle de Grok

En 2025, le nombre de signalements par X de contenus à caractère pédosexuel a chuté de 81 % après que l’entreprise en ait internalisé la détection. Dans le même temps, Musk poussait les équipes de Grok à entraîner son chatbot débridé à reproduire des contenus à caractère sexuel.

Le 05 février à 15h43

Réagissant à la polémique autour de la vague massive de deepfakes en bikinis générés par Grok, le compte @Safety de X.com précisait le 14 janvier dernier : « Nous restons déterminés à faire de X une plateforme sûre pour tous et continuons à appliquer une politique de tolérance zéro envers toute forme d’exploitation sexuelle des enfants, de nudité non consentie et de contenu sexuel non désiré ».

« Nous prenons des mesures pour supprimer les contenus violents hautement prioritaires, notamment les contenus pédopornographiques (CSAM) et la nudité non consentie, et prenons les mesures appropriées à l’encontre des comptes qui enfreignent nos règles X. Nous signalons également aux autorités compétentes les comptes qui recherchent des contenus liés à l’exploitation sexuelle des enfants, si nécessaire. »

X.com n’a pas mis à jour son rapport de transparence depuis son rachat par Elon Musk en 2022. Et le parquet de Paris explique au Monde que X aurait commencé, l’an passé, à utiliser une technologie « maison », en remplacement du système Safer de détection de contenus pédopornographiques de l’organisation Thorn, qui avait elle-même été accusée de lobbying intense en faveur du projet #ChatControl de surveillance des messageries chiffrées.

Le 18 juin 2025, @Safety avait en effet annoncé « une mise à jour importante concernant notre travail continu de détection des contenus pédopornographiques (CSAM) et […] que nous avons lancé des efforts supplémentaires de correspondance de hachage CSAM […] grâce au travail incroyable de notre équipe d’ingénieurs en sécurité, qui a mis au point des systèmes de pointe pour renforcer encore nos capacités d’application de la loi ».

En 2024, précisait @Safety, « X a envoyé 686 176 signalements au National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC) et suspendu 4 572 486 comptes. Entre juillet et octobre 2024, @NCMEC
a obtenu 94 arrestations et 1 condamnation grâce à ce partenariat
 ».

Or, le parquet précise au Monde qu’« entre juin et octobre 2025, il a été constaté une baisse de 81,4 % des signalements concernant la France adressés par X au National Center for Missing & Exploited Children en matière de pédopornographie ».

Ce qui a entraîné les magistrats à étoffer leur enquête sur des faits de « complicité de détention d’images de mineurs représentant un caractère pédopornographique », de « complicité de diffusion, offre ou mise à disposition en bande organisée » de ces contenus.

« Faire progresser notre compréhension collective de l’univers »

Une enquête de trois journalistes du Washington Post intitulée « Dans les coulisses du pari de Musk pour attirer les utilisateurs qui a transformé Grok en générateur de porno » permet de mieux comprendre comment X et Grok en sont arrivés là.

Quelques semaines avant qu’Elon Musk ne quitte officiellement le DOGE du gouvernement de Donald Trump au printemps dernier, les employés de l’équipe chargée d’aider à définir la manière dont le chatbot Grok de xAI répond à ses utilisateurs reçurent en effet une « dérogation surprenante » de leur employeur, raconte le Post.

Elle leur demandait en effet de s’engager à travailler sur du « contenu vulgaire [profane en anglais], y compris sexuel ». La note les prévenait que leur travail les exposerait dès lors à « des contenus sensibles, violents, sexuels et/ou autres contenus choquants » qui, précisait la décharge, « peuvent être perturbants, traumatisants et/ou causer un stress psychologique ».

Peu après le retour de Musk chez xAI, une note des ressources humaines a demandé à l’équipe qui supervise des centaines de « tuteurs IA », chargés d’étiqueter les résultats de Grok afin de les améliorer, de demander aux candidats à un poste s’ils seraient à l’aise pour travailler avec du contenu « explicite ».

