Santé : le ministère met en place une stratégie pour lutter contre la désinformation en ligne
Et la santé surtout !
Alors que la pandémie de Covid-19 a marqué un accroissement de la circulation de fausses informations en santé, notamment via les réseaux sociaux, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lance une stratégie pour « y répondre de manière concrète, durable et collective ».
Le 15 janvier à 12h53
4 min
Société numérique
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Des outils de diffusion d'informations et de riposte contre la désinformation, la constitution d'un « observatoire de la désinformation en santé » et la mise en place d'outils de mesure de la perception des citoyens... La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, semble vouloir agir contre la désinformation en santé dont la circulation s'est fortement accrue depuis le début de la pandémie de Covid-19.
Elle vient de lancer une « stratégie nationale contre la désinformation en santé » en s'appuyant sur le rapport que lui ont remis lundi 12 janvier Mathieu Molimard, Dominique Costagliolia et Hervé de Maisonneuve.
« La parole publique en santé est trop dispersée, trop lente face à la viralité »
Dans leur texte [PDF], les trois médecins rapporteurs affirment que la plupart des acteurs qu'ils ont interrogés « décrivent une augmentation de la désinformation en santé, alimentée par une littératie scientifique déficiente, un esprit critique insuffisant, la viralité numérique, la perte de repères scientifiques et la diffusion organisée de contenus trompeurs ». Des journalistes scientifiques, des organismes de santé, des politiques ou même des plateformes de réseaux sociaux comme Meta ou YouTube (le rapport note le « seul refus explicite d’entretien » de la part de la plateforme X/Twitter) ont été auditionnés.
Pour les auteurs, « si notre système scientifique, pris dans son ensemble, est solide, la parole publique en santé est trop dispersée, trop lente face à la viralité ». Et la désinformation touche « tous les domaines » de la santé : « vaccination, cancer, alimentation, santé mentale, santé des femmes, pratiques de soins non conventionnelles ou risques environnementaux ».
Les profils des acteurs de la désinformation en santé en France sont « variés » : influenceurs, groupes militants, professionnels de santé ou scientifiques dévoyés... « Les industriels, qu’ils commercialisent des produits de santé ou des produits impactant la santé, peuvent aussi être à l’origine de désinformation en santé », expliquent-ils. Et les trois médecins constatent que « la détection et la réponse à la désinformation restent inorganisées ».
Écoute et riposte prévues par le ministère
C'est à ce problème que veut remédier Stéphanie Rist. Sa stratégie se déploie sur trois axes. De l'écoute et des consultations citoyennes, d'abord, avec l'exploration des perceptions et logiques de croyance et un baromètre national sur la question. Mais aussi l'observation en ligne « dans la durée des attitudes et pratiques des citoyens face à la désinformation en santé » et la volonté de « recueillir leurs réactions en temps réel et tester des hypothèses de communication ». Un « comité » composé de 27 citoyens a aussi été mis en place. Il doit remettre un avis à la fin du mois de janvier ou début février.
La ministre explique travailler à la mise en place d'un « Observatoire de la désinformation en santé » dont elle ne donne pour l'instant pas la composition. Celui-ci doit « être l’acteur essentiel de l’identification et de la compréhension des phénomènes de désinformation en santé ».
Concernant la riposte sur le numérique, un dispositif d’« infovigilance en santé » doit être lancé à partir de fin janvier. En s'appuyant sur de la veille et de la détection de fausses informations en santé, il est censé conduire à la mise en place d'outils de diffusion d'informations et de riposte sur ces sujets adaptés aux plateformes comme TikTok et YouTube Shorts, avec comme « site de référence » l'espace « décryptages » du site sante.fr (et non Santé.fr comme écrit dans le rapport). Espérons qu'un effort de modernisation du site soit prévu avant le lancement de la campagne.
Enfin, pour « bâtir un socle de confiance propice à l’information en santé », le ministère élabore des « kits pédagogiques sur l’information en santé à destination des enseignants et enfants ». Il veut aussi intégrer plus la désinformation en santé au sein des programmes de recherche. Il aurait été d'ailleurs intéressant que, pour le rapport sur lequel il s'appuie, le ministère ne sollicite pas seulement le regard de médecins mais aussi celui de chercheuses et chercheurs en sciences de l'information et en sociologie.
Santé : le ministère met en place une stratégie pour lutter contre la désinformation en ligne
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« La parole publique en santé est trop dispersée, trop lente face à la viralité »
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Écoute et riposte prévues par le ministère
Commentaires (22)
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Abonnez-vousLe 15/01/2026 à 13h56
Désinformation : C’est quoi ce compte « French Response » de la diplomatie française, qui met les réseaux en ébullition ?
Le 15/01/2026 à 14h21
Modifié le 15/01/2026 à 14h59
Il y a une partie importante de la population qui a une défiance viscérale contre les "têtes pensantes": scientifiques, chercheurs, vrais journalistes, etc.
On ne pourra pas les récupérer car par définition ils sont insensibles à la logique primaire. N'importe quel bac-2 ayant plus de 10 000 followers sur les réseaux sociaux aura une parole qui porte plus que n'importe quel expert d'un domaine.
Les charlatans ont toujours eu leur public, sauf qu'actuellement les charlatans disposent d'une caisse de résonance décuplée pour toucher un maximum de personnes.
Le 15/01/2026 à 15h48
Ça n'intéresse que ceux qui réfléchissent et sont de toutes façons globalement hermétiques à la désinformation.
