TAJ : le pirate a eu accès pendant 26 jours à 14 fichiers policiers et dérobé 120 fiches
Un « code à six chiffres », srsly
Illustration : Flock
Le 24 décembre 2025 à 12h45
Le Canard enchaîné révèle que c’est l’algorithme de surveillance des accès au fichier TAJ qui aurait déclenché l’alerte, 13 jours après que le pirate y a eu accès après avoir dérobé l’identifiant et le mot de passe d’un policier.
TAJ : le pirate a eu accès pendant 26 jours à 14 fichiers policiers et dérobé 120 fiches
Un « code à six chiffres », srsly
Illustration : Flock
Le Canard enchaîné révèle que c’est l’algorithme de surveillance des accès au fichier TAJ qui aurait déclenché l’alerte, 13 jours après que le pirate y a eu accès après avoir dérobé l’identifiant et le mot de passe d’un policier.
Sécurité
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4 min
Le Canard enchaîné révèle que le « fric-frac informatique du ministère de l’Intérieur » avait duré du dimanche 9 novembre au jeudi 4 décembre, soit 26 jours, « une très longue journée portes ouvertes ».
L’intrusion, révélée dans la presse le jeudi 11 et confirmée par le ministre le lendemain, aurait été découverte le samedi 22 novembre, grâce à l’algorithme qui surveille les requêtes effectuées dans le Traitement des antécédents judiciaires (TAJ). Ce fichier recense « 16,4 millions de personnes » ayant été « mises en cause », et dès lors « défavorablement connues » des services de police et de gendarmerie, pour reprendre l’expression consacrée.
- 24 millions et moi, et moi… : l’équivalent du tiers de la population est « défavorablement connue » de la police
- 12 ans que la CNIL dénonce le fichier TAJ des personnes « défavorablement connues »… en vain
« C’est la consultation compulsive – le week-end et la nuit – de ce listing ultra-sensible qui a déclenché l’alerte », souligne le Canard. Il ne précise pas cependant pourquoi il a fallu 13 jours à l’algorithme pour repérer qu’un pirate avait réussi à accéder au système de Circulation Hiérarchisée des Enregistrements Opérationnels de la Police Sécurisés (CHEOPS), le portail permettant d’accéder aux fichiers de la police et de la gendarmerie.
L’article ne précise pas non plus combien de temps il a fallu pour disculper le policier soupçonné d’avoir abusivement farfouillé dans le TAJ, et identifier qu’il s’était fait dérober ses identifiant et mot de passe.
Il relève toutefois qu’alerté, le parquet de Paris a de son côté ouvert une enquête préliminaire le 4 décembre (soit 12 jours après le déclenchement de l’alerte), « date à laquelle le pirate, se sentant sans doute pisté, cesse d’arpenter CHEOPS ».
37 serveurs compromis, 14 fichiers visités, 120 fiches dérobées
D’après le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, que le Canard a pu consulter, « les dégâts sont bien plus importants qu’annoncé : 37 serveurs de messagerie sur 250 ont été compromis, et 14 fichiers de police ont été visités, dont celui des personnes recherchées, qui contient notamment les fichés S » :
« Sur le TAJ, où il s’est bêtement fait repérer, Melvin L. a dérobé 120 fiches personnelles et procédé au siphonnage de dizaines de milliers de noms inscrits dans ce fichier sensible. »
Pour accéder à CHEOPS, il suffit d’un identifiant et d’un code à six chiffres
Le Canard souligne que le pirate, interpellé le 17 décembre, aurait profité du fait que « nombre de poulets se tamponnent le coquillard de la sécurité informatique ». Pour se connecter à CHEOPS, les policiers et gendarmes doivent normalement utiliser leur carte professionnelle, dotée d’une puce, ainsi qu’un code à quatre chiffres.
À ceci près que « les poulets, moins disciplinés que les pandores, utilisent à tort et à travers un système de secours sans carte, reposant sur le seul identifiant et un code à six chiffres ». Identifiant et code que le policier aurait partagé en clair dans un e-mail auquel le pirate avait pu accéder.
« Celui qui a fait le coup n’est pas spécialement un cador », précise au Canard un commissaire : « il a laissé plein de traces qui ont permis de remonter à lui ». À défaut de savoir combien d’autres pirates, plus discrets, auraient eux aussi déjà pu accéder à CHEOPS de la sorte, le ministre de l’Intérieur vient d’ouvrir une enquête administrative sur les manquements à la sécurité informatique.
Reste donc aussi à comprendre pourquoi, en 2025, le recours à la double authentification n’a pas encore été rendu obligatoire, surtout pour accéder à un système aussi sensible. Mais également, comme le souligne bohwaz en commentaire, « pourquoi ces systèmes et fichiers sont accessibles depuis n’importe quelle IP et ne sont pas restreints à un intranet sécurisé du ministère de l’intérieur… »
Commentaires (34)
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Abonnez-vousLe 24/12/2025 à 12h55
Le 24/12/2025 à 13h08
Modifié le 24/12/2025 à 13h36
Rien de nouveau malheureusement.
Le 24/12/2025 à 14h07
Le 24/12/2025 à 14h13
Le 24/12/2025 à 17h25
Le 24/12/2025 à 13h02
Il a quand même réussi à s'introduire dans vos systèmes, du con.
Le 24/12/2025 à 13h20
Le 24/12/2025 à 13h45
(je crois que les citations proviennent toutes de l'article du Canard, bien que je n'ai pas accès à ce dernier).
