[MàJ] Ubuntu 25.10 disponible : une vraie version majeure, avec des changements profonds
Oxydation galopante
Ubuntu 25.10 est disponible au téléchargement. Elle embarque un nombre important de changements techniques, dont l’utilisation d’équivalents Rust de plusieurs composants. Une version riche qui va servir à Canonical pour mesurer la fiabilité de l’ensemble avant l’arrivée de la version 26.04, qui deviendra la nouvelle LTS.
Le 09 octobre 2025 à 15h01
7 min
Logiciel
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Mise à jour du 9 octobre 2025 : Canonical vient d’annoncer la disponibilité d’Ubuntu 25.10 en version finale. Les principales nouveautés étaient déjà abordées dans notre article : GNOME 49, la mise à jour des composants pour les développeurs, le remplacement de sudo et coreutils par leurs équivalents en Rust, le noyau Linux 6.17 ou encore le chiffrement intégral du disque soutenu par TPM (le support est pour l’instant expérimental).
Les changements introduits par cette version 25.10 permettent de préparer le terrain pour Ubuntu 26.04. À ce sujet, Jon Seager, vice-président de l’ingénierie Ubuntu chez Canonical, a déclaré : « Ubuntu 25.10 est une déclaration d’intention pour la prochaine Ubuntu LTS en 2026 », désormais identifiée comme Resolute Raccoon.
Tous les téléchargements peuvent être réalisés depuis la page dédiée, qui donne également accès à toutes les variantes. Si vous utilisez actuellement Ubuntu 25.04, la mise à jour ne devrait plus tarder. Si vous êtes sur la dernière version LTS (24.04), elle ne vous sera pas proposée, ces moutures ne se mettant par défaut à jour que vers d’autres LTS.
Article original du 19 septembre :
Ubuntu est la distribution Linux la plus utilisée dans le monde. Ses nouvelles versions sont donc suivies avec intérêt, surtout quand il s’agit de la dernière révision avant la prochaine LTS (Long Term Support). Canonical profite traditionnellement de cette occasion pour introduire des changements plus profonds, avant de corriger les éventuels problèmes puis de les proposer dans sa nouvelle révision prévue pour le support long (dix ans).
Ubuntu 25.10, alias Questing Quokka, n’échappe pas à la règle. La version fournit bien sûr les habituelles évolutions des composants principaux, mais procède également à d’importants changements internes.



Côté face, tout ce que l’on peut en attendre
Du côté des évolutions « visibles », Ubuntu 25.10 aligne les dernières versions disponibles, avec notamment le noyau Linux 6.17 et GNOME 49 (qui vient de sortir en version finale), comme Fedora 43. Ces changements, ainsi que d’autres spécifiques à Ubuntu, offrent déjà bon nombre de petites évolutions un peu partout.
On retrouve ainsi des améliorations liées à GNOME 49, comme le mode « Ne pas déranger » déplacé dans la configuration rapide et les contrôles média présents sur l’écran de connexion. On en trouve d’autres, comme une évolution du thème Yaru (OMGUbuntu en faisait le récapitulatif récemment) avec de nouvelles icônes, de nouveaux fonds d’écran, une animation plus fluide de l’écran de démarrage, une plus grande cohérence graphique pour le Dock, etc.
Questing Quokka introduit également deux nouvelles applications par défaut. D’abord Loupe, qui devient la nouvelle visionneuse pour les documents. Ensuite, Ptyxis comme émulateur de terminal, à la place de celui fourni en standard par GNOME. Ptyxis (anciennement Prompt) se veut plus simple et agréable que l’application qu’il remplace, tout en proposant des fonctions supplémentaires, notamment liées à la gestion des conteneurs.


Signalons aussi le remplacement d’Ubuntu Report par Ubuntu Insights pour la collection et l’envoi des données télémétriques. L’outil se veut plus complet et offre davantage de contrôles sur les informations collectées. Comme Report, Insights est désactivé par défaut. Bon point d’ailleurs : les permissions données à Report ne s’appliquent pas à Insights, pour éviter toute mauvaise surprise. Le nouvel outil aura donc besoin de sa propre autorisation.
Outre la dernière pile graphique Mesa 25.2 (voir notre dossier sur les serveurs graphiques X11 et Wayland), Ubuntu récupère – dans la plupart des cas – les dernières versions des composants pour les développeurs. On retrouve ainsi GCC 15.2, GNU C Library 2.42, GNU Binutils 2.45, Python 3.13.7, LLVM 20, Boost 1.88, systemd 257.9, Rust 1.85, Go 1.24, OpenJDK 25 et OpenSSL 3.5.
