iRobot et son Roomba déposent le bilan, rachetés par leur sous-traitant chinois
Roy Lewis aurait apprécié
Robot aspirateur iRobot – crédit Unsplash
iRobot Corporation, maison-mère des célèbres robots aspirateurs, a annoncé dimanche se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites des États-Unis. Cette démarche doit donner le temps au groupe de finaliser l'acquisition de l'intégralité de son capital par le sous-traitant chinois qui fabriquait pour son compte les fameux robots Roomba.
Le 15 décembre 2025 à 10h17
4 min
Économie
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Écrasé par ses dettes et face à des ventes en berne, iRobot a fini par capituler. Le groupe a annoncé dimanche s'être placé sous la protection du fameux Chapter 11 de la loi américaine sur les faillites. Il dispose ainsi de quelques semaines de répit pour finaliser une opération de sauvetage, qui conduira les célèbres robots aspirateurs Roomba à, demain, battre pavillon chinois.
iRobot, jusqu'ici coté à Wall Street, sortira en effet du marché, et passera sous contrôle du groupe Picea, basé à Hong Kong. Ce dernier n'est pas précisément un inconnu dans le monde de la robotique domestique : c'est en effet lui qui produit les robots de marques telles que iRobot ou Roborock via sa filiale PICEA Robotics, installée à Shenzhen.
Reprise à la barre du tribunal
La direction actuelle assure que l'activité d'iRobot sera maintenue pendant cette étape intermédiaire, nécessaire pour que le tribunal valide le plan de restructuration proposé :
« Afin de maintenir la continuité de ses activités, iRobot a déposé auprès du tribunal une série de requêtes habituelles qui permettront à la société de fonctionner normalement, notamment de respecter ses engagements envers ses employés et d'effectuer en temps voulu le paiement intégral des sommes dues aux fournisseurs et autres créanciers avant, pendant et après la procédure supervisée par le tribunal. »
L'entreprise affirme encore qu'à l'issue de cette procédure, elle sera mieux armée « pour mettre en œuvre sa stratégie d'innovation à long terme sous la direction de Picea ». Les actionnaires d'iRobot en seront cependant pour leurs frais : telle qu'elle est envisagée, la faillite ne prévoit aucune compensation, et l'entreprise n'est pas en position de négocier des contreparties.
Son dernier formulaire 10Q, déposé (PDF) le 6 novembre dernier auprès du gendarme de la bourse aux États-Unis (la SEC) montre en effet qu'iRobot était très lourdement endettée, notamment vis-à-vis de son fournisseur Picea. « Au 31 octobre 2025, nous devions à notre principal sous-traitant, Picea, 158,3 millions de dollars pour la fabrication de nos produits, dont 29,1 millions de dollars étaient en souffrance », y déclare l'entreprise.
Poids de la dette, frais de douane et ventes en berne
Pour justifier cette défaillance, l'entreprise invoque plusieurs facteurs. Elle estime par exemple à 18 millions de dollars sur l'année 2025 l'impact négatif des droits de douane décidés par Donald Trump. Elle rappelle par ailleurs qu'elle affronte des vents contraires sur son marché de prédilection, avec une activité en baisse qui s'incarne au travers de ses résultats financiers trimestriels.
Sur les trois mois clos au 27 septembre dernier, iRobot annonçait ainsi un chiffre d'affaires de 145,8 millions de dollars, à comparer aux 193,4 millions de dollars enregistrés un an plus tôt. À cette occasion, l'entreprise indiquait avoir enregistré un recul de l'activité de 33 % sur son marché domestique, les États-Unis, de 13 % sur la zone EMEA et de 9 % au Japon.
Outre ces performances commerciales en baisse qui affectent la trésorerie disponible, iRobot accuse enfin le poids d'une dette significative, contractée pendant que l'entreprise négociait les conditions de son rachat par Amazon pour 1,7 milliard de dollars. Problème : la transaction n'est pas allée à son terme, en partie à cause de l'opposition manifestée par la Commission européenne, ce qui avait conduit Amazon à jeter l'éponge début 2024.
Picea, qui produisait donc les produits iRobot dans ses usines de Chine et du Vietnam, revendique près de 7 000 employés, un portefeuille de plus de 1 600 brevets, 3 700 m² de laboratoires dédiés à la recherche et développement et 200 000 m² d'usines en activité. Fondé en 2016, cet OEM a commencé à développer des produits sous sa propre marque, 3i, à partir de 2022. Son S10 Ultra, vendu aux alentours de 800 euros en France, se présente comme une alternative directe au Roomba Max 705 Combo d'iRobot.
iRobot et son Roomba déposent le bilan, rachetés par leur sous-traitant chinois
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Reprise à la barre du tribunal
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Poids de la dette, frais de douane et ventes en berne
Commentaires (48)
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Abonnez-vousLe 15/12/2025 à 10h26
Le 15/12/2025 à 10h32
Alcatel est en le triste exemple.
Le 15/12/2025 à 10h37
Le 15/12/2025 à 10h34
Tout le marché est maintenant contrôlée par la Chine, merci l'UE ...
