#Le brief du 25 mai 2026

Quand l’IA agentique coûte plus cher que de payer ses employés humains

Alors que les entreprises se tournent vers l’IA agentique pour booster leur productivité, mais que les agents sont de plus en plus facturés en fonction du nombre de tokens utilisés, et non plus sous forme d’abonnement forfaitaire, il devient plus coûteux de payer l’IA que des employés, relève Fortune.

Ce qui pourrait compliquer les projets de ces entreprises vantant un avenir « agentique », alors que Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a récemment déclaré qu’il pensait qu’un jour, 100 agents IA travailleraient aux côtés de chaque employé de son entreprise.

Cette incitation pressante à recourir à l’IA agentique s’est traduite par une nouvelle pratique, et expression, le « tokenmaxxing », visant non pas tant à produire plus de code utile qu’à faire croire à ses N+1 que l’on serait surproductif, en générant artificiellement de l’activité IA afin d’améliorer ses statistiques.

Une pratique encouragée par certaines entreprises, Amazon ayant par exemple fixé comme objectif de dépasser le seuil des 80 % de développeurs utilisant l’IA chaque semaine, tout en suivant la consommation de tokens de ses employés. Un tableau de bord interne chez Meta attribuait même des statuts de « Token Legend » aux employés en consommant le plus.

À mesure que la consommation augmente, le coût unitaire des tokens « devrait chuter de manière spectaculaire », avance Fortune. Un récent rapport de Gartner estime que d’ici 2030, l’inférence sur un LLM hautement sophistiqué pourrait coûter 90 % de moins qu’en 2025.

Gartner prévoit néanmoins que cela ne se traduira pas par une baisse du coût total de l’IA, les modèles agentiques nécessitant bien plus de jetons par tâche que les modèles standards. Si la consommation de jetons augmente plus vite que la baisse des coûts unitaires, le coût total risque dès lors d’augmenter, voire de devenir insoutenable.

Microsoft, qui avait invité en décembre dernier des milliers de ses développeurs à utiliser Claude Code, vient par exemple d’annuler ses licences et de leur demander de passer par GitHub Copilot CLI, indiquait récemment The Verge.

Fin avril, Microsoft avait lui-même restreint la souscription de nouveaux abonnements individuels à GitHub Copilot, annonçant passer en juin à une tarification basée sur l’usage réel, en fonction du volume de tokens consommé.

Fortune relève que Praveen Neppalli Naga, le CTO d’Uber, avait déclaré avoir brûlé l’intégralité de son budget IA 2026 en seulement quatre mois. « Pour mon équipe, le coût de la puissance de calcul dépasse de loin celui des salaires des employés », a de son côté déclaré Bryan Catanzaro, vice-président chargé de l’apprentissage profond appliqué chez Nvidia.

Attendu au tournant, le premier aperçu d’Unreal Engine 6 ne montre pas grand chose

La petite histoire du jeu vidéo retiendra que la première apparition officielle de l’Unreal Engine 6 a été faite à Paris, pendant le championnat mondial de Rocket League. Epic Games, l’éditeur du célèbre moteur de rendu, a profité de l’occasion pour dévoiler quelques images de la prochaine génération du jeu (développé par la filiale Psyonix) tournant sous UE6.

Difficile de tirer des conclusions au vu du peu qu’il y a à voir : la pelouse du stade est plus touffue, tandis que les reflets et effets de lumière sur les voitures sont sans doute plus jolis et réalistes qu’avec Unreal Engine 3, le moteur actuel de Rocket League. Il faudra attendre, pas trop longtemps sans doute, pour en savoir plus sur les capacités de cette sixième version.

Unreal Engine 5 avait été présenté en amont des nouvelles consoles Xbox Series S/X et PS5, en 2020. Mais le lancement en lui-même remonte à avril 2022. Deux technologies définissent cette mouture : la technologie Lumen, système d’illumination globale dynamique qui intègre le ray tracing à destination des jeux en 3D temps réel ; et la technique Nanite, pour gérer des modèles 3D extrêmement détaillés.

Beaucoup se rappellent encore avec émotion de The Matrix Awakens réalisé sous UE5, une démo technique démontrant les capacités étonnantes du moteur. Dans les faits, les résultats ont été plus mitigés.

Les deux technologies phare sollicitent énormément les processeurs et circuits graphiques ; beaucoup de jeux UE5 reposent aussi sur des techniques de reconstruction d’image pour alléger la charge graphique, avec parfois des artefacts visuels ou une image instable à la clé ; plusieurs titres souffrent aussi de micro-saccades liées à la compilation des shaders. Ces problèmes sont particulièrement visibles dans certains jeux en monde ouvert.