Côté pile, des changements importants et de la rouille
Comme prévu, Ubuntu 25.10 est la première version de la distribution à ne plus fournir aucune session X11 par défaut. La compatibilité pour les applications est assurée par XWayland, mais l’ancienne session a disparu. Ce n’est d’ailleurs pas spécifique à la version classique du système sous GNOME car Kubuntu 25.10 fait, elle aussi, le ménage. Précisons que XWayland peut ne pas être adapté dans certains cas. X11 reste pour l’instant disponible dans les dépôts de la distribution si besoin.
Autre gros changement, l’arrivée de plusieurs composants en Rust pour remplacer les anciens, à fonctionnalités égales. C’est notablement le cas de sudo-rs, qui vient en remplacement du sudo classique, bien que ce dernier soit toujours présent. Les atouts présentés lors de l’annonce du 2 septembre sont les performances et la sécurité. Canonical précisait alors qu’il ne s’agissait pas encore du remplaçant parfait, car certains aspects n’étaient pas gérés, bien qu’aucune différence ne doive apparaitre dans la plupart des scénarios. Le travail continuera jusqu’au retrait complet du sudo classique, prévu pour Ubuntu 26.10.
L’autre gros remplacement est celui de coreutils par la version Rust d’Uutils. Dans la vision exposée par Canonical en mars dernier, ces remplacements participaient d’une volonté de rendre certains composants plus résistants. Le passage en Rust implique, selon l’entreprise, des pratiques permettant d’obtenir un code plus sûr, en plus des aspects inhérents du langage sur la gestion de la mémoire.
Jon Seager, à l’origine du billet, expliquait que le Rust avait une vraie carte à jouer pour les « logiciels fondamentaux », dont dépendent tous les autres. Le développeur est d’ailleurs à l’origine d’un autre outil, nommé Oxidizr (en référence à la « rouille » de Rust) pour faciliter la gestion de ces expériences de remplacements. On peut voir dans le dépôt GitHub que deux autres composants centraux sont visés : findutils et diffutils, qui eux aussi disposent d’équivalents Rust en développement.
Il reste cependant des problèmes à résoudre, comme le soulignait Phoronix il y a quelques jours. Dans certains cas, les performances sont moindres, notamment dans cksum où elles peuvent s'écrouler. Le développeur français Sylvestre Ledru, développeur principal d’Uutils (et à la tête de l’ingénierie chez Mozilla), est au courant et travaille sur une correction.

Session intensive de tests
Dans les autres évolutions techniques, citons aussi la progression sur le support de l’architecture RISC-V avec pour la première fois une session complète (mais pour un matériel limité), le remplacement d’initramfs-tools par Dracut pour le démarrage de la machine, le remplacement de systemd-timesync par Chrony (avec support NTS par défaut) pour une synchronisation sécurisée de l’heure (sur les nouvelles installations), ainsi que des améliorations pour le chiffrement intégral du disque avec l’aide de la puce TPM.
Au vu du bond dans les composants et les choix de Canonical, les développeurs sont invités à tester autant que possible la compatibilité de leurs applications. Rappelons qu’un système en bêta s’utilise surtout en environnement de test ou en machine virtuelle. Mieux vaut éviter de compter sur sa fiabilité pour le quotidien, surtout quand les changements sont aussi nombreux ou profonds.
[MàJ] Ubuntu 25.10 disponible : une vraie version majeure, avec des changements profonds
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Côté face, tout ce que l’on peut en attendre
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Côté pile, des changements importants et de la rouille
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Session intensive de tests
Commentaires (31)
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Abonnez-vousModifié le 19/09/2025 à 16h39
C'est devenue une plaie de pouvoir profiter de certains logiciels sans qu'ils ne soient conteneurisés, si au moins ils les avaient conservés en parallèle dans les dépôts apt standards, mais même pas !
Résultat, je suis passé sur Debian. Au moins j'utilise flatpak quand j'en ai besoin, et sinon AppImage fait le boulot.
Le 19/09/2025 à 18h51
Le 09/10/2025 à 15h29
Mais le mieux est bien de dégager snap et de repasser par les bons vieux tar.gz !
FF et Tbird sont ensuite à mettre à jour via root.
