C’est la « renaissance » de la marque Bull, sous l’égide de l’État
Ça bulle ?
Alors que l’État finalise le rachat de la branche des supercalculateurs à Atos, on apprend que la nouvelle entité sera baptisée… Bull. Un retour aux sources avec une marque historique lancée il y a presque 100 ans pour concurrencer IBM.
Le 30 janvier à 08h51
5 min
Hardware
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Hier, un communiqué a été publié sur le site de Bull : la marque « est officiellement lancée aujourd’hui », enfin relancée devrions nous dire. En effet, c’est « le retour d’une icône technologique historiquement ancrée, réinventée pour une nouvelle ère ». Elle dispose d’une « nouvelle identité et d’une vision clairement affirmée » : « façonner un monde numérique plus performant et responsable, guidé par la durabilité, la souveraineté et des résultats concrets ».
Pourquoi parle-t-on de retour ? Car Bull n’est pas une nouvelle société, loin de là, puisqu’elle a été créée il y a quasiment 100 ans, au début des années 30, afin de concurrencer IBM.
Bull nationalisée en 1982, privatisée en 1994, rachetée par Atos en 2014
En 2014, lors du rachat de Bull par Atos, nous avions rapidement retracé son parcours : « La société connait après la Seconde guerre mondiale une forte croissance, mais durant les années 60, elle cumule de lourdes pertes, se fait manger en partie par les Américains General Electric puis Honeywell, avant de racheter des sociétés puis d'être nationalisée en 1982. L'entreprise affiche ensuite une nouvelle vague de croissance, avant de sombrer à nouveau dans les pertes durant les années 90, plombée par de mauvais choix stratégiques ».
Bull est ensuite privatisée en 1994, puis rachetée par Atos en 2014. Suite à cette opération, c’est un certain Thierry Breton qui devient président du conseil d'administration de Bull. Quelques années auparavant, en 2010, Bull récupérait Amesys, avant de s’en séparer deux ans plus tard suite à l’affaire de la vente de solutions de surveillance à la Libye. Encore un peu avant, en 2004, Bull revendiquait l’« attribution du premier contrat de supercalculateur par le CEA ».

D’Atos à Eviden et maintenant à l’État
Avançons d’une vingtaine d’années, jusqu’en 2022 quand le groupe Atos annonce un plan de transformation en divisant ses activités en deux : Atos Tech Foundations (services d’infogérance, espaces de travail numériques et services professionnels) et Eviden (digital, cybersécurité, calcul avancé, IA et cloud).
C’est alors le « début des opérations sous la marque Eviden, au sein du Groupe Atos ». « Les activités historiques de Bull sont regroupées au sein de la nouvelle entité Eviden, qui devient en 2023, une marque commerciale », explique Eviden. En 2023 toujours, c’est Eviden qui est retenue pour piloter la construction du premier supercalculateur exascale d’Europe : JUPITER (avec l’architecture BullSequana XH3000).
Ensuite, fin 2024, l'Agence des participations de l'État (APE) dépose une offre (non engageante) pour racheter des activités Advanced Computing d’Atos (qui était alors encore le propriétaire de Bull). En juin 2025, l’État français confirme avec une offre ferme pour récupérer les activités historiques de la branche Eviden d'Atos : « les divisions Calcul Haute Performance (HPC) & Quantique ainsi que les divisions Business Computing & Intelligence Artificielle ».
2026, c’est la « renaissance de la marque Bull »
Nous voilà donc en janvier 2026 avec la « renaissance de la marque Bull, opérée au sein du Groupe Atos et de sa branche Eviden jusqu’à la finalisation de la vente à l’État français ». La finalisation de cette transaction est attendue « au premier semestre 2026 ».
« La renaissance de Bull constitue une étape stratégique majeure dans son parcours vers le statut d’entreprise privée et indépendante, dans la continuité de la signature d’un accord de cession de titres entre Atos et l’État français le 31 juillet 2025. La finalisation de la transaction, attendue au premier semestre 2026, permettra à Bull d’accélérer sa vision du futur numérique – plus puissant, plus durable, plus souverain et plus ouvert », explique le communiqué.

Bull revendique « plus de 2 500 ingénieurs et experts » ainsi qu’une « R&D de classe mondiale appuyée sur près de 1 500 brevets ». L’entreprise joue sur la notion de souveraineté et se présente comme « le seul acteur européen à concevoir, fabriquer et déployer à la fois des solutions matérielles et logicielles ».
« Avec le lancement de Bull, nous renouons avec notre héritage technologique pour préparer l’avenir. Notre ambition est claire : fournir des technologies de calcul et d’IA puissantes, durables et souveraines, au service d’une innovation maîtrisée et responsable pour les États et les industries », explique Emmanuel Le Roux, directeur de Bull.
