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Huawei pourrait renoncer à son usine alsacienne

Sitôt livré, sitôt abandonné ?

Huawei pourrait renoncer à son usine alsacienne

Livrée en septembre 2025, l'usine de Huawei implantée à Brumath pourrait se retrouver à vendre avant même que les activités n'y aient été lancées.

Le 06 novembre à 15h45

À peine livrée par Bouygues Construction, la nouvelle usine de Huawei pourrait être abandonnée. Alors qu’elle devait produire des antennes 3G, 4G et 5G pour les opérateurs télécoms à partir de 2026, le groupe chinois envisagerait déjà de le revendre, d’après les sources de Dernières Nouvelles d’Alsace et Le Monde.

Situé à Brumath, dans le Bas-Rhin, le complexe de 8 hectares était le premier site de production de ce type que Huawei ait construit hors de Chine. Pour la communauté d’agglomération de Haguenau, il s’agissait aussi d’un projet d’ampleur : 3 millions d’euros pour la cession du terrain, et la promesse de 300 à 500 emplois à terme.

Mais le projet a pris du retard, au point que la région Grand Est a renoncé au versement de la subvention de 800 000 euros votée en 2021.

Restrictions législatives et soupçons de corruption

Implantée proche du siège du Parlement européen de Strasbourg, l’usine aurait aussi pu servir à soigner l'image de Huawei auprès des députés et de différents représentants européens.

Dans les six dernières années, plusieurs textes ont réduit les possibilités de l’équipementier chinois : en 2019, la France adoptait sa loi dite « anti-Huawei », visant à « préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale de la France dans le cadre de l’exploitation des réseaux radioélectriques mobiles ». En 2024, sa voisine allemande adoptait de son côté un texte empêchant d’utiliser « les composants Huawei et ZTE », principal concurrent chinois de Huawei, dans les « cœurs de réseaux 5G » à partir de la fin 2026.

Mais à ces textes, il faut encore ajouter les soupçons de corruption de députés européens qui vise Huawei. Une enquête est actuellement ouverte.

Livré en septembre, le site, qui compte 52 000 mètres carrés de bâtiment, pourrait être mis en vente au plus offrant. Pour l’heure, l'équipementier reste muet sur ses intentions.

Un investissement pourtant conséquent

Même si l'enjeu peut paraître anecdotique au regard de la surface financière d'un groupe comme Huawei (environ 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires mondial en 2024), l'usine de Brumath représente un engagement financier de près de 260 millions d'euros, comme en témoigne le dernier compte de résultat de Huawei Machine Strasbourg, la filiale du groupe créée pour le projet en 2020. Fin 2024, cette dernière employait 22 personnes, et présentait toujours cette usine comme un « projet emblématique pour le Groupe Huawei car il s'agit du premier site de production de ce type construit en dehors de la Chine ».

Extrait du compte de résultats 2024 de Huawei Machine Strasbourg - capture d'écran Next

Commentaires (20)

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Comme d'habitude la France et l'Europe font n'importe quoi.
Elles auraient pu autoriser le matériel s'il venaient de cette usine car facilement contrôlable.
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Si tant est qu'on est de la connaissance technique et les ressources humaines pour faire ce travail là. Mais comme les agences publiques "c'est le mal" :francais:
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Je suis pas sur qu'il soit possible de maîtriser ou contrôle la partie non hardware. (J'imagine que les produits fabriqué n' aurait pas été de simple matériel passif)
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On n'a qu'a faire comme les USA : Infra télécoms au rayon de nos OIV; chez eux... ce qui a pour conséquence que pour pouvoir vendre chez eux, les équipementiers doivent fournir codes sources/environnement de build sur des serveurs localisés aux USA rendus accessibles à la NSA: Tout est donc auditable...
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facilement contrôlable
Ah bon.
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Y avait un reportage l’autre jour qui montrait les entrepôts du gros livreur chinois qui s’occupe de shein et compagnie…
Équipe dirigeante exclusivement contrôlé par des expatriés chinois, qui braillaient des ordres à des intérimaires et les faisaient bosser sans aucun respect des règles de sécurité.

J’imagine que ça n’aurait pas été bien différent dans l’usine Huawey.

Bon après c’est bien, l’Europe et la Chine vont inverser les rôles. Et on se dira enfin qu’il aurait été plus sympa de respecter « l’autre » quand on était le plus fort.
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Ma femme (chinoise) avait été contactée à la fin de ses études pour travailler en France pour un équipementier chinois. C'était à la fin des années 2000. Parmi les questions : « Avez-vous un petit ami ? », « Prévoyez-vous d'avoir des enfants ? ».
Elle n'avait pas donné suite.
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Huawei sont connus pour avoir mis en place un système dans leur logiciel qui récupére les données uniquement quand il est en production donc ceux qui vont l'auditer ils ne verront rien
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Connus par qui ?
Et merci pour la source qui valide cette affirmation.
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Des boites de cybersécurité comme le patron de cette boite, il le dit dans la vidéo : youtube.com YouTube
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1h33 de vidéo et pas d'info sur l'endroit où il dit ça. :bravo:

On va dire que ce n'est pas une preuve pour le moment, d'autant plus que je ne trouve rien avec le nom de sa société ou son nom et Huawei sur Google. S'il dit un truc gros comme ça dans une vidéo, il doit l'avoir écrit sur le net.

Édit : j'ai oublié de précisé que je n'ai pas regardé plus de quelques minutes de cette vidéo.
Ça aurait été un texte, un Ctrl+F Huawei et je tombais sur ses propos.
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C'est là qu'il le dit : youtu.be YouTube les IA qui font les sous-titres elles ne connaissaient pas Huawei si tu recherche pas les sous-titres...
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L'audit porterait alors sur le code source. Or, si avec le code source tu n'arrives pas à générer un binaire identique à celui implémenté nativement dans les équipements -> rejet.
Sinon, ça s'apparenterait à un audit en boite noire, et là, bah tu mets un équipement en prod (disons que tu peux essayer de le lui faire croire que c'est un environnement prod) et tu l'encercles de sniffers.

(gaffe quand même avec tes déclarations: si tu ne cites qu'une seule source d'un seul youtubeur, cela va être difficile d'y accorder la moindre crédibilité :chinois: )
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Je ne suis pas sûr qu'il soit facile de contrôler le comportement éventuellement caché d'un SoC maison qui arrive tel quel de Chine. L'usine française était une usine d'assemblage, c'est pas là qu'on aurait conçu et gravé les puces, a priori.
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C'est tellement surprenant... :frown:
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Magnifique nouvelle!
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habitant à 15km de brumath. ça fait bien chier.
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Bon des (dizaines) d'hectares ravagés, pour .... Rien 👌
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Ca va bien être repris par quelqu'un ? Ils vont pas y foutre le feu...
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Espérons que ce soit utilisé, le mal étant fait...

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