Le 19/09/2025 à 17h39
Modifié le 20/09/2025 à 00h29
Le 20/09/2025 à 16h50
Le 20/09/2025 à 19h46
Le 09/10/2025 à 15h30
Le 09/10/2025 à 18h26
Le 19/09/2025 à 22h29
Modifié le 19/09/2025 à 22h55
Après pour Snap oui les débuts ont été difficiles un peu comme wayland, sorti sans doute trop tôt, mais depuis quelques version ca marche bien même sur des trucs très lourds genre intellij
Du coup faut pas rester sur les idées préconçues des débuts et savoir donner ca chance aux évolutions.
Snap ou packages deb ont leurs avantages et inconvénients...
Le 20/09/2025 à 00h19
Le but des applications conteneurisées c’était d’avoir enfin une sorte de format universel pour distribuer des logiciels sous Linux qui laisse l’éditeur gérer l’empaquetage en échange d’une promesse d’avoir à le faire une seule fois pour que ça fonctionne de partout. Dans ce contexte c’est débile d’avoir deux solutions qui à priori sur le plan technique se valent plus ou moins.
Surtout qu’au final même si Snap est dispo sur toutes les distribs, il n’a pas trop d’intérêt par rapport à Flatpak et se retrouve surtout relégué à Ubuntu.
Donc c’est vraiment pas un problème technique, Snap n’est même pas une mauvaise techno et a même quelques avantages, c’est plutôt que c’est un peu con que Canonical ait conçu un système de packaging sensément universel … mais tout seuls dans leur coin.
Le 20/09/2025 à 11h11
Le 10/10/2025 à 12h45
Sur serveur, Snap est plus adapté car Flatpak n'est conçu pour. Pour l'utilisation de bureau, je trouve Flatpak mieux intégré (invisible à l'usage) que Snap (et ses points de montages sauvages à tout va).
Le 20/09/2025 à 12h57
Sous kubuntu j'ai des paquets assez à jour que ce soit en deb ou en snap et ca fonctionne.
Après si vraiment j'avais besoin d'aller sur du flatpack ca s'active très facilement sous kubuntu... du coup au final pas trop de limite ca reste du choix perso 😎
Le 09/10/2025 à 16h38
j'aurais pensé qu'un des avantages de snap (et de tout ce qui est contenairisation), c'est l'isolation qui fournit une amélioration de la sécurité.
C'est aussi ce qui m'a pourri la vie car le firefox en snap n'arrive pas à communiquer avec le 1password qui tourne sur mon poste ce qui fait que si l'extension 1password de firefox ne déverrouille pas si je déverrouille 1password. :-(
Le 09/10/2025 à 17h01
Mais Flatpak aussi fait exactement ça, de la conteneurisation.
Tout le débat n’est pas sur lequel est le meilleur (et sur beaucoup de points techniques on peut même dire que Snap est mieux) mais sur l’opportunité manquée d’avoir enfin un format de packaging universel sachant que ces formats ont justement été créés pour palier au fait que chaque distributeur avait déjà son package manager.
Le 09/10/2025 à 21h33
Le 20/09/2025 à 16h55
Le 20/09/2025 à 21h16
Le 21/09/2025 à 09h03
En revanche, par rapport à 10 ans en arrière, je suis un peu paumé dans ce mélange des paquets deb et snap.
Autrefois y’avait “synaptic” qui était merveilleux pour naviguer dans le catalogue, voir et gérer tous les deb installés mais maintenant on a quoi ?
Le 21/09/2025 à 09h16
Je l'ai dans la 22.04 LTS.
Le 21/09/2025 à 10h20
@yvesd92 : sous Gnome (par défaut d'Ubuntu), tu as Logiciels. Sous KDE ou autres, je passe mon tour.
Le 21/09/2025 à 12h44
Cela dit pour les installations et désinstallations traditionnelles (deb), synaptic fait toujours le travail, y compris sous wayland.
Le 09/10/2025 à 15h34
Maintenant qu'ils faut passer par un dépôt supplémentaire pour avoir apt-xapian-index et enfin rechercher un paquet à la volée.
Le 09/10/2025 à 17h15
Le 09/10/2025 à 19h36
Et pour les autres infortunés utilisateurs d'Ubuntu, depuis 25.04, il faut:
ppa.launchpadcontent.net/nrbrtx/synaptic/ubuntu
Le 21/09/2025 à 13h35
Le 10/10/2025 à 12h32
Le 10/10/2025 à 17h10
Le 10/10/2025 à 18h00
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