#Le brief du 29 juin 2026

Panne de grande ampleur sur le réseau mobile Orange [MàJ]

[Mise à jour, lundi 29 juin, 14 heures] Orange a signalé le rétablissement progressif de son réseau mobile à 12h37. « Les réseaux 4G et 5G pour certains clients grand public et entreprise ont été perturbés, avec des difficultés ponctuelles de connexion, sans coupure totale de service. La situation sur la 4G et la 5G est désormais revenue à la normale depuis 11 h », a annoncé l’opérateur sur X. Orange n’a pour l’instant donné aucune information précise ou à caractère technique sur la nature de cet incident.

[Publication initiale, lundi 29 juin, 9h11] De nombreux clients mobiles d’Orange et de sa marque Sosh signalent des difficultés d’accès au réseau mobile lundi matin. Des témoignages affluent de toute la France sur les réseaux sociaux. L’opérateur a confirmé un incident technique peu avant 9 heures par l’intermédiaire de son compte X.

« Depuis ce matin, un incident technique affecte une partie des services mobiles d’Orange, avec des perturbations sur la 4G, la 5G, le roaming ainsi que certains services destinés aux entreprises. Les équipes techniques sont pleinement mobilisées pour analyser la situation et rétablir le service au plus vite. Orange présente ses excuses auprès des clients concernés ».

Le marché entreprises semble effectivement ne pas avoir été épargné. Sur une liste de diffusion spécialisée, le DSI d’une grande entreprise signale ainsi une indisponibilité à l’échelle des 3 500 lignes mobiles de son parc. Nous avons de notre côté observé une coupure totale de l’accès mobile à partir de 8h10 dans la région de Bordeaux sur deux lignes, avec un retour de la 3G peu avant 9 heures. Une autre ligne située aux alentours de Grenoble disposait quant à elle d’un accès 5G fonctionnel sur la période. L’incident semble donc avoir une portée nationale, mais sans affecter l’intégralité du réseau de l’opérateur.

Orange a confirmé un incident technique à 8h51 lundi matin

La carte dédiée au suivi des incidents réseau chez Orange retournait elle aussi un message d’erreur vers 9 heures, conséquence possible d’un afflux inhabituel de requête.

Message d’erreur rencontré sur iOS alors que l’appareil affiche une connexion 3G – capture d’écran Next

Nous mettrons à jour cette actu si de nouveaux éléments font surface.

Au tour de l’Insee de se faire pirater, les données de 12 800 agents exfiltrées

Dans un communiqué publié le vendredi 26 juin dernier, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) annonce un incident de cybersécurité sur l’annuaire de ses agents, avec une fuite de données.

« Cette violation concerne l’identité d’environ 12 800 personnes travaillant, ayant travaillé à l’Insee ou issues des corps de l’Insee, ainsi que leurs coordonnées professionnelles ». L’institut affirme qu’aucun mot de passe, coordonnée personnelle ou bancaire, numéro de Sécurité sociale ou information de santé n’a été récupéré par les pirates.

Il ajoute n’avoir relevé aucune trace d’une « compromission des données collectées par l’Insee auprès des entreprises ou des personnes »… mais « l’institut recommande cependant aux entreprises comme aux particuliers la plus grande prudence en cas de réception d’un message qui semblerait provenir d’un agent de l’Insee ».

Comme la loi l’y oblige, l’incident a été signalé à la CNIL. L’Insee affirme aussi qu’une plainte a été déposée auprès du procureur de la République.

Illustration : Flock

L’Insee est le dernier d’une (trop) longue liste d’administrations et services de l’État piratés ces derniers mois. Il y a moins de deux semaines, c’était la plateforme JeVeuxAider.gouv.fr qui reconnaissait que « 550 000 comptes sont concernés par une extraction de données en lecture seule ». Cela concernait des noms, emails, numéros de téléphone, dates de naissance et historiques d’engagement des utilisateurs.

Début juin, c’était la messagerie sécurisée Tchap qui était victime d’un incident de sécurité. En avril, c’était l’ANTS avec au moins 11,7 millions de comptes. Suite à cela, Sébastien Lecornu a présenté le plan du gouvernement pour essayer de stopper l’hémoragie.

Le phénomène n’est pas nouveau… En 2024, France Travail faisait « all-in » avec des données de 43 millions de personnes potentiellement dérobées.

Quand internet rend le tricot cool 

Il y a des milliers de communautés, en ligne, mais connaissez-vous celle du tricot ? Alimentée par des échanges de patrons, des influenceuses qui dépassent les deux millions d’abonnés sur Instagram, des sites communautaires comme Ravelry ou le temple des créations artisanales Etsy, la pratique s’est tissée une nouvelle jeunesse. 

Célébrée lors de la journée mondiale du tricot en public, le 13 juin, l’activité tient aussi bien du rituel que de la recherche de pratiques favorisant la déconnexion, relève l’ADN.

Illustration : Flock

Avant même les débats sur les addictions aux réseaux sociaux, des tricoteuses comme la Néerlandaise Loes Veenstra s’y sont adonnées pour lutter contre l’envie de fumer. Désormais, la pratique est recommandée pour lutter contre toutes sortes d’envies néfastes pour la santé, des troubles alimentaires jusqu’au doomscrolling. 