Le 24/12/2025 à 13h47
je maintiens quand même 😡
Le 25/12/2025 à 09h17
Modifié le 25/12/2025 à 12h54
Par ailleurs, ils indiquent qu'il est donc facile de s'introduire dans leur système.
Enfin, cette insulte peut être perçue comme une provocation ou un défi et ainsi encourager d'autres, pas forcément plus compétents, à s'y essayer.
Je rappelle aussi que ces révélations font suite à une communication immédiate (précipitée) du ministre de l'Intérieur Laurzent Nũnez indiquant aucune « trace de compromission grave ». Quand on veut rassurer précipitamment, on prend ainsi le risque de parler pour ne rien dire et/ou mentir.
En résumé, je dirais que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire en termes de communication de crise.
Le 25/12/2025 à 15h29
Modifié le 30/12/2025 à 05h04
Une belle leçon à une époque où il faut avoir une réponse et/ou un commentaire à tout, tout le temps.
Quand on ne sait pas, on se tait. C'est plutôt sain, même.
Ils font d'ailleurs cela très bien quand ils ne souhaitent pas répondre, et si nécessité en parlant alors pour ne rien dire.
Le 30/12/2025 à 11h19
Ces gens sont des fusibles (très bien payés) qui sont la pour prendre les tomates (comme au théâtre).
Ne pas faire de réponse ou ne pas se pointer sur un plateau télé aurait été pire d'après le manuel (non pas le Valls) de la com' qui va bien.
Il faut comprendre que tout ce que l'on voit dans une télé y compris les fameuses informations (du JT) ne sont que des publicités (les campings en été) ou des "calmez-vous, pas de panique" (sous entendu contrôle des masses).
Une fois que l'on approche les chose de cette manière avec l'article en main, on sait d'avance ce qu'il va dire.
Le fait que Nuñez n'ait pas officiellement l'information au moment de l'interview fait partie de la stratégie. Ça permet de faire un "pas de panique" en toute honnêteté.
Le 24/12/2025 à 13h42
Le 24/12/2025 à 14h41
Il faut comprendre le mots dans le sens des zayandroits, "le téléchargement c'est du vol" ?
Le 24/12/2025 à 16h39
Le 24/12/2025 à 14h42
Le 24/12/2025 à 16h14
Le 30/12/2025 à 07h42
Le 24/12/2025 à 15h27
Après il ne faut pas s'étonner qu'il ne reste que des bouts de ficelle pour la sécurité quand on crame le budget dans des nouveaux logiciels d'enregistrement des plaintes et du renouvellement de PC pour cause de win11.
Modifié le 25/12/2025 à 12h47
Tout fichier rassemble des informations au sujet desquelles il faudrait se poser la question des dégâts lorsqu'elles seront exfiltrées. "Quand", pas "Si" : b.a.-ba d'une réflexion de sécurité informatique.
Tout fichier contient un accès par l'humain, tôt ou tard, quelles qu'en soient les raisons : il convient donc aussi d'intégrer dans l'équation les comportements humains, c'est à dire une créativité sans limite quand il s'agit d'être fainéant ou feignant, pour contourner règles & processus aux fins de confort personnel. Il convient donc de prendre en compte ce facteur de réduction de la sécurité d'accès, qui augmente le score de risque.
À la lumière de risques sous-estimés, d'une gravité sous-estimée, de dégâts sous-estimés, et d'une utilité dans la prévention d'actes illégaux surestimée, ne serait-il pas l'occasion de questionner la maladie française de vouloir ainsi continûment surveiller chaque jour un peu plus sa population par des fichiers de police ?
Par ailleurs, et plus que jamais, la question de ces outils atterrissant dans les mains d'anti-démocrates ayant les clés de l'exécutif n'est pas une vue de l'esprit, en supposant qu'elle l'ait jamais été.
Modifié le 24/12/2025 à 17h37
Qui passerait par la première porte en sachant que la deuxième fait la même chose, plus rapidement ?
D'une : qui a formulé l'idée de fournir une alternative de connexion "en 15 secondes" en plus de celle "en deux minutes" (oui, il faut sortir la carte pro du portefeuille) ?
De deux : qui a validé un concept aussi con que ça ?
De trois : pourquoi des personnes pourtant sensibilisé à la sécurité (au sens général j'entends) se partage un couple ID / mot de passe ?
Parce qu'autant les deux premiers, je peux accepter que ce soit le chef de service bientôt à la retraite, ayant une flemme olympique, qui a poussé cette idée.
Autant la dernière, j'arrive pas à comprendre. Mettre des agents armés pour un évènement (transport de prisonnier, de personnalité, de biens de valeurs, autour de sites sensibles, ...) serait une évidence pour beaucoup mais un identifiant / mot de passe personnel, c'est trop dur ?
Modifié le 24/12/2025 à 17h58
Le 24/12/2025 à 17h45
Le 24/12/2025 à 18h15
Le 25/12/2025 à 10h57
Le 25/12/2025 à 21h44
Hors sujet mais pas trop :
Le 25/12/2025 à 23h11
Du coup, effectivement, c'est pas "obligatoire" au sens propre du terme, mais j'imagine bien qu'ils vont indiquer que "oui, oui, on a bien du 2FA, toussaaaa". ^^'
Le 26/12/2025 à 00h49
Le 26/12/2025 à 08h38
C'est quelques part injuste et classique
Les entreprises on des contraintes de dingues a respecter qui gêne le business et les états son exempt de tout contrôle et n'ont même pas la volonté de servir de modèle....
Le 26/12/2025 à 10h45
Le 26/12/2025 à 13h44
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