Le 15/12/2025 à 10h38
Modifié le 15/12/2025 à 11h03
Modifié le 15/12/2025 à 11h06
Une boite ricaine s'est endormie sur ses lauriers et sa marque, n' a pas/peu innové, s'est débarassasé/n'a pas développé son outil industriel, a laissé ses sous-traitants lui piquer sa propriété industrielle,.. le tout jusqu'à faire faillite lamentablement. Mais non c'est la faute de l'UE?? Ce qu'il faut pas entendre.
(EDITs: typos)
Le 15/12/2025 à 17h20
Le 15/12/2025 à 17h47
C'est beau...
Modifié le 15/12/2025 à 20h00
Ça leur a coûté 18 millions de dollars sur l'année 2025 mais ils avaient un crédit de 188 millions de $ devant être remboursé en juillet prochain et s'ajoute 29 millions de dollars d'impayés envers leur sous-traitant pour la fabrication.
Si la concurrence leur fait du mal avec des produits moins chers, ils avaient beau être la référence du marché, ils ne pouvaient probablement pas continuer longtemps et la Commission de l'UE a dû rajouter des problèmes comme Amazon a abandonné le rachat à cause d'elle.
Ils avaient manifestement besoin de cash et le retrait d'Amazon a pu être fatal.
Modifié le 15/12/2025 à 11h46
Mais ça reste une entreprise US qui rachetait une entreprise US, donc l'UE a bon dos... ça ressemble à une justification moisie pour dire "on a changé d'avis et on cherchait une justification". Surtout qu'on sait que la FTC étudiait aussi le dossier en parallèle mais que l'annulation par Amazon est arrivée avant la décision du gendarme US.
Le 15/12/2025 à 13h38
Le 15/12/2025 à 17h19
Le 15/12/2025 à 17h36
Le 15/12/2025 à 11h41
Ils sont peut-être moins à la pointe de la technologie que la concurrence qui présente de nouvelles gammes tous les deux mois, mais pour quiconque veut un appareil conçu pour durer, ça le fait ! Depuis son achat, j'ai changé les brossettes une fois, et la batterie de même.
Le 15/12/2025 à 10h41
Le 15/12/2025 à 13h40
Une faillite sur ce genre de grosses boîtes ne se "crée" pas en un an.
Le 15/12/2025 à 10h43
Le 15/12/2025 à 12h05
Le 15/12/2025 à 16h08
Le 15/12/2025 à 16h42
Le 15/12/2025 à 10h43
Donc si les serveurs ferment, les robots perdent leurs fonctionnalités.
Le 15/12/2025 à 10h54
Et même si le concurrent chinois conserve le cloud ou il y a tout (les cartes des logements notamment) je suis pas vraiment certain de vouloir laisser chez moi une caméra branché sur un cloud CN (et je ne parle même pas de l'accès à mon RZO domestique).
Ce qui est triste aussi c'est que si ça trouve c'était déjà le cas.... Je vais revendre mon Roomba. QQ’un est intéressé ?
Le 15/12/2025 à 11h04
Ne semble pas compatible avec IRobot.
Le 15/12/2025 à 11h44
Le 15/12/2025 à 11h45
Le 16/12/2025 à 08h03
Mais à part ça mon Irobot t’intéresse ou pas ?
Modifié le 16/12/2025 à 09h22
Sans rire, on peut pas lui bloquer l'accès Internet et débloquer juste le temps de faire une modification sur la programmation ? Il garde rien en mémoire ? S'il n'y a pas Internet il ne fait plus rien ?
Le 16/12/2025 à 10h01
Les mises à jour sont faites à distance. Qu'est-ce qui empêche ce robot aspiro de tenter des prises de contrôle d'autre périphériques du RZO ou juste d'eayé de récolter des infos ?
DeusExSilicium à trouvé un micro dans un aspirateur robot Dyson...
Oui c'est ça, les cartes d'aspiration sont stockées sur un serveur.
PS : ce robot m'a été offert, j'aurai jamais acheté un truc comme ça à moins que ce soit opensource :)
Le 16/12/2025 à 12h57
Le 15/12/2025 à 13h50
J'ai un iRobot qui ne sentira pas la différence, car il non connecté, donc il conserve 100% de ses fonctionnalités malgré cette faillite.
Le 15/12/2025 à 13h51
Le 15/12/2025 à 19h17
Le 15/12/2025 à 23h38
Le 16/12/2025 à 10h27
Le 16/12/2025 à 00h37
J'étais tombé sur Valetudo, mais c'est quand même pas si simple à mettre en place concrètement, et les robots récent sont tous assez fortement verrouillés.
Le 15/12/2025 à 13h33
On se demande si notre aspirateur arrêtera de fonctionner si des serveurs… en Chine sont arrêtés.