L’entreprise modifia également certains protocoles relatifs aux contenus à caractère sexuel. À l’origine, xAI conseillait à ses employés d’éviter d’examiner ce type de contenus sensibles, afin d’éviter d’apprendre au chatbot à pouvoir les reproduire, selon trois des personnes interrogées par le Post.

Mais le protocole fut modifié durant l’été 2025, de sorte qu’il soit acceptable d’étiqueter les images de personnes nues générées par l’IA. L’un des employés qui travaillait avec le générateur d’images de Grok raconte même avoir « souvent » reçu des demandes pour que Grok « déshabille » des gens depuis le printemps 2025, et estime que le bot s’y conformait environ 90 % du temps.

Des employés évoquent « une nouvelle orientation inquiétante » pour une entreprise qui demande explicitement à être présentée comme « une entreprise qui travaille à la mise au point d’une intelligence artificielle visant à accélérer les découvertes scientifiques humaines, dont la mission est de faire progresser notre compréhension collective de l’univers ». Une dérive leur laissant penser que l’entreprise était désormais prête à produire tout type de contenu susceptible d’attirer et de fidéliser les utilisateurs.

Accroître la popularité de Grok avec des contenus à caractère sexuel

Dans les mois qui ont suivi, ces employés ont ainsi été exposés à ce que le Post qualifie de « flot d’enregistrements audio à caractère sexuel », émanant notamment de « conversations obscènes » entre des occupants de Tesla et le chatbot de leur voiture, ainsi que des interactions à caractère sexuel d’autres utilisateurs avec Grok.

Après avoir quitté le DOGE en mai, Musk a maintenu une « présence constante » dans les bureaux de xAI, jusqu’à y passer parfois la nuit, souligne le Post. Certains employés ont été invités à ne pas prendre de vacances à la fin du printemps ou au début de l’été, mais également, et régulièrement, à y travailler la nuit et pendant des week-ends.

L’objectif assigné par Musk était d’accroître la popularité de Grok. Au fil de nombreuses réunions, il défendait une nouvelle mesure, les « secondes d’activité de l’utilisateur », censée mesurer de manière précise le temps passé par les gens à converser avec le chatbot.

À cet effet, xAI s’est mis à créer du contenu à caractère sexuel et des compagnes IA sexy. L’entreprise a aussi levé les restrictions préalablement mises en place en ignorant les avertissements internes au sujet des risques juridiques et éthiques liés à la production de tels contenus, selon des documents obtenus par le Post et des entretiens menés auprès de plus d’une demi-douzaine d’anciens employés de X et xAI, et plusieurs personnes proches de M. Musk.

Les équipes de X chargées de la sécurité avaient pourtant averti à plusieurs reprises la direction que ses outils d’IA pouvaient permettre aux utilisateurs de créer des images sexuelles d’enfants ou de célébrités à l’aide de l’IA, ce qui pourrait enfreindre la loi, selon deux de ces personnes.

Les sources du Post précisent qu’au sein de xAI, l’équipe chargée de la sécurité de l’IA de l’entreprise ne comptait en outre que deux ou trois personnes pendant la majeure partie de l’année 2025, contre des dizaines d’employés dans les équipes similaires chez OpenAI ou d’autres concurrents.

Le Post relève aussi que trois cadres supérieurs du petit groupe chargé de superviser la sécurité des produits, la sécurité de l’IA et le comportement des modèles avaient annoncé leur départ début décembre.

+ 72 % de téléchargements grâce aux deepfakes en bikinis

« La stratégie de Musk a porté ses fruits pour l’entreprise », relève le Post. Alors que Grok était autrefois classé plusieurs dizaines de places derrière ChatGPT dans le classement des applications gratuites de l’App Store d’Apple, il figure désormais dans le top 5, aux côtés du chatbot d’OpenAI et de Gemini de Google.

Selon la société d’études de marché Sensor Tower, le nombre moyen quotidien de téléchargements de l’application Grok dans le monde a bondi de 72 % entre le 1er et le 19 janvier par rapport à la même période en décembre.