Outre avoir permis d’alimenter les liens de la communauté au-delà des frontières, le numérique est aussi source d’inspiration : certaines, comme l’artiste et chercheuse Hayley Mortin, tricotent ainsi des motifs inspirés des CAPTCHA. 

Mais le tricot n’est pas épargné par les maux de notre temps : patrons générés par IA, podcast présenté par des voix générées par IA… Dans la laine comme dans de nombreuses autres activités, l’AI slop vient compliquer la navigation. 

PlayStation va supprimer chez ses clients des films qu’ils ont pourtant achetés

Plus de 500 films et séries TV du catalogue du Studio Canal vont être supprimés de la bibliothèque des utilisateurs PlayStation ayant pourtant acheté ces contenus. Ils s’attendaient, en toute logique, à pouvoir y accéder pour toujours et à jamais. Ça ne sera plus le cas à compter du 1er septembre.

Une douche froide en temps de canicule, ça fait toujours du bien, mais celle-ci n’est pas la bienvenue. PlayStation a prévenu ses clients que les films et séries TV distribués par Studio Canal ne seront plus visibles à compter du 1er septembre. Pire : les contenus seront tout simplement supprimés des bibliothèques des utilisateurs. Malgré un achat en bonne et due forme…

Image : Sony

Cela représente 551 programmes, dont on trouvera la liste ici. Parmi les contenus concernés : Terminator 2, The Lost City of Z ou encore les deux dernières saisons de Versailles. Mais au-delà des contenus en eux-mêmes, ce qui frappe surtout c’est que ces films et ces séries seront purement et simplement supprimés, sans autre forme de procès.

Les films dématérialisés ne vous appartiennent pas

L’offre de location et d’achats de films et d’épisodes de séries TV a été retirée du PlayStation Store le 1er septembre 2021. Mais un DVD ou un Blu-ray acheté à cette époque pourra toujours être lu, pour peu qu’on possède une platine (ou une PS5 avec lecteur de disque). Ça ne sera plus le cas des contenus du Studio Canal.

Dans les conditions d’utilisation de PlayStation, l’article 13.5 stipule que l’achat d’un « produit numérique » (jeu, musique, film, abonnement) correspond à une « licence individuelle ». La plateforme ajoute : « cela signifie que vous pouvez utiliser un Produit numérique de la façon indiquée par la licence, mais que vous ne possédez pas le Produit numérique en question ».

Personne ne lit ces conditions, mais elles sont très claires sur la nature de l’achat : il s’agit d’une licence, pas d’une propriété pleine et entière. PlayStation peut ainsi suspendre « l’accès à certains ou à l’ensemble des Produits numériques » en cas de violation des conditions ou si le compte est considéré comme compromis. De même, si le compte ayant effectué l’achat est supprimé, clôturé ou suspendu, l’utilisateur « perdra l’accès au produit numérique et ne pourra plus l’utiliser ».

Il n’existe pas, en revanche, de clause explicite disant que PlayStation peut révoquer l’accès à un film acheté uniquement parce qu’un accord de licence avec un studio expire. Ce n’est pas la première fois que le service de Sony supprime ainsi des contenus directement dans les bibliothèques des utilisateurs suite à l’expiration d’un accord de licence. En décembre 2023, les contenus Discovery devaient disparaitre, avant qu’une bronca des utilisateurs ne pousse l’entreprise à faire machine arrière.

Accusée d’acheter de vieux livres pour entrainer des IA, Zoom Books nie

Depuis quelques semaines, des libraires se demandent sur Reddit si l’entreprise canadienne Zoom Books n’achètent pas de vieux livres en masse pour entrainer ses modèles d’IA génératives. Les ouvrages seraient détruits dans la foulée…

Comme l’expliquent les médias suisses RTS et SRF et le média allemand taz, cette entreprise a récemment passé commande à des librairies en Allemagne mais aussi en Espagne, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Bulgarie ou encore en Grande-Bretagne.

Zoom Books scanne le texte des livres achetés légalement, en détruisant l’ouvrage au passage. La société pourrait plus facilement invoquer le « fair use », un argument souvent repris par les entreprises d’IA générative pour justifier la légalité de l’entrainement de leurs modèles sur une masse de données.

Bibliothèque IHEID, Genève, Switzerland
Unsplash

Zoom Books a expliqué à nos confrères de taz qu’elle fait de l’achat et de la revente mais aussi du recyclage de livres lorsqu’ils sont en trop mauvais état. « On a acheté de manière ciblée des ouvrages documentaires datant de 1970 et postérieurs, dotés d’un numéro ISBN – des invendus poussiéreux dont personne ne voulait depuis des années. Toute revente est totalement exclue : ces livres n’ont aucune valeur, et on n’a acheté qu’un seul exemplaire par titre », affirme encore l’entreprise à SRF.

« Mais nous tenons à préciser que, contrairement à certaines spéculations récentes, Zoom Books ne numérise ni ne détruit aucun livre », assure-t-elle à taz. Mais les libraires se demandent si Zoom Books ne serait pas un simple intermédiaire. Questionné sur le sujet, l’un des responsables de l’entreprise se contente de répéter qu’il ne peut fournir aucune information sur les acheteurs.