C'est comme toutes ces personnes "bloquées" lors de pannes Cloudflare, car leur sonnette connectée Ring ne fonctionnait plus. Heu ... il suffit d'aller voir à la porte hein ;-)
Revenons sur terre
Modifié le 15/12/2025 à 15h13
- Que se passe-t-il si le serveur déconne ? "Je peux plus rentrer chez moi" et non pas "je peux plus ouvrir ma porte à distance pour que le livreur Amazon dépose le colis"
- Que se passe-t-il si le serveur est hacké ? "La clé de chez moi est en vente sur le dark web".
- Que se passe-t-il si l'abonnement coûte 3x plus cher du jour au lendemain ou si chaque ouverture/verrouillage coûte 12c€ ? "j'ai le choix ? je suis bien obligé de rentrer chez moi" ( vendor lock-in le plus littéral jamais vu)
- Que se passe-t-il si le constructeur se fait racheter ? "All of the above". Combo-kamoulox.
Le 15/12/2025 à 16h51
genscons continuent d'en acheter, quoiqu'il leur arrive, c'est tant pis pour eux.Le 15/12/2025 à 19h22
Pour l'obsolescence connectée, les exemples sont nombreux : Nabaztag, Sense, Withings, sans oublier des meuporgs plus assez rentables, les Amazon Dash,...
D'où le besoin impératif de n'utiliser que des produits avec du code ouvert. Cela ne sauvera pas forcément les utilisateurs du produit, mais au moins il y a un mince espoir.
Le 16/12/2025 à 10h26
Le problème de ces trucs, c'est que le code qui compte, il est souvent dans le cloud. Par exemple, les Roborocks, sur l'aspirateur en local, c'est un ubuntu (avec du code pour gérer les capteurs, mais c'est de l'ultra connu). En revanche tout part sur le cloud, qui a certes pu être émulé avec valetudo, mais de version en version, c'est de plus en plus dur (le mien, un vieux, se "cracke" en lançant une mise à jour OTA sur un AP qui distribue le système avec valetudo, les plus récents nécessitent d'ouvrir, démonter, souder un câble et flasher directement la mémoire - donc faire sauter la garantie).
Quoiqu'il en soit, je suis très peu convaincu de l'utilité de ces appareils (les aspis robots) : ils restent cons comme des manches, donc tu passes à peu près autant de temps à vider les lieux pour qu'il passe, qu'à passer un aspirateur standard toi même (avec un résultat nettement meilleur pour un vrai aspi).
Le 16/12/2025 à 16h02
iRobot est en faillite, pas en conflit avec un utilisateur. Donc l'utilisateur peut bien râler, l'entreprise n'a aucune obligation de laisser le cloud connecté.
Ton exemple de vendeur de porte, ce n'est pas une faillite mais un conflit juridique. Donc oui il peut le faire (rien ne l'empêche de cliquer sur Déconnecter ce client), mais il risque surtout de se prendre un procès, avec un bon risque de le perdre. Parce qu'un conflit ne se règle pas en coupant le service. Il y a toujours des petites ligners à respecter, et je doute qu'une telle coupure soit précisée (et même en l'admettant que ce soit le cas, c'est clairement abusif, vu que le portail est sur une propriété privée, et pourrait mettre les occupants en danger).
C'est comme n'importe quel proprio qui a voulu virer des squatteurs de sa propriété : il estime être dans son bon droit "c'est chez moi je vire les gens que je ne veux pas", mais non il y a des procédures à respecter. Et ces proprios qui ne les respectent pas perdent systématiquement au tribunal, qui ne juge pas sur l'émotion ("j'ai fait ceci parce que j'avais tel ou tel conflit") mais sur le droit ("il y a un conflit mais machin a fait ceci sans en avoir le droit").
Il ne faut pas confondre le droit avec le bon sens. On ne se fait pas justice soi-même, même si on pense qu'on a raison.
Le 16/12/2025 à 16h43
Le 15/12/2025 à 18h39
et sinon il y encore une liste longue comme le bras d'autre mode de défaillance incluant le fait que le fabricant à intégré dans le logiciel du robot une date limite ou durée max de fonctionnement (coucou le robot dyson démonté par deus ex silicium)
si ce n'est pas dans le robot ça peut être dans le bms de la batterie pour t'obliger à racheter une batterie d'origine
etc etc
Modifié le 16/12/2025 à 05h26
Franchement il pourrait se prendre un procès pour dire ça sans plus d'arguments. J'espère que ça n'arrivera pas. Sinon le reste de sa chaîne est top.
Le 18/12/2025 à 10h20
Le 18/12/2025 à 08h07
C'est souvent mal indiqué si le robot a besoin d'un serveur, d'un accès à internet pour fonctionner).
Je n'ai trouvé qu'un seul robot pilotable avec une télécommande. Un OVNI dans ce marché.
Le 21/12/2025 à 23h56
- Sous-traiter en Chine ne fait que favoriser l'apparition de concurrents directs ("quelle surprise !"), leur permettant de mettre au point leur produit sur le dos d'une entreprise tierce qui essuiera les plâtres d'éventuels échec
- Ne pas réguler les importations chinoises autorise le dumping, de toute nature : social, environnemental, légal, économique… Là aussi : "quelle surprise !".
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