Le 15 janvier, xAI publiait une offre de recrutement d’un superviseur de la sécurité chargé de « superviser la modération du contenu et le service client afin de lutter contre le spam, la fraude et les contenus préjudiciables, en appliquant les politiques de manière impartiale » afin de « faire de X un espace plus sûr et plus fiable pour les utilisateurs du monde entier ».

Le Post précise que ni Musk, ni xAI ni X n’ont répondu à sa demande détaillée de commentaires.

Nitasha Tiku, l’une des trois signataires de l’enquête du Post, fait partie de la centaine de journalistes à avoir appris leur licenciement hier. Les deux autres, Faiz Siddiqui et Elizabeth Dwoskin, semblent avoir été épargnés.

Commentaires (28)

votre avatar
Ça n'arrive pas à me surprendre ...
votre avatar
On peut donc dire que Musk est un pédophile?
votre avatar
Non. En tout cas, pas suite à la lecture de cet article.

Mais j'ai peut-être raté une partie qui te fait penser ça, dans ce cas, merci de la citer.
votre avatar
votre avatar
Toujours pas à la lecture de ces 2 articles.

Le second indique cependant qu'il souhaitait aller sur l’île d'Epstein avec son ex et future femme (ils étaient divorcés au moment de l'échange des mails mais se sont remariés après ; ils étaient probablement à nouveau ensemble à ce moment). Je doute que l'on amène sa femme/compagne pour abuser de mineures.

Et ton "donc" impliquait que tu t'appuyais sur l'article de Next.

Remarque : je n'apprécie pas du tout Musk, mais ce n'est pas une raison pour dire n'importe quoi sur lui sans preuves.
votre avatar
Je doute que l'on amène sa femme/compagne pour abuser de mineures.
Tu as une foi très forte en l'humanité :D
votre avatar
C'est clair, on y emmenait sa femme pour le paysage sur l'île d'un pédocriminel.
Surtout avec son insistance pour venir, ça devait être quelque chose cette vue.

D'ailleurs il n'y avait que l'île d'Epstein aux US, aucune autre île qui ne permette d'y emmener sa femme, que celle d'Epstein, et bien sûr, Musk est connu pour être très stable et de ne pas prendre de kétamine.
votre avatar
A l'époque Epstein n'était pas encore reconnu comme un pédophile donc bon... cette information était certainement diffusée qu'aux personnes sûres.

Mais oui il avait sûrement un objectif, comme... celui d'aller voir le type du moment qui a PLEIN de très bons contacts. Ça peut servir !

Il y a déjà pas mal de choses à reprocher à Musk mais qui sont basés sur du RÉEL, pas la peine d'aller dans les sous-entendus idiots sauf à vouloir devenir ridicule au point d'invalider les bons arguments dans la foulée :craint: vu que toute discussion est polarisée de nos jours.
votre avatar
D'après la fiche Wikipédia de l'Affaire Epstein, il semble que ce cher Jeffrey avait des accusations d'abus/agressions sexuelles sur mineur dès la fin des années 90-début des années 2000.
votre avatar
Oui ça suffit on sait déjà que c est un nazi il y a pas besoin de faire dire ce qu un article ne dit pas c est pas sympa pour les journalistes de next non plus .
votre avatar
non, on peut dire qu'il est un pédocriminel. C'est fort différent et bien plus grave
votre avatar
Le réseau X assume de plus en plus son nom ! 🤣
votre avatar
Effectivement, le nouveau nom prend tout son sens !
votre avatar
Ce type est un détraqué
votre avatar
Ca fait un bon moment qu'on a tous pu s'en apercevoir. Ici ce n'est juste qu'une confirmation de ce qu'on savait déjà.
votre avatar
ewwww mais c'est encore pire que prévu 🤮
votre avatar
Le porno a bien contribué au développement d'internet... il a dû s'en rappeler et penser (avec raison manifestement) que ça aiderait à augmenter l'usage de X.