Et ceux qui sont perdus considéreront que c'est une atteinte à la liberté d'expression et de la propagande islamo-judéo-wokiste du gouvernement.
Bref, deux salles, deux ambiances, avec une sacrée cloison entre les deux.
Le 15/01/2026 à 16h01
Le 15/01/2026 à 20h01
Modifié le 16/01/2026 à 13h52
Explique moi, cela m'intéresse.
Parceque si chaque fois qu'on explique que l'avis de quelqu'un qui n'a pas fait d'études sur des sujets qu'il ne maitrise pas ne vaut pas grand chose, c'est un mépris de classe. On n'est pas prêt d'avancer.
On reste dans la victimisation permanente et SURTOUT on est dans la démagogie en faisant croire que chacun peut comprendre tous les sujets.
On élude le fait qu'il faut avoir fait des études, des formations ou autres pour a minima avoir un avis sur des sujets complexes.
Bref, tu es l'exemple parfait de ce que je voulais démontrer.
Merci à toi.
PS: un défenseur de Trump qui parle de mépris de classe c'est assez savoureux.
Modifié le 16/01/2026 à 14h00
Modifié le 26/01/2026 à 08h18
Ici, tu (tentes) de nous expliquer que les populations visées manquent d'aptitude pour comprendre certains concepts, voir qu'elles iraient naturellement vers des charlatans.
C'est du mépris de classe car les capacités intellectuelles des individus ne sont pas prédéterminées par la classe sociale (au contraire de la culture).
Qu'il y a des individus de classe sociale supérieure qui ont un comportement qui s'apparente à ce que tu décris et inversement, qu'il y a des enfants de l'école républicaine qui deviennent des chercheurs.
edit: j'ai oublié: je ne suis pas un défenseur de Trump. Mais je comprends ton besoin de viser le messager lorsque ton argumentation fait défaut.
Le 27/01/2026 à 16h50
Tu as des bac +8 qui touche à peine le SMIC et des bac -2 qui sont à leur compte et millionnaires.
La classe sociale ne présage en rien du niveau d'études. Trump par exemple s'est fait acheter son unique diplome dans une université privée grace à papa.
Le 27/01/2026 à 20h12
rappel: Il faut 6 générations aujourd'hui pour sortir de la classe sociale défavorisée.
Je te recommande de regarder quelques études sociologiques sur le concept de reproduction social si tu t'intéresse au sujet.
Le 15/01/2026 à 21h19
Modifié le 18/01/2026 à 21h24
Et il n'y a pas que les « bac-2 »
D'ailleurs voici quelques jours, j'ai lu un épidémiologiste prétendre que chaque degré de réchauffement climatique augmente les violences conjugales de 5%...... Je conçois que la chaleur peut faire perdre la tête, mais la situation de l'immobilier et de l'économie en général voir même le délire politique en ce moment qui tous doivent avoir un impact personnel, sans compter que le COVID semble avoir « cassé » les gens de plusieurs façons de façon permanente, et puis... enfin bref, cette hausse est sûrement causée par un ensemble de paramètres plutôt que cette unique corrélation aussi simpliste qu'hasardeuse.
Elle ne m'aurait pas choqué si cela venait d'un « bac-2 »
Et aussi :
Tu ne réalises pas que cette affirmation entraînerait de facto la suppression du suffrage universel. Après tout, on demande à plein de « bac-2 »
Le 19/01/2026 à 07h38
Le 19/01/2026 à 12h51
Je suppose donc que quand tu es malade tu te réfères uniquement à Google, youtube ou à ChatGPT pour te soigner, mais surtout pas à un médecin ou un pharmacien. En plus ils ne sont même pas drole.
Tu as pris Raoult comme exemple, mais il s'est fait démonter par ses propres confrères.
Le 19/01/2026 à 13h41
S'il me sort ce qui me semble être une ânerie, j'irai obtenir un second avis histoire d'être sûr
Le 15/01/2026 à 16h55
Le 15/01/2026 à 21h22
Le 15/01/2026 à 19h17
Le 15/01/2026 à 20h07
Ce n'est pas la qualité et l'objectivité de l'information qui est en jeu mais l'exclusivité de l'information.
Le 15/01/2026 à 21h38
- se torcher avec le consensus scientifique,
- à traiter les universitaires et chercheurs d'islamo-gauchistes,
- à envoyer leurs milice nationale aux QI d'huîtres sous prozac pour massacrer des citoyens qui s'appuient sur des données scientifiques pour défendre l'environnement et la santé publique,
- à faire voter des lois complètement à l'opposé de ce que recommande les connaissances scientifiques
Est ce que, vraiment, ils ont la moindre petite légitimité ? Quand bien même ils auraient raison, et c'est bien là le drame, d'expliquer à la population ce dont il faut se méfier, et ce sur quoi il faut s'appuyer pour ne pas être désinformé ?
Nos dirigeants sont tellement à la ramasse niveau crédibilité, que je crains qu'il ne fasse plus de mal au nécessaire développement à l'esprit critique de la population, que s'ils s'abstenaient de faire quoique ce soit.
Leur image de menteur.euses pathologiques dessert largement la cause...
Le 15/01/2026 à 23h03
Et l'on peut voir le résultat sur le compte X en question (sérieusement au départ j'ai cru à un truc du gorafi) :
https://x.com/FrenchResponse?lang=fr
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