En interne, Anthropic se dit ouvert aux fonds du Golfe, même s’ils viennent d’un dictateur
Le 22 juillet 2025 à 11h35
3 min
Économie
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Dario Amodei, CEO d'Anthropic, aurait admis dans un message publié sur le Slack interne de l'entreprise qu'il n'était pas fermé à accueillir des fonds venus des Émirats arabes unis ou du Qatar, même si le fait d'accepter ces investissements risquait de contribuer, à terme, à enrichir des « dictateurs ».
« C'est un véritable inconvénient et je n'en suis pas ravi », aurait précisé Dario Amodei, avant d'ajouter : « malheureusement, je pense qu'on ne peut pas gérer une entreprise en appliquant le principe du "aucune mauvaise personne ne devrait bénéficier de notre succès" ».
Ce propos daté du dimanche 20 juillet, qui n'avait a priori pas vocation à être rendu public, a été révélé par Wired dans un article publié lundi.
D'après la description qu'en fait le magazine, Dario Amodei profitait de ce mémo pour peser le pour et le contre au sujet d'une ouverture du capital d'Anthropic aux structures d'investissement des États du Moyen-Orient.

Dario Amodei affirmait en octobre dernier dans un essai que les IA les plus puissantes devaient rester l'apanage des démocraties, pour éviter que des régimes autoritaires en prennent le contrôle. Quelques mois plus tôt, il avait, selon CNBC, fermé la porte au fonds souverain d'Arabie saoudite, qui se portait candidat pour acquérir les actions Anthropic détenues par la société FTX avant l'effondrement de cette dernière.
La donne aurait donc changé. « Si nous voulons rester à la pointe de la technologie, l'accès à ce capital est un atout majeur », évoquant un fonds disposant d'une enveloppe de l'ordre de 100 milliards de dollars.
S'agit-il de MGX, le fonds souverain émirati qui participe déjà aux 500 milliards de dollars prévisionnels d'investissement programmés par OpenAI ? Dario Amodei ne le précise pas, mais il explique que refuser d'aller au Moyen-Orient ou manquer l'opportunité que constituent les perspectives d'investissement dans des infrastructures locales mettrait la société dans une situation concurrentielle complexe.
« En fait, cela pourrait avoir des avantages importants pour le monde, notamment en améliorant la santé humaine, en contribuant au développement économique, etc. », veut-il encore croire.
Dans la foulée du voyage organisé par Donald Trump au Moyen-Orient pour renforcer les liens commerciaux avec la région, OpenAI s'est engagée à participer à un partenariat commercial plus large entre les États-Unis et les Émirats arabes unis, signé le 15 mai dernier, qui prévoit, entre autres, que l'administration Trump soutienne la création de 5 GW d'infrastructures dédiées à l'IA hébergées par les sept émirats.
Le 22 juillet 2025 à 11h35
Commentaires (7)
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Abonnez-vousLe 22/07/2025 à 11h51
Modifié le 22/07/2025 à 13h30
Maintenant, s'il y a un an l'argent coulait sur le secteur au point de pouvoir se permettre la bagatelle d'envoyer bouler l'AS&co, devoir s'y résoudre actuellement ne résulte pas forcément que du changement politique US: Cela peut aussi être un prémice de l'éclatement de la bulle IA... alors autant que ce soit les pétro-monarchies du MO qui filent les derniers coups de pompe!
Modifié le 22/07/2025 à 14h13
On a pu voir avec la crise des subprimes qu'un investisseur a énormément de mal à savoir dans quoi ses produits financiers à cause des intermédiaires.
A l'inverse, il doit être très difficile pour une entreprise d'où vient réellement les fonds.
Je trouve un peu facile de s'offusquer de ce placement, alors qu'on a probablement pire dans des entreprises du quotidien (mais comme on ne le voit pas, ça compte pas)
Le 22/07/2025 à 14h42
Si tu renies tes valeurs initiales qui faisaient justement ta "spécificité" ça sent mauvais pour le reste des engagements. C'est donc de l'hypocrisie.
D'autant plus que les promesses pour justifier une telle décision restent hypothétiques alors que les risques de s'associer à de tels états sont eux réels.
Le 22/07/2025 à 12h20
Le 22/07/2025 à 12h35
Le 22/07/2025 à 18h10
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