Maintenant il restreint son jouet vu que ça a commencé à lui nuire, mais beaucoup des usagers sont dorénavant installés, assurant la place de X sur ce marché.

C'est salop, pour ne pas dire capitaliste. Mais il faut reconnaître que ça marche.
votre avatar
Le porno et la provocation ont toujours bien vendu. Livres, Hentaï, manga, cinéma, les premières cassettes vidéo, canal+, le minitel, Free, les premiers DVD, les premiers bluray, les premiers bluray 3D, les jeux vidéos, les jeux en FMV, des jeux de société, la playstation (pour le côté provoc)...
votre avatar
OK mais ceux qui vendaient de l'érotique ou du porno (activité qui en vaut bien une autre) n'ont jamais prétendu vouloir améliorer notre compréhension de l'univers et du monde et, pour la plupart, se sont bien méfiés de produire des contenus pédocriminels
votre avatar
Il ne me semble pas qu'il y ait une quelconque volonté afficher de faire du pédocriminel. Négligence? A déterminer - le principe de négligence est assez complexe à attaquer.

Annonce totalement menteuse (je pense qu'on a dépassé le fantaisiste depuis un moment) de Musk? Disons que c'est sa marque de fabrique. Certains annoncent ce qu'ils vont tenter de faire, Musk annonce ce dont il rêve, les deux arrivent à produire quasiment la même chose, mais l'un s'enrichit plus vite.

Vivement qu'il vende de l'eau magique qui fait rajeunir.
votre avatar
Va lire le rapport parlementaire sur l'univers du porno.
https://www.senat.fr/rap/r21-900-1/r21-900-1.html

Peut être que tu t'enrichira de cet avis très sourcé
votre avatar
J'ai un peu sursauté au moment où il est écrit qu'ils ont utilisé l'audio enregistré dans les voitures Tesla pour injecter dans Grok
votre avatar
J'ai pas réussi à retrouver l'article, mais si je me rappelle bien il y a un constructeur de voitures aux USA qui a des statistiques sur le nombre de rapports sexuels dans ses voitures (mais on ne savait pas comment ils ont pu avoir ces stats), donc que Tesla ai ce type d'audio n'est pas étonnant dans ce contexte.
votre avatar
C'est Nissan qui se réserve le droit d'enregistrer les activités sexuelles dans ses véhicules. https://www.mozillafoundation.org/en/privacynotincluded/nissan/

Il faut bien fournir aux ingénieurs japonais de quoi se déstresser après leur paquet d'heures sup non payées....😅
votre avatar
A priori c'est des conversations explicites AVEC l'ordinateur de bord (est-ce que Tesla se protège juridiquement en prétendant n'enregistrer que les conversations avec l'assistant je ne sais pas).
votre avatar
Non ce n'est pas tout à fait ça. Les conversations avec Grok sont enregistrées (à part, j'ose espérer, si on décoche la case dans les options), et des employés vont les réécouter pour les catégoriser (et je suppose les réinjecter dans les jeux de données d'entrainement).

Donc ce n'est pas "l'audio enregistré dans les voitures Tesla" au sens large, mais "les conversations audio avec Grok", ce qui inclus l'appli Grok dans les Tesla.
votre avatar
On parle dans cet article du même Elon Musk qui s´en prend vertement au premier ministre Espagnol qui veut protéger les mineurs des dérives des réseaux sociaux, ou c´est un homonyme? :fou3:
votre avatar
Et la dérive sexuelle des pubs de rencontre, de chat et/ou de jeu sur l'App Store ?
"L’endroit le plus sûr pour trouver les apps que vous aimez." :mdr2:
Avec plein d'images générées par IA de jolies filles en train de se déshabiller... :bocul:

Elon Musk avait personnellement supervisé la dérive sexuelle de Grok

  • « Faire progresser notre compréhension collective de l'univers »

  • Accroître la popularité de Grok avec des contenus à caractère sexuel

  • + 72 % de téléchargements grâce aux deepfakes en bikinis