Ce dernier semble confiant sur l’avenir, comme il l’expliquait récemment aux Échos : « Le changement d'actionnaire va apporter de la stabilité après des années troublées ». Toujours selon nos confrères, l’intégration de Bull dans Eviden et Atos « n'a jamais été totalement parachevée […] Sur les serveurs et les supercalculateurs demeurait le nom de "Bull", malgré le rachat par Atos et le placement sous la marque Eviden ». Par exemple avec la gamme BullSequana chez Eviden.
C’est la « renaissance » de la marque Bull, sous l’égide de l’État
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Bull nationalisée en 1982, privatisée en 1994, rachetée par Atos en 2014
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D’Atos à Eviden et maintenant à l’État
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2026, c’est la « renaissance de la marque Bull »
Commentaires (31)
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un TCL MO5, bof bof
(mais les originaux j'ai eu au collège
Modifié le 30/01/2026 à 11h19
TCLstreamview (autrichien depuis 2023)Thomson PC = Metavisio
Le 30/01/2026 à 12h35
Qui est Stéphan Français, l'industriel qui souhaite reprendre Brandt ?
ça serait rigolo vu l'histoire des deux marques (ensemble, puis séparé etc)
Modifié le 30/01/2026 à 11h44
Le 30/01/2026 à 19h47
Il y a tellement d'autres innovations un peu plus dignes du 21 ème siècle à développer.
Le 02/02/2026 à 21h04
Après je serais d'accord si l'idée est qu'il faudrait être capable de produire les composants eux même avant de produire les PC.
Le 02/02/2026 à 22h44
les composants utilisés par les PC pour centraliser le traitement et le stockage sont par l'évolution des réseaux d'aujourd'hui décentralisés et répartis autour pour un fonctionnement où le PC n'est guère redevenu qu'une interface homme machine et un noeud d'information banal dans un système global qui répartit le travail.
A l'origine de l'informatique, dans les années 60, on avait les grands systèmes qui centralisaient tout et leurs terminaux très coûteux. Les PC sont arrivés, dans un premier temps pour émuler ces terminaux et les remplacer, puis ils se sont mis à concentrer localement la puissance des grands systèmes jusqu'à les dépasser même et les multiplier. Le troisième temps aujourd'hui met le réseau au centre avec toutes sortes de systèmes autonomes et capables de travailler ensemble, le PC est un composant de l'ensemble, une interface homme système, plus vraiment "LE computer" en petit, ce qui l'entoure est capable d'autonomie et de collaboration.
Le 30/01/2026 à 09h33
Le 30/01/2026 à 10h04
Le 30/01/2026 à 18h49
Le 30/01/2026 à 19h50
Modifié le 30/01/2026 à 09h38
Il suffit de voir comment on s'est fait voler, avec la bénédiction de Macron, un certain nombre de choses essentielles pour nos centrales nucléaires, pour comprendre à quel point rien n'a changé, et que les USA ne sont partenaires commerciaux que de nom, avec des règles qu'ils dictent eux-même et changent ou respectent selon ce qui les arrange.
En plus, vu comment la corruption va bon train en France, entre anticor, certains reportages, et les vidéos youtube qui sortent, on en apprend pas mal...
Le 30/01/2026 à 10h05
Modifié le 30/01/2026 à 10h26
Mais bon, on est tous logés à la même enseigne, next.ink aussi dépend des ricains. C'est l'ICANN qui gère les domaines .ink 😅
Le 01/02/2026 à 14h18
Encore que comparé à d'autres outils, on peux se passer de youtube en tant que particuliers.
C'est les youtubeurs qui le peuvent pas, car le principe même de la monétisation des vidéos basé sur le nombre de vues fait que bien sur si tu diversifie tes plateformes tu diversifies ton audience et donc globalement c'est plus rentable.
Le modèle parait foireux, mais il n'y a pas tellement d'alternative vu qu'il parait illusoire de penser à la monétisation directe pour les milliers de chaines youtube rien qu'en france....
Modifié le 30/01/2026 à 18h58
Ça me fait penser aux natifs de divers coins touristiques qui se plaignent que le marché immobilier local est inaccessible à cause des "étrangers" sauf que ce sont eux-mêmes/leurs parents/leurs voisins qui vendent et qui sont bien content d'en tirer une belle somme grâce aux dits étrangers.
Le 01/02/2026 à 00h43
'Tain... il me vole mes répliques !! Mais que font les modos. Réagissez merde !
Le 30/01/2026 à 10h00
Je ne m'étais jamais intéressé à Bull je croyais que c'était une vieille boite américaine.
Modifié le 30/01/2026 à 10h14
C'était évident
L’entreprise joue sur la notion de souveraineté et se présente comme « le seul acteur européen à concevoir, fabriquer et déployer à la fois des solutions matérielles et logicielles ».
Est-ce qu'ils ont eu des contrats sur des futurs datacentres sur l'IA en France ou en Europe ? L'état ne peut pas leur passer le Health Data Hub ?
Le 30/01/2026 à 11h25
https://eviden.com/fr-fr/actualites/communiques-de-presse/eviden-et-amd-fourniront-alice-recoque-premier-supercalculateur-exascale-de-france/
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