Epic n’a cessé d’apporter des mises à jour pour essayer de remédier à ces soucis, mais la réputation d’UE5 continue d’en pâtir. D’un autre côté, de nombreux jeux tournent comme des horloges, comme Fortnite (fort heureusement d’ailleurs, il s’agit après tout d’un jeu Epic) ou Clair Obscur: Expedition 33

Tim Sweeney, fondateur et patron de l’éditeur, déplorait l’été dernier le manque d’optimisation de la part des développeurs : « Beaucoup de studios conçoivent d’abord leurs jeux pour du matériel haut de gamme et repoussent l’optimisation ainsi que les tests sur des configurations modestes à la fin du projet ». Pour lui, l’optimisation devrait commencer très tôt dans le développement.

Unreal Engine 6 devra répondre à ces problématiques. Et renforcer au passage son importance grandissante à Hollywood : le moteur est en effet utilisé par de nombreux studios de production, dont Disney, pour les effets spéciaux, mais aussi les storyboards, l’animation, les cascades virtuelles, la prévisualisation des scènes…

LinkedIn va (enfin) limiter la portée des contenus générés par IA

Ces derniers mois, LinkedIn est à la fois devenu une « safe place » bien plus qualitative que X.com, avec des partages de contenus de grande qualité, mais également un réseau social pollué d’experts autoproclamés partageant leurs tutos consacrés à l’IA et à l’automatisation à tous ceux qui « likent » leurs billets, et répètent « prompt » ou tel ou tel mot-clef en commentaire.

Au point que Laura Lorenzetti, vice-présidente et rédactrice en chef de LinkedIn, y déplore la recrudescence de l’« AI slop » (du nom donné aux contenus bas de gamme générés par IA), « qui peuvent sembler soignés à première vue, mais qui manquent cruellement de perspective originale ou de substance ».

Dans un message intitulé « Garder des conversations authentiques sur LinkedIn », dont le premier paragraphe fait curieusement penser à un contenu généré par IA, elle déplore qu’ « à une époque où de plus en plus de personnes ont besoin d’aide pour s’y retrouver dans le monde du travail, il est plus important que jamais qu’elles puissent s’inspirer de témoignages concrets, de points de vue authentiques et d’une expertise issue de l’expérience vécue » :

« Lorsque l’IA est utilisée à outrance, en particulier à grande échelle et de manière automatisée, elle dilue les précieuses perspectives que peuvent susciter de véritables conversations humaines. Il n’y a aucun mal à recourir à l’IA pour vous aider à rédiger, mais vos publications et vos commentaires doivent refléter votre voix et vos points de vue. C’est l’être humain qui se cache derrière l’outil qui apporte la valeur ajoutée ultime. »

Pour y remédier, LinkedIn compte prendre des « mesures concrètes pour lutter contre les outils d’automatisation, réduire le contenu générique et renforcer l’authenticité ». Des « systèmes technologiques » ont été développés en collaboration avec son équipe éditoriale, dont les membres ont été formés à détecter les signes d’une « utilisation négligente de l’IA » et les contenus « qui semblent génériques ou répétitifs, même s’ils paraissent soignés à première vue ».

LinkedIn compte également lutter contre les commentaires créés et publiés en masse à l’aide d’outils d’automatisation, « avec peu ou pas d’intervention humaine », ainsi que les réponses qui se contentent de reprendre le message d’origine, sans valeur ajoutée.

« Lorsqu’un contenu semble avoir été généré par IA et manque de perspective claire », il aura « moins de chances d’être largement diffusé au-delà du réseau immédiat de la personne », précise Laura Lorenzetti, afin de contribuer à « préserver un espace pour des contributions plus réfléchies ».

Les premiers résultats seraient « encourageants » et auraient permis d’identifier « correctement » les contenus génériques dans 94 % des cas. Des membres leur auraient même fait savoir qu’ils voyaient déjà moins de publications de ce type dans leur fil d’actualité en provenance de l’extérieur de leur réseau, « ce qui devrait se confirmer au fil du temps ».

« Ces mises à jour visent à préserver la qualité de l’expérience sur LinkedIn afin que, lorsque vous vous engagez, vous interagissiez avec de vraies personnes qui expriment leur point de vue authentique », conclut la rédactrice en chef.

Nul doute que l’on risque cela dit de voir fleurir moult tutos expliquant comment « humaniser » ses contenus GenAI de sorte qu’ils ne soient pas détectés comme tels par LinkedIn.